Le docteur Jean-Claude PEREZ
Adhérent du Cercle Algérianiste de Nice et des Alpes Maritimes
Auteur du livre « ATTAQUES ET CONTRE-ATTAQUES »
aux Editions Dualpha - BP 58, 77522 COULOMMIERS CEDEX

 

NOUS COMMUNIQUE SOUS LE N 11 L'ETUDE SUIVANTE :

CONTRIBUTION A L'ENRICHISSEMENT MEMORIEL DU GRAND PHENOMENE HISTORIQUE QUE FUT L'ALGERIE FRANCAISE,

C'EST-A-DIRE LA FRANCE SUD-MEDITERRANEENE ASSASSINEE LE 19 MARS 1962,

REFLEXIONS CONSECUTIVES A UNE EMISSION TELEVISEE DE NOEL 2008, SUR LES ORIGINES DU CHRISTIANISME,

CAR LA DEFAITE DE LA FRANCE EN ALGERIE FUT AVANT TOUT UNE GRANDE DEFAITE POUR LE CHRISTIANISME.


DEUXIEME CHAPITRE :

L'ARIANISME DISPARAIT TOTALEMENT

QUAND L'ISLAM APPARAIT

Lorsque je fus confronté à la guerre d'Algérie, j'ai subi l'événement comme la majorité de mes concitoyens d'Algérie. C'est-à-dire que je fus surpris, ou plutôt je fus pris par surprise.

D'autant plus qu'au lendemain de ce dimanche 1er novembre 1954, je devais rejoindre l'armée d'Afrique pour effectuer ce que l'on appelait le service militaire.

J'étais titulaire du diplôme de PMS (Préparation Militaire Supérieure). Docteur en médecine depuis le 31 mai 1954. J'entrai donc dans l'armée, dans des conditions confortables.

A cette époque, je n'avais aucune formation politique. J'éprouvais des sentiments, des haines sûrement, des tendances, c'est tout. Je ne m'étais préparé en rien à cet événement de la Toussaint rouge. Je n'avais pas ressenti le besoin d'enrichir mon capital culturel en connaissances politiques. Je n'avais jamais été inscrit à un parti. L'ambition de devenir une tête politique disposée à se mettre au service d'un état-major disposant des moyens de me lancer dans la carrière, ne m'avait pas effleuré.

Je n'avais jamais été séduit par une campagne électorale.

Je me souviens néanmoins, d'avoir assisté à une réunion électorale après la guerre de 1939-1945. J'y accompagnai mon père. Cette réunion était animée par des hommes qui s'inscrivaient dans un nouveau parti politique de droite, au sens le plus conventionnel de ce terme. Il s'agissait du PRL, le Parti Républicain de la Liberté.

Je crois me souvenir que cette réunion était prévue dans le cadre d'une campagne pour des élections législatives. Elle se tenait dans une classe de l'école de la rue Rochambeau, à Bab-el-Oued. C'est dans cette école que furent repliés les élèves du lycée Bugeaud, en 1944-1945 car notre lycée était encore occupé par des effectifs de la marine britannique. C'était donc pour moi l'école où j'avais préparé ce qui s'appelait à ce moment-là, le premier baccalauréat.

Cette réunion politique était présidée par le Général AUMERAN, dont la famille était de Philippeville. Elle était animée aussi par le professeur VIARD, de la faculté de droit d'Alger.

Le thème essentiel des discours prononcés par les candidats, tournait autour du concept de la souveraineté française en Algérie. Souveraineté qu'il fallait maintenir envers et contre tout. On ne parlait pas d'Algérie française à cette époque-là. Le thème constant et prioritaire du combat électoral était illustré et synthétisé dans ce label : la souveraineté française en Algérie et seulement elle.

Je me souviens d'un contradicteur qui formula l'interrogation suivante, en s'adressant tout particulièrement au candidat VIARD, en tant que professeur de droit.

