LA BARRICADE : 24 JANVIER 1960
La Barricade ! Protectrice et éphémère
L'image d'une population en colère,
Qui se refusait à croire que le destin
De cette terre promise, au bord de l'Afrique,
Ne soit plus un jour, que souvenir lointain.
La Barricade ! Une fragile barrière
Coupant la rue Michelet comme une frontière
Qu'elle défend, coûte que coûte, l'arme au poing
!
Un "Non" aux ordres et aux décisions politiques
Résolus à brader le pays contre
rien !
La Barricade ! Bouclier de fer et de pierres
Où vont se rassembler civils et militaires !
Ils espèrent, à ce prix, délivrer l'Algérie
Du terrorisme, des mensonges où elle se meurt
Et par-dessus tout
des singeries de Paris.
La Barricade ! La Basilique en prière,
Ne pourra pas stopper les balles meurtrières,
Aveugles
qui assassinent soudain Alger
Le Pouvoir, pour en finir, sème la terreur
À l'âme, au cur, au corps d'un peuple consterné.
La Barricade ! C'était hier
Du passé
Le sang des morts, au soleil d'hiver a séché,
Mais il restera toujours dans notre mémoire,
La trace de ces luttes et de cette passion
Où nous attendions mieux qu'une fuite sans gloire !
La Barricade ! Sur du papier, quelques lignes
Mais il faut le crier ! Cette défaite indigne
Fut l'uvre d'un État sans foi et sans pudeur
Et d'un gouvernement sans âme ni raison.
Ils préférèrent à Evian
la honte
à l'honneur.
Robert Charles PUIG
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