Le docteur Jean-Claude PEREZ
Adhérent du Cercle Algérianiste de Nice et des Alpes Maritimes
Auteur du livre «  ATTAQUES ET CONTRE-ATTAQUES »
aux Editions Dualpha - BP 58, 77522 COULOMMIERS CEDEX

NOUS COMMUNIQUE SOUS LE N° 14 L'ETUDE SUIVANTE :

Contribution à l'enrichissement mémoriel du grand phénomène historique que fut l'Algérie française, c'est-à-dire la France sud-méditerranéenne assassinée le 19 mars 1962.

Réflexions consécutives à une émission télévisée de Noël 2008, « sur les origines du christianisme », car la défaite de la France en Algérie fut avant tout une grande défaite pour le christianisme.

LES MOYENS MIS EN UVRE, EN ALGERIE FRANCAISE, PAR LES STRATGES DE L'ANTI-CHRISTIANISME

Depuis mon article 9 bis, je me suis attelé à une mission : l'enrichissement mémoriel du phénomène historique Algérie française.

Cet article 9 bis, je l'avais écrit à l'attention de ceux, très peu nombreux, qui avaient manifesté un peu d'émotion à la suite de mon écrit n° 9 sur « Farès ou le Pèlerin de Montreux ».

Ils ont prétendu verbalement que Farès était en réalité très francophile ; et qu'il était indécent de l'attaquer.

Il s'agit d'un propos irresponsable, voire infantile. J'ai considéré de mon devoir, néanmoins, de répliquer immédiatement par une étude 9 bis : « Ne touchez pas à mon gentil Farès....».

A partir de l'étude n° 10, j'ai renoncé à toute polémique... pour le moment.

J'ai choisi de me consacrer à une autre tâche. Ardue. Ingrate. Périlleuse. Pleine d'embûches.

La tâche de répliquer à une émission télévisée tout particulièrement pernicieuse. J'ai d'ailleurs fait allusion à cette émission, avec fréquence, depuis l'étude n° 10.

Cette émission fut diffusée à l'occasion des fêtes de Noël 2008. Elle traitait du rôle joué par l'empereur romain Constantin dans l'épanouissement universel du christianisme, à partir du IVème siècle.

I _ Grande fut ma surprise, dans un premier temps, devant la formulation tranquille d'une énorme contre-vérité : une contre-vérité valorisée par le niveau intellectuel indiscutablement élevé des intervenants dans cette émission. Des hommes de lettres, des membres du clergé, des philosophes et des historiens qui ont refusé de voir, et surtout de dire, à quel point Constantin, à partir de 330, a failli assassiner le christianisme qu'il avait contribué à sauver en 325. Je veux dire, le christianisme apostolique et romain.

II _ C'est la raison pour laquelle j'ai pris l'initiative d'une série d'études que j'adresse périodiquement à des dizaines de correspondants depuis l'étude n°10.

Cette étude n°10 constituait l'introduction générale au survol de ce grand chapitre de l'histoire du christianisme. Je rappelais comment Constantin relança l'arianisme, ou plutôt l'hérésie arienne qu'il avait prétendu combattre et condamner en 325, lors du Concile de Nicée. Par ce nouveau comportement hérétique de l'année 330, il faillit sonner le glas du christianisme apostolique.

Indirectement mais tout à fait logiquement, Constantin se trouve à l'origine de la propagation ultérieure, rapide, de l'Islam au VIIème siècle. Quatre siècles après lui, les peuples ariens, en effet, vont se situer à l'origine d'un phénomène d'une importance historique majeure, qu'il convient de souligner :

la massification rapide de l'Islam et son enrichissement culturel par des peuples non arabes de confession arienne

III _ L'étude n°11 est intitulée : L'ARIANISME DISPARAT QUAND L'ISLAM APPARAT ». J'essaie d'y rappeler à quel point le fait religieux est encore négligé par les historiens de l'Algérie française.

IV _ Dans l'étude n°12, j'ai voulu préciser quelques notions. Comme l'indique le sous-titre de cette étude n°12, elle concerne les apôtres, Athanase, les fractures vécues par le christianisme et la mise en danger universelle de la Croix, réactivée et aggravée ultérieurement par la mort de l'Algérie française.