« Monsieur le professeur, lorsque vous manifestez votre volonté de défendre la souveraineté française en Algérie, ça veut dire quoi ? Cela veut-il dire que vous prétendez soumettre une collectivité religieuse largement majoritaire en Algérie, à une minorité religieuse pluriconfessionnelle qui détient le pouvoir politique, administratif et militaire ? »

« Certes non » répondit le professeur VIARD. «Nous prétendons tout entreprendre pour résoudre les contradictions qui sans aucun doute, se manifestent encore en Algérie. Mais, en tout état de cause, nous ne nous soumettrons jamais à une involution culturelle, au nom d'un faux principe d'égalité dont vous vous servez dans une optique exclusive de propagande. C'est à la communauté indigène de s'élever au niveau de la communauté française. Ce n'est pas à la société française qu'incombe le devoir de régresser, en se soumettant à la loi du nombre en Algérie. »

Je rapporte de mémoire et très approximativement les propos que j'entendis ce soir-là. Mais je me souviens encore du chahut qui fut la conséquence de cette réplique du professeur VIARD. Un chahut déclenché par quelques assistants à cette réunion, membres du Parti Communiste Algérien. Mais un chahut qui fut suffisant, néanmoins, pour que la réunion fût aussitôt interrompue. A cette époque-là, déjà, la droite française traditionnelle exhibait sa lâcheté. Il est vrai que les hommes de droite observaient un comportement prudent. Je rappelle que nous étions en pleine période d'épuration.

A la sortie de la réunion, j'entendis mon père formuler le commentaire suivant :

« C'est très grave ! »

Et me demander :

« Qu'en penses-tu ? »

A son grand étonnement, je n'avais pas été ébranlé par l'interruption du militant communiste. Pour moi, la question de la souveraineté française en Algérie ne se posait pas. C'était de l'acquis, du définitif. Il ne pouvait en être autrement. J'avais conscience, déjà à cette époque, que tuer la souveraineté française en Algérie, c'était mettre en route un processus historique de mort pour la France.

Je répondis néanmoins à mon père :

« La question du contradicteur était la bonne question. Elle est gênante, elle peut faire peur, mais j'insiste, c'était la bonne question. La réponse du professeur VIARD n'était pas adaptée à la question : c'est donc une mauvaise réponse. »

« Comment ça ? » me questionna mon géniteur qui, manifestement attendait de moi des éclaircissements.

« Parce qu'en réalité il fallait répondre que l'islam synthétisait le seul problème qui se posait en Algérie. Et c'est lui, ce problème, qu'il fallait résoudre ici en toute priorité si l'on prétendait pérenniser la souveraineté française en Algérie. Souveraineté qui n'implique pas nécessairement la soumission d'une collectivité à une autre. Et c'est maintenant qu'il faut essayer de résoudre ce problème, parce que la France est encore souveraine administrativement, politiquement, et militairement. C'est maintenant que nous disposons encore des moyens de résoudre ce problème. »

« En faisant quoi ? » me demanda mon père.

Je lui répondis très simplement et même naïvement :

« Il faut inventer, créer, des conditions de vie civiles, juridiques, associatives, politiques et économiques telles, que l'islam ait envie et la possibilité de s'exprimer sur cette terre d'Algérie d'une manière identique à l'expression des autres religions qui vivent sur notre territoire : le Christianisme et le Judaïsme. Qu'il s'exprime dans les mêmes conditions cela veut dire qu'il doit se soumettre aux impératifs juridiques auxquels se sont soumis le christianisme et la religion juive. Les juifs depuis le décret Crémieux du mois d'octobre 1870. Les chrétiens depuis la loi de séparation de l'église et de l'état, du 9 décembre 1905. »

Mon père paraissait amer après cette réunion et il ajouta comme s'il était obsédé : c'est très grave !

Personnellement, je restais serein. Puis ce fut la fac, quelques temps après. J'avais vécu cependant, de loin certes, les événements de Sétif du 8 mai 1945. Je me souviens encore d'avoir ressenti à ce moment-là, c'était quelques jours avant les épreuves écrites du premier bac, une très forte émotion. J'ai éclaté en sanglots, de rage et d'impuissance, lorsque j'ai vu décrites dans la presse, les horreurs subies par nos compatriotes français, sur ce territoire dans lequel s'incorporait ma ville natale, Bougie. J'étais littéralement envahi par la haine et j'appelais de toute mon âme le recours à la violence, massive et expéditive, pour venger nos concitoyens massacrés, pour venger nos saintes femmes odieusement et collectivement violées. Sans plagier Dalida, permettez-moi de vous rappeler que j'allais avoir 18 ans...

Cette émotion, je m'en souviens encore, fut plus fortement ressentie que l'émotion qui fût générée par un autre événement contemporain : la fin de la guerre en Europe. La capitulation de l'armée allemande. Car je me souviens d'avoir tenu à mon père les propos suivants : « une guerre se termine, mais une autre commence, plus sournoise, destructrice à plus ou moins long terme du fondement de notre civilisation. »

Encore sous le coup des EVENEMENTS DE SETIF, j'envisageais pendant quelques jours le futur avec pessimisme. Je sentais viscéralement à ce moment-là que la patrie était en danger. Mais cette inquiétude dont je me souviens encore, s'estompa très vite.

