Contribution
à l'étude du pourquoi et du comment de l'assassinat
de la France Sud Méditerranéenne (Evian 18-19
mars 1962)
UNE DEFERLANTE D'INTERROGATIONS....
...UNE DE PLUS
-
Jean-Claude PEREZ, vous soutenez avec insistance, que le
début réel de la guerre d'Algérie ne
se situe pas au 1er novembre 1954, lors de « La
Toussaint Rouge », mais bien avant. Pourquoi ?
-
Vous déclarez être responsable d'un enseignement
sur la guerre d'Algérie. Comment justifiez-vous une
telle prétention ?
-
Avez-vous le sentiment d'être un vaincu ?
-
Le 8 mai 1945, représente, d'après vous,
la date du début militaire de la guerre d'Algérie.
Pouvez-vous être plus précis ?
-
Pour vous, l'abandon de l'Algérie française
se situe à l'origine de la REVOLUTION MONDIALE ISLAMISTE
ACTUELLE. Celle-ci s'attaque non seulement à l'Europe
mais aussi à la totalité de l'Occident. En deux
mots, pourriez-vous enrichir ce point de vue ?
Mon commentaire :
encore une déferlante d'interrogations ! Et par
dessus le marché, on me demande de répondre
en deux mots !
PREMIERE QUESTION :
Le début réel de la guerre d'Algérie.
La Toussaint
Rouge ne s'identifie évidemment pas au début
historique de la guerre d'Algérie.
Depuis 1920, la
IIIème République ne s'est jamais opposée,
en effet, à la mise en place du dispositif opérationnel
qui sera expérimenté plus tard, comme moyen
de guerre contre la France.
I Ð Tout remonte au 4 février
1919. 11 semaines à peine après l'armistice
du 11 novembre 1918, le Journal Officiel publie les décrets
d'application d'une loi. Cette dernière se propose
de réactiver le Senatus-Consulte de Napoléon
III, promulgué le 14 juillet 1865.
Ce Senatus-Consulte
établissait la possibilité d'une accession des
musulmans d'Algérie à la citoyenneté
française, sous la condition de renoncer à
leur statut personnel. C'est-à-dire de se soumettre
au Code Napoléon, comme tous les autres citoyens
français. C'était bien sûr ce qu'il
fallait obtenir : la citoyenneté accompagnée
de la sécularisation des musulmans d'Algérie
dans le vécu quotidien de leur foi.
Mais on a choisi
intentionnellement, pour l'entrée en vigueur de cette
loi du 4 février 1919, un moment dramatiquement inopportun.
En effet, 11 semaines
à peine après l'armistice, dès la fin
de la première grande boucherie européenne,
qui pouvait être préoccupé en France et
en Algérie, du statut des musulmans ?
La manÏuvre, en
réalité, était secrètement motivée
par la volonté de provoquer la naissance d'un dispositif
de riposte.
Celui-ci allait
s'identifier à l'appareil de guerre capable d'exercer
sa pugnacité contre la France en Algérie....,
le moment venu.
II Ð Effectivement,
dès 1920, une association légale est autorisée
à s'installer en Algérie : les Cénacles
d'Etudes dont le but est d'imperméabiliser
la communauté musulmane d'Algérie aux effets
théoriquement redoutés de cette loi de 1919.
Le président
fondateur de cette association est un négociant berbère,
Omar Smaïl qui dispose de grands moyens.
Il va réunir
une élite parmi les Oulémas berbères.
Ceux-ci, à partir de cette année là,
vont prendre la décision de s'exprimer désormais
et exclusivement, en langue arabe littérale.
Instaurer par
ce biais, la nouvelle arabité de l'Algérie.
III Ð En
1925, Omar Smaïl va plus loin. Il fonde le Cercle du Progrès,
le Nadi at Taraqqi.
Il exhibe alors
le statut personnel des musulmans d'Algérie comme une
place forte idéologique, une forteresse spirituelle,
sur laquelle la France finira par se casser les dents.
