Le docteur Jean-Claude PEREZ
Adhérent du Cercle Algérianiste de Nice et des Alpes Maritimes
Auteur du livre «  ATTAQUES ET CONTRE-ATTAQUES »
aux Editions Dualpha - BP 58, 77522 COULOMMIERS CEDEX

NOUS COMMUNIQUE SOUS LE N° 13 L'ETUDE SUIVANTE (TROISIEME CHAPITRE)

CONTRIBUTION A L'ENRICHISSEMENT MEMORIEL DU GRAND PHENOMENE HISTORIQUE QUE FUT L'ALGERIE FRANCAISE, C'EST-A-DIRE LA FRANCE SUD-MEDITERRANEENE ASSASSINEE LE 19 MARS 1962,

REFLEXIONS CONSECUTIVES A UNE EMISSION TELEVISEE DE NOEL 2008, SUR LES ORIGINES DU CHRISTIANISME, CAR LA DEFAITE DE LA FRANCE EN ALGERIE FUT AVANT TOUT UNE GRANDE DEFAITE POUR LE CHRISTIANISME.

RAPPEL DU TITRE DU TROISIEME CHAPITRE :

LES APÔTRES.

ATHANASE

LES FRACTURES

LA MISE EN DANGER PERMANENTE DE LA CROIX...

... EN ALGERIE FRANCAISE, PLUS PARTICULIEREMENT

TITRE DE LA DEUXIEME PARTIE

DU CHAPITRE 12

Elle constitue la matière de cette étude n° 13

«  UN SURVOL UTILITAIRE

DES FRACTURES CATASTROPHIQUES SURVENUES AU SEIN DU CHRISTIANISME ROMAIN DÈS SA NAISSANCE »

Il me faut redouter une accusation : celle de chercher refuge dans une bondieuserie opportuniste et de mauvais goût. Celle de jouer le rôle d'un catéchiste alors que depuis bientôt deux ans j'ai gaillardement entamé ma neuvième décennie.

Evidemment, je tourne le dos à cette accusation de bondieuserie. Priver l'enrichissement mémoriel du phénomène historique Algérie-Française de son contenu religieux, parfois dogmatique, relèverait en effet de l'absurdité la plus totale.

Ceux qui l'ont fait, et qui continuent de le faire, exhibent un comportement d'auteur ou de commentateur significatif d'un entêtement obsessionnel et stérile. Car ils nient une évidence : le rôle primordial joué par la religion dans le drame de l'Algérie-Française.

Cet entêtement les conduit parfois à formuler des convictions que je me permets de qualifier d'imprudentes.

J'ai entendu proférer, en effet, quelques énormités comme celle-ci :

«  Par notre volonté d'installer des églises partout en Algérie, avec leurs clochers surmontés de leurs croix, nous avons provoqué les musulmans et nous les avons incités à se réfugier dans l'islamisme. »

Il est indiscutable qu'il s'agit-là d'un commentaire irréfléchi. Formulé, sans aucun doute, par quelqu'un qui, lui-même, n'éprouve pas de conviction chrétienne réelle.

Attention : je ne m'attribue pas le rôle d'un père « fouettard » et je ne prétends pas corriger l'attitude de ceux qui ne croient pas en Dieu ainsi que l'attitude de ceux qui, publiquement, font semblant d'y croire. Je ne les juge pas, je n'en ai pas le droit. C'est leur commentaire que je me permets de juger d'un point de vue opérationnel. Même si j'ai conscience d'être ce que l'on appelle un pauvre pécheur, je ne renie pas ma foi, mes convictions, mes certitudes. Je ne prétends pas les imposer aux autres. Néanmoins je formule un vÏu : avoir la lucidité et le courage de les défendre si, un jour, il m'était imposé de le faire par l'évolution de l'histoire. Et, en attendant, je revendique le droit et j'assume le devoir de les exprimer en toute liberté.

Je dois soutenir devant ces camarades qui exhibent parfois un scepticisme opportuniste, que la foi en Dieu, telle qu'elle fût exprimée par les Musulmans en Algérie, a servi de support idéologique dominant et constant à la guerre qui fut conduite contre la France. Ainsi qu'à la guerre qui est conduite de nos jours contre la France, l'Europe et l'Occident.

