NOUS COMMUNIQUE SOUS LE N° 14 L'ETUDE SUIVANTE :
Contribution
à l'enrichissement mémoriel du grand phénomène
historique que fut l'Algérie française, c'est-à-dire
la France sud-méditerranéenne assassinée
le 19 mars 1962.
Réflexions
consécutives à une émission télévisée
de Noël 2008, « sur les origines du christianisme »,
car la défaite de la France en Algérie fut avant
tout une grande défaite pour le christianisme.
LES
MOYENS MIS EN UVRE, EN ALGERIE FRANCAISE, PAR LES STRATGES
DE L'ANTI-CHRISTIANISME
Depuis mon article
9 bis, je me suis attelé à une mission :
l'enrichissement mémoriel du phénomène
historique Algérie française.
Cet article 9 bis,
je l'avais écrit à l'attention de ceux, très
peu nombreux, qui avaient manifesté un peu d'émotion
à la suite de mon écrit n° 9 sur « Farès
ou le Pèlerin de Montreux ».
Ils ont prétendu
verbalement que Farès était en réalité
très francophile ; et qu'il était indécent
de l'attaquer.
Il s'agit d'un propos
irresponsable, voire infantile. J'ai considéré
de mon devoir, néanmoins, de répliquer immédiatement
par une étude 9 bis : « Ne touchez pas à
mon gentil Farès....».
A partir de l'étude
n° 10, j'ai renoncé à toute polémique...
pour le moment.
J'ai choisi de me
consacrer à une autre tâche. Ardue. Ingrate. Périlleuse.
Pleine d'embûches.
La
tâche de répliquer à une émission télévisée tout particulièrement
pernicieuse. J'ai d'ailleurs fait allusion à cette émission,
avec fréquence, depuis l'étude n° 10.
Cette
émission fut diffusée à l'occasion des fêtes de Noël 2008. Elle
traitait du rôle joué par l'empereur romain Constantin dans
l'épanouissement universel du christianisme, à partir du IVème
siècle.
I _ Grande
fut ma surprise, dans un premier temps, devant la formulation
tranquille d'une énorme contre-vérité :
une contre-vérité valorisée par le niveau intellectuel indiscutablement
élevé des intervenants dans cette émission. Des hommes de lettres,
des membres du clergé, des philosophes et des historiens qui
ont refusé de voir, et surtout de dire, à quel point Constantin,
à partir de 330, a failli assassiner le christianisme qu'il avait contribué à sauver en 325.
Je veux dire, le christianisme apostolique et romain.
II _ C'est
la raison pour laquelle j'ai pris l'initiative d'une série
d'études que j'adresse périodiquement à
des dizaines de correspondants depuis l'étude n°10.
Cette étude
n°10 constituait l'introduction générale au
survol de ce grand chapitre de l'histoire du christianisme.
Je rappelais comment Constantin relança l'arianisme,
ou plutôt l'hérésie arienne qu'il avait
prétendu combattre et condamner en 325, lors du Concile
de Nicée. Par ce nouveau comportement hérétique
de l'année 330, il faillit sonner le glas du christianisme
apostolique.
Indirectement mais tout à fait logiquement, Constantin
se trouve à l'origine de la propagation ultérieure, rapide, de l'Islam au VIIème siècle. Quatre siècles après
lui, les peuples ariens, en effet, vont se situer à l'origine
d'un phénomène d'une importance historique majeure, qu'il convient
de souligner :
la massification rapide de l'Islam et son enrichissement
culturel par des peuples non arabes de confession arienne
III _ L'étude
n°11 est intitulée : L'ARIANISME DISPARAT QUAND
L'ISLAM APPARAT ». J'essaie d'y rappeler à quel
point le fait religieux est encore négligé
par les historiens de l'Algérie française.
IV _ Dans
l'étude n°12, j'ai voulu préciser quelques
notions. Comme l'indique le sous-titre de cette étude
n°12, elle concerne les apôtres, Athanase, les fractures
vécues par le christianisme et la mise en danger universelle
de la Croix, réactivée et aggravée ultérieurement
par la mort de l'Algérie française.
