Cimetières
d'Algérie
Accompagné
d'une équipe de TF1, je me suis rendu à Oran. Je
n'ai pas reconnu ma ville natale qui était si belle et accueillante.
Le village nègre s'est agrandi jusqu'au
centre ville. La rue d'Arzew, si agréable à 1'époque
est sale et encombrée.
Les cimetières
J 'ai eu 1'occasion de me rendre à Mers-el-Kébir où
j'ai constaté que les cimetières Civil et de la Marine
qui se trouvent dans la même enceinte étaient complètement
ravagés. Je n'ai pas retrouvé les sépultures
de mes Grands-Parents et d'une Tante enterrés là. Quand
aux tombes des marins, elles ont toutes été profanées
avec haine (des photos ont été prises).
A Oran, la même impression de désolation au fur et à
mesure que l'on s'approche du cimetière où les carrés
n'existent plus, des immeubles ont commencé à être
construits et des chiens errants rodent autour de ce qui reste de
certaines tombes (des images télévisées se trouvent
à la Maison des Rapatriés de Nice).
L'évêque d'Oran reconnait
dans une interview que l'ancien Maire avait mis dans un trou, dans
une falaise, les restes de défunts, pour permettre la construction
dŌimmeuble.
Alors, quand on nous parle de sauvegarde
des cimetières en Algérie je dis que c'est une utopie !
Bouteflika veut faire disparaitre toutes
traces de la présence française pendant 132 ans et notamment
les cimetières dont les terrains sont, dit-il. la propriété
de l'Etat algérien (voir le journal d'Oran du 5 juillet 2005).
D'ailleurs, des fossoyeurs algériens m'ont affirmé que
les Français avaient intérêt à transférer
leurs défunts le plus rapidement possible car dans quelque
temps il sera trop tard. Tous les cimetières seront traités
pour laisser la place pour construire des immeubles, des stades et
des routes.
Aussi, aujourd'hui, quand on se souvient de ce qui s'est passé
le 5 juillet 1962 à Oran, comment peut-on affirmer que des
cimetières vont dire sauvegardés, rénovés
et réhabilités. Les algériens qui suivent leur
président disent : « en 1962 nous avons mis à
la porte les survivants pourquoi garderions-nous leurs morts ! »
Et dire que des associations de sauvegarde des cimetières organisent
des voyages touristiques en Algérie !
A méditer.
Raymond MORA