« LE JIHAD FISSABIL ALLAH », « la guerre sainte pour la gloire de Dieu », ce fut le mot d'ordre du congrès d'Hornu. Une petite ville du Brabant où s'est tenu, le premier dimanche de juillet 1954, le congrès préparatoire au déclenchement de la guerre d'Algérie.

Ce congrès était dirigé conjointement par KHIDDER, un haut responsable de l'Organisation Secrète, l'OS, fraction dissidente du MTLD et par LAHOUEL. Celui-ci exerçait les fonctions d'adjoint au maire d'Alger, Jacques CHEVALLIER dont il était l'ami. Jacques CHEVALLIER, secrétaire d'Etat à la guerre à cette époque-là.

Ce congrès fut organisé avec la complicité déterminante de la C.I.S.L., la Confédération Internationale des Syndicats Libres, filiale européenne de la Fédération Américaine du Travail, énorme centrale syndicale américaine de droite.

« EL JIHAD FISSABIL ALLAH », même le capitalisme financier américain, avec son espion algérien Jacques CHEVALLIER, éprouvait la nécessité de revendiquer Allah pour assassiner la France en Algérie.

Tout s'est passé à cette époque-là, comme cela se passerait aujourd'hui si des financiers américains d'obédience républicaine ou démocrate finançaient les commandos d'Al Qaïda et la diffusion des épitres jihadiens.

C'est comme si l'on soutenait de nos jours qu'un journaliste occidental a été publiquement et spectaculairement égorgé grâce à l'argent américain.

Et tout cela pourquoi ? Pour la domination finale du monde par l'arabo-islamisme fondamentaliste qui jouit de l'appui financier des grandes banques arabes. Celles-ci ne se privent pas d'intervenir plus souvent qu'on ne le pense, en tant qu'organismes financiers de recours, d'organismes créditeurs pour le bénéfice de grandes centrales capitalistes occidentales.

L'événement-souche du drame mondial actuel, c'est-à-dire la défaite de la France gaulliste en Algérie proclamée officiellement le 19 mars 1962 est riche, pour les islamistes d'hier et d'aujourd'hui, d'une certitude : c'est la volonté de Dieu qui s'est exercée ce jour-là. «  EL JIHAD FISSABIL ALLAH » 

Pendant la guerre d'Algérie, pour une majorité non négligeable de nos officiers et cadres militaires spécialistes, ou supposés tels, de la guerre révolutionnaire, l'idée de Dieu fut négligée. Elle fut camouflée, asphyxiée, mise sous l'éteignoir

A part le Colonel GARDES, quel colonel de l'Algérie Française osa affirmer son christianisme dans cette guerre révolutionnaire ? C'est-à-dire cette guerre qui était fondamentalement livrée contre la Croix en Algérie française ? Aucun.

A l'opposé, l'identité religieuse de la guerre d'Algérie s'est concrétisée par une efficacité redoutable dans les comportements agressifs, particulièrement virulents des renégats du christianisme en Algérie... En France métropolitaine... Et dans le monde.

Des laïcs comme Jacques CHEVALLIER, comme le docteur CHAULET et son épouse, parmi les plus célèbres, tinrent avec efficacité un rôle satanique, contre la France et contre la Croix en Algérie française. Tout un état-major pernicieux a faisandé et pourri littéralement le militantisme catholique en Algérie. Militantisme qui, logiquement, aurait dû trouver sa place à la pointe du combat : défendre la France en Algérie. C'était un combat qui exigeait de brandir « l'étendard de la délivrance ». C'est toute la chrétienté qui se trouvait en danger d'être désormais éclipsée par la Révolution Algérienne, sur le territoire de l'Algérie française.

Cette révolution prétendait réduire le christianisme à la condition de dhimmitude que nous n'avons jamais acceptée, nous qui avons subi les initiatives de ces ariens modernes, à partir de 1955.

Les ariens modernes, c'est-à-dire Monseigneur DUVAL, le curé SCOTTO, avec leurs illustres alliés laïcs comme MANDOUZE et d'autres universitaires : ils ont exhibé un comportement fondamentaliste certes, mais avant tout fondamentaliste anticatholique romain.

Par leur influence, par leur exhibitionnisme, ils ont joué au sein du christianisme le rôle d'agents générateurs d'une gangrène. Ils sont allés très loin parfois dans leur volonté de détruire le christianisme en Algérie. Ils sont allés jusqu'à l'accomplissement de crimes de sang.