J'ai précisé à mes correspondants que cette étude n°12 allait elle-même être subdivisée en quatre parties.

La première partie était intitulée : « DU TROISIEME CALIFE A LA PHENOMENOLOGIE ARABE » que vous avez reçue fin avril. C'était donc l'étude n°12 proprement dite.

La deuxième partie était intitulée : « UN SURVOL UTILITAIRE DES FRACTURES CATASTROPHIQUES SURVENUES AU SEIN DU CHRISTIANISME ROMAIN DES SA NAISSANCE ». C'était l'étude n°13 que vous avez reçue fin mai.

Cette étude actuelle, n°14, constitue donc en réalité la troisième partie du chapitre 12, que vous recevrez vers le 20 juin 2009.

V _ Fin juillet, vous serez destinataire de la quatrième et dernière partie de ce chapitre 12. Ce sera l'étude n°15, toujours inspirée par l'émission télévisée de référence : celle de Noël 2008

VI _ Une étude n°16 vous sera proposée dans les délais habituels. Elle vous proposera une conclusion générale de ce chapitre.

Dans toutes ces communications, j'ai pris soin de ne pas perdre de vue les conséquences des agressions subies périodiquement par le christianisme sur le destin final de l'Algérie française. Car la mort de l'Algérie française fut un aboutissement catastrophique mais logique au XXème siècle, de la conjuration permanente contre l'Occident chrétien.

Dans cette étude n°14, dont vous êtes destinataire aujourd'hui, j'essaie de vous faire connaître les manuvres déclenchées en Algérie dans le but d'en expulser le christianisme.

Quelles ont été les manuvres tactiques mises en oeuvre en Algérie pour interdire à la Croix d'y survivre ?

Vous proposer une réponse la mieux étoffée possible impose de recourir, une fois de plus, au sénatus-consulte de Napoléon III du 14 juillet 1865.

Avec une restriction : nous faisons référence uniquement au paragraphe du sénatus-consulte consacré à la place offerte aux musulmans algériens dans la société française. C'est-à-dire, à la place des sujets français de confession musulmane au sein de la collectivité nationale française. Nous envisagerons, lors d'une étude ultérieure, l'évolution du monde juif d'Algérie ainsi que la signification philosophique, religieuse et politique du décret Crémieux.

Mais auparavant, permettez-moi de me présenter à nouveau. Car de nombreux correspondants ne semblent pas informés de ce que fut mon rôle dans le combat D'AVANT-GARDE que nous avons livré en Algérie : le combat pour la défense de l'Algérie française, c'est-à-dire le combat pour l'Occident chrétien.


Le 14 juillet 1865, c'est donc la date du sénatus-consulte de Napoléon III. Celui-ci précise une vérité :

l'indigène algérien de confession musulmane est Français.

C'est comme ça. C'est la constatation d'une réalité. Pourquoi ?

Parce que la France, avec l'accord tacite de la communauté internationale, exerce sa souveraineté en Algérie. Celle-ci devient un territoire o s'exerce la responsabilité de la France. Sur lequel flotte le drapeau national français.

Mais avant 1830, c'était quoi l'Algérie ?

Une régence, La Régence Turque d'Alger. Un territoire sans souveraineté propre. Un territoire soumis à une puissance étrangère. Les habitants de ce territoire étaient-ils pour autant des Turcs ? Jouissaient-ils d'une nationalité propre ? NON !

Ils ne jouissaient pas de la nationalité turque. C'était « comme ça » pour l'immense majorité du peuple qui vivait sur ce territoire. C'était un peuple majoritairement apatride sur sa propre terre. Ce peuple bénéficia tout naturellement d'une première nationalité, la seule possible, la nationalité française à partir de 1830.

Les Algériens d'aujourd'hui ne peuvent pas faire l'impasse sur une vérité historique : leur nationalité d'origine, la première qu'ils aient connue, c'est la nationalité française. C'est la seule qu'ils peuvent revendiquer.

Mais il n'en allait pas de même avec la citoyenneté.

Soumis au code coranique, aux commandements de la charria, ils se sont exclus volontairement et constamment du code civil français. Donc de la citoyenneté. Il s'agit d'un privilège octroyé par le pouvoir français.

