Exceptionnel
après-midi que celui du 27 mars 2010 au Pasino d'Aix-en Provence.
Un nombreux public, dans une salle comble, était convié
à assister à une "évocation historique".
Que dire de ce spectacle, mis en scène par Raphaël
Delpard et animé par Jean-Pax Méfret, sinon qu'il
n'en fut pas un.
Bien sur, il y eut des chansons interprétées par Jean-Pax,
Bien sur, il y eut des rires aux histoires de Robert Castel,
Bien sur il y eut des applaudissements.
Mais ce fut tout autre chose:
Il n'y eut ni projection, ni film, ni images, ce n'était
pas nécessaire. Ces images, ces visions, jaillissaient en
nous aux évocations sonores et aux séquences des enregistrements
qui nous étaient proposées. Tous nous revivions les
moments de notre histoire et de notre passé, nos drames et
nos déchirements surgissaient aux déclarations mensongères,
aux vindictes de nos détracteurs, aux rafales qui fauchaient
la foule, aux témoignages poignants ou révoltants.
Nous étions prévenus :"avec la participation
exceptionnelle de Robert Castel". Exceptionnelle elle le fut
assurément...
Après nous avoir fait revivre Bab-el-Oued par ses histoires
et son accent, il nous convia avec les larmes aux yeux à
assister à la mort programmée de son -de notre- quartier.
Retenu dans son immeuble lors du blocus, témoin de ces journées
de sang et de fureur, il revécut, bouleversé, le désespoir
de la population de ce quartier populaire châtié exemplairement,
piège tendu pour ourdir ce qui allait suivre rue d'Isly.
Oui, nous avons bien ressenti notre douloureuse mémoire
se remettre à saigner...
Un grand merci aux organisateurs.
Il est seulement regrettable que cette "évocation historique"
ne puisse avoir l'audience nationale qu'elle mériterait.
R. P (Rafilou de la Basetta)
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