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Michel DIAZ
Le faiseur de prairie. (Publibook)



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"Le Faiseur de prairie" de Michel Diaz, c'est son père, cet homme exemplaire qui savait trouver de l'eau et des idées pour embellir la vie des siens dans un milieu aride. Entrez donc dans la vie d'un homme aux souvenirs vivaces, dans une Algérie à la fois forte et fragile qui le portera sur les chemins de la réussite. Il y puisera la force d'un retour à ses sources lui fournissant, ainsi, par des regards aux multiples facettes, la fin de son deuil.

Résumé : Michel Diaz parcourt son existence comme autant de leçons de vie : l'installation de sa famille à Sebdou puis à Zebch dans le Sud algérien, la chasse à l'outarde ou à la gazelle avec son oncle et son père, la recherche de l'eau. Il nous dit aussi le pittoresque Bartolo, le téléphone dans la communauté, les bêtises radieuses de son frère, les couscous de sa grand-mère...A l'aube de la guerre d'Algérie et tout au long de celle-ci, un récit rempli de soleils, de spontanéités simplement traduites par la rectitude d'un jeune garçon pied noir rendu trés vite mâture par la vie... Chassé de ses déserts par l'histoire... il revient parmi les siens quarante ans plus tard, humble de ses succés qui lui apportent cependant des constats lucides sur les lieux de sa jeunesse.

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Un voyage dans les souvenirs d'un PN.
Dans cet ouvrage, l'auteur évoque la question des pieds-noirs et leur rapatriement. L'essai autobiographique invite le lecteur à partager les bons et les mauvais souvenirs qui ont marqué M. Diaz, dans l'Ouest et le Sud algérien. L'auteur y retrace sa vie et celle de sa famille, raconte sa vie à Sebdou, ensuite à Zebch. Dans ces régions, aux portes du désert, Pascal, le père, en homme de la terre entreprenant, savait tout faire. Il crée dans un milieu aride une prairie. Cet espace qui a marqué la jeunesse de l'auteur, «devint le petit paradis des chasses de son adolescence, dans la preuve que le désert sait toujours vivre».
Dans cette prairie, les parties de chasse qui subjuguent les rois et princes faisaient partie de l'ancien décor de sa vie. Ces courses en plein air, dans les champs du «paradis» paternel et dans les décors arides du désert environnant lui permettaient de partager un moment de plaisir avec son oncle et son père. L'auteur ne manque pas de confier ses «bêtises» et celles de son frère, dont chaque fois, il tirait des leçons. «La connaissance de la vie est comme le sable : elle ne salit pas, disait Elsa Triolet, et le sable laisse toujours derrière lui quelques grains qui raviveront la mémoire», écrit l'auteur.
Michel Diaz, un pied-noir dont l'enfance a fleuri dans cette «mer d'alfa», tels que sont décrits les vastes champs peuplés de cette plante, parle de cette alfa qu'il a appris à récolter en compagnie de sa famille avec délicatesse en évitant «d'extraire le pied» pour préserver la plante et assurer une bonne récolte l'année d'après et toutes les années qui suivront dans ce paradis que ni l'enfant Diaz ni sa famille n'aurait quitté ni échangé pour tout l'or du monde. Mais l'histoire en a voulu autrement. Au lendemain de l'indépendance de l'Algérie, la famille Diaz, comme tous les pieds-noirs installés dans différentes régions du pays ont dû quitter cette terre qui les a vus naître et grandir. Le père Diaz ne supportera pas le rapatriement.
Il décède peu de temps après sont arrivée en France. Quarante ans après ce que l'auteur considère comme un exil, Michel Diaz retrouve son désert avec autant d'émotion, la même émotion ! que ce jour où il a dû le quitter. «Parti, baissant les yeux en larmes [...] revenu levant les yeux en larmes», écrit-il. Mais, au delà des émotions des retrouvailles, se profile le constat : tout a disparu. Il n'y plus trace de la «mer d'alfa», l'eau, et, surtout, du «faiseur de prairie».
C'est un «désastre». Diaz ne peut s'empêcher de se poser la question sur les raisons ou les causes de cette «continuité à détruire, lentement, sûrement le travail». Relaté avec beaucoup d'amour, de nostalgie et d'amertume en même temps, le Faiseur de prairie est un récit qui se laisse lire. L'ouvrage autobiographique est un ensemble d'histoires que l'auteur fait défiler au hasard de ces souvenirs. Il voyage avec ses souvenirs sans essayer de les soumettre à l'écoulement du temps, à l'ordre chronologique. Le récit est fait dans un style léger et simple, pas simpliste, mais profond aussi. M. Diaz évoque son Algérie à sa manière, dans un style direct et avec beaucoup de spontanéité, il la raconte et la décrit telle qu'elle est dans son cœur.
«S'il est vrai que l'on peut arracher un homme à son pays, il n'est pas possible d'arracher ce pays du cur de l'homme», conclut Michel Diaz.
Tassadit Lazili