J'ai précisé
à mes correspondants que cette étude n°12
allait elle-même être subdivisée en quatre
parties.
La première
partie était intitulée : « DU TROISIEME
CALIFE A LA PHENOMENOLOGIE ARABE » que vous avez reçue
fin avril. C'était donc l'étude n°12 proprement
dite.
La deuxième
partie était intitulée : « UN SURVOL
UTILITAIRE DES FRACTURES CATASTROPHIQUES SURVENUES AU SEIN DU
CHRISTIANISME ROMAIN DES SA NAISSANCE ». C'était
l'étude n°13 que vous avez reçue fin mai.
Cette étude
actuelle, n°14, constitue donc en réalité
la troisième partie du chapitre 12, que vous recevrez
vers le 20 juin 2009.
V _ Fin juillet,
vous serez destinataire de la quatrième et dernière
partie de ce chapitre 12. Ce sera l'étude n°15, toujours
inspirée par l'émission télévisée
de référence : celle de Noël 2008
VI _ Une
étude n°16 vous sera proposée dans les délais
habituels. Elle vous proposera une conclusion générale
de ce chapitre.
Dans
toutes ces communications, j'ai pris soin de ne pas perdre de
vue les conséquences des agressions subies périodiquement par
le christianisme sur le destin final de l'Algérie française.
Car la mort de l'Algérie française fut un aboutissement catastrophique
mais logique au XXème siècle, de la conjuration permanente
contre l'Occident chrétien.
Dans cette étude
n°14, dont vous êtes destinataire aujourd'hui, j'essaie
de vous faire connaître les manuvres déclenchées
en Algérie dans le but d'en expulser le christianisme.
Quelles ont été les manuvres tactiques mises en oeuvre
en Algérie pour interdire à la Croix d'y survivre ?
Vous
proposer une réponse la mieux étoffée possible impose de recourir,
une fois de plus, au sénatus-consulte de Napoléon III du 14
juillet 1865.
Avec
une restriction : nous faisons référence uniquement au
paragraphe du sénatus-consulte consacré à la place offerte aux
musulmans algériens dans la société française. C'est-à-dire,
à la place des sujets français de confession musulmane au sein de la collectivité nationale française. Nous
envisagerons, lors d'une étude ultérieure, l'évolution du monde
juif d'Algérie ainsi que la signification philosophique, religieuse
et politique du décret Crémieux.
Mais
auparavant, permettez-moi de me présenter à nouveau. Car de
nombreux correspondants ne semblent pas informés de ce que fut
mon rôle dans le combat D'AVANT-GARDE que nous avons livré
en Algérie : le combat pour la défense de l'Algérie française,
c'est-à-dire le combat pour l'Occident chrétien.
Le
14 juillet 1865, c'est donc la date du sénatus-consulte de Napoléon
III. Celui-ci précise une vérité :
l'indigène algérien de confession musulmane est Français.
C'est
comme ça. C'est la constatation d'une réalité. Pourquoi ?
Parce
que la France, avec l'accord tacite de la communauté internationale,
exerce sa souveraineté en Algérie. Celle-ci devient un territoire
o s'exerce la responsabilité de la France. Sur lequel flotte
le drapeau national français.
Mais
avant 1830, c'était quoi l'Algérie ?
Une
régence, La Régence Turque d'Alger. Un territoire sans souveraineté
propre. Un territoire soumis à une puissance étrangère. Les
habitants de ce territoire étaient-ils pour autant des Turcs ?
Jouissaient-ils d'une nationalité propre ? NON !
Ils
ne jouissaient pas de la nationalité turque. C'était « comme
ça » pour l'immense majorité du peuple qui vivait sur ce
territoire. C'était un peuple majoritairement apatride sur sa
propre terre. Ce peuple bénéficia tout naturellement d'une première
nationalité, la seule possible, la nationalité française à partir de 1830.
Les
Algériens d'aujourd'hui ne peuvent pas faire l'impasse sur une
vérité historique : leur nationalité d'origine, la première
qu'ils aient connue, c'est la nationalité française. C'est la
seule qu'ils peuvent revendiquer.
