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A l'attention
du président de la République, Emmanuel Macron, au sujet
des « crimes contre
l'humanité Il fut une époque
où l'armée française s'est déshonorée,
c'était en Algérie en 1962. Une première fois le
26 mars 1962, et les jours précédents, en tirant sur ordre
du chef de l'Etat et de leurs supérieurs hiérarchiques,
sur des Franais innocents, y compris femmes et enfants, qui défilaient
sans armes, puis, une seconde fois, en juillet de cette même année
62 à Oran, en restant l'arme au pied, toujours sur ordre du chef
de l'Etat et de leurs supérieurs hiérarchiques, alors
que des centaines de Français innocents, y compris femmes et
enfants, se faisaient massacrer par des assassins du FLN et de l'ALN. *Lieutenant RABAH KHELIFF,
commandant la 4e Cie du 30e BPC, a conduit, contre
les ordres reçus, ses soldats en camion jusqu'à la préfecture
d'Oran, le 5 juillet 1962 et libéré des centaines de civils
européens prisonniers du FLN, promisà une mort certaine. * Colonel LALLEMAND
commandant le 22e RI à Ténès, en juin
1962, a pris sous sa responsabilité
de faire embarquer tous ses harkis (qui ne voulaient pas rester en Algérie)
avec femmes et enfants, sur un navire affrété à
ses frais. Un de ses fils, le lieutenant Lallemand, a fait mettre en
joue, à l'aide des FM de sa troupe, les gendarmes mobiles qui
voulaient empécher ces harkis de monter sur le bateau. * Sous-Lieutenant Maurice
de KERVONAËL, du 28e dragons, avait 108 hommes sous
ses ordres, dont 78 musulmans. Il a réussi à en rapatrier
30, avec leurs familles, (tous volontaires). Transportés par
taxis d'Affreville vers Alger (interdit de se servir de moyens militaires).
Sa soeur et son beau-frère, propriétaires d'un domaine
dans le Minervois, ont accueilli tous ces rescapés. * Lieutenant Franois
MEYER, du 23e spahis, a rapatrié environ 350 harkis, familles
comprises, en France et il s'est occupé de leur insertion. * Lieutenant Armand
BENESSIS de ROTROU, ancien du Commando Georges, puis au 81e
RIA à Djidjelli. Avec l'aide du capitaine Georges MARCE,
a rapatrié 250 harkis et leurs familles par bateau, puis se sont
occupés de leur hébergement dans l'Est de la France. * Capitaine Maurice
FAIVRE, commandant l'escadron du 20e dragons. S'est
chargé de rapatrier 53 familles de harkis, et fait les démarches
en France pour faciliter leur insertion. *André WORMSER,
banquier de profession, officier de réserve en poste à
Saïda, a tout fait pour faire rapatrier une partie des harkis du
commando Georges. Il s'est ensuite occupé de les recaser en France
dans des propriétés familiales. * Général
CASENAVE, commandant la 9e DI en 1960 à Orléansville.
A fait tout ce qu'il a pu pour évacuer ses commandos de chasse,
en liaison avec le colonel Lallemand, par bateau à partir de
Ténès. «
J'ai, suivant les
ordres que je recevais, multiplié les efforts pour engager les
éléments musulmans à nos côtés et
leur donner les garanties touchant la protection que leur assurerait,
en toute hypothèse, La France. Le 3 juillet, tout ce que j'avais
ainsi dit s'est trouvé définitivement bafoué ou
renié. Il m'en reste une blessure qui m'a enlevé le repos. * Marine nationale :
vice-amiral d'escadre Jean BARTHELEMY, commandant la base de Mers El
Kébir. A mobilisé le porte-avions LAFAYETTE et les BDC
« Cheliff, Trieux, Blavet
et Argens *Lieutenant Yves DURAND,
chef de la SAS de Thiers près de Palestro. A créé
par la suite 2 autres SAS à Maala El Isseri et Ouled Gassam.
Au début de 1962, il rassemble tous ses harkis et leurs familles
et les fait transporter par camions à la ferme Begenen, près
d'Alger. Il fait partir par bateau plus de 2 500 personnes et attend
que tout le monde soit embarqué pour en faire autant le 30 juin,
avec sa femme et sa fille. De 1962à 1968, il devient inspecteur
du service des Français musulmans au sein du ministre des Rapatriés
et reclasse tout son monde dans différents villages construits
près d'Antibes, Cannes et Manosque, mais égalementà
Onglet (Alpes-de-Haute-Provence) et à Sallerans (Hautes-Alpes). * Lieutenant Daniel
ABOVILIER chef de SAS en Kabylie. Président national de l'Association
des anciens SAS.«
En mars 62, pour
moi abandonner mes hommes, c'était impensable, il me fallait
les sauver à tout prix, ma seule question c'était comment
? Avec l'aide de fonctionnaires, le sous-préfet d'Akbou a été
très bien et m'a fourni de vrais faux papiers et mon ancienne
entreprise des certificats de travail, j'ai donc pu rapatrier en métropole
mes 50 moghzanis et leurs familles *Capitaine Léopold
AYGUEPARSE, commandant la SAS de Toudja. A désobéi aux
ordres officiels pour obéir à l'impulsion de son coeur
et rapatrié 196 personnes (harkis et leurs familles) en juin
62. *Lieutenant Bernard
MOINET, commandant de SAS. Muté comme beaucoup d'entre eux, en
métropole avant le 19 mars 1962. « Lorsque j'ai appris
la liquidation de ma harka , j'étais furieux et écoeuré par
la lâcheté criminelle du gouvernement et des officiers
disciplinés. Je ne voulais plus porter l'uniforme, j'ai donc
renvoyé ma Légion d'honneur et démissionné
de l'armée le même jour. * Lieutenant SENAT,
officier SAS près d'Affreville. A aidé le sous-lieutenant
Kervonaël à évacuer ses harkis jusqu'au port d'Alger.