J'ai rappelé dans mon livre, «  l'Islamisme dans la guerre d'Algérie », l'exemple du père FISSET. Exerçant ses fonctions à l'intérieur des bâtiments de l'Externat de Notre Dame d'Afrique, au boulevard Saint-Saëns à Alger, il a donné asile à un tueur du FLN. Celui-ci était pourchassé par un lieutenant parachutiste qui, lui, exhiba au cours de cette opération, sa foi en Dieu. Le père FISSET jura «  devant Dieu », qu'il ne cachait pas de terroriste. Le père MARSIL récemment arrivé de métropole, au tout début de la bataille d'Alger, était présent lors de cette trahison. Plus tard, il transmit cette information au père BALSAMO., Celui-ci l'a fait savoir, là où il était important qu'on le sût[1].

J'ai rapporté dans mon troisième livre, et dans une étude récente sur FARES, comment BENHABYLES, député de l'Algérie française qui s'apprêtait à rejoindre le GPRA après le discours gaulliste du 16 septembre 1959, fut exécuté par un tueur FLN de BEN TOBAL. Celui-ci, en effet, méprisait ceux qui volaient au secours de la victoire. Après sa mission, ce tueur trouva asile à Lyon dans des locaux qui étaient sous la dépendance du Primat des Gaules.

Il s'agit de véritables complicités opérationnelles. Un autre drame est à imputer à ces traîtres du christianisme : c'est Mme CHAULET en personne qui livra au chef rebelle KHODJA une partie des armes volées par l'aspirant MAILLOT. Grâce à ces armes une embuscade fut montée par KHODJA en grande Kabylie contre des appelés français. 18 soldats furent tués, émasculés, éventrés dans cette opération au mois de mai 1956 à l'est de Palestro, grâce au secours « providentiel » livré par Mme CHAULET au chef FLN KHODJA.

La guerre d'Algérie fut soutenue avec une réelle efficacité par ces renégats du christianisme. Tout s'est passé comme s'ils avaient voulu participer par le sang à l'éradication du christianisme africain. Ils ont combattu tout particulièrement le catholicisme apostolique et romain.

Comme ce fut le cas à la fin de l'antiquité. Au IVème siècle.

Constantin, le sauveur historiquement officiel du christianisme romain, se comporta à l'égard du christianisme comme De Gaulle s'est comporté à l'égard de l'Algérie française.

Dans un premier temps il apparaît comme le sauveur. Dans un deuxième temps il s'identifie au tueur du christianisme.

Mais CONSTANTIN, quant à lui, a échoué. Il n'a pas réussi à tuer le catholicisme romain parce que la Gaule est intervenue par la volonté des papes. La Gaule qui mit à la disposition des successeurs de Pierre, la vigueur militaire des tribus gothes, qui avaient rallié le christianisme romain grâce à Saint-Hilaire.

De Gaulle réussit à tuer l'Algérie française, parce qu'il eut le génie de contraindre notre armée à combattre, à son insu, contre le christianisme. Il apporta ainsi un concours de toute première efficacité à l'agression actuelle dont est l'objet l'Occident tout entier. Agression conduite par AL QAIDA, les Epîtres Jihadiens, soutenue par le grand capitalisme arabe. Le nationalisme arabe universel prétend, par cette agression constante, imposer ses convictions de supériorité a priori. N'est bon que ce qui est arabo-musulman. L'Islam, c'est la religion-même.

Ces premières réflexions expliquent pourquoi il m'a fallu accorder une importance de tout premier ordre à une émission télévisée de 2008, sur les origines du christianisme. Emission diffusée durant la période de Noël 2008. Une émission riche, avant tout, d'une désinvolture irresponsable.

«  C'est Constantin qui a sauvé le christianisme », tel est le fondement historique de cette émission. Une émission au cours de laquelle il fut pratiquement refusé de rappeler que quatre siècles s'étaient écoulés depuis la naissance de cette religion, lorsque CONSTANTIN est intervenu dans l'histoire.

