PROFANATION DU CIMETIERE MILITAIRE DE MERS-EL-KEBIR

Pardonner ?...Impossible !        Oublier ?...Jamais !

 

Les barbaresques sont de retour, en 2005, à March-al-Chabir !

Il y a, cinq cents ans, le 14 septembre 1505 le comte de Montemar, (commandant en chef de l'expédition du cardinal Ximenez) en avait fait la conquête, en chassant les pirates barbaresques qui y trouvaient refuge et protection. Il planta sur ce bordj devenu forteresse de Mers-El-Kebir, le premier drapeau de la chrétienté et y fit célébrer la première messe, dans la petite chapelle vouée à L'Archange Saint Michel, en Berbérie !

Cinq cents après, le 25 avril 2005 les barbaresques sont de retour à Mers-El-Kebir, non pas en conquérants vengeurs, mais en lâches profanateurs du cimetière militaire où reposaient les marins victimes de l'agression de la « Royal Navy  », les 3 et 6 juillet 1940,  contre la Flotte française de l'Atlantique dans l'impossibilité de se défendre.

En 2005 : 1297 dépouilles profanées dans leurs sépultures, dalles arrachées, ossements mis à jour, toutes les croix chrétiennes détruites, comme au temps de March-al-Chabir !

Au nom de qui ? En raison de quoi ?

Ces marins n'étaient pas les conquistadors espagnols de 1505 ! Ces marins étaient simplement des combattants français, en très grande majorité, bretons, trahis et assassinés par leurs alliés anglais, alors qu'ils s'étaient battus, à leurs côtés, jusqu'à la signature de l'Armistice franco-allemand du 17 juin1940, contre Hitler et Mussolini !

Ces marins français n'avaient jamais combattu durant la guerre d'Algérie ! Elle ne débuta que quatorze ans après leur trépas ! Alors pourquoi ce geste barbare en 2005 ?

Il sera difficile au dénommé Bouteflika de l'expliquer en traitant ces 1297 marins morts de « collabos » ! De même, il  sera fort difficile aux minables pseudo-historiens et journalistes de la mouvance Vidal-Naquet et autre Germaine Tillon de leur infliger les accusations de sanguinaires tortionnaires dont ils sont si prodigues à l'encontre  des officiers (principalement) et des soldats (surtout parachutistes) de la guerre d'Algérie ! Comment ne pas considérer ce vandalisme comme un geste raciste !

Aurait-on pu annihiler une telle profanation d'un lieu sacré chrétien et français en terre désormais étrangère et d'Islam ? Certainement !

Les gouvernements français et algériens ont toujours  été informés, en temps voulu, des prémices de tels actes islamistes, apparus, depuis des années,  dans les cimetières civils. De même, depuis 2002, la F.A.M.A.C., ainsi que l'amicale des marins rescapés et des familles des victimes de cette tragédie de Mers-El-Kebir les avaient alertés.

Oui ! Les tristes sires Jacques Chirac et Abdelatif Bouteflika ne peuvent le nier !

Ils étaient au courant. Ils ne pouvaient, ni l'un ni l'autre, pas plus qu'ils ne peuvent, à ce jour, méconnaître l'historique du cimetière militaire de Mers-El-Kebir et les différentes interventions faites, pendant plus de soixante années, en vue d'obtenir le rapatriement des dépouilles des 1297 « Morts pour la France » dans le respect de la devise « Honneur et discipline » de la « Royale » française, les 3 et 6 juillet 1940 ! 

Grandes dates du cimetière marin de Saint André

En voici le rappel des principales dates pour restaurer leur mémoire défaillante et les aider dans leur remord, s'il venait à se manifester chez l'un ou l'autre, en vue de rejeter  « la politique de l'autruche » dans laquelle ils se sont lâchement réfugiés ?

Car il n'est guère possible de pardonner et surtout, à tout jamais, d'oublier !  

Après l'inoubliable tragédie de Mers-El-Kebir, dont la « Royal Navy » rougit encore. Le cimetière civil Saint André ne pouvant accueillir autant de linceuls, les autorités civiles de l'Oranie et militaires françaises, aménagèrent à côté un carré militaire, entretenu, avec dévotion, par la population de la Marsa jusqu'en 1962 et par la Base navale jusqu'à son départ en 1968, date à laquelle « Le Souvenir français » prit le relais.