Face à cette volonté de refus, les gouvernants français ont observé, en effet, une attitude passive. Apparemment résignée. Une attitude que l'on pourrait exprimer ainsi : « On verra plus tard ».

Et, plus tard, les gouvernements français de gauche et de droite y compris les gaullistes, ont enregistré et accepté ce refus de la citoyenneté française. Cette acceptation traduit en réalité un racisme camouflé à l'égard des musulmans algériens. En conformité avec leur racisme camouflé, ils ont entrepris de mettre en route progressivement, l'indépendance, nécessaire pour eux, de l'Algérie. En y favorisant le déploiement du fondamentalisme arabo-islamiste. Fondamentalisme islamiste, l'arme efficace par excellence, pour combattre la France.

Et cela, à partir de la loi du 4 février 1919.

L'histoire « philosophique » de la guerre de 1914-1918 s'illustre avant tout comme l'histoire d'une obsession. Tout particulièrement d'une obsession française. Détruire la monarchie des Habsbourgs. Pourquoi ? Parce qu'elle était catholique.

Dans cette optique, après la victoire de Verdun, au cours de laquelle les Allemands furent arrêtés, un armistice était possible. Le massacre d'une belle jeunesse européenne aurait pu être interrompu. Charles de Habsbourg lui-même, intervint secrètement pour aboutir à une cessation des hostilités.

On sait ce qu'il advint de cette initiative. Qu'avons-nous gagné dans cette obsession de ne pas interrompre ce premier génocide européen ? Lénine, Staline, Hitler et un drame complémentaire, désastreux pour les populations européennes lors du second conflit de 1939-1945.

L'armistice fut donc reculé au 11 novembre 1918. Et ... A peine 85 jours après l'arrêt de la boucherie de 1914-1918, une loi est votée en France : la loi du 4 février 1919. Elle offre toute facilité, à une certaine catégorie de sujets français de confession musulmane d'Algérie, d'accéder à la citoyenneté française. Il suffit au postulant à la citoyenneté, et non à la nationalité car celle-ci les musulmans d'Algérie la possède depuis 1830, de se présenter dans le bureau d'un juge de paix. De prendre l'engagement d'observer désormais les exigences du code civil français. La citoyenneté est offerte contre la renonciation volontaire au code coranique.

En théorie c'est très simple. Par exemple à Alger il suffit de se rendre rue Montaigne, à Bab El Oued. D'entrer dans un immeuble sis à quelques dizaines de mètres d'un marchand de bicyclettes très connu « chez Guercy ». De s'introduire dans un bureau qui se trouve au rez-de-chaussée de cet immeuble. De présenter sa candidature et de signer le document administratif prévu pour l'application de cette loi du 4 février 1919.

C'est facile et l'on peut s'étonner qu'il n'y ait pas eu de très longues files d'attente devant les bureaux des juges de paix d'Algérie....

Mais on le sait ....

Cette loi fut en apparence un bide complet.... En réalité un faux bide. Car ce manque d'enthousiasme, ce rejet passif et silencieux mais constant de la citoyenneté française était prévisible et surtout attendu. Ce rejet était espéré par les inspirateurs des législateurs. Par ceux qui détenaient le pouvoir à la fin de la guerre de 1914-1918.

En effet, comment pouvait-on demander, sans précaution particulière, à un musulman de renoncer du jour au lendemain au code coranique ? Il aurait fallu mettre en uvre un travail d'information en profondeur, enseigner aux musulmans ce qu'était la laïcité. C'est-à-dire, avant tout, le respect des religions des uns et des autres. Préciser la nécessité d'adapter l'expression temporelle d'une foi aux exigences de l'unité nationale. Aux exigences de la citoyenneté française telle qu'elle était conçue et codifiée par les représentants du peuple français souverain. Par la représentation majoritaire du peuple français.

Les juifs d'Algérie avaient enregistré cette nécessité lors du décret Crémieux d'octobre 1870.

Les chrétiens de France se sont soumis aux exigences de la loi du 9 décembre 1905, loi dite de séparation de l'Eglise et de l'Etat.

