Madame, Monsieur,
élus
de la nation : sénateurs, députés, maires, conseillers… …
Le Collectif des Rapatriés Internautes souhaite attirer votre bienveillante
attention sur un des problèmes majeurs qui taraude les rapatriés d’Algérie
depuis bientôt un demi-siècle.
Il s’agit de l’inégalité de traitement de deux évènements particulièrement
similaires de notre histoire nationale.
Alors
que le pèlerinage annuel pour le 1er mai du Grand Orient aux Murs des Fédérés, et la présence d'une plaque
aux fusillés « pour l'exemple » du cimetière du Père Lachaise ne
posent aucun problème et ne "font pas débat", les Français d’Algérie
se voient interdire d’honorer leurs morts pour la défense de leur terre.
Alors
que les « bien-pensants » actuels trouvent une excuse à ces
« malheureux » qui, en 1871, ont exécuté un archevêque de Paris,
2 généraux, un Président de Cour de Cassation, onze religieux, 35
gendarmes, en refusant la capitulation de Thiers et du gouvernement légal face
aux Prussiens, ils n’éprouvent pas la même "compassion", 47 ans après
les faits, pour ceux qui ont refusé une capitulation sans défaite qui
livrait, non plus des canons et quelques fortifications mais 15 départements, 4
territoires et le Sahara français à l'ennemi de la veille.
En
quoi le Colonel Louis Rossel est-il plus estimable qu’un Lieutenant Roger
Degueldre ?
Est-ce
une question de grade ou de lieux où ils ont été fusillés, Satory pour l'un et
Ivry pour l'autre ?
Pourquoi
De Gaulle lui-même et J-P Chevènement, ministre de la défense nationale, s'inclinaient-ils
sur la tombe de l'un à Nîmes et méprisaient-ils la tombe de l'autre ?
Parce
que le premier était un officier supérieur d'état-major et l'autre un
simple lieutenant, cependant héros reconnu de ses pairs, décoré sur
le terrain, et ancien FTPF, de surcroît ?
Le
massacre de la rue du Faubourg Saint-Antoine par les Versaillais serait-il
monstrueux et, par contre, le sac de Bab-El-Oued par l'Armée française,
suivi de la fusillade de la foule à la Grande poste d’Alger, le 26 mars 1962
par des troupes françaises seraient, eux, justifiés ?
En
un mot, quel intérêt ont les "séparatistes’’, comme De Gaulle
lui-même qualifiait les Communistes, à continuer à raviver cette plaie qui
entretient la division entre Français ? Dans quel but se glorifient-ils
d’une « victoire » qu'ils auraient obtenue le 19 mars 1962 en Algérie
en s’alliant au FLN, ennemi de la France ?
N’oublions
pas que leurs prédécesseurs ont approuvé et contresigné la répression de
Sétif, organisée par leurs ministres en 1945, ainsi que le rapport du Général
Tubert, député communiste et maire d'Alger...
Les
Communards s’insurgeaient contre l’abandon par les Versaillais de
l’Alsace-Lorraine aux Prussiens et, de la même façon, les tenants de l’Algérie
française se dressaient contre l’amputation et l’abandon d’une partie de la
population et du territoire national français au mépris de la parole
donnée !
« L’Égalité
Républicaine » est-elle respectée dans le traitement de ces deux
évènements tellement similaires ?
N’est-il pas temps de renoncer à opposer les Français à d’autres Français et à
les dresser les uns contre les autres ? N’est-il pas temps de cesser jeter de
l‘huile sur le feu pour sacrifier à une idéologie obsolète et, ainsi, faire
marcher le fonds de commerce d’officines aux intentions obscures ?
N’est-il pas temps de mettre au musée les rancunes et les rancoeurs partisanes
et subjectives ?
Ne serait-ce pas du DEVOIR de notre Ligue de Défense des Droits de l’Homme de
traiter à égalité tous les Hommes victimes des actions d’autres Hommes ?
Pourquoi faire des différences entre des actions, « mauvaises » selon
certains, mais mises « à la mode » et d’autres,
« mauvaises » selon d’autres, mais tout aussi dignes de voir leur
valeur historique commémorée ?
Où est, dans tout cela, l’honnêteté intellectuelle ?
N’est-il pas temps de ranger ces deux évènements côte à côte dans notre
Histoire ?
Serait-il injuste que vous souteniez toute initiative - et particulièrement un
projet de loi – permettant la construction de monuments commémoratifs ainsi que
les cérémonies visant à rappeler à la postérité que des femmes et des hommes,
français de toutes origines, étaient tellement attachés à leur terre de
naissance et aux valeurs de la France éternelle qu’on leur avait inculquées
qu’ils se sont dressés contre le pouvoir politique qui trahissait ses
engagements solennels et que certains d’entre eux ont sacrifié leur vie à leur
idéal ?
Croyez bien que la communauté des Français rapatriés - qui pâtit encore de trop
nombreux préjugés et qui souhaite voir disparaître enfin toute
discrimination à son encontre - vous en serait reconnaissante.
Pour le CRI, Jacques TORRES, président. |