Le docteur Jean-Claude PEREZ
Adhérent du Cercle Algérianiste de Nice et des Alpes Maritimes
Auteur du livre «   ATTAQUES ET CONTRE-ATTAQUES »
aux Editions Dualpha - BP 58, 77522 COULOMMIERS CEDEX

NOUS COMMUNIQUE SOUS LE N° 17 l'ETUDE SUIVANTE :

Contribution à l'étude du pourquoi et du comment de l'assassinat de la France Sud Méditerranéenne (Evian 18-19 mars 1962)

UNE DEFERLANTE D'INTERROGATIONS....

...UNE DE PLUS

-          Jean-Claude PEREZ, vous soutenez avec insistance, que le début réel de la guerre d'Algérie ne se situe pas au 1er novembre 1954, lors de « La Toussaint Rouge », mais bien avant. Pourquoi ?

-          Vous déclarez être responsable d'un enseignement sur la guerre d'Algérie. Comment justifiez-vous une telle prétention ?

-          Avez-vous le sentiment d'être un vaincu ?

-          Le 8 mai 1945, représente, d'après vous, la date du début militaire de la guerre d'Algérie. Pouvez-vous être plus précis ?

-          Pour vous, l'abandon de l'Algérie française se situe à l'origine de la REVOLUTION MONDIALE ISLAMISTE ACTUELLE. Celle-ci s'attaque non seulement à l'Europe mais aussi à la totalité de l'Occident. En deux mots, pourriez-vous enrichir ce point de vue ?

Mon commentaire : encore une déferlante d'interrogations ! Et par dessus le marché, on me demande de répondre en deux mots !

PREMIERE QUESTION : Le début réel de la guerre d'Algérie.

La Toussaint Rouge ne s'identifie évidemment pas au début historique de la guerre d'Algérie.

Depuis 1920, la IIIème République ne s'est jamais opposée, en effet, à la mise en place du dispositif opérationnel qui sera expérimenté plus tard, comme moyen de guerre contre la France.

I Ð Tout remonte au 4 février 1919. 11 semaines à peine après l'armistice du 11 novembre 1918, le Journal Officiel publie les décrets d'application d'une loi. Cette dernière se propose de réactiver le Senatus-Consulte de Napoléon III, promulgué le 14 juillet 1865.

Ce Senatus-Consulte établissait la possibilité d'une accession des musulmans d'Algérie à la citoyenneté française, sous la condition de renoncer à leur statut personnel. C'est-à-dire de se soumettre au Code Napoléon, comme tous les autres citoyens français. C'était bien sûr ce qu'il fallait obtenir : la citoyenneté accompagnée de la sécularisation des musulmans d'Algérie dans le vécu quotidien de leur foi.

Mais on a choisi intentionnellement, pour l'entrée en vigueur de cette loi du 4 février 1919, un moment dramatiquement inopportun.

En effet, 11 semaines à peine après l'armistice, dès la fin de la première grande boucherie européenne, qui pouvait être préoccupé en France et en Algérie, du statut des musulmans ?

La manÏuvre, en réalité, était secrètement motivée par la volonté de provoquer la naissance d'un dispositif de riposte.

Celui-ci allait s'identifier à l'appareil de guerre capable d'exercer sa pugnacité contre la France en Algérie...., le moment venu.

II Ð Effectivement, dès 1920, une association légale est autorisée à s'installer en Algérie : les Cénacles d'Etudes dont le but est d'imperméabiliser la communauté musulmane d'Algérie aux effets théoriquement redoutés de cette loi de 1919.

Le président fondateur de cette association est un négociant berbère, Omar Smaïl qui dispose de grands moyens.

Il va réunir une élite parmi les Oulémas berbères. Ceux-ci, à partir de cette année là, vont prendre la décision de s'exprimer désormais et exclusivement, en langue arabe littérale.

Instaurer par ce biais, la nouvelle arabité de l'Algérie.

III Ð En 1925, Omar Smaïl va plus loin. Il fonde le Cercle du Progrès, le Nadi at Taraqqi.