Dans le cadre des exigences de la nation, juifs et chrétiens ont conservé la possibilité, ou plutôt la liberté, de vivre leur foi et de pratiquer leur culte. Ils étaient religieux à la maison et citoyens dans la nation. Selon le principe énoncé au XVIIIème siècle par le philosophe prussien et kantien, juif ashkénaze, Moshé Mendelsohn, grand-père du musicien romantique allemand Frédéric Mendelsohn né à Hambourg dans une famille convertie au christianisme, puisque son père Abraham ainsi que sa mère Léa, s'étaient convertis au christianisme.

Chez les musulmans, la loi du 4 février 1919 ne provoqua aucun ébranlement. En tout cas, aucun effet de séduction. Elle ne bénéficia d'aucune annonce spectaculaire. Aucun effet de persuasion ne fut recherché pour entraîner les musulmans sur la voie de la citoyenneté française. Aucun effort ne fut entrepris pour leur démontrer la possibilité de vivre leur foi dans le cadre de la citoyenneté et de la laïcité.

En réalité, cette loi, tout le monde s'en moque en 1919, le 4 février, 85 jours après l'armistice.

En France on déplore 1.400.000 morts au moins. Le capital énergétique humain de notre patrie est sévèrement entamé par les obsédés de la guerre. Il faut reconstruire la France. Construire la paix en Europe. La loi du 4 février 1919 ? Personne ne la connaît. Tout le monde s'en fout ! Répétons-le.

Alors, une loi pour rien ? NON ! Tout au contraire.

J'ai bien insisté dans mon dernier livre, ainsi que dans l'étude 12 bis, sur le rôle effectivement et fondamentalement joué par cette loi. Le rôle d'un prétexte. Un détonateur qui va provoquer un déploiement réactionnel en Algérie de l'arabo-islamisme fondamentaliste, à l'initiative de grands religieux berbères.

En effet, comme s'il attendait l'occasion de la loi du 4 février 1919, un religieux berbère dont on parle peu, OMAR SMAL, fonde, en 1920, le plus légalement du monde, une nouvelle association : LES CNACLES.

LES CNACLES D'OMAR SMAL

Ce fut la première riposte... attendue, pour ne pas dire espérée par les futurs décolonisateurs.

Omar Smaïl est un religieux d'éthnie berbère. Il crée des cénacles dans le but de combattre, de contrecarrer les dangers supposés, en réalité les dangers non existants, mais les dangers suggérés, allégués, qui menaceraient selon lui, l'essor de l'islam en Algérie, à travers l'application de cette loi du 4 février 1919.

Il réunit, en conséquence, de grands leaders religieux berbères, dans des cénacles d'études. Il leur expose la meilleure tactique possible pour combattre les effets supposés pernicieux et théoriquement redoutés de la loi du 4 février 1919.

Que demande Omar Smaïl à ces religieux berbères ? Je l'ai exposé à maintes reprises. Je me permets d'insister : il leur demande de combattre en toute priorité l'assimilation et l'évangélisation.

Lorsque l'on est informé de l'anticatholicisme forcené, presque maniaque, du Président du Conseil Clémenceau et de son rejet total de l'Algérie, on reste pantois.

Qui parle d'évangéliser les musulmans d'Algérie dans cette loi du 4 février 1919 ? Personne. Dans ce texte de loi il n'est question que d'un processus administratif pour faire évoluer :

-  un sujet français de confession musulmane à la qualité de citoyen français de confession musulmane.

Un sujet français de confession musulmane, c'est quoi ça ? C'est un national français qui, pour jouir du privilège de rester soumis au code coranique, a refusé la citoyenneté française offerte par Napoléon III le 14 juillet 1865.

La citoyenneté française lui est offerte à nouveau par cette loi du 4 février 1919 à condition qu'il intègre le vécu quotidien de sa foi aux exigences du code civil français.

La citoyenneté pleine et entière, expression de la volonté du peuple souverain, proposait une harmonisation entre le vécu religieux d'une part, et le vécu social et juridique d'autre part, de chacun des volontaires de la citoyenneté française de confession musulmane.

Omar Smaïl n'ignorait rien de l'esprit anticlérical qui animait le gouvernement de la IIIème République. D'autant plus que Clémenceau se définissait comme un parangon des adversaires d'une éventuelle évangélisation des sujets français de confession musulmane.

