Riposte laïque 20
mars 2023 Manuel
Gomez |
À l'attention du président de la
République, Emmanuel Macron – au sujet
des « crimes contre l'humanité » qu'il attribue à la période
coloniale – afin qu'il sache qui sont ceux qui ont commis des
« crimes contre l'humanité ». Il fut une époque où l'armée française
s'est déshonorée, c'était en Algérie en 1962, après la signature
des « Accords d'Evian » le 19 mars en restant l'arme au pied,
sur ordre du chef de l'Etat et de leurs supérieurs hiérarchiques,
alors que des centaines de Français innocents, y compris femmes et
enfants, se faisaient massacrer par des assassins du FLN et de l'ALN. Il est nécessaire, à mon avis, de
signaler tout de même qu'en dehors des officiers qui se sont dressés
volontairement contre la trahison du chef de l'Etat de l'époque,
et de son gouvernement : les généraux Salan, Jouhaux, Zeller, Gardy,
Challe et d'autres officiers, colonels, commandants, capitaines,
lieutenants et sous-officiers, il y eut également d'autres officiers
et sous-officiers qui, malgré les ordres reçus en juillet 1962 en
Oranie, ont fait passer leur honneur avant
tout pour ne pas subir le déshonneur du reste de l'armée française. *Lieutenant RABAH KHELIFF, commandant
la 4ème Cie du 30e BPC, a conduit, contre les ordres reçus, ses
soldats en camion jusqu'à la Préfecture d'Oran, le 5 juillet
1962 et a libéré des centaines de civils européens prisonniers
du FLN, promis à une mort certaine. * Colonel LALLEMAND commandant le 22e
R.I à TENES, en juin 1962 , a pris sous
sa responsabilité de faire embarquer tous ses harkis (qui ne voulaient
pas rester en Algérie) avec femmes et enfants, sur un navire affrété
à ses frais. Un de ses fils, le lieutenant Lallemand, a fait mettre
en joue à l'aide des F.M de sa troupe, les gendarmes mobiles qui
voulaient empêcher que ces harkis puissent monter sur le bateau. * Sous-Lieutenant Maurice de KERVONAËL,
du 28e Dragons, avait 108 hommes sous ses ordres, dont 78 musulmans.
Il a réussi à en rapatrier 30, avec leurs familles, (tous volontaires).
Transportés par taxis d'AFFREVILLE vers ALGER (interdit de se servir
de moyens militaires). Sa soeur et son beau-frère, propriétaires
d'un domaine dans le Minervois ont accueilli tous ces rescapés. * Lieutenant François MEYER, du 23e
Spahis, a rapatrié environ 350 harkis, familles comprises, en France
et il s'est occupé de leur insertion. * Lieutenant Armand BENESSIS de ROTROU,
ancien du Commando Georges, puis au 81e RIA à Djidjelli.
Avec l'aide du Capitaine Georges MARCE, a rapatrié 250 harkis et
leurs familles par bateau, puis se sont occupés de leur hébergement
dans l'Est de la France. * Capitaine Maurice FAIVRE, commandant
l'escadron du 20ème Dragons. S'est chargé de rapatrier 53 familles
de harkis, et a fait les démarches en France pour faciliter leur
l'insertion. *André WORMSER, banquier de profession,
officier de réserve en poste à SAÏDA, a tout fait pour faire rapatrier
une partie des harkis du commando Georges. Il s'est ensuite occupé
de les recaser en France dans des propriétés familiales. * Général CASENAVE commandant la
9ème D.I en 1960 à Orléansville. A fait
tout ce qu'il a pu pour évacuer ses commandos de chasse, en liaison
avec le Colonel Lallemand, par bateau à partir de TENES. «J'ai
suivant les ordres que je recevais, multiplié les efforts pour engager
les éléments musulmans à nos côtés et leur donner les garanties
touchant la protection que leur assurerait, en toute hypothèse, La
France. Le 3 juillet, tout ce que j'avais ainsi dit s'est trouvé
définitivement bafoué ou renié. Il m'en reste une blessure qui
m'a enlevé le repos.» * Marine Nationale : Vice-Amiral d'Escadre
Jean BARTHELEMY, Commandant la base de MERS-EL-KEBI. A mobilisé le
Porte-avions LAFAYETTE et les BDC « Cheliff, Trieux,
Blavet et Argens » pour évacuer tous les harkis (qui le désiraient)
de la DBFM, avec femmes, enfants et bagages. Plus un millier de personnes
également des civils européens et musulmans (19 300 personnes entre
le 1er juin et le 31 juillet 62). Il a eu un entretien téléphonique
orageux avec le Général KATZ, commandant la place d'ORAN le 5
juillet (ce dernier laissant faire les massacres de français par
le FLN) puis a envoyé des fusiliers-marins en camion à ORAN afin
de tenter de sauver ce qui pouvait encore l'être. Tous ces officiers
DBFM ont contribué à la protection, au transfert vers la base aéronavale
de MERS-EL-KEBIR, à l'embarquement pour la France et à l'installation
sur place et en particulier à LARGENTIERE. *Lieutenant Yves DURAND, Chef de la
SAS de THIERS près de Palestro. A créé
par la suite 2 autres SAS à Maala El Isseri
et Ouled Gassam.