Ce fut le temps des études, des examens, des amours estudiantines.... Et le temps est passé. Comme les autres, j'ai oublié SETIF ET LES EVENEMENTS DU 8 MAI 1945, j'ai oublié les drames de la guerre et de la post-guerre. J'ai oublié les règlements de compte et les lynchages de la libération. Je croyais vivre intensément. En réalité, je ne me rendais pas compte que, comme les autres, j'étais plongé dans le coma. Comme les autres, je menais en Algérie une vie artificielle, une vie virtuelle, dirait-on peut-être aujourd'hui, car, finalement, je ne savais rien de la réalité historique de l'Algérie française. Je ne savais rien de la dimension politique et surtout philosophique du concept Algérie Française.

Depuis lors, ma personnalité a évolué bien évidemment. Mais ce sont les événements vécus qui furent mes seuls maîtres dans cette évolution.

Aux premiers jours de la guerre d'Algérie, j'ai cru comprendre une chose : tout allait dépendre, DANS UN PREMIER TEMPS, de la volonté des Français d'Algérie, on ne disait pas pied-noir à cette époque, dans leur ensemble, de rester en Algérie. De rester en Algérie tout en restant ce qu'ils étaient : c'est-à-dire un peuple souverain.

Ce peuple, pour moi, était donc investi d'une mission. Peu importait que cette mission fût consécutive à une conquête.

Je me souviens d'un officier du premier RTA[1], le capitaine HERNANDEZ qui, au mess des officiers de Blida, me déclara, en aparté, en 1954 et vraisemblablement en espérant me choquer :

«Nous sommes en Algérie en vertu d'un seul droit, le droit de conquête. »

« Et oui ! » lui ai-je répondu, très décontracté.

« Toutes les nations se sont élaborées à partir de conquêtes successives, de soumissions, parfois de massacres puis d'adhésions et, souvent aussi, dans un temps ultérieur de cohésions populaires et d'enthousiasmes. »

HERNANDEZ avait cru m'ébranler en faisant allusion au terme droit de conquête. J'ignorais à ce moment-là, qu'il était communiste. Et dans sa philosophie communiste, le seul droit que pouvaient revendiquer les Français, c'était le droit de conquête, c'est-à-dire, pour lui, un droit qui prenait la signification d'un non-droit révolutionnaire.

Ignorant son communisme, quand je lui ai fait part de ma réponse, c'était donc en toute sincérité que je le fis. A cette époque, j'étais, je me permets de le rappeler encore, vierge de toute formation politique. Et si HERNANDEZ avait espéré ouvrir un dialogue qui lui aurait permis soit de me contrer, soit de me convaincre, il en fut pour ses frais. Car, de toute évidence, le droit de conquête ne me scandalisait pas moralement puisque c'était, dans l'immense majorité des cas, le processus de naissance historique des nations.

HERNANDEZ était affecté militairement assez loin de Blida. Dans un poste du côté de Teniet-el-Haad. Il avait la particularité de très bien connaître, personnellement Georges WATTIN[2] et beaucoup de colons de Lamartine et du Haut Chélif.

Grande fut notre surprise, lorsqu'en 1956, nous apprîmes son arrestation pour « activités communistes anti-françaises ». Georges WATTIN ne voulait pas y croire. Je ne sais par quelle filière il réussit à intervenir auprès du ministre Max LEJEUNE qui lui confirma qu'HERNANDEZ était bien un membre actif du parti communiste algérien, qu'il fallait neutraliser.

J'ai raconté cet épisode du capitaine HERNANDEZ, au demeurant un officier d'active parmi les plus sympathiques que j'ai jamais connus, parce que, à cette époque-là en 1954 je l'ai déjà dit, j'avais déjà conscience que le peuple français d'Algérie était investi d'une mission par l'histoire.

Et la mission de ce peuple souverain était de sauver une terre d'Occident. C'est-à-dire

DE L'OCCIDENT CHRETIEN

Car à cette époque en 1954, je savais qu'il n'existait qu'un seul Occident, l'Occident chrétien. Je le savais parce que je l'avais senti, je l'avais enregistré dans mes tripes, lorsque fut annoncée le dimanche 1er novembre 1954 au soir, la proclamation du Cheik des Oulémas, Ibrahim BACHIR, dans laquelle il proclamait que le combat était engagé pour le triomphe de l'Arabisme et de l'Islam.

