Décès de Jean-Paul Angélelli (Présent
du 24 janvier 2022) |
Né à Alger*, le 24août 1934, Jean-Paul Angelelli nous a quittés le 19janvier. Par une belle matinée de fin de semaine en novembre1952,
je traversais l'esplanade de la Grande Poste d'Alger. J'entendis la
voix d'un vendeur de journaux s'élever, juste au pied de la
superbe statue équestre de Jeanne d'Arc, érigée
là depuis peu. Le samedi suivant, après avoir lu avec fougue Aspects, je suis retourné voir mon vendeur à la criée et lui ai demandé où et quand se réunissait ce cercle. Il me donna toutes les indications. Et ajouta: «Je m'appelle Jean-Paul Angelelli. Et vous?» C'étaient quasiment soixante-dix années d'amitié qui venaient de commencer. Et lorsque je lis le papier de notre chère Camille Galic, je ne peux que dire avec elle combien la modestie de Jean-Paul que j'appelais aussi «Angelo» lorsque je parlais de lui avec les amis était grande, combien il y avait chez lui une grande indulgence et une attention aux autres, qui devint au fil du temps une certaine pondération, qu'il ne fallait surtout pas confondre avec un affaiblissement dans les engagements. Au Cercle Henri IV (dont j'étais devenu le membre numéro28)
il me présenta ànotre cher Georges Laffly, qui était
déjà en licence de lettres, et enfin à Jean Brune.
Et pour évoquer des présentations, ce fut «Angelo»
qui, le 12 février 1976, lors des 25ans de Rivarol, dans les
salons du Lutetia, me présenta ... Jean Raspail qui y dédicaçait
son Camp des saints. Un autre événement me relie aussi à Jean-Paul Angelelli, plus sombre, plus dur: c'est son maître ouvrage: Une guerre au couteau. Parce que ce qu'il a vécu dans son poste dans l'armée, je l'ai moi-même vécu un peu après, face au FLN, dans une autre région de la souffrante Algérie. Il y aurait aussi à évoquer sa carrière de professeur d'histoire-géographie, son long engagement dans notre presse, dans nos mouvements nationaux et de fidèles à l'Algérie française... Cela m'entraînerait loin, très loin, si loin, comme a dit Raspail. Alors, je terminerai cet «à Dieu» à Jean-Paul en évoquant sa voix, que je garde dans l'oreille, un dimanche de fin septembre1973, au téléphone: «Allo, Pierre, sais-tu que Brune est mort?...» Et c'est ainsi que nous partons tous. Requiem aeternam.. Pierre Dimech Angelo: bonté et fidélité Toujours prêt à rendre service pour la cause, il avait ainsi accepté, malgré son horreur des chiffres, d'être de2001 à 2010, le trésorier de l'association des Amis de Rivarol. Retraité, il avait écrit Une guerre au couteau (éd. Picollec, 2004), récit aussi prenant qu'émouvant sur son expérience de spahi dans les djebels face aux fellagha. Et en collaboration avec Bernard Zeller, dans la collection «Qui suis-je?», il avait publié chez Pardès en 2016 un Salan passionnant (ces deux livres sont toujours disponibles chez Chiré). Fidélité à ses amis comme à ses idées,
tel était décidément le code d'honneur d'Angelo. Camille Galic |
*Lors d'une rencontre, il m'avait précisé être né à Bab-el-Oued, plus précisément à la Basetta et avait passé toute sa jeunesse, cité des "anciens combattants".R.P. |
Mis en page le 24/01/2022 par RP |
Camille Galic