5 juillet 1940 : Obsèques officielles présidées par l'Amiral Gensoul, célébrées par l'évêque d'Oran, assisté du prêtre de la Marsa, de l'aumônier catholique De Greuzer et des aumôniers militaires d'autres confessions. Un premier office œcuménique dans un village catholique en terre d'Islam. Quelques cercueils blancs portaient des identités, beaucoup d'autres la mention « Inconnu » avec le nom du navire.

Avril 1941 : 800 corps retrouvés à peu près intacts, pour la plupart, dans les tourelles d'artillerie dont le blindage les avaient protégés de l'explosion mais dont les issues bloquées, empêchant toute fuite, les avaient condamnés à mourir par asphyxie, furent remontés de « La Bretagne » et enterrés dans un ossuaire spécialement édifié pour eux.  

1951 : Lors du découpage de l'épave du  cuirassé « Bretagne » , des squelettes encore découverts et ramenés à la surface par les scaphandriers, rejoindront cet ossuaire.

1960 : L'amiral Bernard Geli, (Il vécut la tragédie de Mers-El-Kebir en qualité de capitaine de manuvre du « Strasbourg ») fit enlever la plaque en bronze récupérée sur la carcasse « La Bretagne » qui avait été scellée dans la jetée du port à l'emplacement du pont d'amarrage et du lieu de coulage du cuirassé. Elle est au Musée de la Marine.

Juillet 1962 : A la proclamation de l'indépendance de l'Algérie, des familles demandèrent le rapatriement des dépouilles en France. Elles essuyèrent un refus !

29 avril 1964 : Le corps de l'Amiral Darlan qui avait souhaité être inhumé dans ce cimetière militaire marin y fut transporté et enterré avec les honneurs militaires rendus sur décision de Charles  De Gaulle, président de la République.

Cependant le règlement militaire stipulant que seul un commandant mort au milieu de ses hommes peut être enterré dans le même carré qu'eux, l'Amiral Darlan n'ayant pas trouvé la mort à Mers-El-Kebir, sa sépulture fut placée à gauche de la stèle, en dehors du carré des 1297 marins  tués lors des attaques des 3 et 6 juillet.

Octobre 1985 : La Frégate « Georges Leygues » fit escale à Oran. Son commandant, le capitaine de vaisseau d'Oléon, demanda aux autorités algériennes l'autorisation de pouvoir rendre hommage, entouré de plusieurs de ses officiers, et de déposer une gerbe au pied de la stèle érigée à la mémoire des marins tués dans la tragédie 1940, au cimetière militaire de Mers-El-Kebir. Leur requête fut acceptée à condition qu'ils s'y rendent en civil, accompagnés par le capitaine de frégate Denechaud, attaché naval en Algérie auprès de l'Ambassade de France et du consul d'Oran. A cette époque, le carré militaire français du cimetière de Mers-El-Kebir dont l'entretien était confié au « Souvenir français » était en bon état.

1989 :  A partir de cette année-là, les autorités algériennes n'autorisèrent plus l'accès à ces sépultures, pourtant concessions à perpétuité du « Souvenir français » ! Cette même année, le père jésuite Lancelot avait sollicité le rapatriement de la dépouille d'une victime non identifiée, en vue d'élever une sépulture à la mémoire du marin inconnu, mort le 3 juillet 1940, dans un cimetière en Bretagne. La réalisation de ce vu pieu n'a pu se réaliser que onze années plus tard, les autorités algériennes n'ayant autorisé le départ de la dépouille de ce marin inconnu vers la France que le 21 mai 2000. Pourquoi ? Quels maux à l'encontre de l'Algérie indépendante, pouvait-on reprocher à ce marin, qui ne s'était battu que contre les racistes nazis avant de trouver la mort, trahi par ces anciens alliés anglais, quatorze ans avant la Toussaint rouge ?

2000 : La dépouille du marin inconnu, « Mort pour la France » à Mers-El-Kebir arriva enfin, le 23 mai en France. C'est la mission militaire de l'ambassade de France à Alger qui en informa l'Amiral Noury, président de la Fédération française des marins anciens combattants. La levée du cercueil avait donné lieu à une cérémonie militaire et religieuse discrète le matin, en présence du lieutenant colonel Delva et du Révérend père Thierry Becker au cimetière de Mers-El-Kebir.