Au début de 1962, il rassemble tous ses harkis et leurs familles
et les fait transporter par camions à la ferme Begenen,
près d'Alger. Il fait partir par bateau plus de 2 500 personnes
et attend que tout le monde soit embarqué pour en faire autant le
30 juin avec sa femme et sa fille. De 1962 à 1968, il devient inspecteur
du service des Français musulmans au sein du ministère des Rapatriés
et reclasse tout son monde dans différents villages construits près
d'Antibes, Cannes et Manosque mais également à Onglet (Alpes-de-Haute-Provence)
et à Sallerans (Hautes-Alpes). * Lieutenant Daniel ABOVILIER Chef
de SAS en Kabylie. Président National de l'Association des anciens
SAS. « En mars 62, pour moi abandonner mes hommes, c'était
impensable, il me fallait les sauver à tout prix, ma seule question
c'était comment ? Avec l'aide de fonctionnaires, le Sous-Préfet
d'Akbou a été très bien et m'a fourni
de vrais faux-papiers et mon ancienne entreprise des certificats de
travail, j'ai donc pu rapatrier en métropole mes 50 moghzanis et leurs familles ». Il faut savoir qu'après
le 19 mars tous les harkis devaient être désarmés. * *Capitaine Léopold AYGUEPARSE, Commandant
la SAS de TOUDJA. A désobéi aux ordres officiels pour obéir à
l'impulsion de son coeur et rapatrié 196 personnes (harkis et leurs
familles) en juin 62. *Lieutenant Bernard MOINET, Commandant
de SAS. Muté comme beaucoup d'entre eux, en métropole avant le
19 mars 1962. « Lorsque j'ai appris la liquidation de ma harka
, j'étais furieux et écoeuré par la lâcheté criminelle
du gouvernement et des officiers disciplinés. Je ne voulais plus
porter l'uniforme, j'ai donc renvoyé ma Légion d'honneur et
démissionné de l'armée le même jour. » Depuis, il n'a
cessé de se battre contre la falsification de l'histoire des harkis.
Pour lui comme beaucoup d'autres, il était possible de faire respecter
les accords d'Evian, de rapatrier les supplétifs menacés. Il
aurait suffi de faire sortir des casernes des commandos et des blindés,
l'ALN ne faisant pas le poids. Il a oeuvré pour aider à l'installation
des harkis en France. * Lieutenant SENAT, officier SAS près
d'AFFREVILLE. A aidé le Sous-Lieutenant Kervonael
à évacuer ses harkis jusqu'au port d'Alger. En France,
devenu Capitaine, il oeuvre pour recaser et loger les harkis en Auvergne (tout
le monde ne pouvait être accueilli dans le domaine familial
de la soeur de Kervonaël). * Lieutenant d'AGESCY, a aidé le
Lieutenant Meyer à évacuer ses harkis de GERYVILLE à ORAN le 9
juillet 62, par la route. Le Colonel FRESSON, Commandant le 23ème
Spahis, a fourni une escorte blindée commandée par le Chef d'Escadron
de COLSTOUN, avec consigne d'ouverture de feu sur l'ALN en cas
de barrage routier ! Les commandos Marine avaient dit à Meyer «
on ne te laissera pas tomber », effectivement tout le monde a été
hébergé puis embarqué à MERS EL KEBIR, le 13 juillet. *Sous- Lieutenant Alain de la MORANDAIS,
chef de la SAS de BOU ALAM. A rapatrié ses hommes et s'est occupé
de les recaser en France, il a aidé le lieutenant MEYER a recaser
les siens. * Capitaine CROGUENNEC, Commandant
la 2ème Cie du 2ème Zouaves à ORAN. Le 5 juillet 62, il porte secours
et fait libérer 400 civils retenus au Commissariat Central par le
FLN. Il les accueille dans son cantonnement, sis à l'école Jules
Ferry, les sauvant d'une mort certaine. * Capitaine Roger-Pierre MENARDAIS.