Entre-temps, effectivement, a été propagé le message de Celui que Ponce Pilate a désigné sous un terme qui a fait couler beaucoup d'encre, celui de Ecce Homo. «  Voici l'homme » ont-ils tous traduit. Tous veulent voir dans cette réflexion, ecce homo, un propos riche d'un message ésotérique de grande valeur, messianique.

Je me souviens de notre professeur de latin qui nous recommandait de ne jamais traduire «  homo » par homme. Il disait : «  le substantif homo est riche avant tout d'une nuance péjorative, c'est presque du mépris ». Il nous recommandait de le traduire par le substantif «  individu ».

Dans la réflexion de Ponce Pilate, Ecce Homo aurait pu être plus banalement traduit par un propos tel que celui-ci : «  C'est ça l'homme en question ? » ou bien,

«  C'est ce bonhomme- là qui est responsable de toute cette agitation ? » ou bien,

«  C'est donc ça l'individu en question ? ».

Ponce Pilate n'a pas été frappé par la grâce. Il a observé tout au contraire, une attitude désinvolte. Il ne savait pas, il ne pouvait concevoir que Jésus représentait la nouvelle vie chez les hommes, puisque né du Père, il venait transmettre aux hommes de bonne volonté, la parole de Dieu.

La thèse de faire déployer le christianisme au IVème siècle, selon les intervenants de cette émission télévisée de Noël 2008, de le faire naître par CONSTANTIN et THÈODOSE, impose que nous fassions un retour sur le début humain et réel du christianisme. Le début que l'on veut escamoter selon l'esprit général de cette émission télévisée.

Il me faut le faire en toute humilité. De toute évidence, je ne dispose pas des compétences d'un théologien, loin de là. Comme je l'ai annoncé, c'est en enquêteur volontaire que j'interviens.

La vitalité du christianisme s'est manifestée, dans un premier temps, au sein du monde judaïque, avec vigueur et efficacité, grâce à deux hommes, Pierre et Paul.

Pierre (en araméen KEPHA, en grec KEPHOS, en latin PETRUS) meurt à Rome en 64. C'est Jésus qui change son nom de SIMON en celui de PIERRE. Après la mort du Christ, il organise au mieux possible les églises judéo-chrétiennes de Samarie et des côtes méditerranéennes. Rappelons que Samarie fut une ancienne capitale du royaume d'Israël au IXème siècle avant Jésus-Christ.

Paul ou SaŸl né 15 ans après Jésus-Christ est un pharisien très militant. Il accable les premiers chrétiens de ses persécutions. Recevant une «  révélation » de la vérité sur le chemin de Damas, il se baptise et essaie de développer le christianisme au Proche et au Moyen-Orient. A Chypre et en Grèce tout particulièrement. Ses voyages sont célèbres ainsi que ses épîtres. Son obsession est, avant tout, de convertir les Juifs au christianisme. Emprisonné à Jérusalem, il se tire d'affaire en faisant valoir qu'il est citoyen romain. Il se rend à Rome, en liberté plus ou moins surveillée, après avoir fondé l'Eglise de Macédoine. Il y vit libre tout d'abord. Puis il est arrêté et décapité en 67. Décapité parce qu'il est civis romanus, citoyen romain, et non crucifié comme le furent Jésus et Pierre.

Paul, à partir du moment où il est converti, se consacre à produire un énorme et très riche enseignement. Les Corinthiens, les Ephésiens, reçoivent ses épîtres. Les Pharisiens aussi. Il leur répète avec insistance : «  je suis juif, fils de juif, pharisien, fils de pharisien ». Il s'obstine même à s'adresser aux Esséniens qui refusent la loi orale transmise par le Seigneur à Moïse au Mont Sinaï.

Il défend, en toute priorité, le dogme de la Sainteté nécessaire des Apôtres. Ceux-ci pour avoir le droit de se consacrer à Jésus et de parler en son nom, doivent soumettre puis inhiber définitivement leurs pulsions sexuelles. Ils doivent le faire par l'exercice de leur volonté. Certains théologiens identifient cette attitude à un processus de castration neurophysiologique nécessaire, qu'ils ont appelé l'incirconcision.

L'enseignement de Paul aux Juifs se traduit ainsi en synthèse : «  la circoncision nécessaire pour exonérer l'homme du péché originel, est insuffisante. Donc elle n'est plus nécessaire. Elle est devenue caduque depuis que le Père s'est manifesté par l'intermédiaire du Fils. Ce qu'il faut demander aux Apôtres, c'est-à-dire à ceux qui s'investissent de la mission de transmettre la parole du Seigneur, c'est une circoncision intérieure ».