L'après-midi, le cercueil partait par avion pour Roissy où il fut accueilli par la direction de la fédération nationale des anciens combattants et Victimes  de guerre.  

Aucune explication ne fut évidemment fournie par les autorités algériennes sur les onze années d'attente de la requête du R.P. Lancelot. Peut-être y avait-il eu des problèmes de « bakchich » insuffisant ou de surenchères de dessous de table ? Aucune dégradation ou actes de vandalisme du lieu sacré n'étaient alors  signalés.

Les restes du marin non identifié, enfin rapatriés après cette interminable et inexplicable procédure de onze années, furent ensevelis au cimetière de Kerfautras à Brest, en Bretagne, où les rescapés et les familles des victimes de l'agression de la « Royal Navy » de 1940, peuvent désormais venir se recueillir et rendre hommage à la mémoire de leurs camarades de combat ou parents qui reposaient là-bas, à Mers-El-Kebir, dans le cimetière militaire de Saint André et qui depuis la profanation constatée en avril 2005, gisent dans des tombes saccagées et dans un ossuaire à la dalle fracassée, à ciel ouvert.

A Kerfautras, une simple sépulture en terre, sans dalle, surmontée d'une croix blanche, portant  l'inscription : « Un marin inconnu, mort pour la France le 03/07/40, à Mers-El-Kebir », permet, en dehors des cérémonies commémoratives officielles, de pieux recueillements dans la discrétion. Nombreux, puisque la tombe est toujours fleurie.

Septembre 2002 : Du 14 au 25 septembre, une mission du Corps des sapeurs-pompiers de Paris, se déplaça, à la demande du gouvernement de l'Algérie, à Alger et à Oran, dans le but de parfaire les compétences des officiers et la formation des stagiaires algérois et oranais de la Protection civile.

De passage au centre de secours d'Oran le chef de bataillon Roman Poilverd, commandant ce détachement de la caserne de la Nativité à Paris, émit le souhait de pouvoir se recueillir sur la tombe de son grand-père, le Maître armurier François Podeur, « mort pour la France»  à bord du cuirassé « Bretagne », le 3 juillet 1940.  

En raison des excellentes relations professionnelles, liées entre soldats du feu, français et algériens, le directeur de l'école de formation de la Protection civile d'Alger et le lieutenant- colonel Fardeheb, directeur de la Protection civile d'Oran, s'appliquèrent à la réalisation de ce vu pieux. Une cérémonie intime avec un dépôt de gerbes fut autorisée en présence de responsables de la Protection civile algérienne. Ceux-ci se montrèrent, tout autant émus et outrés, que leurs homologues français, devant les dégradations subies par le cimetière militaire : La plaque de la tombe de l'Amiral Darlan, détruite, des croix abattues, des plaques du monument portant les noms des glorieuses victimes de la lâche agression de la « Royal Navy » descellées.

2003 : La révélation de ces gestes irrespectueux contre les sépultures du cimetière militaire de Mers-El-Kebir provoqua de nouvelles démarches des amicales d'anciens marins rescapés et des familles des victimes de l'agression britannique de 1940, auprès de M.Mekachera, Secrétaire d'Etat en charge des Anciens combattants, en vue de l'exécution de travaux de réfection après ces actes de vandalisme.

Il leur fut répondu qu'en 2004, un projet de réfection du cimetière était prévu avec l'ouverture du consulat de France à Oran dont le personnel pourrait mieux prendre les dispositions nécessaires sur place. La requête d'un envisageable rapatriement des dépouilles, après ces actes sacrilèges, n'obtenant aucune répons !      

La réponse ? On la connaît : Elle a été apportée en 2005, par le retour des  « Barbaresques » qui ont, eux, pris sur place, des dispositions profanatrices et cruelles contre les restes de ces marins « Morts pour la France » ! ...Si grande ! Si généreuse ! dixit le père d'un certain amiral de Gaulle !