Il exhibe alors le statut personnel des musulmans d'Algérie comme une place forte idéologique, une forteresse spirituelle, sur laquelle la France finira par se casser les dents.

IV Ð En 1930, Omar Smaïl et ses Oulémas subissent, contraints et forcés, les effets négatifs pour eux, des manifestations musulmanes francophiles célébrant le centenaire du débarquement français à Sidi Ferruch, le 14 juin 1930.

Smaïl réagit contre l'enthousiasme français des musulmans d'Algérie.

Le 5 mai 1931, il fonde l'Association des Oulémas. Le 7 mai, Abdel Hamid ben Baddis, de Constantine, est nommé président de cette association.

El Bachir el Ibrahimi, des Hauts Plateaux Sétifiens (il est né à Tocqueville Ras el Oued aujourd'hui) est nommé vice-président.

Rien ne pourra se faire désormais, dans le monde de l'anti-France, sans le blanc seing, sans l'aval, sans un imprimatur verbal [1] de cette association des Oulémas.

Mais cette association n'est pas encore intronisée dans le dispositif révolutionnaire que l'on met en place pour combattre la France.

V Ð C'est au Général De Gaulle que doit être attribué le grand mérite de cette intronisation qui fut mortelle pour l'Algérie française et qui, secondairement et actuellement, est dangereuse pour la France, l'Europe et l'Occident.

Au mois d'août 1943, en tant que Président du Comité Français de Libération Nationale, siégeant à Alger, il donne son agrément à l'acceptation des statuts du nouveau parti de Ferhat Abbas (le général Giraud les avait rejetés quelques mois plus tôt).

Ce nouveau parti, l'AML (l'Association du Manifeste de la Liberté) regroupe quatre formations politiques ennemies de la France :

1.      le Parti Communiste Algérien (PCA) d'Amar Ouezeguéne,

2.      le Parti du Peuple Algérien (PPA) de Messali Hadj,

3.      le Premier Parti de Ferhat Abbas, le Manifeste Algérien de la Liberté,

4.      enfin, l'association des Oulémas : tête pensante, islamiste fondamentaliste, moteur spirituel de la révolution algérienne dirigée depuis la mort de Ben Baddis en avril 1940, par l'homme des Hauts Plateaux Sétifiens, El Bachir el Ibrahimi.

VI Ð En 1945, le 8 mai, se déclenchent les émeutes de Sétif, des Hauts Plateaux Sétifiens et de Guelma, c'est-à-dire dans la zone d'influence maximale du Président en fonction, de l'association des Oulémas à cette date.

La première victime est une petite fille française de Sétif, de confession juive : elle s'appelait Nakache.

Après la répression des émeutes, ces mouvements sont dissous par les autorités françaises.

Mais survient l'amnistie de 1946, lors de la promulgation de la Constitution de la IVème République.

Ces mêmes mouvements réapparaissent alors, sous d'autres sigles, dès le début du fonctionnement de la IVème République (Janvier 1947) :

1.      l'UDMA de Ferhat Abbas (L'Union Démocratique du Manifeste Algérien) prend la suite de l'AML.

2.      Le MTLD (Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques) de Messali Hadj prend la suite du PPA. C'est à partir du MTLD que va naître l'OS (Organisation Secrète) qui va se transformer en CRUA (Comité Révolutionnaire pour l'Union et l'Action) au mois de mars 1954, puis en FLN (Front de Libération National) le 23 octobre 1954.

Donc l'appareil de guerre ennemi s'est développé, structuré et finalement implanté en Algérie, avec le consentement passif de la IIIème et de la IVème République. La Vème République s'attribuera le rôle historique de lui livrer sur un plateau, les moyens de sa victoire.

De Gaulle en 1943 avait déjà donné naissance à une organisation officielle de l'anti-France.

A partir des Oulémas, du MTLD et surtout de l'OS, va naître le FLN le 23 octobre 1954.