Mais
il n'en allait pas de même avec la citoyenneté.
Soumis
au code coranique, aux commandements de la charria, ils se sont
exclus volontairement et constamment du code civil français. Donc de la citoyenneté.
Il s'agit d'un privilège
octroyé par le pouvoir français.
Face
à cette volonté de refus, les gouvernants français ont observé,
en effet, une attitude passive. Apparemment résignée. Une attitude
que l'on pourrait exprimer ainsi : « On verra plus
tard ».
Et,
plus tard, les gouvernements français de gauche et de droite
y compris les gaullistes, ont enregistré et accepté ce refus
de la citoyenneté française. Cette acceptation traduit en réalité
un racisme camouflé à l'égard des musulmans algériens. En conformité
avec leur racisme camouflé, ils ont entrepris de mettre en route
progressivement, l'indépendance, nécessaire pour eux, de l'Algérie.
En y favorisant le déploiement du fondamentalisme arabo-islamiste.
Fondamentalisme islamiste, l'arme efficace par excellence, pour
combattre la France.
Et cela, à
partir de la loi du 4 février 1919.
L'histoire
« philosophique » de la guerre de 1914-1918 s'illustre
avant tout comme l'histoire d'une obsession. Tout particulièrement
d'une obsession française. Détruire la monarchie des Habsbourgs.
Pourquoi ? Parce qu'elle était catholique.
Dans
cette optique, après la victoire de Verdun, au cours de laquelle
les Allemands furent arrêtés, un armistice était possible. Le
massacre d'une belle jeunesse européenne aurait pu être interrompu.
Charles de Habsbourg lui-même, intervint secrètement pour aboutir
à une cessation des hostilités.
On
sait ce qu'il advint de cette initiative. Qu'avons-nous gagné
dans cette obsession de ne pas interrompre ce premier génocide
européen ? Lénine, Staline, Hitler et un drame complémentaire,
désastreux pour les populations européennes lors du second conflit
de 1939-1945.
L'armistice
fut donc reculé au 11 novembre 1918. Et ... A peine 85 jours après
l'arrêt de la boucherie de 1914-1918, une loi est votée en France :
la loi du 4 février 1919. Elle offre toute facilité, à une certaine
catégorie de sujets français de confession musulmane d'Algérie,
d'accéder à la citoyenneté française. Il suffit au postulant
à la citoyenneté, et non à la nationalité car celle-ci les musulmans
d'Algérie la possède depuis 1830, de se présenter dans le bureau
d'un juge de paix. De prendre l'engagement d'observer désormais
les exigences du code civil français. La citoyenneté est offerte
contre la renonciation volontaire au code coranique.
En
théorie c'est très simple. Par exemple à Alger il suffit de
se rendre rue Montaigne, à Bab El Oued. D'entrer dans un immeuble
sis à quelques dizaines de mètres d'un marchand de bicyclettes
très connu « chez Guercy ». De s'introduire dans un
bureau qui se trouve au rez-de-chaussée de cet immeuble. De
présenter sa candidature et de signer le document administratif
prévu pour l'application de cette loi du 4 février 1919.
C'est
facile et l'on peut s'étonner qu'il n'y ait pas eu de très longues
files d'attente devant les bureaux des juges de paix d'Algérie....
Mais
on le sait ....
Cette loi fut en
apparence un bide complet.... En réalité un
faux bide. Car ce manque d'enthousiasme, ce rejet passif
et silencieux mais constant de la citoyenneté française
était prévisible et surtout attendu. Ce rejet
était espéré par les inspirateurs des législateurs.
Par ceux qui détenaient le pouvoir à la fin de
la guerre de 1914-1918.
En
effet, comment pouvait-on demander, sans précaution particulière,
à un musulman de renoncer du jour au lendemain au code coranique ?
Il aurait fallu mettre en uvre un travail d'information en
profondeur, enseigner aux musulmans ce qu'était la laïcité.