IV Ð En
1930, Omar Smaïl et ses Oulémas subissent, contraints
et forcés, les effets négatifs pour eux, des
manifestations musulmanes francophiles célébrant
le centenaire du débarquement français à
Sidi Ferruch, le 14 juin 1930.
Smaïl réagit
contre l'enthousiasme français des musulmans d'Algérie.
Le 5 mai 1931,
il fonde l'Association des Oulémas. Le 7 mai,
Abdel Hamid ben Baddis, de Constantine, est nommé président
de cette association.
El Bachir el Ibrahimi,
des Hauts Plateaux Sétifiens (il est né à
Tocqueville Ras el Oued aujourd'hui) est nommé vice-président.
Rien ne pourra
se faire désormais, dans le monde de l'anti-France,
sans le blanc seing, sans l'aval, sans un imprimatur verbal
de
cette association des Oulémas.
Mais cette association
n'est pas encore intronisée dans le dispositif
révolutionnaire que l'on met en place pour combattre
la France.
V Ð C'est
au Général De Gaulle que doit être attribué
le grand mérite de cette intronisation qui fut
mortelle pour l'Algérie française et qui, secondairement
et actuellement, est dangereuse pour la France, l'Europe et
l'Occident.
Au mois d'août
1943, en tant que Président du Comité Français
de Libération Nationale, siégeant à Alger,
il donne son agrément à l'acceptation des
statuts du nouveau parti de Ferhat Abbas (le général
Giraud les avait rejetés quelques mois plus tôt).
Ce nouveau parti,
l'AML (l'Association du Manifeste de la Liberté)
regroupe quatre formations politiques ennemies de la France :
1.
le Parti Communiste Algérien (PCA) d'Amar Ouezeguéne,
2.
le Parti du Peuple Algérien (PPA) de Messali Hadj,
3.
le Premier Parti de Ferhat Abbas, le Manifeste Algérien
de la Liberté,
4.
enfin, l'association des Oulémas : tête
pensante, islamiste fondamentaliste, moteur spirituel de la
révolution algérienne dirigée depuis
la mort de Ben Baddis en avril 1940, par l'homme des Hauts
Plateaux Sétifiens, El Bachir el Ibrahimi.
VI Ð En
1945, le 8 mai, se déclenchent les émeutes de
Sétif, des Hauts Plateaux Sétifiens et de Guelma,
c'est-à-dire dans la zone d'influence maximale du Président
en fonction, de l'association des Oulémas à
cette date.
La première
victime est une petite fille française de Sétif,
de confession juive : elle s'appelait Nakache.
Après la
répression des émeutes, ces mouvements sont
dissous par les autorités françaises.
Mais survient
l'amnistie de 1946, lors de la promulgation de la Constitution
de la IVème République.
Ces mêmes
mouvements réapparaissent alors, sous d'autres sigles,
dès le début du fonctionnement de la IVème
République (Janvier 1947) :
1.
l'UDMA de Ferhat Abbas (L'Union Démocratique du
Manifeste Algérien) prend la suite de l'AML.
2.
Le MTLD (Mouvement pour le Triomphe des Libertés
Démocratiques) de Messali Hadj prend la suite du
PPA. C'est à partir du MTLD que va naître l'OS
(Organisation Secrète) qui va se transformer en CRUA
(Comité Révolutionnaire pour l'Union et l'Action)
au mois de mars 1954, puis en FLN (Front de Libération
National) le 23 octobre 1954.
Donc l'appareil
de guerre ennemi s'est développé, structuré
et finalement implanté en Algérie, avec le consentement
passif de la IIIème et de la IVème République.
La Vème République s'attribuera le rôle
historique de lui livrer sur un plateau, les moyens de sa
victoire.
De Gaulle en 1943
avait déjà donné naissance à une
organisation officielle de l'anti-France.
A partir des Oulémas,
du MTLD et surtout de l'OS, va naître le FLN le 23 octobre
1954.