Plus tard, avec le concours de Ferhat Abbas et de Farès va naître le GPRA (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne), le 18 septembre 1958. 10 jours avant le référendum maudit du 28 septembre 1958.

DEUXIEME QUESTION : Etes-vous aujourd'hui responsable d'un enseignement ?

Mon vécu, mes études et recherches sur le déroulement et sur les origines de la guerre d'Algérie, les responsabilités que j'ai assumées, les sources de connaissance bien particulières auxquelles j'ai accédé durant mes pérégrinations d'exil, me donnent certes les moyens de livrer un enseignement. A qui s'adresse-t'il ? A ceux qui veulent comprendre et qui ne se vautrent pas, à l'égard de l'Algérie française, dans un comportement de taxidermistes.

La guerre déclenchée en Algérie est terminée. Elle est terminée en Algérie. Mais elle se poursuit aujourd'hui au niveau d'autres sites géopolitiques.

Dire que la fin de l'Algérie française n'a pas entraîné les conséquences dramatiques que l'on redoutait, est un leurre.

Un homme de droite, très fin lettré, a écrit que la mort de l'Algérie française n'avait pas provoqué la déferlante marxiste léniniste que l'on redoutait.

Cet auteur est très mal informé. Le marxisme léninisme n'a jamais compté en Algérie. Ben Khedda, un chef FLN très célèbre, avait accepté que les membres du PCA participent à la lutte contre la France en Algérie, à la condition de taire leurs convictions et leurs éventuels projets politiques. Devant cette exigence, le docteur Hadjeres, chef du PCA, lui a déclaré : « mais c'est notre mort que tu exiges ! ».

Quelques communistes s'engageront : Yveton, Laban, Maillot. Ces trois là mourront.

Mais en réalité, s'ils ont pu agir parfois, c'est grâce au concours d'une fraction perverse des catholiques progressistes d'Algérie : Scotto, Berenguer, Duval pseudo archevêque d'Alger, Madame Chaulet et son mari le docteur Chaulet, Jacques Chevallier et ses complicités protéiformes dans le monde de la trahison de la IVème République, de la Vème et plus tard, d'un secteur de l'OAS.

En réalité, le marxisme-léninisme ne fut qu'un leurre en Algérie. De même que la dictature des communistes telle qu'elle est évoquée par le général De Gaulle lui-même, dans son pauvre discours du 16 septembre 1959, que je commenterai dans un très prochain travail.(étude 19)

Ce qu'il faut souligner, pour le profit de cet interlocuteur de droite, très mal informé, c'est ceci :

ce qui est d'une importance fondamentale, dans la mort de l'Algérie française, c'est qu'elle illustre historiquement, la capitulation d'une grande nation d'occident, devant l'Arabo-islamisme conquérant.

Même s'il est exact de dire que l'Algérie d'aujourd'hui n'est pas encore une république islamiste, il faut souligner son importance comme symbole historique d'une victoire : celle des oulémas intégristes berbères d'Algérie sur une grande puissance européenne.

C'est en cela que s'illustre la dimension réelle de la défaite gaulliste en Algérie, du 18-19 mars 1962, à Evian. Une dimension historique ? Non. C'est insuffisant. Il s'agit en réalité d'une véritable dimension ésotérique.

Alors qu'on ne vienne pas nous dire, sur un ton trop intellectuellement désinvolte :

« Vous voyez, la perte de l'Algérie française n'a pas entraîné la déferlante marxiste léniniste que certains redoutaient ».

Comme si cet interlocuteur voulait préciser :

« Après tout, l'Algérie française on n'en avait rien à foutre ! ».

Aujourd'hui, le miroir aux alouettes, c'est bon pour les autres. Et cet auteur est en réalité un gaulliste qui n'ose pas s'avouer gaulliste.

TROISIEME QUESTION : vous rangez-vous parmi les vaincus ?

Non. Je ne suis pas vaincu car la guerre déclenchée en Algérie française par l'anti-Occident, est d'actualité.