En France, devenu capitaine, il oeuvre pour recaser et loger les harkis
en Auvergne (tout le monde ne pouvait être accueilli dans le domaine
familial de la soeur de Kervonaël). * Lieutenant d'AGESCY,
a aidé le lieutenant Meyer à évacuer ses harkis
de Geryville à Oran le 9 juillet 62, par la route. Le colonel
FRESSON, commandant le 23e spahis, a fourni une escorte
blindée commandée par le chef d'escadron de Colstoun,
avec consigne d'ouverture de feu sur l'ALN en cas de barrage routier
! Les commandos marine avaient dit à
Meyer « on ne te laissera pas
tomber *Sous-lieutenant Alain
de la MORANDAIS , chef de la SAS de Bou Alam.
A rapatrié ses hommes et s'est occupé de les recaser en France, il a
aidé le lieutenant MEYER a recaser les siens. * Capitaine CROGUENNEC,
commandant la 2e Cie du 2e zouaves à Oran.
Le 5 juillet 62, il porte secours et fait libérer 400 civils
retenus au commissariat central par le FLN. Il les accueille dans
son cantonnement, sis à l'école Jules Ferry, les sauvant
d'une mort certaine. * Capitaine Roger-Pierre
MENARDAIS. Jusqu'en août 1961, son commando 292 relevait du 3e
RIA (régiment d'infanterie alpine). Ce commando, qu'il a ramené
en métropole, devait tre rattaché au 93e régiment
d'infanterie et correspondait au commando en charge de la zone Nord
Oranie (ZNO). Ce commando a pu être ramené légalement,
car en une nuit il a transformé illégalement les contrats
de supplétifs en contrats d'engagés de l'armée
régulière. La ventilation de ces faux et nouveaux soldats
dans d'autres régiments dès leur arrivée en France
a permis de limiter la supercherie à seulement quelques chefs
traumatisés par le massacre en cours des harkis. De même,
il a réussi à sauver quelques harkis du commando Georges
abandonnés par son chef et à récupérer en
France. * Colonel Guy LEBORGNE,
commandant le 3e RPIMa (ex-3e RPC de Bigeard jusqu'en
58). C'est le seul régiment para de la 10e DP, resté
légaliste pendant le putsch d'avril 61. Apès le 19 mars
1962, le 3e RPIMa fait du maintien de l'ordre dans la plaine
de la Mitidja et Alger. Rappel : selon les accords d'Evian, il était
interdit à l'armée française de faire usage de
ses armes, de fouiller les individus et les maisons. Le 15 juin 62,
la Cie du sergent Alain SAICHE de passage à Daouda en convoi
perçoit des voix plaintives, provenant d'une mechta au bord
de la route ; les paras investissent le bâtiment et trouvent deux
civils européens pieds et poings liés, prisonniers de
l'ALN et promis à une mort certaine, ils sont libérés
sans coups de feu. La Cie portée du capitaine LANGLOIS reçoit
pour mission de voler au secours de civils européens, enlevés
et maintenus prisonniers dans une villa proche de Staouëli, sous
pression l'ALN libre les prisonniers. L'honneur du colonel Guy LEBORGNE
et de son régiment, fut à l'heure du départ de
la base de Sidi-Ferruch, le 20 juillet, de ramener en France sa «
katiba » (tous les harkis de
la 5e Cie). Harkis courageux qui avaient fait le choix de
rester français (environ une centaine, pas de précision
pour les familles). * Lieutenant-colonel
Michel MANY, commandant le 159e BIA (1961-62) Bataillon d'infanterie
alpine, issu du 159e RIA de Brianon et créé
spécialement pour la guerre d'Algérie. Composé
de 10 % d'Européens et de 90 % de musulmans, basé à
Boghni en Grande Kabylie. Après le 19 mars 62, a rapatrié
un certain nombre de ses supplétifs désirant partir en
métropole. *Clara LANZI, présidente
fondatrice de SECOURS de France, le 15.08.61. OBJECTIF : secourir toutes
les victimes de leur foi en la patrie et particulirement les harkis
rescapés des massacres, parqués au début dans des
camps insalubres ; Clara s'est occupée d'eux sans relâche
avec l'aide et le soutien, entre autres, du Bachaga Boualam, des avocats
Tixier-Vignancour et Isorni, de messieurs Georges Bidault et Jacques
Soustelle, et des officiers supérieurs Château-Jobert et
Hélie Denoix de Saint Marc, etc. Voici donc la liste
de ces Français qui non seulement n'ont pas commis de crimes
contre l'humanité mais ont sauvé quelques milliers d'Algériens
musulmans des crimes contre l'humanité commis par l'Etat français
en abandonnant, désarmés, des dizaines de milliers d'Algériens
musulmans aux assassins du FLN et de l'ALN. Manuel Gomez |
Mis en page par RP le 8 fèvrier 2020. |