C'est-à-dire, avant tout, le respect des religions des uns et
des autres. Préciser la nécessité d'adapter l'expression temporelle
d'une foi aux exigences de l'unité nationale. Aux exigences
de la citoyenneté française telle qu'elle était conçue et codifiée
par les représentants du peuple français souverain. Par la représentation
majoritaire du peuple français.
Les
juifs d'Algérie avaient enregistré cette nécessité lors du décret
Crémieux d'octobre 1870.
Les
chrétiens de France se sont soumis aux exigences de la loi du
9 décembre 1905, loi dite de séparation de l'Eglise et de l'Etat.
Dans
le cadre des exigences de la nation, juifs et chrétiens ont
conservé la possibilité, ou plutôt la liberté, de vivre leur
foi et de pratiquer leur culte. Ils étaient religieux à la
maison et citoyens dans la nation. Selon le principe énoncé au XVIIIème siècle par le philosophe
prussien et kantien, juif ashkénaze, Moshé Mendelsohn, grand-père
du musicien romantique allemand Frédéric Mendelsohn né à Hambourg
dans une famille convertie au christianisme, puisque son père
Abraham ainsi que sa mère Léa, s'étaient convertis au christianisme.
Chez
les musulmans, la loi du 4 février 1919 ne provoqua aucun ébranlement.
En tout cas, aucun effet de séduction. Elle ne bénéficia d'aucune
annonce spectaculaire. Aucun effet de persuasion ne fut recherché
pour entraîner les musulmans sur la voie de la citoyenneté française.
Aucun effort ne fut entrepris pour leur démontrer la possibilité
de vivre leur foi dans le cadre de la citoyenneté et de la laïcité.
En
réalité, cette loi, tout le monde s'en moque en 1919, le 4 février,
85 jours après l'armistice.
En
France on déplore 1.400.000 morts au moins. Le capital énergétique
humain de notre patrie est sévèrement entamé par les obsédés
de la guerre. Il faut reconstruire la France. Construire la
paix en Europe. La loi du 4 février 1919 ? Personne
ne la connaît. Tout le monde s'en fout ! Répétons-le.
Alors,
une loi pour rien ? NON ! Tout
au contraire.
J'ai
bien insisté dans mon dernier livre, ainsi que dans l'étude
12 bis, sur le rôle effectivement et fondamentalement joué par
cette loi. Le rôle d'un prétexte. Un détonateur qui va provoquer
un déploiement réactionnel en Algérie de l'arabo-islamisme fondamentaliste,
à l'initiative de grands religieux berbères.
En
effet, comme s'il attendait l'occasion de la loi du 4 février
1919, un religieux berbère dont on parle peu, OMAR SMAL, fonde,
en 1920, le plus légalement du monde, une nouvelle association :
LES CNACLES.
LES CNACLES D'OMAR SMAL
Ce
fut la première riposte... attendue, pour ne pas dire espérée
par les futurs décolonisateurs.
Omar
Smaïl est un religieux d'éthnie berbère. Il crée des cénacles
dans le but de combattre, de contrecarrer les dangers supposés,
en réalité les dangers non existants, mais les dangers suggérés, allégués, qui menaceraient selon lui, l'essor de l'islam en Algérie,
à travers l'application de cette loi du 4 février 1919.
Il
réunit, en conséquence, de grands leaders religieux berbères,
dans des cénacles d'études. Il leur expose la meilleure tactique
possible pour combattre les effets supposés pernicieux et théoriquement
redoutés de la loi du 4 février 1919.
Que
demande Omar Smaïl à ces religieux berbères ? Je l'ai exposé
à maintes reprises. Je me permets d'insister : il leur
demande de combattre en toute priorité l'assimilation et
l'évangélisation.
Lorsque
l'on est informé de l'anticatholicisme forcené, presque maniaque,
du Président du Conseil Clémenceau et de son rejet total de
l'Algérie, on reste pantois.
Qui
parle d'évangéliser les musulmans d'Algérie dans cette loi du
4 février 1919 ? Personne. Dans ce texte de loi il n'est
question que d'un processus administratif pour faire évoluer :
- un
sujet français de confession musulmane à la qualité
de citoyen français de confession musulmane.