Les vaincus s'identifient parmi ceux qui refusent de voir que nous, occidentaux, sommes l'objet d'une véritable invasion.

-          Non pas une invasion illustrée dans l'agitation du peuple des banlieues, qui s'identifie à une guéguerre pour faire peur et nous entretenir dans une névrose d'occupés.

-          Non pas une invasion définie par un flux d'immigrants qui bouleverseront l'identité globale du peuple français à plus ou moins longue échéance.

-          Mais une invasion, résultant de la nouvelle stratégie capitaliste. En quoi est-elle nouvelle ?

Elle est nouvelle en ce sens que l'on a vu le capitalisme financier évoluer d'une curieuse manière.

En reprenant la définition de Jacques Marseille, nous savons que le capitalisme financier se définit comme la concentration opérationnelle au niveau des grandes banques, de tous les moyens qui permettent de contrôler la production.

Nous nous permettons d'élargir cette définition. Après tout pourquoi pas ? Car le contrôle des moyens de production s'est obligatoirement enrichi du contrôle des sites et des circuits de consommation.

Cet élargissement des sites opérationnels, obligatoires pour la survie et le pouvoir du capitalisme financier, le conduisit à mettre en Ïuvre le délestage économique du débouché algérien.

Cette opération de délestage a trouvé en De Gaulle, son instrument historique majeur.

Mais aujourd'hui, le capitalisme financier est de toute évidence infiltré par une force tactique qui est en train de bouleverser sa propre définition. Car c'est cette force tactique qui devient en réalité le nouveau déterminant stratégique du capitalisme financier.

             Expliquons-nous.

Dans le processus d'abandon qui fut expérimenté en Algérie française, est intervenu un déterminant stratégique dominant, mais surtout unique.

Celui-ci s'identifie au capitalisme financier qui, sans aucun doute possible, exigea le délestage économique colonial, puis en dernière étape, du débouché algérien.

L'avenir des peuples, le progrès social, la liberté de ces mêmes peuples à disposer d'eux-mêmes, sont des termes qui ne trouvent pas leur place dans le vocabulaire opérationnel du capitalisme financier.
Pour lui, la rentabilité des investissements exigeait à un moment donné, que l'on se débarrassât de ces peuples, quitte à les abandonner à des pouvoirs dont on ne peut pas prétendre, sans se ridiculiser, qu'ils se comportent en pouvoirs démocrates.
Quelle était l'espérance du capitalisme financier ? Vraisemblablement transformer, au mieux possible, ces peuples en sites exclusifs de consommation et les supprimer politiquement et humainement, en tant que peuples dont on devait absolument assurer et garantir la survie, par le biais d'une couverture sociale, entendue dans un sens le plus large et le plus complet possible.

Cette prévision opérationnelle du capitalisme financier ne s'est pas accomplie. Au contraire.
Car les peuples décolonisés, pour une très forte majorité d'entre eux, sont devenus des sites de consommation plus que médiocres. Par ailleurs, leur couverture sociale est non seulement très mal, voire très très mal assurée, mais elle est encore à la charge, pour une grande part, des anciennes métropoles ou des nations occidentales.

La stratégie capitaliste du délestage économique a échoué, parce qu'elle n'a pas provoqué un enrichissement de sa masse financière, la masse de ses liquidités disponibles.

Dans le déroulement des opérations antérieures ayant abouti à la mort de l'Algérie française, en tant qu'intervenant stratégique unique du délestage économique du débouché algérien le capitalisme financier avait fait donner trois intervenants tactiques :

A/ premier intervenant : c'est le leurre communiste ou marxiste- léniniste qui va trouver son mordant dans le jeu des catholiques progressistes français d'Algérie et d'ailleurs.

Et ils vont y participer eux, à la guerre, en faisant couler le sang français, parce qu'il était français.

