Nice 5 Juillet 2018 - Projection du documentaire "Oran le Massacre Oublié" |
![]() Photo Yves Marthot |
Vidéos témoignages après la projection du documentaire de Georges-Marc Benamou et Jean-Charles Deniau « Oran le massacre oublié » présenté en avant-première le 5 juillet 2018 à Nice au Centre Universitaire Méditerranéen. |
Le film "Le massacre d’Oran" relance la
quête de vérité
Le 7 juillet 2018 Cinéma
La journée
commémorative du 5 juillet 1962*, était l'occasion pour rendre hommage aux
victimes avec la projection au CUM, en avant-première
du film « Oran, le massacre oublié » . Cette projection a été suivie d’une
table ronde animée par Georges-Marc Benamou,
producteur, Jean-Jacques Jordi, historien et écrivain, Jean Monneret,
historien et écrivain, Jean-Noël Pancrazi, écrivain, et Suzy Simon-Nicaise,
Vice-présidente nationale du Cercle Algérianiste.
Le massacre du
5 juillet 1962 à Oran est un massacre d’Européens qui se déroule trois mois et
demi après le cessez-le-feu de la guerre d’Algérie
* Il est perpétré par
des éléments armés algériens sur de civils européens (le bilan estimé des
victimes est discuté : 600 à 3000). Des victimes musulmanes ont également
été dénombrées.
* En revanche, la
barbarie de ce massacre de masse, resté impuni et probablement prémédité afin
d’effrayer et d’hâter le départ des européens est difficilement contestable.
* Les forces armées
françaises attendront plusieurs heures avant de s’interposer.
* Au contraire de la
répression de la manifestation du FLN à Paris, le 17 octobre 1961 (et comme
pour le Massacre de la Rue d’Isly du 26 mars 1962) la France n’a jamais voulu
reconnaître sa responsabilité, alors que c’est, sur un temps très court, le
plus grand massacre de la guerre d’Algérie.
Le contexte
* A la suite des
accords d’Évian du 18 mars 1962 le scrutin d’autodétermination a eu lieu, le 1er juillet.
* Il reste à Oran, le
5 juillet, environ 100 000 Européens. Ils bénéficient, en principe, de la
garantie de leur personne par les accords d’Évian. Dès le matin, une foule
déferle des quartiers arabes vers les quartiers européens, de la place Kargentah vers la Place d’Armes, « pour un défilé
pacifique ».
* À 11 heures, un
coup de feu, qui pourrait être un signe, retentit. C’est le début d’un
carnage : une chasse à l’Européen commence, sauvage et systématique, dans
toute la ville. Les premiers rapts sont signalés vers 12 h 10.
La réaction de
l’armée française
18000 hommes de
l’armée française étaient présents à Oran Ville. Pour De Gaulle, « La
France ne doit plus avoir aucune responsabilité dans le maintien de l’ordre
après l’autodétermination.
* Le général Katz
commande l’Oranais. Il ne réagira pas avant le début de l’après-midi
probablement afin de ne pas déplaire au pouvoir politique. A 12h15, il fait
rappeler que les troupes sont consignées.
* Il soutiendra
toujours que le Gouvernement français et non lui était responsable de
l’inaction de l’armée puisque le maintien de l’ordre lui avait été retiré.
L’honneur sera
sauvé par des initiatives isolées
* Le capitaine
Croguennec fait libérer à 14 heures plus de 400 personnes du commissariat
central, et les accueille dans son cantonnement de l’école Jules Ferry.
* Le lieutenant Rabah Kheliff commande la 4e compagnie du 30e BCP. Il sauve des centaines d’Européens
La réponse des
autorités algériennes
* Le nouveau préfet Lahouari Souyah présente aux
médias 58 prisonniers musulmans arrêtés la veille à Petit-Lac. Il les charge de
tous les crimes commis. Version à laquelle personne ne crut à Oran, même chez
les musulmans.
Les
conséquences pour la population européenne
* Ce massacre achève
de terroriser la population civile européenne. Il lui montre qu’elle est privée
de protection. En octobre 1962, il ne restera plus en Algérie que deux cent
mille pieds-noirs, sur environ un million l’année
précédente.
Le nombre de
victimes
* Les chiffres
officiels de l’époque faisaient état de 25 morts
* Des associations de
rapatriés parlent de « 3 000 disparus » à Oran, ce jour-là.
* Jean-Pierre Chevènement,
préfet d’Oran par intérim, cite le chiffre de 807 victimes que lui fournirent
ses services
* En 2010, Jean Monneret estime « raisonnable, toutes évaluations
confondues », d’avancer que l’ordre de grandeur des victimes européennes
du 5 juillet 1962 à Oran se situe « dans une fourchette de 400 à
600 ».
Le refus de la
France de reconnaitre le massacre et sa responsabilité
La République refuse
avec constance de reconnaitre sa responsabilité dans le massacre. Le 20 avril
2015, Jean-Marc Todeschini, secrétaire d’État aux
anciens combattants et à la mémoire, en visite à Alger, qualifie ce massacre de
« débordements tragiques », en renouvelant la négation.
*Le 5 juillet 1962, trois mois et demi après les Accords d’Evian, intervinrent un massacre et des enlèvements parmi la population européenne à Oran, faisant plusieurs centaines de morts et de disparus. |
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