Cette même année 2003, le 3 juillet exactement, une plaque commémorative de ce drame maritime de la 2ème guerre mondiale était inaugurée, sur une requête de M.William Tapia, président  de l'association des A.C Pieds noirs d'A.F.N. par le vice-président  du conseil général des Alpes maritimes, M. René Vesti, maire de la petite ville portuaire de la Côte d'Azur, Saint Jean-Cap Ferrat, dont un citoyen César Alvera, a trouvé la mort le 3 juillet 1940, à bord du cuirassé  Bretagne ».

Cette plaque porte ces mots : « A la mémoire des marins de l'escadre française, morts victimes du devoir, les 3 et 6 juillet 1940 à Mers-El-Kebir. Les Français d'Afrique du Nord se souviennent. Remerciements à la population de Saint Jean Cap Ferrat » a été scéllée, à côté du monument aux morts, en face de l'église, qui accueillit ce jour-là, une messe célébrée par le Révérend Père Antoine Balzamo, curé  de l'église des Rapatriés à Antibes, et natif de Mers-El-Kebir, qui a vécu sur place, en pleine enfance, tout comme William Tapia, alors habitant du quartier de la marine à Oran et enfant de chur de la cathédrale Saint Louis, devenu depuis Président des anciens de N.D. de Santa-Cruz (sous la bénédiction de Monseigneur Lecat, vicaire général de l'épiscopat de Monseigneur Lacaste à Oran), l'odieuse trahison de la perfide Albion en juillet 1940

2004 : Encore le 3 juillet, une cérémonie commémorative a été organisée par la municipalité de Toulon représentée par M. Michel Cameli, adjoint délégué aux A.C. et par le commandant Maurice Lorain, président de l'amicale des anciens de Mers-El-Kebir et par l'amicale des anciens marins du   Strasbourg », devant la stèle portant la fresque sculptée en 1933 par Halbout de Tanney, dédiée aux marins morts pour la France, durant les deux guerres 1914-1918 et 1939-1945, (fresque qui se trouvait à Alger, en face de l'Hôtel Aletti ; Démontée en 1962, elle fut reconstruite à Toulon). Une plaque en marbre : « Aux 1297 marins morts pour la France, les 3 et 6 juillet 1940 à Mers-El-Kebir » a été placée sous la plaque de bronze, dédiée au cuirassé « Bretagne » : « A la mémoire des officiers, officiers mariniers, quartiers maîtres et marins de La Bretagne, disparus  à Mers-El-Kebir, les 3 et 6 juillet 1940, pour l'honneur du Pavillon français ». Cette stèle commémorative se trouve, pour ceux qui souhaiteraient s'y recueillir, Batterie basse au Cap Brun, à l'est  de Toulon.

Un lieu particulièrement lié à la tragédie de la flotte française en 1940, par le fait qu'il se trouve sur une rive de la Méditerranée mais aussi pour des raisons sentimentales plus proches parce qu'il abrite la chapelle de la Vierge du Cap Falcon dont l'histoire s'intègre à l'événement de Mers-El-Kebir. En effet cette Vierge du Cap Falcon avait été offerte en hommage à Notre Dame de Santa Cruz  par la population de  Mers-El-Kebir, en vue de la remercier de l'avoir protégée ainsi que la petite ville  de Saint André, des deux journées de bombardements britanniques de 1940.

Cette statue de la Vierge a eu pour sauveur un descendant de pêcheurs de la Marsa, Marcel Schiano di Lombo, fonctionnaire de la Marine nationale et ténor des churs de la cathédrale d'Oran qui a pu courageusement l'arracher, cinq années après l'indépendance de l'Algérie, des destructions qui visaient déjà toutes les statues religieuses chrétiennes, non rapatriées en France, soit disant symboles de 130 années de colonialisme pour les Ulémas. Certes ! Déjà !

Ces Islamistes de la première heure n'avaient pas encore pensé aux cimetières. Ils rattrapèrent vite le temps perdu et de manière horrible, tout  comme en avril 2005 !

Cette vierge du Cap Falcon, qui a eu davantage de chance que les sépultures du cimetière marin, a été rapatriée par la Base navale, encore française, jusqu'au deuxième port de guerre français Toulon où s'est établi alors un deuxième lien avec le  souvenir du drame de juillet 1940. En effet, elle fut accueille par un prêtre de la paroisse de Toulon, le Révérend père Jean Autric, natif de Toulon, mais miraculeusement rescapé des deux attaques contre le « Dunkerque ». 