Plus tard, avec
le concours de Ferhat Abbas et de Farès va naître
le GPRA (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne),
le 18 septembre 1958. 10 jours avant le référendum
maudit du 28 septembre 1958.
DEUXIEME QUESTION :
Etes-vous aujourd'hui responsable d'un enseignement ?
Mon vécu,
mes études et recherches sur le déroulement
et sur les origines de la guerre d'Algérie, les responsabilités
que j'ai assumées, les sources de connaissance bien
particulières auxquelles j'ai accédé
durant mes pérégrinations d'exil, me donnent
certes les moyens de livrer un enseignement. A qui s'adresse-t'il ?
A ceux qui veulent comprendre et qui ne se vautrent pas, à l'égard de l'Algérie
française, dans un comportement de taxidermistes.
La guerre déclenchée
en Algérie est terminée. Elle est terminée
en Algérie. Mais elle se poursuit aujourd'hui au niveau
d'autres sites géopolitiques.
Dire que la fin
de l'Algérie française n'a pas entraîné
les conséquences dramatiques que l'on redoutait, est
un leurre.
Un homme de droite,
très fin lettré, a écrit que la mort
de l'Algérie française n'avait pas provoqué
la déferlante marxiste léniniste que
l'on redoutait.
Cet auteur est
très mal informé. Le marxisme léninisme
n'a jamais compté en Algérie. Ben Khedda, un
chef FLN très célèbre, avait accepté
que les membres du PCA participent à la lutte contre
la France en Algérie, à la condition de taire
leurs convictions et leurs éventuels projets politiques.
Devant cette exigence, le docteur Hadjeres, chef du
PCA, lui a déclaré : « mais
c'est notre mort que tu exiges ! ».
Quelques communistes
s'engageront : Yveton, Laban, Maillot. Ces trois là
mourront.
Mais en réalité,
s'ils ont pu agir parfois, c'est grâce au concours d'une
fraction perverse des catholiques progressistes d'Algérie :
Scotto, Berenguer, Duval pseudo archevêque d'Alger,
Madame Chaulet et son mari le docteur Chaulet, Jacques Chevallier
et ses complicités protéiformes dans le monde
de la trahison de la IVème République, de la
Vème et plus tard, d'un secteur de l'OAS.
En réalité,
le marxisme-léninisme ne fut qu'un leurre en Algérie.
De même que la dictature des communistes telle
qu'elle est évoquée par le général
De Gaulle lui-même, dans son pauvre discours du 16
septembre 1959, que je commenterai dans un très
prochain travail.(étude 19)
Ce qu'il faut
souligner, pour le profit de cet interlocuteur de droite,
très mal informé, c'est ceci :
ce qui est d'une
importance fondamentale, dans la mort de l'Algérie
française, c'est qu'elle illustre historiquement,
la capitulation d'une grande nation d'occident, devant l'Arabo-islamisme
conquérant.
Même s'il
est exact de dire que l'Algérie d'aujourd'hui n'est
pas encore une république islamiste, il faut souligner
son importance comme symbole historique d'une victoire :
celle des oulémas intégristes berbères
d'Algérie sur une grande puissance européenne.
C'est en cela
que s'illustre la dimension réelle de la défaite
gaulliste en Algérie, du 18-19 mars 1962, à
Evian. Une dimension historique ? Non. C'est insuffisant.
Il s'agit en réalité d'une véritable
dimension ésotérique.
Alors qu'on ne
vienne pas nous dire, sur un ton trop intellectuellement désinvolte :
« Vous
voyez, la perte de l'Algérie française n'a pas
entraîné la déferlante marxiste léniniste
que certains redoutaient ».
Comme si cet interlocuteur
voulait préciser :
« Après
tout, l'Algérie française on n'en avait rien
à foutre ! ».
Aujourd'hui, le
miroir aux alouettes, c'est bon pour les autres. Et cet auteur
est en réalité un gaulliste qui n'ose pas s'avouer
gaulliste.
