Harki
Toi le Harki qui, sans façon,
Défendit sans peur la Nation
Contre un terrorisme sauvage
Qui sema pleurs, crimes et
carnage
Sur cette terre aimée d’Algérie,
Je veux ce soir te dire :
« Merci ! »
Toi le Harki, né d’une terre
Envoutante, charnelle et
fière,
Où les esprits de tes
anciens
Imprégnaient champs, routes et
chemins,
Accepte, fils de la Kabylie,
Mes excuses, au nom de la
Patrie.
Toi le Harki, loin des tiens
Crapahutant, fusil en main
Pour défendre les trois
couleurs
D’un vieil Empire sans honneur,
Permets-moi de louer ta
vaillance,
De désigner
« coupable », la France.
Toi le Harki, héros déçu,
Toi qui as subi le refus
D’être sauvé de l’ennemi
Lorsque la guerre fut finie,
Au nom des miens et de la
Nation,
Je souhaite te
demander : « Pardon ! »
Tout au long des huit ans de
guerre,
Des morts, de la grande
misère,
Tu fus un combattant fidèle,
Luttant sans peur dans le
djebel,
Sans croire que la France
éternelle
Sera un jour, amante infidèle.
Toi le Harki, en bon soldat,
Toujours devant dans les
combats,
Tu croyais défendre ta
terre,
Tu n’as gagné qu’un
cimetière
Lorsque Paris t’a abandonné
Au FLN, qui t’a égorgé.
Harki ! Tu échangeas ta
vie
Contre la paix en Algérie
Mais De Gaulle et l’État
français
Ont préféré t’éliminer,
Faisant de toi, sans cœur ni
pitié,
Un condamné à mort, immolé !
Toi le Harki qui, sans façon,
A cru aux chants de la
Nation,
Toi le fellah, l’enfant du
bled,
Tahar, Mohamed ou Ahmed,
Pourras-tu pardonner à la
France
Son mépris et son
indifférence ?
Robert
Charles PUIG / 01 / 2018