Un
sujet français de confession musulmane, c'est quoi ça ?
C'est un national français qui, pour jouir du privilège de
rester soumis au code coranique, a refusé la citoyenneté française
offerte par Napoléon III le 14 juillet 1865.
La
citoyenneté française lui est offerte à nouveau par cette loi
du 4 février 1919 à condition qu'il intègre le vécu quotidien
de sa foi aux exigences du code civil français.
La
citoyenneté pleine et entière, expression de la volonté du peuple
souverain, proposait une harmonisation entre le vécu religieux
d'une part, et le vécu social et juridique d'autre part, de
chacun des volontaires de la citoyenneté française de confession
musulmane.
Omar
Smaïl n'ignorait rien de l'esprit anticlérical qui animait le
gouvernement de la IIIème République. D'autant plus que Clémenceau
se définissait comme un parangon des adversaires d'une éventuelle
évangélisation des sujets français de confession musulmane.
Cette
volonté de lutter contre l'évangélisation, considérée comme
une conséquence à redouter de la loi du 4 février 1919, c'est
un faux prétexte brandi par Omar Smaïl.
Celui-ci
ne laisse pas passer l'occasion, qui lui est offerte, de donner
naissance à un fanatisme opposé. C'est-à-dire la transformation
en Algérie de l'islam en fondamentalisme islamiste et conférer
à celui-ci sa pleine efficacité en tant qu'arme de conquête.
Faire du code coranique le Ksar, c'est-à-dire la forteresse
spirituelle ultime pour lutter contre la Croix.
Mais
pour conférer une pleine efficacité à cette volonté de rejet
de la citoyenneté, quel moyen va-t-il imposer ?
L'utilisation
exclusive de la langue arabe littérale.
La
langue du prophète ? Nous avons répondu à cette question.
NON.
La
langue arabe littérale n'était pas connue du prophète. D'un
point de vue historique, il importe de savoir que c'est lors
du congrès orientaliste tenu à Alger en 1905, que cette vérité
fut enseignée, sans provoquer d'émotion particulière.
Elle
fut enseignée, en particulier, par le professeur K. VOLLERS,
de l'université d'Iéna, grand spécialiste des langues sémitiques
et du Coran.
La
langue arabe littérale, imposée plus tard par le IIIème Calife
pour la transmission et l'enseignement du coran remanié par
ses soins, est devenue le support opérationnel fondamental de
la phénoménologie arabe. Celle-ci est illustrée historiquement
par la notion de Ouma : la Communauté des croyants, la Nation arabe.
Omar
Smaïl est un Berbère. Ses élèves, ses complices sont tous Berbères
et parmi ceux-ci, beaucoup sont des Berbères du Constantinois
comme Ben Baddis et Ibrahim Bachir. Dans ce comportement s'appuie-t-il
sur l'exemple des Almohades du XIIème et XIIIème siècles ?
Ou sur l'exemple des Almoravides du XIème et XIIème siècles ?
En
réalité il va faire une synthèse du comportement des uns et
des autres.
A _ AUX ALMOHADES IL VA EMPRUNTER LEUR RIGUEUR DOGMATIQUE,
LEUR INTRANSIGEANCE DOCTRINALE.
Il
faut se souvenir que les Almohades exigeaient un absolutisme
absolu dans le vécu de leur foi. Ils défendaient le dogme de
l'unité divine absolue. Ils n'admettaient aucune compromission. Ils organisèrent
à maintes reprises des autodafés avec
destruction massive d'ouvrages philosophiques et religieux jugés
non conformes à leurs exigences dogmatiques. Ils organisèrent
des tribunaux de contrôle de sincérité
qui ont condamné à l'exil Averroès et Maïmonide parmi quelques
victimes... chanceuses. Ces tribunaux de contrôle de sincérité
serviront de modèles, plus tard, aux tribunaux du Saint Office.
Mais, cette intransigeance religieuse absolue ne s'exprima pas
en langue arabe. Elle s'exprima en langue berbère, leur langue.
B _ LES ALMORAVIDES, AVANT EUX, ARRIVAIENT DE TRS LOIN.