TROISIEME QUESTION :
vous rangez-vous parmi les vaincus ?
Non. Je ne
suis pas vaincu car la guerre déclenchée
en Algérie française par l'anti-Occident, est
d'actualité.
Les vaincus s'identifient
parmi ceux qui refusent de voir que nous, occidentaux, sommes
l'objet d'une véritable invasion.
-
Non pas une invasion illustrée dans l'agitation du
peuple des banlieues, qui s'identifie à une
guéguerre pour faire peur et nous entretenir
dans une névrose d'occupés.
-
Non pas une invasion définie par un flux d'immigrants
qui bouleverseront l'identité globale du peuple français
à plus ou moins longue échéance.
-
Mais une invasion, résultant de la nouvelle stratégie
capitaliste. En quoi est-elle nouvelle ?
Elle est nouvelle
en ce sens que l'on a vu le capitalisme financier évoluer
d'une curieuse manière.
En reprenant la
définition de Jacques Marseille, nous savons que le
capitalisme financier se définit comme la concentration
opérationnelle au niveau des grandes banques, de tous
les moyens qui permettent de contrôler la production.
Nous nous permettons
d'élargir cette définition. Après tout
pourquoi pas ? Car le contrôle des moyens de production
s'est obligatoirement enrichi du contrôle des sites
et des circuits de consommation.
Cet élargissement
des sites opérationnels, obligatoires pour la survie
et le pouvoir du capitalisme financier, le conduisit à
mettre en Ïuvre le délestage économique du
débouché algérien.
Cette opération
de délestage a trouvé en De Gaulle, son instrument
historique majeur.
Mais aujourd'hui,
le capitalisme financier est de toute évidence infiltré
par une force tactique qui est en train de bouleverser sa
propre définition. Car c'est cette force tactique qui
devient en réalité le nouveau déterminant
stratégique du capitalisme financier.
Expliquons-nous.
Dans le processus
d'abandon qui fut expérimenté en Algérie
française, est intervenu un déterminant stratégique
dominant, mais surtout unique.
Celui-ci s'identifie
au capitalisme financier qui, sans aucun doute possible, exigea
le délestage économique colonial, puis
en dernière étape, du débouché
algérien.
L'avenir des peuples,
le progrès social, la liberté de ces mêmes
peuples à disposer d'eux-mêmes, sont des termes qui ne trouvent pas leur place dans le vocabulaire opérationnel
du capitalisme financier.
Pour lui, la rentabilité des investissements exigeait
à un moment donné, que l'on se débarrassât
de ces peuples, quitte à les abandonner à des
pouvoirs dont on ne peut pas prétendre, sans se
ridiculiser, qu'ils se comportent en pouvoirs démocrates.
Quelle était l'espérance du capitalisme
financier ? Vraisemblablement transformer, au mieux possible,
ces peuples en sites exclusifs de consommation et les
supprimer politiquement et humainement, en tant que
peuples dont on devait absolument assurer et garantir la survie,
par le biais d'une couverture sociale, entendue dans un
sens le plus large et le plus complet possible.
Cette prévision
opérationnelle du capitalisme financier ne s'est pas
accomplie. Au contraire.
Car les peuples décolonisés, pour une très
forte majorité d'entre eux, sont devenus des sites
de consommation plus que médiocres. Par ailleurs, leur
couverture sociale est non seulement très mal, voire
très très mal assurée, mais elle est
encore à la charge, pour une grande part, des anciennes
métropoles ou des nations occidentales.
La stratégie
capitaliste du délestage économique a échoué,
parce qu'elle n'a pas provoqué un enrichissement
de sa masse financière, la masse de ses liquidités
disponibles.
Dans le déroulement
des opérations antérieures ayant abouti à
la mort de l'Algérie française, en tant qu'intervenant
stratégique unique du délestage économique
du débouché algérien le capitalisme financier
avait fait donner trois intervenants tactiques :
A/ premier
intervenant : c'est le leurre communiste ou marxiste-
léniniste qui va trouver son mordant dans le jeu des
catholiques progressistes français d'Algérie
et d'ailleurs.
