(Donner à la guerre d'Algérie) « à peu près le même statut que celui qu'avait la Shoah pour Chirac en 1995 »

Ce qui transparaît sous la vanité de la formule, c'est qu'en évoquant Jacques Chirac, Macron explicite ce qui le motive, à savoir : opter pour une gestuelle et des thmes qui l'identifieraient comme le successeur du Président iconoclaste et sans respect pour l'histoire que fut Chirac, et surtout comme résistant, mondialiste et partisan du Bien »dans un monde où il ne pèse rien.

Cependant, il a dit «  Shoah » et «  guerre d'Algérie »et il nous semble nécessaire de l'interroger sur le sens de ce parallèle.

La Shoah fut la tragédie de la persécution des Juifs dans toute l'Europe pour ce qu'ils étaient, et hors de toute considération de sécurité nationale ou de risque géopolitique. Ce fut l'acte gratuit qui n'eut pas même de soubassement idéologique et cette terrifiante idée mena à la mort des millions d'enfants, de femmes et d'hommes.

Alors, puisque la guerre d'Algérie lui est assimilée et doit se substituer à cette catastrophe pour Emmanuel Macron, nous allons nous permettre de l'interroger sur les faits qui autoriseraient cette pensée : de quelle « Shoah »s'agit-il en Algérie ?

De celle de Sétif où des enfants et des responsables politiques (et le premier fut un élu communiste) furent massacrés le 8 mai 1945 par une foule musulmane lors de la célébration de la capitulation de l'Allemagne ?
De celle des 30 000 Français d'Algérie, européens, chrétiens et juifs, qui y vivaient depuis 130 ans et pour beaucoup depuis des siècles (Espagnols d'Oran et les Juifs de Constantine). Ils furent tués dans leurs fermes, leurs villages et leurs villes au nom d'un nettoyage ethnique nécessaire à la fondation d'un Etat arabe, islamique et socialiste qui n'avait jamais existé. Ala même échelle, cela aurait représenté dans la France métropolitaine 1 500 000 tués en sept ans.

De celle des villages de Mélouza et Mechta Casbah, où un certain Mohammedi Saïd, coiffé d'un casque allemand aux marques des SS, mena 350 fellaghas contre une population acquise au MNA ? Il fit regrouper les mâles au-dessus de 7 sept ans dans une mechta et les fit exécuter, entassés les uns sur les autres, au nombre de 302 victimes.

Celle des dizaines de milliers de harkis et moghsanis, abandonnés au FLN après avoir été désarmés et qui périrent dans les pires souffrances pour avoir été vraiment (et vainement) français ?
Celle des Oranais, juifs et chrétiens, européens surtout, massacrés le 5 juillet 1962, au nombre estimé de quelques centaines jusqu'à 2 000, dans les pires supplices, par une foule encadrée par des ATO et des soldats de l'ALN en tenue ?
Celle des résistants français, mis à la question par les gendarmes mobiles et la mission C dans la caserne des Tagarins à Alger et autres lieux de la République triomphante ?
Celle des Algérois, assiégés dans Bab-el-Oued du 21 au 26 mars 1962 et dont le ravitaillement fut interdit alors que les mitraillages par l'aviation et les blindés les tuaient en nombre ; et ceci, alors même que les commandos OAS avaient déjà été évacués et que les renseignements militaires ne pouvaient l'ignorer ? Et surtout après que le courage du « pacha » du croiseur Surcouf, qui avait ordre de pointer ses canons sur le quartier, les tourna vers le large pour éviter le déshonneur d'avoir à écraser une population civile de citoyens français sous ses obus ?

Celle de la foule jeune et confiante qui voulut manifester pour faire lever le sige de Bab-el-Oued et qui fut assassinée (87 morts et de plus nombreux blessés) au FM et autres armes automatiques par un cordon de soldats musulmans appelés en hâte des djebels où ils opéraient au centre d'Alger à cette seule fin ?

Alors, Monsieur le « Président » qui n'avez jamais vécu l'histoire, ne l'avez jamais apprise, mais pire, ne l'avez jamais étudiée, que croyez-vous avoir fait en établissant ce parallèle imbécile entre la déportation et le massacre des Juifs par l'Allemagne nazie, et les terribles événements d'Algérie qui procédrent, à vif, à l'amputation d'une province française (plus ancienne que Nice et la Savoie) d'avec la mère-patrie ?

Vous vous déshonorez (si ce n'était déjà fait) et tuez ce qui restait d'espoir d'un redressement de ce qui fut la Gaule romaine, puis le royaume des Francs, puis le royaume de France, puis la France en un seul mot.

Georges Clément

Mis en page le 27/01/2020 par R.P.