Manifestation de protestation à Cannes

Après être intervenu par lettres auprès des autorités municipales, à l'appel d'Hervé Cuesta et de plusieurs associations de Rapatriés et d'anciens combattants il a été décidé de montrer publiquement notre désapprobation et notre courroux à la projection du film "l'autre 8 mai" en support d'une dicussion au festival du film panafricain.

Ci-dessous les diverses interventions que vous pouvez retrouver dans le site d'Hervé Cuesta et Geneviève de Ternant http://oran1962.free.fr/accueil.htm

 
Festival Panafricain mardi 10 novembre 2009 à 20 heures, 9 rue Louis BRAILLE à Cannes

Madame, Monsieur,

Nous avons été informés de la projection du film " l'autre 8 mai 1945 " de Yasmina ADI, que nous avons visionné et qui reflète ces événements en occultant les raisons de la répression.
Le fait de dire en début de film " pour avoir demandé l'indépendance de son pays , la population va subir une violente répression " est mensonger, car la réalisatrice passe sous silence les actes de barbarie commis par les émeutiers; ce soulèvement avait été préparé longtemps à l'avance ; l'émeute à la Mosquée de Sétif n'était pas la seule ; dans d'autres villes du Constantinois des actes de terrorisme furent déclenchés (Guelma, Kerata). Comme chiffres les plus officiels et fiables des Historiens nous précisent : 2600 morts à cause de la répression et 102 morts , français d'origine européenne ou " pieds noirs " (dont 14 militaires, et 2 prisonniers italiens), 110 blessés et 10 femmes violées. Guy PERVILLE ajoute que répression du 8 mai 1945 en Algérie a bien été celle d'une tentative d'insurrection nationale insuffisamment préparée.
Autre mensonge de ce film : ce n'est pas le fait d'avoir tué le jeune porte-drapeau Arabe qui a déclenché la colère des manifestants, puis l'émeute. La foule (conditionnée auparavant) demandait la libération de Messali HADJ et la plupart des manifestants étaient munis pour le moins de "débous munis de lames de rasoirs" de poignards, de hachoirs, de faucilles, de haches, de grosses pierres portées à plein couffins, les meneurs quelques révolvers. (Témoignage de Maurice VILLARD qui avait 17 ans ce jour là et qui a assisté à l'insurrection à Sétif). Les manifestations étaient donc politiques, pas spontanées comme le dit la propagande F.L.N.

Il y aurait beaucoup d'autres choses à dire sur ce film.

Pourquoi jeter inutilement de l'huile sur les braises 60 ans après ces tragiques événements? N'est-il pas venu enfin le moment de permettre aux mémoires antagonistes de ces communautés qui ont tant souffert en ce printemps 1945 de se retrouver dans une analyse similaire des événements qu'elles ont toutes deux vécus si douloureusement? (Roger VETILLARD)

Nous nous tenons à votre disposition pour en débattre avec vous après votre projection.
Notre démarche, au nom des morts oubliés, relève de l'exigence de vérité totale due au public. Seule cette exigence permettra aux communautés de faire leur deuil des douleurs passées et de pouvoir coexister.


Nous sommes un groupe de Français d'Algérie qui recherche la Vérité Historique.
Je vous prie de croire Madame , Monsieur à mes sentiments les meilleurs.
Hervé CUESTA

 

Monsieur le Maire,

Nous apprenons avec émotion, mais aussi avec indignation, qu'un film à la gloire des émeutiers du 8 mai 1945 va être présenté à Cannes dans le cadre d'une manifestation culturelle panafricaine.
Ce film, dont nous avions vu quelques extraits sur les chaînes publiques de notre télévision, est un tissus de mensonges et d'interprétations des faits. J'en veux pour exemple cette affirmation selon laquelle un scout musulman aurait été la première victime de l'émeute de Sétif, alors que l'on sait que cette première victime fut une petite fille israëlite venue assister avec ses parents aux cérémonies de la victoire contre le nazisme, abattue par les émeutiers !
Vous ne pouvez, bien sur, intervenir dans ce qui est une manifestation privée.
Mais vous pouvez, Monsieur le Député Maire, marquer votre désapprobation par voie de presse.
C'est ce que nous attendons.

Veuillez croire, Monsieur le Député Maire, en nos salutations.


Le Cercle Algérianiste du Grand Avignon
Jean-Pierre RISGALLA
Président

 


Cela s'est passé à Cannes le mardi 10 novembre 2009...

Nous étions plus de 40 pour une réservation de 25 volontaires ; malgré les absents de dernière minute (4), mais le téléphone arabe ayant bien fonctionné, des gens non prévus sont venus. Nous étions plus nombreux que les spectateurs de ce film ! Je remercie tous ceux qui sont venus parfois de loin : Menton Nice et Grasse, plus près Antibes et Cagnes/mer.
Sur la photo de groupe il en manque plus de 10 car je n'ai pensé à prendre des photos que très tard. Il était 20 heures 20 et non 22 car mon Nikon avait gardé l'heure d'été. Lorsque je suis arrivé à 19 heures 15, il y avait déjà des A.C. sur place et l'équipe de FR3.
Espérons demain que nous n'ayons pas à regretter notre invitation.
Bon accueil du Président de " Nord/Sud " bon dialogue aussi et promesses échangées. Bon accueil aussi de plusieurs dames de l'Association ; j'ai noté seulement 2 réflexions acerbes de nos "ennemis".
Nous avons fait la connaissance de la jeune réalisatrice née à Grenoble: le dialogue n'a pas été aussi chaleureux qu'avec les gens de l'Association; elle nie être " pro-FLN " mais un film sur les Harkis ou sur un de nos massacres ne l'intéresse pas ; elle ne nous a pas expliqué pourquoi.
Elle m'a reproché de ne pas lui avoir demandé un entretien par son site plutôt que de venir tout perturber avec une foule (Nous avons retardé la projection fixée à 20 heures)
FR3 a filmé et nous a questionnés tous ; on verra le résultat demain à 12 heures : nous risquons le pire comme le meilleur en fonction des coupes sur les rushes.
Nous avons obtenu le droit de participer au débat mais, il fallait voir la projection. Deux d'entre-nous étaient volontaires mais à force de discuter dehors ils changèrent d'avis ; Armand a même regardé quelques séquences qui l'ont dissuadé d'en voir plus.

H.C.