LA
CLEF |
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Elle brûlait
mes doigts. Je m'en rappelle bien…
J'allais
fermer la porte une dernière fois
Et partir,
m'enfuir… Une décision sans choix.
La clef ! Je
suis sorti d'un rêve inachevé
Quand la porte a claqué :
j'allais quitter Alger !
Mon pays,
bientôt, je l'appellerai : « Là-bas ! »
La sirène du
paquebot retentira
Comme un cri
d'adieu, un glas, du port aux collines…
L'ancre sera
levée dans le bruit des turbines
Et le quai
estompé, dans cette aube chagrine.
La clef
brûlait mes doigts en ce jour de Matines.
Elle n'ouvrira
pas et ne fermera plus
L'entrée de la
demeure où nous avons vécu…
La porte
verrouillée, je quittai la maison
Où tant de
souvenirs seront à l'abandon.
Il ne restera
rien de tous ces sentiments
Faisant battre
nos cœurs, dans notre appartement !
Je regardai la
clef qui ne servira plus,
Sinon à
réveiller ma mémoire perdue.
Pourquoi se
rappeler mille petites choses ?
La maison est
fermée. Les persiennes sont closes…
Du séjour aux
chambres, les rideaux sont tirés
Comme pour les
protéger du soleil d'été,
Et avant de
partir, en un geste d'amour,
Maman a
arrosé, pareil à chaque jour,
Les roses et
le jasmin et chaque plante grasse
Qui créaient
un jardin, au bord de la terrasse.
La clef !
C'était déjà le talisman ancien
D'une vie et
d'un temps qui ne seront plus miens.
Fallait-il
laisser là, la clef dans la serrure ?
Je me suis
opposé à cette forfaiture !
Quand l'étrave
du navire a fendu la passe
Pour atteindre
le large, en effaçant la trace
D'Alger, noyée
à l'autre bout de l'horizon,
Son image
obsédante a quitté ma raison.
J'ai su à ce
moment, que tout était fini,
Que plus
jamais, je ne reverrai l'Algérie.
Alors, de ma poche j'ai
retiré la clef
Qui me brûlait
les doigts et je l'ai envoyée
Dans les flots
de la Méditerranée, loin !
La clef !
Même aujourd'hui, je m'en rappelle bien.
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Mis en page
le 19/03/2018 par RP |