C'est cette conviction toujours mienne aujourd'hui qui, en 2008, m'a incité à accorder une importance de tout premier ordre à une émission télévisée. Diffusée sur une chaîne dont j'ai oublié l'identité, cette émission était consacrée aux origines du christianisme. Une émission diffusée à l'occasion du Noël 2008.

Différentes personnalités, historiens, journalistes et écrivains, se sont exprimées. L'opinion dominante qui fut formulée par l'ensemble des participants, se synthétise dans l'affirmation suivante :

« LE CHRISTIANISME EST NE HISTORIQUEMENT AU IVème SIECLE. Ses deux fondateurs furent deux empereurs romains, CONSTANTIN, empereur d'Occident tout d'abord, puis THEODOSE, qui, un peu plus tard, fut empereur d'Orient. »

J'avoue être resté un peu coi devant cette interprétation exagérément schématisée de l'histoire des origines du christianisme. Je fus tout particulièrement surpris de la passivité, ou plutôt de l'indifférence qui lui fut opposée par l'opinion en général et le monde chrétien plus spécialement. Aujourd'hui encore j'avoue ma mauvaise humeur contre cette simplification volontairement atrophique de l'histoire de l'épopée chrétienne.

Différentes interrogations m'ont assailli à partir de cette émission. Si le christianisme, ou plutôt si l'ère chrétienne était née au IVème siècle :

1/ Qu'en était-il du christianisme avant le IVème siècle, très précisément avant le concile de Nicée, convoqué par CONSTANTIN 1ER fils de CONSTANCE 1er, concile présidé par l'évêque ATHANASE d'Alexandrie ?

Un concile qui fut réuni par l'empereur romain dans le but d'organiser l'éradication de l'hérésie dominante de l'époque, l'hérésie proclamée par l'évêque ARIUS. L'arianisme rejetant la sainte Trinité, contribua dès la fin du IIIème siècle, en effet, à ébranler l'assise populaire chrétienne au sein du nouveau monde qui apparaissait.

2/ Qu'en était-il du christianisme quand CONSTANTIN, renégat du concile de Nicée, s'est rallié à l'arianisme à partir de 330 ?

3/ Dans quelles conditions le christianisme d'Occident a-t'il pu survivre sous l'autorité des successeurs de CONSTANTIN, qui rejetaient les papes ? Des papes qui exerçaient encore, envers et contre tout, leur mission spirituelle et apostolique à Rome et à partir de Rome ?

4/ Pourquoi CONSTANTIN est-il parti à Byzance, qui deviendra Constantinople en son honneur, nouvelle capitale de l'empire ?

5/ Pourquoi l'église d'Orient qui était orthodoxe au début, par opposition à l'arianisme officiel de CONSTANTIN, pourquoi l'église d'Orient qui obéissait, en conséquence au concile de Nicée, s'est-elle opposée plus tard à Rome, pour revendiquer et assumer son indépendance à l'égard des successeurs de Pierre ?

6/ Quelles ont été les conséquences religieuses et géopolitiques au sein des communautés ariennes qui, grâce à CONSTANTIN, à CONSTANCE II, à JULIEN L'APOSTAT et à d'autres empereurs, avaient fini par acquérir un poids populaire considérable dans l'élaboration et la structuration des dangers que dut affronter l'église romaine ?

7/ Quelles ont été les conséquences de la vigueur et de la densité démographiques des peuples ariens sur le développement ultérieur des peuples musulmans, à partir de l'hégire, c'est-à-dire l'année 622 de l'ère chrétienne, date de naissance de l'ère musulmane ?

8/ Peut-on affirmer pour autant, que l'Islam a connu l'explosion démographique que l'on sait, grâce à la dissidence arienne constantinienne, anti-romaine du IVème siècle ?

9/ Pourquoi les participants à cette émission télévisée de Noël 2008 ont-ils attaché si peu d'importance à une donnée historique fondamentale que l'on peut résumer ainsi :

CONSTANTIN, premier promoteur du christianisme en 325, a failli devenir le fossoyeur de ce même christianisme dans les années qui ont suivi. Il a détourné une partie importante du monde chrétien vers l'arianisme. A-t-il contribué à faire évoluer ce monde anti-catholique romain en un peuple qui, tout naturellement, a constitué la masse du peuple des croyants dans le message du prophète de la Mecque et de Médine ? Nous répondons par l'affirmative. C'est notre conviction : CONSTANTIN a préparé la naissance de la OUMA[3].

10/ Pourquoi s'obstine-t-on aujourd'hui encore à tourner le dos à cette vérité qui est pourtant éclatante de réalité ?