-         Madame Chaulet, transportera elle-même, dans une voiture américaine, depuis la villa Pouillon du Clos Salembier à Alger, les armes dont avait besoin Khodja, en Grande Kabylie.
Avec ces armes, au mois de mai 1956, Khodja organisera une embuscade au cours de laquelle 18 soldats français seront tués après avoir subi les mutilations rituelles.
Elle et son mari disaient à Ben Khedda « Nous ne sommes pas pour le FLN, nous sommes du FLN. » Ainsi, au nom du Sacré Coeur de Jésus, ces progressistes catholiques n'ont pas hésité à participer à des tueries de compatriotes... chrétiens pour 99 % d'entre eux.

-         Jacques Chevallier avait organisé une cellule opérationnelle FLN à l'intérieur de la mairie d'Alger. Grace à Rabah Adjaoui, il faisait livrer dans la casbah les fausses cartes d'identité préparées dans les bureaux de la mairie d'Alger, pour le profit des tueurs de la ZAA.

-         Les religieuses de Rivet, soignaient, cachaient et nourrissaient des tueurs du FLN qui ont assassiné plusieurs habitants de cette petite ville du sud d'Alger.

Cet intervenant tactique globalement étiqueté marxiste-léniniste était constitué majoritairement d'une fraction catholique satanique incorporée militairement au FLN.

B/ Le deuxième intervenant tactique, c'est évidemment le général De Gaulle en personne. En 1943, il avait donné l'autorisation de naître à l'AML, nous l'avons précisé.

Il alla jusqu'au bout dans l'expression historique de sa volonté de liquidation de l'Algérie française. C'est en 1956 qu'il s'est préparé à prendre le pouvoir, conditionné et orienté qu'il était par la fraction pompidolienne, tout particulièrement active au sein de l'effectif opérationnel du capitalisme français de l'époque.

C/ Le troisième intervenant tactique, c'est l'arabo-islamisme fondamentaliste ou plutôt l'islamisme-arabo-berbère mis en place par Omar Smaïl, dynamisé en 1931 par Ben Baddis puis par son successeur Ibrahim Bachir, à la tête de l'association des Oulémas.

Celui-ci participera à la constitution du CRUA, puis du FLN.

Il exprimera le pourquoi réel de la guerre d'Algérie : « pour le triomphe de l'arabisme et de l'islam ». C'était le 1er novembre 1954, lors de la Toussaint Rouge.

Mais aujourd'hui, il se passe quelque chose.

Le capitalisme financier occidental manque de liquidités. Il a perdu, selon toute apparence, les moyens de s'autofinancer. Il s'adresse, en conséquence, aux nouveaux lombards.

Qui sont-ils ?

Les banques arabes, qui disposent de quantités de numéraire évaluées en milliers de milliards d'euros. Disponibilités qui leur offrent la possibilité d'acheter ce qu'elles veulent à l'échelon planétaire.

Ne voilà-t'il pas que ces banques s'apprêtent à devenir aujourd'hui les organismes créditeurs du capitalisme occidental !

On m'oppose de pauvres arguments. Comme celui-ci :

« Les banques arabes ne sont pas des organismes fonctionnant à la botte des commandos d'Al qaïda. Elles n'obéissent pas au nouveau Mein kampf arabo islamiste fondamentaliste, illustré par les épitres djihadiens ».

D'accord. Mais il s'agit là d'une attitude officielle. Que l'on ne vienne surtout pas nous dire que ces mêmes banques affirment leur hostilité à l'égard de l'arabo-islamisme révolutionnaire ! Car elles attendent, comme avantages de leurs crédits, comme intérêts acceptables en vertu de la loi coranique, un assouplissement des pouvoirs occidentaux à l'égard de la Charria à l'intérieur même des nations d'occident. A l'intérieur même de leurs dispositifs administratifs.

Tout est là !

1.      l'arabo-islamisme HIER, était en Algérie un intervenant tactique agissant en complicité avec De Gaulle et l'église progressiste pour le bénéfice du capitalisme financier qui voulait conduire à bonne fin le délestage économique du débouché algérien.