C'était
une population peu nombreuse qui émigrait de Mauritanie vers
le Maghreb et l'Espagne, en quête de territoires plus accueillants
pour survivre. Une population qui n'était pas arabe mais qui
était conduite par des talebs, des religieux enseignants qui,
au cours de leur migration, exaltaient au sein des populations
ouest-africaines et ibériques leur foi dans les commandements
du guerrier de Yatrib.
Ces
talebs s'exprimaient en arabe littéral et communiquaient leur
foi, exprimée dans cette langue, aux musulmans maghrébins et
ibériques. Ils ont facilité partout, grâce à la langue arabe
littérale, la propagation du coran dans sa langue officielle.
Omar
Smaïl, ce Berbère d'Algérie, effectua une synthèse opérationnelle
magistrale de ces deux comportements :
-
la rigueur dogmatique des Almohades,
- leur
intégrisme,
il
va les exprimer l'un et l'autre en langue arabe littérale, comme
l'avaient fait auparavant les Almoravides.
Une
synthèse entre l'arabisme almoravide et la rigueur dogmatique
absolue des Almohades : ce fut l'uvre d'Omar Smaïl pour
combattre les effets à redouter, selon lui, de la loi du 4 février
1919.
Pour
lui, une loi providentielle, car elle lui permet de déclencher
la lutte au nom de Dieu.
On
a fait voter cette loi, on a publié les décrets d'application
dans un seul but, évident aujourd'hui : structurer une
réaction anti-française dont on se servira plus tard pour se
débarrasser de l'Algérie.
Cette
loi du 4 février 1919... une loi scélérate... une de plus.
En
1925, le CERCLE DU PROGRES va
renforcer, en la prolongeant dans le temps, l'action des Cénacles
d'Omar Smaïl.
Les
événements vont, dès lors, se succéder les uns aux autres, d'une
manière apparemment spontanée. En silence, avec la complicité
théoriquement passive de l'Administration française.
La
nouvelle arabité de l'Algérie est
désormais implantée sur cette terre par des Berbères. L'immense
territoire algérien, situé au nord de l'Afrique, va s'identifier
à une base géo-politico-spirituelle de l'arabo-islamisme fondamentaliste.
Une base opérationnelle pour la consolidation et l'extension
de la Ouma. C'est la mission du CERCLE DU PROGRES.
Tout
logiquement, le CERCLE DU PROGRES annonce en réalité l'avènement
du temps décisif
dans cette mise en place du dispositif opérationnel anti-français.
De la Révolution algérienne. C'est l'installation en Algérie
de l'Association des Oulémas en 1931.
L'Association
des OULEMAS est née
le 5 mai de cette année-là. Le 7 mai son président est élu.
Il s'agit d'Abdelhamid Ben Baddis de Constantine.
Le
vice-président élu est Ibrahim Bachir, lui aussi grand homme
de lettres, professeur de littérature arabe. Ces deux hommes
sont des Berbères. L'un est né tout près de Constantine en 1889.
L'autre, El Bachir, est né à Tocqueville, Ras El Oued, la même
année. Dans les Hauts-Plateaux-Sétifiens.
Ben
Baddis va synthétiser la base philosophique c'est-à-dire, en
réalité, le fondement stratégique du combat contre la France.
« Ma
religion c'est l'Islam ».
L'identité
religieuse est brandie comme un étendard de ralliement. Ou plutôt,
l'étendard de la révolte.
« Ma
langue c'est l'arabe ».
C'est
certainement le temps le plus important de sa proclamation.
C'est un Berbère qui parle, ne l'oublions pas. Ce propos « ma
langue c'est l'arabe » s'identifie à une adhésion officielle
et publique à la Ouma, à la Communauté des croyants. Il intègre
l'Algérie, historiquement, politiquement, spirituellement et
pourquoi pas dialectiquement dans la phénoménologie arabe. Il
identifie l'Algérie à un site opérationnel mis à la disposition
des ambitions de la Ouma, tels qu'ils seront précisés 80 ans
plus tard par les épitres jihadiens d'Alqaïda.