Et ils vont y
participer eux, à la guerre, en faisant couler
le sang français, parce qu'il était français.
-
Madame Chaulet, transportera elle-même, dans une voiture
américaine, depuis la villa Pouillon du Clos Salembier
à Alger, les armes dont avait besoin Khodja, en Grande
Kabylie.
Avec ces armes, au mois de mai 1956, Khodja organisera une
embuscade au cours de laquelle 18 soldats français
seront tués après avoir subi les mutilations
rituelles.
Elle et son mari disaient à Ben Khedda « Nous
ne sommes pas pour le FLN, nous sommes du FLN. »
Ainsi, au nom du Sacré Coeur de Jésus, ces
progressistes catholiques n'ont pas hésité à
participer à des tueries de compatriotes... chrétiens
pour 99 % d'entre eux.
- Jacques
Chevallier avait organisé une cellule opérationnelle
FLN à l'intérieur de la mairie d'Alger. Grace
à Rabah Adjaoui, il faisait livrer dans la casbah les
fausses cartes d'identité préparées dans
les bureaux de la mairie d'Alger, pour le profit des tueurs
de la ZAA.
- Les
religieuses de Rivet, soignaient, cachaient et nourrissaient
des tueurs du FLN qui ont assassiné plusieurs habitants
de cette petite ville du sud d'Alger.
Cet intervenant
tactique globalement étiqueté marxiste-léniniste
était constitué majoritairement d'une fraction
catholique satanique incorporée militairement au
FLN.
B/ Le deuxième
intervenant tactique, c'est évidemment le général
De Gaulle en personne. En 1943, il avait donné
l'autorisation de naître à l'AML, nous l'avons
précisé.
Il alla jusqu'au
bout dans l'expression historique de sa volonté de
liquidation de l'Algérie française. C'est en
1956 qu'il s'est préparé à prendre le
pouvoir, conditionné et orienté qu'il était
par la fraction pompidolienne, tout particulièrement
active au sein de l'effectif opérationnel du capitalisme
français de l'époque.
C/ Le troisième
intervenant tactique, c'est l'arabo-islamisme fondamentaliste
ou plutôt l'islamisme-arabo-berbère mis
en place par Omar Smaïl, dynamisé en 1931 par Ben Baddis
puis par son successeur Ibrahim Bachir, à la tête
de l'association des Oulémas.
Celui-ci participera
à la constitution du CRUA, puis du FLN.
Il exprimera le
pourquoi réel de la guerre d'Algérie :
« pour le triomphe de l'arabisme et de l'islam ».
C'était le 1er novembre 1954, lors de la
Toussaint Rouge.
Mais aujourd'hui,
il se passe quelque chose.
Le capitalisme
financier occidental manque de liquidités. Il
a perdu, selon toute apparence, les moyens de s'autofinancer.
Il s'adresse, en conséquence, aux nouveaux lombards.
Qui sont-ils ?
Les banques
arabes, qui disposent de quantités de numéraire
évaluées en milliers de milliards d'euros. Disponibilités
qui leur offrent la possibilité d'acheter ce qu'elles
veulent à l'échelon planétaire.
Ne voilà-t'il
pas que ces banques s'apprêtent à devenir aujourd'hui
les organismes créditeurs du capitalisme occidental !
On m'oppose de
pauvres arguments. Comme celui-ci :
« Les
banques arabes ne sont pas des organismes fonctionnant à
la botte des commandos d'Al qaïda. Elles n'obéissent
pas au nouveau Mein kampf arabo islamiste fondamentaliste,
illustré par les épitres djihadiens ».