Jusqu'en août 1961 son commando 292 relevait du 3 RIA (régiment
d'infanterie alpine). Ce commando, qu'il a ramené en métropole,
devait être rattaché au 93° régiment d'infanterie et correspondait
au commando en charge de la zone Nord Oranie (ZNO). Ce commando a pu être ramené légalement,
car en une nuit il a transformé illégalement les contrats de supplétifs
en contrats d'engagés de l'armée régulière. La ventilation
de ces faux et nouveaux soldats dans d'autres régiments dès leur
arrivée en France a permis de limiter la supercherie à seulement
quelques chefs traumatisés par le massacre en cours des Harkis. De
même, il a réussi à sauver quelques Harkis du commando Georges
abandonnés par son chef et à récupérer en France. * Colonel Guy LEBORGNE Commandant le
3ème RPIMa (ex 3ème RPC de Bigeard jusqu'en
58). C'est le seul régiment para de la 10ème DP resté légaliste
pendant le Putsch d'avril 61. Après le 19 mars 1962, le 3ème RPIMa
fait du maintien de l'ordre dans la plaine de la Mitidja et ALGER.
Rappel : selon les accords d'Evian, il était interdit à l'armée
française de faire usage de ses armes, de fouiller les individus
et les maisons. Le 15 juin 62, la Cie du SERGENT Alain SAICHE de passage
à DAOUDA en convoi perçoit des voix plaintives, provenant d'une
mechta au bord de la route, les paras investissent le bâtiment et
trouvent deux civils européens pieds et poings liés, prisonniers
de l'ALN et promis à une mort certaine, ils sont libérés sans
coups de feu. La Cie portée du Capitaine LANGLOIS reçoit pour mission
de voler au secours de civils européens, enlevés et maintenus prisonniers
dans une villa proche de STAOUELI, sous pression l'ALN libère les
prisonniers. L'honneur du Colonel Guy LEBORGNE et de son régiment
fut, à l'heure du départ de la base de SIDI-FERRUCH, le 20 juillet,
de ramener en France sa « Katiba » (tous
les harkis de la 5ème Cie). Harkis courageux qui avaient fait le
choix de rester français (environ une centaine, pas de précision
pour les familles). * Lieutenant-Colonel Michel MANY, Commandant
le 159ème BIA (1961-62) Bataillon d'Infanterie Alpine,
issu du 159ème RIA de Briançon et créé
spécialement pour la guerre d'Algérie. Composé
de 10 % d'européens et de 90 % de musulmans, basé à
BOGHNI en Grande Kabylie. Après le 19 mars 62, a rapatrié
un certain nombre de ses supplétifs désirant partir
en métropole. *Clara LANZI, Présidente fondatrice
de SECOURS de France, le 15.08.61. OBJECTIF : secourir toutes les
victimes de leur foi en la patrie et particulièrement les harkis
rescapés des massacres, parqués au début dans des camps insalubres
; Clara s'est occupée d'eux sans relâche avec l'aide et le
soutien entre autres du Bachaga Boualam,
des avocats Tixier-Vignancour et Isorni,
de messieurs Georges Bidault et Jacques Soutelle,
et des officiers supérieurs ChâteauJobert
et Hélie Denoix de StMarc,
etc. Voici donc la liste de ces Français
qui non seulement n'ont pas commis de crimes contre l'humanité
mais ont sauvé quelques milliers d'Algériens musulmans des «
crimes contre l'humanité commis par l'Etat français »
en abandonnant, désarmés, des dizaines de milliers d'Algériens
musulmans aux assassins du FLN et de l'ALN. Si ce sont ces « crimes contre l'humanité
» que vous dénonciez, Emmanuel Macron,
alors « chapeau » mais si vous vous êtes égaré, comme c'est
bien souvent le cas et surtout en cette occasion, alors il eût été
préférable de « la boucler » ! Manuel Gomez |
Mis en page le 21/03/2023
par RP |