Cette volonté de lutter contre l'évangélisation, considérée comme une conséquence à redouter de la loi du 4 février 1919, c'est un faux prétexte brandi par Omar Smaïl.

Celui-ci ne laisse pas passer l'occasion, qui lui est offerte, de donner naissance à un fanatisme opposé. C'est-à-dire la transformation en Algérie de l'islam en fondamentalisme islamiste et conférer à celui-ci sa pleine efficacité en tant qu'arme de conquête. Faire du code coranique le Ksar, c'est-à-dire la forteresse spirituelle ultime pour lutter contre la Croix.

Mais pour conférer une pleine efficacité à cette volonté de rejet de la citoyenneté, quel moyen va-t-il imposer ?

L'utilisation exclusive de la langue arabe littérale.

La langue du prophète ? Nous avons répondu à cette question. NON.

La langue arabe littérale n'était pas connue du prophète. D'un point de vue historique, il importe de savoir que c'est lors du congrès orientaliste tenu à Alger en 1905, que cette vérité fut enseignée, sans provoquer d'émotion particulière.

Elle fut enseignée, en particulier, par le professeur K. VOLLERS, de l'université d'Iéna, grand spécialiste des langues sémitiques et du Coran.

La langue arabe littérale, imposée plus tard par le IIIème Calife pour la transmission et l'enseignement du coran remanié par ses soins, est devenue le support opérationnel fondamental de la phénoménologie arabe. Celle-ci est illustrée historiquement par la notion de Ouma : la Communauté des croyants, la Nation arabe.

Omar Smaïl est un Berbère. Ses élèves, ses complices sont tous Berbères et parmi ceux-ci, beaucoup sont des Berbères du Constantinois comme Ben Baddis et Ibrahim Bachir. Dans ce comportement s'appuie-t-il sur l'exemple des Almohades du XIIème et XIIIème siècles ? Ou sur l'exemple des Almoravides du XIème et XIIème siècles ?

En réalité il va faire une synthèse du comportement des uns et des autres.

         A _ AUX ALMOHADES IL VA EMPRUNTER LEUR RIGUEUR DOGMATIQUE, LEUR INTRANSIGEANCE DOCTRINALE.

Il faut se souvenir que les Almohades exigeaient un absolutisme absolu dans le vécu de leur foi. Ils défendaient le dogme de l'unité divine absolue. Ils n'admettaient aucune compromission. Ils organisèrent à maintes reprises des autodafés avec destruction massive d'ouvrages philosophiques et religieux jugés non conformes à leurs exigences dogmatiques. Ils organisèrent des tribunaux de contrôle de sincérité qui ont condamné à l'exil Averroès et Maïmonide parmi quelques victimes... chanceuses. Ces tribunaux de contrôle de sincérité serviront de modèles, plus tard, aux tribunaux du Saint Office. Mais, cette intransigeance religieuse absolue ne s'exprima pas en langue arabe. Elle s'exprima en langue berbère, leur langue.

         B _ LES ALMORAVIDES, AVANT EUX, ARRIVAIENT DE TRS LOIN.

C'était une population peu nombreuse qui émigrait de Mauritanie vers le Maghreb et l'Espagne, en quête de territoires plus accueillants pour survivre. Une population qui n'était pas arabe mais qui était conduite par des talebs, des religieux enseignants qui, au cours de leur migration, exaltaient au sein des populations ouest-africaines et ibériques leur foi dans les commandements du guerrier de Yatrib.

Ces talebs s'exprimaient en arabe littéral et communiquaient leur foi, exprimée dans cette langue, aux musulmans maghrébins et ibériques. Ils ont facilité partout, grâce à la langue arabe littérale, la propagation du coran dans sa langue officielle.

Omar Smaïl, ce Berbère d'Algérie, effectua une synthèse opérationnelle magistrale de ces deux comportements :

-    la rigueur dogmatique des Almohades,

-   leur intégrisme,

il va les exprimer l'un et l'autre en langue arabe littérale, comme l'avaient fait auparavant les Almoravides.

Une synthèse entre l'arabisme almoravide et la rigueur dogmatique absolue des Almohades : ce fut l'uvre d'Omar Smaïl pour combattre les effets à redouter, selon lui, de la loi du 4 février 1919.

Pour lui, une loi providentielle, car elle lui permet de déclencher la lutte au nom de Dieu.

