Cette scène hallucinante près
d'Alger, sur les lieux du tremblement de terre. Les cailloux du peuple
faisant fuir les Mercedes du Président Bouteflika. Cette fuite
est pitoyable. Elle restera gravée dans les mémoires;
et aura, sans nul doute, des conséquences pour la très
prochaine élection présidentielle. Pour moi, elle est
aussi un moment de vérité. L'autre illustration, moins
officielle, moins caricaturale de cette fameuse Année de l'Algérie,
d'où l'on aura exclu les morts, les Pieds Noirs, les Harkis,
les Kabyles, les hommes et les femmes libres. Elle dit, mieux que mille
discours, l'échec patent, pathétique, de la Révolution
algérienne à la façon F.L.N.. Elle raconte, en
une image ce qu'a fait en quarante ans de ce pays une clique de militaires,
de caïds et de démagogues - dont Bouteflika était
dès l'origine. Le règne de la corruption. L'incompétence.
Tout simplement l'incapacité d'un Etat introuvable à venir
au secours de son peuple. Elle illustre surtout la faute originelle.
Ce mensonge français encore entretenu. Il n'y eut pas de décolonisation
en Algérie, comme vous le racontent les manuels d'histoire. De
Gaulle ne le voulut pas. Il était trop pressé, trop vaniteux.
Il dégagea - c'était le terme employé à
l'époque - et rendit l'Algérie, non pas aux Algériens,
mais à un parti totalitaire.