D'accord. Mais
il s'agit là d'une attitude officielle. Que l'on ne vienne surtout pas nous dire que ces mêmes banques affirment
leur hostilité à l'égard de l'arabo-islamisme
révolutionnaire ! Car elles attendent, comme avantages
de leurs crédits, comme intérêts acceptables
en vertu de la loi coranique, un assouplissement des pouvoirs
occidentaux à l'égard de la Charria
à l'intérieur même des nations d'occident.
A l'intérieur même de leurs dispositifs administratifs.
Tout est là !
1.
l'arabo-islamisme HIER, était en Algérie
un intervenant tactique agissant en complicité
avec De Gaulle et l'église progressiste pour le bénéfice
du capitalisme financier qui voulait conduire à bonne
fin le délestage économique du débouché
algérien.
2.
l'arabo-islamisme AUJOURD'HUI, grâce à
sa puissance financière et à la vigueur opérationnelle
des banques arabes, accède au rang d'une force stratégique
dominante, désormais, au sein du capitalisme financier.
Je ne suis pas
vaincu parce que je suis conscient de vivre encore aujourd'hui,
ce que nous avons vécu hier en Algérie française.
J'espère jouir d'une lucidité suffisante pour
mener cette lutte jusqu'à la dernière seconde
de ma vie.
QUATRIEME QUESTION :
Vous insistez sans arrêt, sur la date du 8 mai 1945
comme date de début de la guerre d'Algérie.
C'est encore votre conviction aujourd'hui ?
Le 8 mai 1945,
est la première grande opération de guerre déclenchée
au XXème siècle par l'ennemi arabo-islamiste
contre la France.
Pourquoi le 8
mai 1945 ? Parce que le dispositif opérationnel
mis en place par nos ennemis, n'avait de chance de réussir
que dans la mesure où l'armée française
était absente.
En 1945, nos régiments
étaient encore opérationnels en dehors de l'Algérie
à cette époque.
Dans la perspective
d'une agression contre la France, les alliés ont libéré
le grand leader islamiste libanais, Chekib Arslan,
condamné en mort en 1926 par la France parce qu'il
avait déclenché la révolte des Druzes
syriens en 1925.
A partir de cette
date, il va s'identifier au symbole historique du combat à
outrance contre la France, au nom de l'islam, au nom de la
NAHDAH, c'est-à-dire la renaissance arabe
dont il est le principal animateur.
Rappelons que
lorsqu'il était député à la Chambre
Ottomane en 1915, il a participé au vote déclencheur
du génocide arménien cette année là.
Prisonnier des
alliés en Allemagne où il s'était mis
au service d'Hitler pendant la guerre, à l'instar de
son allié dans la lutte anti-juive Asmine el Husseini
le grand muphti de Jérusalem, il fut opportunément
libéré par le moyen d'une fausse évasion
à la fin de la guerre.
Il put se rendre
à Genève.
Et c'est de lui,
qui fut le maître à penser d'Ibrahim Bachir,
qu'est venu l'ordre opérationnel pour le déclenchement
des émeutes de Sétif et de Syrie du 8 mai 1945,
avec l'espoir qu'elles se généraliseraient à
tout le Maghreb, au Liban et en Syrie.
Mais l'énergie
de la répression étouffa pour quelques temps,
cette opération dans l'Ïuf.
Ce fut une victoire
gaspillée. On laissa, en effet, l'ennemi reconstituer
ses forces et adopter une technique de combat plus adaptée.
En réalité,
rien ne va s'arrêter car à partir de 1945 l'appareil
de guerre va se structurer pour réapparaître
en 1946, à partir du MTLD et de l'UDMA. Et ces deux
partis sauront exploiter psychologiquement la répression
française du 8 mai 1945. Une répression qui
fut nécessaire pour interrompre le massacre déclenché
ce jour là contre nos concitoyens, femmes et enfants
compris, ainsi que contre les Kabyles fidèles de la
France.
Ils sauront exploiter
cette répression pour la préparation de la phase
ultime de leur combat en Algérie française.
