Réunion à La Colle sur Loup

La Maison des Pieds-Noirs de Cagnes-Sur-Mer, présidée par Gaby Anglade, conviait ses amis et adhérents à se retrouver le dimanche 23 juin, au site de la Guérinière à la Colle sur Loup.
Magnifique journée, grande affluence et joie intense lors de ces retrouvailles.

La messe, à la mémoire des morts de la guerre d'Algérie, célébrée le matin, devant une nombreuse assistance recueillie et remplie d'émotion lors de l'hométie du père François Scotto, fut suivie d'une paëlla monstre et d'un après midi dansant.

23 juin 2013.

Frères et sœurs.

Nous voici rassemblés pour célébrer un anniversaire, le35me. Anniversaire de votre maison des pieds noirs de Cagnes sur mer et nous la célébrons, avec l'Eucharistie de ce dimanche.

Dans l'évangile, Jésus demande à ses disciples, que dit-onde Lui, mais surtout ce qu'll est pour eux, « pour vous qui suis-je? ›› c'est comme s'll posait la question à chacun de nous, pour nous déterminer face à Lui, quelle place Lui donne-t-on dans notre vie et cela est valable pour tout être humain appelé à la vie.

Jésus n'est pas venu pour diriger la vie des Nations, (Il disait: mon royaume n'est pas de ce monde) ll est venu pour sauver l'humanité de la désespérance, remplacer la haine par l'Amour, la vengeance par le pardon, l'égoïsme par la solidarité.

Qu'est-ce qu'un anniversaire ? l'occasion de se souvenir d 'un évènement qui a marqué dans la vie.

0n peut arracher les hommes à leur Pays, (on ne peut pas arracher le Pays au cœur des hommes.

En un siècle, à la force de leurs bras, ceux qu'on appelle maintenant des colons, ont su, d'un marécage infectieux, mitonné un paradis lumineux: seul l'amour pouvait oser pareil défi.

Et je cite le poème d'un français déraciné.

« Jadis, j'ai déjà dû m'enfuir de mon Pays.

Quand la France décida de lâcher l'Algérie.

Et si avec le temps, les plaies se sont fermées.

Leurs cicatrices, elles, ne peuvent s'effacer.

Aussi, pour mes enfants, je demande au Messie

Que jamais, ils ne vivent pareille tragédie. ››

Fin de citation.

Dans un magazine national, un article racontait que l'Alzheimer est un drame personnel et collectif qui accompagne le vieillissement d'une population; il en va de même pour un Alzheimer national.

Après avoir refusé d'inscrire les racines chrétiennes dans la constitution (comme l'a écrit quelqu'un: les racines, on ne les porte pas, ce sont-elles qui nous portent) on a entendu cette phrase, au cours d'une visite présidentielle à la cathédrale du Puy en Velay (étape sur le chemin de Compostelle)

« La chrétienté nous a laissé un magnifique héritage de civilisation et de culture. ››

Aussitôt, tout a été fait pour discréditer cette phrase, la condamner à l'oubli et chasser ce discours consacré à l'identité et à la mémoire.

L'article continuait : « mais il y a une maladie qui précède l'AIzheimer: celle qui ronge l'esprit public et démoralise la volonté commune: cette conviction du déclin inexorable du vieux pays ›› fin de citation.

Mais les valeurs de respect et de liberté ne sont pas de celles qu'on peut longtemps étouffer, sous une poigne de fer, un goulag ou des sentences religieuses.

Pour que personne n'oublie les hommes et les femmes qui ont fait de l'Algérie, ce qu' elle était au moment de notre départ avec les valeurs qui ont toujours fait sa force et sa gloire, valeurs qui viennent souvent de l'évangile.

Quand les hommes cessent de croire en Dieu ce n'est pas pour croire en rien, c'est pour croire en n'importe quoi.

On parle beaucoup d'une société qui perd ses repères, d'un monde désenchanté...

Dieu a été mis en accusation, éjecté de son ciel; il y a longtemps que Jésus son Fils a été mis en croix, et la lutte contre son enseignement d'amour et de paix, s'accentue, dans un amour dévoyé et une insolence orgueilleuse pour le malheur des hommes et surtout celui des enfants.

Que sont devenus les Pays d'Afrique, depuis l'heure de l'Indépendance? Y en-a-t-il beaucoup qui vivent en paix, en sécurité, dans l'abondance ?

Dans quelques jours, ce sera justement l'anniversaire de l’Indépendance de l'Algérie et le souvenir du massacre du 5 juillet à Oran, des crimes contre les Harkis, des enlèvements qui continueront encore longtemps, devant des soldats français à qui on interdira d'intervenir.

C'était la période des vacances de juillet. beaucoup de monde, en ce temps là, pensait peut-être que tous ces gens d'Algérie, venaient aussi en Métropole pour des vacances... oui pour un séjour définitif après avoir tout laissé et tout perdu... sauf l'Honneur. Depuis, vous avez apporté à ce Pays, votre courage, vos talents de bâtisseurs, votre envie et votre joie de vivre, et aussi votre foi.

Sans jamais renier de ce qui fut votre passé, vous avez su affirmer ce en quoi vous croyiez, les valeurs du travail, de la fraternité, dans le respect de Dieu et des hommes.

En enfonçant vos racines dans une terre nouvelle, vous avez redonné vie à des paroisses, à des villages et à des villes; vous avez fait pour vos enfants, quelque chose de beau et de solide, que beaucoup, déjà aujourd'hui, sont capables de reconnaitre.

Célébrer un anniversaire, c’est se rassembler pour se souvenir des premiers jours, des visages des pionniers, de ceux qui ont voulu que rien ne se perde de la mémoire des hommes; c'est un lieu où se rencontreraient des personnes, au cœur parfois chargé et lourd, mais qui viendraient ici pour qu'ensemble, la nostalgie soit transformée en merveilleux souvenirs qu'on n'a jamais fini de se raconter et d'entendre.

Dans l'évangile Jésus nous demandait: pour vous, qui suis-je ? St. Pierre avait répondu: Tu es le Messie, Le Fils du Dieu vivant.

Tout à l'heure, au moment de la communion, face au Christ présent, à nous de pouvoir et de savoir Lui répondre qu'Il est celui qui vient nous dire l'Amour de Dieu pour tous ses enfants et qu'Il veut, avec nous, transformer cette terre, champ de bataille, en une terre bénie, où chacun puisse vivre et aimer à l'image de son Amour.

Que Dieu bénisse vos familles et que Notre Dame d'Afrique vous accompagne partout où vous serez.

 


 

Mis en page le 28/06/2013 par RP