C'est ainsi que Paul prône la chasteté nécessaire des Apôtres, par la mise en route d'un processus neuroendocrinien dont il ignorait tout, bien évidemment.

Dans quelle mesure ce sacrifice demandé par Paul aux apôtres du Christ peut-il être imposé, légitimement aujourd'hui, à des prêtres ? C'est à l'Eglise qu'appartient d'affronter ce problème. Rappelons que c'est au XIème siècle que le pape Grégoire VII dans le but de mettre fin à la débauche qui s'exerçait aussi bien à l'intérieur du 2ème empire, c'est-à-dire l'empire Romain et Germanique, qu'à l'intérieur des Etats pontificaux parmi les prêtres et les évêques, imposa le célibat et la chasteté des prêtres. C'est à ce moment précis qu'il est important de poser une nouvelle fois la question : peut-on identifier, sans blasphémer, tous les prêtres aux apôtres tels que Paul les a connus ?

Rappelons que sont intervenus dans la vitalité première du christianisme, quatre évangélistes :

1.      MATHIEU ou MATTHIEU

Il suit Jésus à CAPHARNAUM dont il est originaire. Fidèle à la tradition palestinienne, il définit une véritable charte de la vie chrétienne. Ses prêches et sermons sont connus, en particulier «  le Sermon sur la montagne » et «  le Sermon sur le Royaume des Cieux ».

C'est le premier évangéliste qui voit ses textes écrits tout d'abord en araméen puis en grec. Il serait mort en Ethiopie.

2.      MARC

C'est le deuxième évangéliste. Natif de Jérusalem. Il accompagne Paul dans son premier voyage. Puis il accompagne Pierre à Rome. Son évangile illustre la tradition palestinienne. Une information historique sérieuse le fait mourir à Alexandrie vers 67. Le deuxième évangile selon Saint Marc apparaît comme une synthèse de l'évangile primitif de MATHIEU et des prédications de Pierre.

3.      LUC

Peut-être est-il médecin à Antioche ? Aujourd'hui ville turque ANKAYA, ou HATAY, elle est cependant une capitale religieuse grâce à Paul et à Pierre. Rappelons que c'est à ANTIOCHE que la communauté naissante des fidèles de Jésus prend pour la première fois le nom de «  CHRÈTIENS ». Compagnon de Paul, Luc est influencé par celui-ci. Son évangile baigne dans une atmosphère de joie, de beauté et de miséricorde. Il accorde une grande place à la Sainte Vierge. Il décède en 70.

4.      JEAN L'ÈVANGÈLISTE

Apôtre du Christ qu'il n'a pas connu. Mort à Ephèse en 100. Il est l'auteur du 4ème Evangile, de trois épîtres et de l'Apocalypse. Il insiste sur l'importance du Verbe.

Les Apôtres successeurs des premiers Apôtres témoins du Christ, exercent leur influence prioritairement au sein de l'empire romain.

Les premiers prêtres s'emploient à survivre à toutes les persécutions et contraintes. Il est important de rappeler qu'ils n'ont pas suivi Paul dans ses prescriptions de célibat et de chasteté. Presque tous sont mariés. Comme par exemple le conducteur de la lutte contre l'arianisme que fut Saint-Hilaire de Poitiers, qui réussit à éradiquer l'hérésie arienne de la Gaule au IVème siècle.

Au IVème siècle, le christianisme romain bénéficie de l'action missionnaire d'un de ses plus importants piliers : il s'agit d'ATHANASE d'Alexandrie. C'est lui qui déploie l'Eglise grecque en Méditerranée. En tant que docteur de l'Eglise, il participe en position de leader au concile de Nicée en 325. Son action est décisive en Orient pour la défense de l'orthodoxie chrétienne romaine.

ATHANASE est né en 295 et décède en 373. Opposant farouche du leader hérétique Arius, il devient patriarche d'Alexandrie. Il est persécuté après le nouveau comportement arien de CONSTANTIN, et celui de son fils CONSTANCE II. ATHANASE va connaître cinq exils successifs.