Ils iront jusqu'à multiplier par 20 le chiffre des
victimes imputables à cette répression.
Entre le 8
mai 1945 et le 1er novembre 1954, il existe une
relation de continuité opérationnelle constante
qu'il faut cesser d'ignorer.
CINQUIEME QUESTION :
l'abandon de l'Algérie est-il à l'origine de
la dynamique actuelle de la nouvelle révolution mondiale ?
La dynamique révolutionnaire
islamiste universelle s'est effectivement générée
en Algérie française.
La défaite
française en Algérie s'illustre comme la base
historique de l'actuelle révolution mondiale.
Ben Baddis, dès
1931, avait synthétisé le trépied
de la révolution algérienne.
Ma religion c'est l'Islam
Ma langue c'est l'arabe
Ma patrie c'est l'Algérie.
Dans ce trépied
il faut relever deux contre-vérités.
1.
Les deux premières affirmations, ma religion c'est
l'islam, ma langue c'est l'arabe, illustrent la volonté
de Ben Baddis, qui est un Berbère, d'arabiser à
outrance le combat contre la France, pour l'universaliser
et surtout le pérenniser. Par là même
il suggère un faux historique. Exprimant d'une part que le qoran est écrit en langue arabe et
sachant d'autre part, que le qoran c'est la parole de Dieu,
il veut persuader les musulmans d'Algérie, très
majoritairement berbères que l'arabe c'est la langue
de Dieu, la langue qui devient ainsi, par sa décision,
celle des révolutionnaires algériens. Il prétend
convaincre les musulmans d'Algérie que leur combat
s'inscrit dans l'obligation religieuse du djihad universel.
2.
Quand il proclame ma patrie c'est l'Algérie,
il invente une patrie qui n'existe pas. En 1830, l'Algérie
ne connaissait aucune réalité historique et
politique. La régence d'Alger était un territoire
vassal de la Sublime Porte. Et les multiples beylicats qui
y étaient implantés, passaient leur temps à
se faire la guerre. Les peuples indigènes musulmans
ou juifs d'Algérie, ne jouissaient d'aucune nationalité.
Ils étaient apatrides sur la terre de leur naissance,
pour 95 % d'entre eux au moins. Le 16 avril 1940, Ben Baddis
meurt en détention administrative. Lui succède
alors l'autre Berbère des Hauts Plateaux Sétifiens,
El Bachir el Ibrahimi ou Ibrahim Bachir qui ira plus loin
que Ben Baddis dans la définition de la Révolution
algérienne.
Le 1er
novembre 1954, lors de la Toussaint Rouge, il proclame à
la face du monde, à partir du Caire, comme s'il voulait
transmettre un message de portée universelle, que le
combat était engagé contre la France pour le
triomphe de l'arabisme et de l'islam. Il confirmait
ainsi d'une manière définitive la dimension
réelle de cette phase nouvelle de la guerre d'Algérie.
C'était une guerre planétaire qui commençait.
La guerre d'Algérie
se définit comme une guerre anti-occidentale et c'est
en ce sens qu'elle n'est pas terminée.
La France, l'Europe
et l'Occident sont loin d'être encore islamisés.
Mais l'arabo-islamisme fondamentaliste et conquérant
trouve aujourd'hui dans la défaite du Gouvernement
français du 18 et 19 mars 1962, le nutriment indispensable
pour tonifier l'agressivité nécessaire au combat
qu'il a déclenché contre la France, l'Europe
et l'Occident.
Le gouvernement
gaulliste de 1962 a mis bas les armes devant l'un des
pires ennemis qui ait jamais attaqué la France depuis
le début de son histoire.
Ce qui s'est mis
en place à Evian les 18 et 19 mars 1962, c'est avant
toute chose, une base promotionnelle de grande valeur pour
le bénéfice de l'actuel jihad universel.
Fin de cette
déferlante d'interrogations auxquelles j'ai répondu
du mieux possible.
Jean-Claude
PEREZ
Nice, septembre 2009