De toute évidence, je ne me suis pas facilité la vie quand je me suis posé toutes ces questions. Car il m'a été imposé, pour faire face à cette volonté du monde de l'information d'altérer la vérité concernant la naissance et la vie du christianisme romain affichée plus particulièrement par les participants à cette émission de 2008, de me replonger dans l'histoire. Puis de proposer un schéma qui permet de comprendre plusieurs phénomènes historiques :

         A/ Les dangers qui ont menacé le christianisme à Rome après le concile de Nicée en 325 ont failli le faire disparaître.

         B/ Le développement explosif de l'Islam, quant il fut enseigné en langue arabe par les califes, sur les terres où dominait l'arianisme. Celui-ci offrit une force de frappe, en termes de masse populaire, aux propagateurs de l'Islam.

         C/ De comprendre ainsi, tout particulièrement, l'adhésion massive, adhésion d'origine interne, de tout le Mahgreb à la religion du prophète de la Mecque et de Médine, sans qu'il fût nécessaire de recourir à de prestigieuses conquêtes. Des conquêtes légendaires. Virtuelles. Les terres maghrébines et ibériques se sont majoritairement livrées à l'Islam parce qu'elles étaient majoritairement et préalablement ariennes. Rappelons que le passage de l'arianisme à l'islam n'offrait aucun écueil doctrinal. Ce n'était pas une conversion. C'était une complémentarité qui était offerte aux ariens pour les conforter dans leur opposition au catholicisme nicéen romain.

CONSTANTIN et ses successeurs portent ainsi et tout logiquement une lourde responsabilité dans les fractures internes que connût ultérieurement le christianisme romain.

La fracture qui survint au XIème siècle sépara l'église d'Orient de l'église romaine.

Cette fracture fut aggravée trois siècles plus tard par la sécession luthérienne.

Deux fractures animées d'une motivation constante : faire disparaître l'église romaine, c'est-à-dire la place forte spirituelle de l'Occident.

Peut-on soutenir, calmement et avec beaucoup de sang-froid que dans cette interprétation historique, CONSTANTIN s'illustre comme le prédécesseur nécessaire et indispensable des grands leaders islamistes de la révolution algérienne que furent BEN BADDIS, TOUFIK EL MADANI, IBRAHIM BACHIR ? Comme le prédécesseur aujourd'hui d'AL QAIDA avec ses commandos de tueurs, et avec ses épitres ?

J'ose répondre à cette dernière question par l'affirmative. Car, à la fin de ce second chapitre je vous livre une preuve du bien-fondé de notre réflexion :

l'arianisme espagnol, nord-africain et oriental a totalement disparu lorsque l'Islam est apparu.

A partir du moment où la religion du guerrier de YATRIB s'est majoritairement imposée sur ses territoires l'arianisme a disparu car il n'avait plus de raison d'être.. Il a offert à l'Islam naissant un peuple, ou plutôt la force d'une masse populaire, qui va véhiculer le message du prophète arabe. Une masse populaire qui n'avait rien d'arabe et qui a fourni des contingents de conquérants qui ont été étiquetés conquérants arabes, même lorsqu'ils étaient ibériques, berbères, perses, ou caucasiens.

Cette constatation ou plutôt ce diagnostic nous impose d'étudier dans le chapitre qui suivra, l'opération conduite par les premiers chrétiens, pour sauver le christianisme tel qu'il se définit à travers :

-      l'enseignement des apôtres,

-      l'enseignement des Pères de l'Eglise et de la Tradition,

-      l'enseignement des scolastiques qui ont su utiliser la raison pour la mettre au service du message du Christ.

Parmi ces derniers, insistons tout particulièrement sur Saint Thomas d'Aquin et plus tard Ramon Llull, qui fut lapidé en 1305 dans ma ville natale de Bougie, en petite Kabylie.

L'étude n 12 dans le cadre de cet énorme chapitre consacré à UNE CONTRIBUTION A L'ENRICHISSEMENT MEMORIEL DU GRAND PHENOMENE HISTORIQUE QUE FUT L'ALGERIE FRANCAISE, vous sera proposée dans les délais habituels.

Elle s'intitulera :

LES APOTRES.

ATHANASE

LES FRACTURES

LA MISE EN DANGER PERMANENTE DE LA CROIX

EN ALGERIE FRANCAISE, PLUS PARTICULIEREMENT.

Nice, le 10 mars 2009



[1] RTA : Premier Régiment de Tirailleurs Algériens

[2] Georges WATTIN : un des premiers chefs contre-terroristes en Algérie. Participant majeur à l'attentat du Petit Clamart.

[3] La OUMA : c'est la nation arabe