Entre-temps, est intervenu, en effet, l'épisode historique CONSTANTIN sur lequel aujourd'hui encore, on ne s'exprime pas correctement. Un comportement constantinien qui pour moi est devenu une véritable obsession.

Reprenons la chronologie des évolutions constantiniennes.

En 323, alors qu'il devient Maître de l'empire, CONSTANTIN incline graduellement vers le christianisme. Il fait construire de nombreuses églises. Il accorde de nombreux privilèges aux chrétiens. Il ne persécute pas les païens pour autant. Il reste tolérant.

Mais, au moment même où «  le christianisme semble devoir l'emporter définitivement, et avec lui l'unité que CONSTANTIN en attendait pour l'empire et pour le pouvoir impérial, tout se trouve remis en question par un fait nouveau : l'arianisme ».[2]

Arius, prêtre d'Alexandrie refuse d'admettre le dogme de l'éternité du Verbe. Il rejette le dogme de la Sainte Trinité et la filiation divine du Christ. Cette doctrine partie d'Egypte, ne tarde pas à bénéficier d'une extension considérable.

Au nom, non pas du dogme mais de l'Unité et de la Paix à la fois dans l'Eglise et dans l'Etat, CONSTANTIN croit de son devoir d'intervenir. Contre la position arienne. Contre l'hérésie arienne. Il convoque donc, pour régler la question, un concile à Nicée où se réunissent 300 évêques. En 325. Le célébrissime Concile de Nicée. Ces assises de la chrétienté définissent solennellement, par l'intermédiaire du Credo, la doctrine chrétienne.

Arius est condamné. Ses écrits sont brûlés. En défenseur de l'unité religieuse CONSTANTIN appuie les décisions conciliaires de 325 par l'intervention éventuelle du bras séculier.

Puis, il évolue sous l'influence d'Eusèbe de Nicomédie. Il se soumet à la volonté de cet évêque arien. L'arianisme devient alors la religion officielle de l'empire. La religion gouvernementale. CONSTANCE II, son fils, fait bénéficier sans réserve l'arianisme de l'absolutisme impérial. Le bras séculier désormais, va soutenir les ariens contre les chrétiens orthodoxes.

Plus tard, intervient JULIEN, «  l'empereur apostat ». Il supprime les privilèges de l'Eglise chrétienne orthodoxe, c'est-à-dire de l'Eglise catholique romaine. Il lui interdit de recevoir des legs. Il prive les évêques de leurs droits de juridiction. Il leur interdit l'accès aux fonctions publiques.

Il relance le paganisme et prétend l'anoblir en lui conférant une identité de Paganisme Solaire. Sa mort en 363, au cours de la guerre contre les Parthes arrête tout. Il est mortellement blessé par une flèche qui provoque une grave blessure dans la région hépatique. On lui prête ces paroles avant de mourir :

«  Tu as gagné Galiléen ! »

Même s'il est acquis que ces mots n'ont pas été prononcés par JULIEN, et qu'ils apparaissent comme le fruit de l'imagination de certains historiens, ils sont porteurs d'une véritable et grande valeur messianique. Car la mort de Julien fut une occasion providentielle de survie pour le christianisme romain : «  Tu as gagné Galiléen ! ».

Après le court interrègne de JULIEN, VALENTINIEN 1er et son collègue VALENS se trouvent confrontés à cette nouvelle situation consécutive à l'attitude de JULIEN.

VALENTINIEN est orthodoxe, c'est-à-dire qu'il est catholique, apostolique et romain.

VALENS est arien.

VALENTINIEN se montre tolérant en Occident. Alors que VALENS, en Orient, persécute violemment les ennemis de l'arianisme. Ce conflit religieux s'envenime sous leurs successeurs. Mais une évolution importante va s'imposer en Orient.

THÈODOSE, lorsqu'il détient le pouvoir dans l'empire d'Orient, c'est-à-dire à Constantinople, combat les ariens et les païens. Comme manifestation constante de l'orthodoxie, il prône la communion avec l'évêque de Rome.

En 381, le Concile de Constantinople, présidé par SAINT GRÈGOIRE DE NAZIANZE confirme les conclusions du Concile de Nicée et condamne l'arianisme. THÈODOSE, par le double écrasement du paganisme et de l'arianisme, réalise ainsi le triomphe du christianisme orthodoxe en Orient.