Jean Autric, sorti frai émoulu de l'Ecole navale servait alors, en 1940, au grade d'enseigne de vaisseau et se trouvait sur la passerelle aux côtés du capitaine de vaisseau Seguin, commandant le bateau amiral de la flotte atlantique. Il échappa miraculeusement aux obus du « Hood », aux torpilles des « Swordfish » et à l'explosion du « Terre Neuve ». « Sans aucun doute  ! », dit-il aujourd'hui, âgé de 85 ans et en retraite paroissiale à La Crau dans le Var, « Parce que j'avais fait vu, à l'âge de 14 ans, à Sainte Thérèse, de rentrer dans les ordres, mes études terminées, la guerre ayant éclaté cela ne se passa qu'en 1945, mais elle me protégea encore deux fois, en Indochine et lors du débarquement en Provence, où cependant blessé j'ai perdu l'ouie ! Mais je suis vivant, contrairement, malheureusement à tous mes compagnons d'armes disparus en ces dramatiques journées de 1940 » Le Révérend père Autric garde toujours une profonde reconnaissance pour la population de la Marsa qui, dans sa foi chrétienne, a su honorer respectueusement, de juillet 1940 à 1962, la mémoire des marins disparus. Il s'est montré douloureusement atteint par cette profanation en 2005, du lieu sacré où ils méritaient tant de reposer en paix.

Voilà donc comment un monument en exil et un prêtre (ex-enseigne de vaisseau rescapé du « Dunkerque ») veulent rappeler que d'une rive à l'autre de la Méditerranée, ces 1297 morts pour la France à Mers-El-Kebir appartiennent à notre Mémoire. Le rapatriement des dépouilles profanées doit être rapidement effectué par nos gouvernants pour l'honneur du Pavillon français, une fois de plus bafoué !

Une mobilisation générale doit être donc faite, dans ce sens, de Brest à Toulon, nos deux  ports de guerre au sein de la  « Royale » et de ses amiraux -dont un certain Philippe De Gaulle, aujourd'hui sénateur et écrivain de ses mémoires familiales- en  vue du rapatriement des restes de ces héros, interdits de repos en paix, en terre d'Islam, où ils ont trouvé la « Mort pour la France », il y a 65 ans  !

En effet, comme l'a écrit Victor Hugo : « Ceux qui pieusement sont morts pour la Patrie ! Ont droit qu'à leur cercueil la foule vienne et prie  ! »

Hommage quelque peu oublié, il faut bien l'avouer, par des amicales et associations de notre communauté. Aussi, ce qui est plus grave, en raison de l'insulte faite aux Croix de la Chrétienté des sépultures du cimetière militaire de Mers-El-Kebir, aucune homélie de prêtres, même natifs de cette cité, n'ont évoqué cette profanation raciste et païenne, oh ! combien douloureuse, d'avril 2005 ! Faut-il rappeler aux uns et aux autres, le tintamarre qui est fait, dès que des inscriptions ou des actes de vandalisme -que nous condamnons tout autant !- apparaissent sur les tombes des cimetières de toutes confessions de l'hexagone ! Là, grand mutisme des Médias, sur le plan national, à l'exception de « Ouest France » et de « Nice Matin » et  d'une courte séquence de trois minutes diffusée une seule fois sur une chaîne T.V. ainsi que, ce qui est fort triste dans des parutions de « Notre Pays perdu » à l'exception de « P.N. d'hier et aujourd'hui ». Un responsable de l'une d'entre elles, ayant même jeté à la poubelle, le communiqué adressé par un président dévoué à trois associations, soit disant qu'il avait déjà paru dans un quotidien. De même les E-mails de certains grands fustigateurs de Bouteflika, de défenseurs de la mémoire des morts et disparus du 5 juillet 1962 à Oran et après l'Indépendance, sont demeuré muets pour cette date du 25 avril  2005 à Mers-El-Kebir, comme victimes d'une atteinte de Parkinson ou d'Elsheimer.

Sans doute, parce que l'évocation de cette profanation ne leur apportera rien dans leurs objectifs politiques ou dans la vente de certains ouvrages plagiés pour leur simple profit, sans la moindre contribution aux familles des victimes. Pourtant alors que le  projet  planant dans l'air, de pacte Algérie-France en 2006, réapparaît dans nos sphères gouvernementales, cette action barbaresque doit absolument peser sur l'infâme  dossier ! Allons-nous comme toujours brailler, une fois le fait accompli ?

