Hommage à MARGUERITE L0MBARD

7 janvier l920-12 mars 2019

 

Née à Alger en Algérie française le 7janvier 1920, Marguerite L0MBARD est issue d'une famille maternelle arrivée en Algérie en 1832 deux ans après la conquête, son arrière grand-père Alexandre MAUGUIN ayant fondé une imprimerie à Blida, imprimerie qui existe toujours, puis fait une carrière politique locale et nationale, devenant sénateur puis député à l'Assemblée Nationale à Paris. Son grand-père paternel, originaire du Jura, après une carrière d'officier, devint le premier maire de Cherchell et ouvrit le musée des antiquités romaines de cette ville. Son père, Pierre LOMBARD, ancien combattant de la Grande Guerre, fut professeur de clinique chirurgicale et d'orthopédie infantile à la Faculté de Médecine d’Alger. Président de la Croix-Rouge en Algérie. Après avoir perdu son fils ainé alors en fin de ses études médicales en l944, mort pour la France dans l'Armée d'Afrique,  il fut révoqué de ses fonctions cette même année en raison de son soutien, comme beaucoup de Français d'Afrique du Nord, au Maréchal Pétain, puis, en l'absence de poursuite, réintégré en 1949.

Après des études littéraires à la Faculté d’Alger, Marguerite LOMBARD devint professeur au Lycée de Blida, enseignant les lettres classiques aux jeunes européens, mais aussi aux juifs et aux musulmans, parmi lesquels Assia Djebbar, la future académicienne, ce qui démontre l’inanité de l’accusation d’absence d’enseignement par la France aux populations autochtones en Algérie. Elle poursuivit sa carrière à Alger au Lycée Lazerges où elle fut rattrapée par la guerre d’Algérie.

En effet, le Général De Gaulle, revenu au pouvoir à la faveur de la révolte des Algérois le 13 mai 1958 à Alger en promettant de sauver l’Algérie française, avait ensuite entrepris en secret des négociations avec les terroristes du F.L.N. tout en continuant à envoyer au combat et à la mort les militaires français, puis enfin avait fait tirer l’armée française sur les foules désarmées des Pieds-Noirs, comme le 26 mars 1962 à Alger , pour briser leur résistance.

Révoltée comme toute sa famille et la majorité de la population européenne d’Algérie par cette trahison, elle rejoignit les rangs de l’Organisation Armée Secrète -O.A.S., créée après l’échec du putsch des Généraux Challe, Jouhaud , Salan et Zeller d’Avril 1961 pour défendre l’Algérie française et les populations désarmées face au terrorisme du FLN et des barbouzes et à la répression des forces gaullistes. Chargée dans l’organisation de la l d’informations sur la situation de son lycée et de la logistique autour du colonel Gardes, elle fut arrêtée en 1961 sur dénonciation d’un traitre infiltré et confiée au sinistre colonel Debrosse, à la Caserne des Tagarins d’Alger, qui la menaça de la torture pour la faire parler. A la différence de Geneviève Salasc et de nombreuses autres femmes de l’OAS, elle échappa à la torture, sans doute à la notoriété à Alger de son père.

N’ayant participé à aucune action violente, elle fut cependant condamnée en 1961 pour atteinte à la sureté de l’état à trois années de détention, à la perte de ses droits civiques et fut révoquée de l’Education nationale. Elle purgea cette peine en totalité d’abord à la prison de la Petite Roquette à Paris, puis à la prison de Fresnes d’où les assassins du FLN avaient été libérés par DE Gaulle à la suite des accords d’Evian qui livraient la future Algérie indépendante et ses populations, à ce mouvement terroriste. Sa maman Louise, puis père en moururent de Chagrin en 1965 et 1966.

Libérée après ces trois années et exilée en métropole, elle reprit son activité de professeur de lettres dans des établissements privés à Nice puis à Monaco. Réintégrée dans l’Education  nationale après l’amnistie de 1968, elle fut d’abord nommée au lycée d’Amiens, puis finit sa carrière au collège Paul Valéry de Nice.

Restée célibataire à la suite de tous ces évènements, elle transféra son affection sur les cinq enfants de sa sœur Madeleine Larmande et les deux enfants de son frère Henri Lombard, puis sur ses dix-sept petits neveux et nièces et ses vingt-deux arrières petits neveux et nièce.

Dans le même temps, elle participe activement à la défense des anciens prisonniers politiques de l’Algérie française dans le cadre de l’ADIMAD dont elle fut vice-présidente, et du Cercle National des Combattants. Elle milita durant de nombreuses années à Nice au Front National sous la direction de Jean-Marie Le Pen, en étant plusieurs fois candidate à des élections.

Adhérente du Cercle Algérianiste, de l’AGRIF, abonnée à « Présent »,  à  « Rivarol », à « Reconquête », à « Valeurs Actuelles, auditrice de « Radio Courtoisie », soutenant de nombreuses associations nationales et catholiques par ses dons ; elle resta inflexiblement fidèle à ses engagements jusqu’à ces derniers jours passés en pleine conscience dans son appartement de Nice.

Victime chez elle d’un brutal accident vasculaire, elle termina au cours de sa centième année, cette vie bien remplie le 12 mars 2019. Ses obsèques religieuses ont été célébrées le 23 mars 2019 en l’Eglise Saint-Pierre d’Arène de Nice par les Pères François et Maximilien Scotto, prêtres nés en Algérie, en présence d’une grande partie de sa famille et de nombreux amis défenseurs  de l’Algérie française et militants nationalistes.  Elle repose au cimetière de l’Est à Nice, où elle a rejoint sa mère Louise et son père Pierre Lombard.

Mis en page le 10/03/2019 par RP