On a fait voter cette loi, on a publié les décrets d'application dans un seul but, évident aujourd'hui : structurer une réaction anti-française dont on se servira plus tard pour se débarrasser de l'Algérie.

Cette loi du 4 février 1919... une loi scélérate... une de plus.

En 1925, le CERCLE DU PROGRES va renforcer, en la prolongeant dans le temps, l'action des Cénacles d'Omar Smaïl.

Les événements vont, dès lors, se succéder les uns aux autres, d'une manière apparemment spontanée. En silence, avec la complicité théoriquement passive de l'Administration française.

La nouvelle arabité de l'Algérie est désormais implantée sur cette terre par des Berbères. L'immense territoire algérien, situé au nord de l'Afrique, va s'identifier à une base géo-politico-spirituelle de l'arabo-islamisme fondamentaliste. Une base opérationnelle pour la consolidation et l'extension de la Ouma. C'est la mission du CERCLE DU PROGRES.

Tout logiquement, le CERCLE DU PROGRES annonce en réalité l'avènement du temps décisif dans cette mise en place du dispositif opérationnel anti-français. De la Révolution algérienne. C'est l'installation en Algérie de l'Association des Oulémas en 1931.

L'Association des OULEMAS est née le 5 mai de cette année-là. Le 7 mai son président est élu. Il s'agit d'Abdelhamid Ben Baddis de Constantine.

Le vice-président élu est Ibrahim Bachir, lui aussi grand homme de lettres, professeur de littérature arabe. Ces deux hommes sont des Berbères. L'un est né tout près de Constantine en 1889. L'autre, El Bachir, est né à Tocqueville, Ras El Oued, la même année. Dans les Hauts-Plateaux-Sétifiens.

Ben Baddis va synthétiser la base philosophique c'est-à-dire, en réalité, le fondement stratégique du combat contre la France.

« Ma religion c'est l'Islam ».

L'identité religieuse est brandie comme un étendard de ralliement. Ou plutôt, l'étendard de la révolte.

« Ma langue c'est l'arabe ».

C'est certainement le temps le plus important de sa proclamation. C'est un Berbère qui parle, ne l'oublions pas. Ce propos « ma langue c'est l'arabe » s'identifie à une adhésion officielle et publique à la Ouma, à la Communauté des croyants. Il intègre l'Algérie, historiquement, politiquement, spirituellement et pourquoi pas dialectiquement dans la phénoménologie arabe. Il identifie l'Algérie à un site opérationnel mis à la disposition des ambitions de la Ouma, tels qu'ils seront précisés 80 ans plus tard par les épitres jihadiens d'Alqaïda.

« Ma langue c'est l'arabe » exprime une volonté impérialiste confirmée par le troisième élément du trépied opérationnel de Ben Baddis :

« Ma patrie, c'est l'Algérie ».

Il fait naître une patrie à partir d'un comportement religieux fondamentaliste et il confirme l'intégration de cette nouvelle patrie dans une construction stratégique géopolitique et religieuse, ô combien présente ! la Ouma, la Communauté des croyants, la Nation arabe.

Le second président de cette association, Ibrahim Bachir, officialisa plus tard l'identité religieuse de la guerre d'Algérie. Il déclara le 1er novembre 1954, que le combat était engagé pour « LE TRIOMPHE DE L'ARABISME ET DE L'ISLAM ».

Je ne peux, dans le cadre de cette communication, vous accabler de longs développements.

Je me permets de vous renvoyer à de nombreux ouvrages parmi lesquels je m'autorise à citer les miens :

-       L'ISLAMISME DANS LA GUERRE D'ALGERIE

-       ATTAQUES ET CONTRE-ATTAQUES

Les adeptes du marxisme-léninisme, les porteurs de valises, les défenseurs officiels des Droits de l'Homme, en combattant la France en Algérie, ont joué en faveur de la révolution mondiale actuelle. La révolution arabo-islamiste fondamentaliste.

Ils se sont mis, tactiquement, au service d'une fraction intellectuellement dépravée, du capitalisme financier qui, dans le but de faire progresser la valeur ajoutée produite par leurs investissements ont exigé le délestage économique du débouché algérien.