                                   Le rapatriement des dépouilles est possible 

Ce rapatriement des dépouilles est possible puisque par le poids de la fatalité des ans, il  ne concernera que des ossements.

D'ailleurs un Ossuaire vide existe déjà, il s'agit d'un mausolée construit par la Municipalité de Jacques Médecin, à Nice, qui devait accueillir, en ces années-là, les cercueils des pionniers rapatriés d'Afrique du Nord. Malheureusement un défaut d'exécution des chantiers d'aération relatif à la putréfaction des cadavres, devait en empêcher toute utilisation L'Ossuaire est donc tout trouvé, car il ne s'agit que de squelettes, destinés à une fosse commune, de moins en moins identifiables au fil des années et surtout depuis cette profanation qui les a exposés aux intempéries dégradantes à ciel ouvert. Le sénateur maire de Nice Jacques Peyrat ne manquera pas d'être favorable à toute requête en ce sens.

Quant au frais de transport de ces restes glorieux, aucune illusion à se faire, les « pétroliers » algériens n'y participeront pas. Le financement pourra être, quand même, aisément trouvé auprès du Secrétariat d'Etat et des association d'anciens combattants ainsi que par une contribution caritative de certaines associations de rapatriés organisateurs de croisières lucratives et de visites dans ce qui fut l'Oranie française ! Un tel geste honorerait ces représentants de la communauté « nostalgique » de nos compatriotes, qui se trouvent également à la tête d'associations concernant l'utopique restauration des cimetières civils et le rapatriement des dépouilles de nos aeux, contre monnaies sonnantes et trébuchantes, évidemment.  

D'autre part du côté de la Marine nationale, il devrait y avoir possibilité de trouver une subvention sur les farineux bénéfices de la vente des fameuses « Frégates de Taiwan » qui  préoccupait tant le regretté juge Jeanpierre   

Voilà pourquoi une mobilisation générale de l'opinion publique française est nécessaire derrière les fers de lance que sont, de Brest à Toulon, les amicales des anciens marins rescapés et des familles des victimes de la tragédie de juillet 1940 à Mers-El-Kebir, afin que la mémoire de ces « Marins morts pour la France ne soit  pas davantage violée :  A la trahison de la « Perfide Albion en 1940 »,  n'ajoutons pas celle de Marianne l'amère Patrie en ce 3 ème Millénaire »  !   

Peut-être le Président de la République française, Jacques Chirac, et les membres du gouvernement, sympathisants du capitaine Bouteflika de la Willaya V, en 1962, totalement ignorants d'une province française riche de quinze départements que l'on appelait autrefois l'Algérie, ainsi que certains représentants, parait-il, des Français rapatriés d'Algérie, (Sic ??), alias Nouvion, (Recours pour une promotion O.N.M.), et Poli (F.N.R. à contre sens de son président Yvan Santini), qui l'accompagnèrent, lors de sa visite d'Etat, à Alger et à Oran, « Des Visas ! Des Visas ! », ont-ils la réponse ?

D'autant qu'à l'occasion de leur déplacement, ils ont alors donné un certificat d'authenticité à l'opération, badigeon à  la chaux blanche, des cimetières civils de Saint-Eugène à Alger et de Tamashout à Oran ainsi qu'à la restauration de quelques tombes qui ouvrent un nouveau « trafic d'ébène » des restes de nos pionniers, aux descendants des barbaresques de 1505 !

Au pied de la croix blanche du « Marin inconnu » du cimetière de Kerfautras, un  message, hommage pudique et anonyme, porte cette émouvante phrase, lourde de douleur : « Tu es notre pensée de chaque jour ! »  Une pensée rendue encore plus douloureuse, désormais, depuis l'annonce de la profanation du 25 avril 2005 !

C'est pourquoi le vers mobilisateur de Joseph Kessel :  « Ami ! Entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ! » sied bien mieux, à cette profanation qu'il est impossible de pardonner et que l'on ne pourra jamais oublier, que le vers de Jacques Prévert : « Et la mer efface sur le sable... ! » 

Yves Henry

Mis en page le 13/11/2005 par RP