L'empereur d'Orient devient ainsi le représentant de Dieu, dans le respect de l'orthodoxie romaine et en conformité avec cette dernière.

Il y aura donc au IVème siècle et au début du Vème siècle :

-          une Eglise chrétienne d'Occident dirigée par des papes romains, une église qui souffre de l'hostilité officielle des empereurs romains d'Occident. Un pouvoir qui va se déplacer à RAVENNE, sur l'Adriatique dans le nord-est de l'Italie, dernière capitale de l'empire romain d'Occident. L'Eglise chrétienne d'Occident, pour survivre, va rechercher l'appui d'une nation qu'elle va faire naître à partir d'une terre de l'empire, le royaume mérovingien en l'occurrence.

-          Une Eglise chrétienne d'Orient qui respecte les enseignements des conciles de Nicée et de Constantinople et qui est soutenue par les empereurs romains d'Orient. C'est pour cela qu'on l'appelle orthodoxe.

Mais plus que l'Eglise d'Occident, qui survivra grâce à la Gaule mérovingienne d'abord puis une nouvelle fois quatre siècles plus tard, grâce à la Gaule carolingienne, l'Eglise d'Orient va être cernée, dénaturée, dans son orthodoxie romaine par des états-majors occultes qui voudront éviter à tout prix que l'Eglise d'Orient et l'Eglise d'Occident se réunissent un jour pour faire face à une nouvelle influence, l'influence islamique ».

L'influence islamique va trouver sa force populaire, sa massification, au sein des peuples ariens qui vont constituer l'effectif et le support humain fondamental de la propagation de l'Islam, auquel ils vont adhérer sans réserve.

La phénoménologie arabe absorbe l'arianisme. A partir de cette absorption de l'arianisme ou plutôt des masses populaires ariennes, des légendes vont être générées :

-          celle d'une culture et d'une civilisation spécifiquement arabe qui n'ont jamais existé,

-          celles d'une puissance arabe qui n'a jamais existé

Car l'Islam est répandu par des peuples qui dans leur écrasante majorité, n'ont rien d'arab.

A partir de ce fragment d'étude on peut proposer, sans complexe, quelques «  éclaircissements historiques ».

I Ð Le très célèbre auteur français du XVIIIème siècle MONTESQUIEU, s'est trompé.

Dans son ouvrage «  Les Considérations sur les Causes de la Grandeur des Romains et de leur Décadence », il impute au christianisme romain le morcellement de l'empire et sa chute finale.

Si l'empire romain s'est morcelé, c'est tout au contraire parce qu'il fut privé de son facteur d'unification providentielle qu'était le christianisme. CONSTANTIN, en provoquant une première fracture officielle et gravissime du christianisme, en devenant arien, a détruit en le gangrénant, ce qui devait constituer le ciment de l'empire romain, le christianisme.

II Ð Les papes se trouvent confrontés à une nécessité. Ils recherchent un bras séculier. Ils le trouvent en Gaule grâce à SAINT HILAIRE et à d'autres prêtres qui réussissent à éradiquer l'arianisme d'une grande partie de la Gaule. Grâce à Clovis et la dynastie mérovingienne, l'Eglise romaine est ainsi protégée par la Gaule, fille Aînée de l'Eglise.

III Ð par la suite interviennent deux facteurs de mise en danger de l'Eglise romaine.

             A/ d'une part la déliquescence du royaume mérovingien au VIIème siècle. En 675 c'est le début du pouvoir exercé par les Rois Fainéants.

             B/ d'autre part, l'Hégire à partir de 622, c'est-à-dire la naissance de la religion du prophète de la Mecque et de Médine qui va s'implanter avec vigueur au sein des peuples ariens. L'influence musulmane, consécutive à cette massification d'origine arienne, va affaiblir l'empire d'Orient.... Qui sera contraint à maintes compromissions.

             Intervient alors la révolution carolingienne, lorsque PEPIN LE BREF est en mesure de déposer CHILPERIC III, le dernier roi mérovingien. La dynastie fondée par l'un des fils de PEPIN LE BREF, CHARLEMAGNE, sur injonction des papes, jette les bases d'un nouvel Empire. A partir de là, l'Eglise va bénéficier d'avantages matériels. Certains marchandages aboutiront à la constitution du nouvel Empire, certes, mais aussi, à la naissance des Etats pontificaux.