Capitalisme financier soumis énergétiquement et opérationnellement à l'énorme potentiel en liquidités des banques arabes qui soutiennent, en silence, la propagation universelle des épitres jihadiens.

La défaite d'Algérie : un marché de dupes ? Un bon débarras pour la France ?

NON !

Ce fut une étape nécessaire à l'implantation d'une subversion à l'intérieur de l'Occident chrétien. Car l'amputation de l'Algérie a fait de la France et de l'Europe, les sites opérationnels désormais accessibles territorialement à l'actuelle Révolution mondiale islamiste fondamentaliste.

Voilà qui illustre d'un jour nouveau l'insuffisance tactique de nos spécialistes de la guerre révolutionnaire en Algérie : ils n'ont pas vu à quel point, sur cette terre, l'idée de Dieu était le facteur dominant dans la guerre qu'ils prétendaient conduire avec une compétence particulièrement revendiquée.

Leur compétence de spécialistes de la guerre subversive les a maintenus coincés dans une méconnaissance existentielle de l'identité de la guerre d'Algérie.

Cette carence a favorisé l'expression d'une félonie satanique qui s'est révélée avec vigueur grâce à une fraction perverse de certains catholiques français et européens, qui ont soutenu le FLN au nom de faux principes. De principes allégués tels que les principes de justice sociale ou de justice tout court.

Ces « faux-catholiques » c'est à une sodomisation intellectuelle active qu'ils se sont offerts. Il n'est pas question aujourd'hui comme hier, que nous nous soumettions à cette attitude.

Nous étudierons dans quelques chapitres ultérieurs la manière dont SATAN A CONDUIT LE BAL EN ALGERIE FRANCAISE.

Mais auparavant, vous me permettrez de vous infliger la quatrième et avant-dernière partie de ce dernier chapitre consacré à l'enrichissement mémoriel du phénomène historique Algérie française.

Ce sera l'étude n°15 qui va s'appuyer sur le chapitre 16 de mon quatrième livre : « L'ISLAMISME DANS LA GUERRE D'ALGERIE ». J'y évoque une classe, imaginée, en Petite Kabylie en 2012, dans une école kabyle, au cours de laquelle est évoqué par un instituteur le 50ème anniversaire de la victoire du FLN sur la France, quand elle était soumise au gouvernement gaulliste.

Nice,
Le 20 Juin 2009

 

Docteur Jean-Claude PEREZ

Etudes à la faculté de médecine d'Alger.

Docteur en médecine depuis 1954.

Service militaire au 1er régiment de tirailleurs algériens.

Médecin à Bab-El-Oued, quartier populaire d'Alger, à partir de 1955 jusqu'en janvier 1960

Combattant clandestin contre le FLN dès 1955.

Séjour en prison en 1957 (deux mois) à Barberousse pour sa lutte contre le terrorisme FLN. Affaire conclue par un non-lieu.

Participation fondamentale aux barricades d'Alger le 24 janvier 1960.

Emprisonné à la Santé à Paris pendant onze mois (1960). Acquitté au procès des Barricades (1961).

Participation au combat de l'OAS à un poste de responsabilité nationale.

Le Général Salan l'a gratifié de la dédicace suivante : « Au docteur Jean-Claude PEREZ, pilier du combat pour l'Algérie française ».

Condamné à mort par contumace.

Amnistié en 1968.

Médecin à Paris.

Retraité depuis 1995.

Il se consacre à une étude approfondie de la signification géopolitique de la guerre d'Algérie.

Le docteur PEREZ n'appartient à aucun parti politique.

Il est l'auteur de cinq livres publiés aux Editions Dualpha (BP 58 _ 77533 Coulommiers Cedex) « Le sang d'Algérie »
« Debout dans ma mémoire »
« Vérités tentaculaires sur l'OAS et la guerre d'Algérie ».
« L'islamisme dans la guerre d'Algérie »
« Attaques et contre-attaques »

Et de nombreux articles dont il laisse le soin à ses lecteurs d'y apporter la suite qu'ils souhaitent.

Ci-joint une dédicace du Général Salan :

« Pour le Docteur J.C. PEREZ, pilier du combat pour l'Algérie française, ces MEMOIRES avec mon affectueux souvenir. » Signé « SALAN »