« Ma
langue c'est l'arabe » exprime une volonté impérialiste
confirmée par le troisième élément du trépied opérationnel de
Ben Baddis :
« Ma
patrie, c'est l'Algérie ».
Il
fait naître une patrie à partir d'un comportement religieux
fondamentaliste et il confirme l'intégration de cette nouvelle
patrie dans une construction stratégique géopolitique et religieuse,
ô combien présente ! la Ouma, la Communauté des croyants,
la Nation arabe.
Le
second président de cette association, Ibrahim Bachir, officialisa
plus tard l'identité religieuse de la guerre d'Algérie. Il déclara
le 1er novembre 1954, que le combat était engagé
pour « LE TRIOMPHE DE L'ARABISME ET DE L'ISLAM ».
Je ne peux, dans
le cadre de cette communication, vous accabler de longs développements.
Je
me permets de vous renvoyer à de nombreux ouvrages parmi lesquels
je m'autorise à citer les miens :
-
L'ISLAMISME DANS LA GUERRE D'ALGERIE
-
ATTAQUES ET CONTRE-ATTAQUES
Les
adeptes du marxisme-léninisme, les porteurs de valises, les
défenseurs officiels des Droits de l'Homme, en combattant la
France en Algérie, ont joué en faveur de la révolution mondiale
actuelle. La révolution arabo-islamiste fondamentaliste.
Ils
se sont mis, tactiquement, au service d'une fraction intellectuellement
dépravée, du capitalisme financier qui, dans le but de faire
progresser la valeur ajoutée produite par leurs investissements
ont exigé le délestage économique du débouché algérien.
Capitalisme
financier soumis énergétiquement et opérationnellement à l'énorme
potentiel en liquidités des banques arabes qui soutiennent,
en silence, la propagation universelle des épitres jihadiens.
La
défaite d'Algérie : un marché de dupes ? Un bon
débarras pour la France ?
NON !
Ce
fut une étape nécessaire à l'implantation d'une subversion à
l'intérieur de l'Occident chrétien. Car l'amputation de l'Algérie
a fait de la France et de l'Europe, les sites opérationnels
désormais accessibles territorialement à l'actuelle Révolution
mondiale islamiste fondamentaliste.
Voilà
qui illustre d'un jour nouveau l'insuffisance tactique de nos
spécialistes de la guerre révolutionnaire en Algérie :
ils n'ont pas vu à quel point, sur cette terre, l'idée de Dieu
était le facteur dominant dans la guerre qu'ils prétendaient
conduire avec une compétence particulièrement revendiquée.
Leur
compétence de spécialistes de la guerre subversive les a maintenus
coincés dans une méconnaissance existentielle de l'identité
de la guerre d'Algérie.
Cette
carence a favorisé l'expression d'une félonie satanique qui s'est révélée avec vigueur grâce à une fraction
perverse de certains catholiques français et européens, qui
ont soutenu le FLN au nom de faux principes. De principes allégués tels que les principes de justice sociale ou de justice
tout court.
Ces
« faux-catholiques »
c'est à une sodomisation intellectuelle active qu'ils se sont
offerts. Il n'est pas question aujourd'hui comme hier, que nous
nous soumettions à cette attitude.
Nous
étudierons dans quelques chapitres ultérieurs la manière dont
SATAN A CONDUIT LE BAL EN ALGERIE FRANCAISE.
Mais
auparavant, vous me permettrez de vous infliger la quatrième
et avant-dernière partie de ce dernier chapitre consacré à l'enrichissement
mémoriel du phénomène historique Algérie française.
Ce sera l'étude
n°15 qui va s'appuyer sur le chapitre 16 de mon quatrième
livre : « L'ISLAMISME DANS LA GUERRE D'ALGERIE ».
J'y évoque une classe, imaginée, en Petite
Kabylie en 2012, dans une école kabyle, au cours de laquelle
est évoqué par un instituteur le 50ème
anniversaire de la victoire du FLN sur la France, quand elle
était soumise au gouvernement gaulliste.
Nice,
Le
20 Juin 2009