L'Eglise devient ainsi une puissance, un Etat, avec des frontières, une armée, des mercenaires, une administration financée par des tributs prélevés sur les populations. Une compétition pour le pouvoir religieux va naître entre les Autorités Impériales et les Autorités Pontificales. Elle aboutira à la confrontation qui opposera :

-          les gibelins, c'est-à-dire les «  impériaux » contre,

-          les guelfes, les défenseurs des Etats pontificaux.

Cette opposition d'intérêts finira par dénaturer le comportement religieux de nombreux papes et de nombreux évêques. Elle trouvera son point d'orgue au XIème siècle, dans ce que je me permets d'appeler une SUPRæME ET SAINTE IDIOTIE, c'est-à-dire la querelle du Filioque.

Sous des «  influences orientales », les chrétiens orthodoxes de Constantinople puis de Byzance décident que dans le crédo enseigné lors du Concile de Nicée, il ne faut plus affirmer que le Saint Esprit «  procède du Fils ». Ils ont attendu ( !) six ou même sept siècles pour formuler cette réserve.

Donc, dorénavant, «  je crois au Saint Esprit qui procède du Père et du Fils » c'est refusé en Orient. On ne marche plus. Le Saint Esprit procède du Père, un point c'est tout. A partir de cette prise de position, on va démolir le front uni que pouvait offrir la chrétienté contre l'impérialisme islamique. Pendant longtemps on aura l'impression que l'intelligence a fait défaut à ceux dont la fonction de défendre le christianisme fut ainsi profondément altérée.

Cette manÏuvre, cette tentative de déstabilisation des papes, est toujours actuelle.

Jean-Paul II fut contraint d'éviter beaucoup de pièges.

Actuellement BENOIT XVI est l'objet d'une conjuration sournoise. Récemment, il lui a fallu éviter de glisser sur une «  peau-de-banane » sordide, jetée sous les pieds du catholicisme universel par un évêque suédois vivant en Argentine, qui n'aurait pas agi autrement qu'il a agi, s'il avait été payé pour le faire.

Malgré toutes ces manÏuvres, ecce homo, le Galiléen, le Fils du Père, a gagné. Il doit continuer à gagner. L'Eglise d'Orient et l'Eglise d'Occident ne doivent aspirer qu'à une seule mission, l'union du monde chrétie.

L'union du monde chrétien par le haut, par l'intermédiaire des papes, des patriarches et des pasteurs, et l'union du monde chrétien par le bas, par l'intermédiaire des jeunes du christianisme qui doivent peser de tout leur poids pour que leur enthousiasme unificateur parvienne à faire naître l'union sans drame, sans haine, sans volonté impérialiste.

Parce que la terre d'Algérie, au Sud de la Méditerranée et au nord de l'Afrique avait toute les chances de devenir un jour une terre providentielle d'union pour le christianisme, on a décidé de l'assassiner en tant qu'Algérie française.

Malgré cette défaite terrible pour l'Occident, imputable au gaullisme constantinien, nous reprenons à notre compte cette phrase que l'on attribue à l'apostat JULIEN :

«  Tu as gagné Galiléen »

La troisième partie de ce troisième chapitre sera intitulée «  LES MOYENS MIS EN ÎUVRE PAR LES STRATEGES DE L'ANTI-CHRISTIANISME EN ALGERIE FRANCAISE »

Elle va constituer la matière de l'étude n° 14 qui vous sera proposée dans les délais habituels.



[1] Une lettre récente du Père FISSET (3 avril) a réfuté cette accusation que je porte contre lui. Il demande à la revue «  Algérianiste » qu'elle informe ses lecteurs : « il ne se retrouve pas dans le personnage incriminé ». J'ai répondu à ce message par l'intermédiaire de la même revue. Mais en date du 8 avril, le principal témoin de cette affaire m'a écrit. Dans cette lettre qui sera publiée en temps voulu, il confirme ce que je vous relate dans ce chapître. Dont acte.

[2] D'après le livre de Léon HOMO «  Nouvelle Histoire Romaine » page 405. Les références exactes peuvent être retrouvées dans la bibliographie de mon livre «  Attaques et Contre-attaques ».