2.      l'arabo-islamisme AUJOURD'HUI, grâce à sa puissance financière et à la vigueur opérationnelle des banques arabes, accède au rang d'une force stratégique dominante, désormais, au sein du capitalisme financier.

Je ne suis pas vaincu parce que je suis conscient de vivre encore aujourd'hui, ce que nous avons vécu hier en Algérie française. J'espère jouir d'une lucidité suffisante pour mener cette lutte jusqu'à la dernière seconde de ma vie.

QUATRIEME QUESTION : Vous insistez sans arrêt, sur la date du 8 mai 1945 comme date de début de la guerre d'Algérie. C'est encore votre conviction aujourd'hui ?

Le 8 mai 1945, est la première grande opération de guerre déclenchée au XXème siècle par l'ennemi arabo-islamiste contre la France.

Pourquoi le 8 mai 1945 ? Parce que le dispositif opérationnel mis en place par nos ennemis, n'avait de chance de réussir que dans la mesure où l'armée française était absente.

En 1945, nos régiments étaient encore opérationnels en dehors de l'Algérie à cette époque.

Dans la perspective d'une agression contre la France, les alliés ont libéré le grand leader islamiste libanais, Chekib Arslan, condamné en mort en 1926 par la France parce qu'il avait déclenché la révolte des Druzes syriens en 1925.

A partir de cette date, il va s'identifier au symbole historique du combat à outrance contre la France, au nom de l'islam, au nom de la NAHDAH, c'est-à-dire la renaissance arabe dont il est le principal animateur.

Rappelons que lorsqu'il était député à la Chambre Ottomane en 1915, il a participé au vote déclencheur du génocide arménien cette année là.

Prisonnier des alliés en Allemagne où il s'était mis au service d'Hitler pendant la guerre, à l'instar de son allié dans la lutte anti-juive Asmine el Husseini le grand muphti de Jérusalem, il fut opportunément libéré par le moyen d'une fausse évasion à la fin de la guerre.

Il put se rendre à Genève.

Et c'est de lui, qui fut le maître à penser d'Ibrahim Bachir, qu'est venu l'ordre opérationnel pour le déclenchement des émeutes de Sétif et de Syrie du 8 mai 1945, avec l'espoir qu'elles se généraliseraient à tout le Maghreb, au Liban et en Syrie.

Mais l'énergie de la répression étouffa pour quelques temps, cette opération dans l'Ïuf.

Ce fut une victoire gaspillée. On laissa, en effet, l'ennemi reconstituer ses forces et adopter une technique de combat plus adaptée.

En réalité, rien ne va s'arrêter car à partir de 1945 l'appareil de guerre va se structurer pour réapparaître en 1946, à partir du MTLD et de l'UDMA. Et ces deux partis sauront exploiter psychologiquement la répression française du 8 mai 1945. Une répression qui fut nécessaire pour interrompre le massacre déclenché ce jour là contre nos concitoyens, femmes et enfants compris, ainsi que contre les Kabyles fidèles de la France.

Ils sauront exploiter cette répression pour la préparation de la phase ultime de leur combat en Algérie française. Ils iront jusqu'à multiplier par 20 le chiffre des victimes imputables à cette répression.

Entre le 8 mai 1945 et le 1er novembre 1954, il existe une relation de continuité opérationnelle constante qu'il faut cesser d'ignorer.

CINQUIEME QUESTION : l'abandon de l'Algérie est-il à l'origine de la dynamique actuelle de la nouvelle révolution mondiale ?

La dynamique révolutionnaire islamiste universelle s'est effectivement générée en Algérie française.

La défaite française en Algérie s'illustre comme la base historique de l'actuelle révolution mondiale.

Ben Baddis, dès 1931, avait synthétisé le trépied de la révolution algérienne.

             Ma religion c'est l'Islam
             Ma langue c'est l'arabe
            
Ma patrie c'est l'Algérie.

Dans ce trépied il faut relever deux contre-vérités.

1.      Les deux premières affirmations, ma religion c'est l'islam, ma langue c'est l'arabe, illustrent la volonté de Ben Baddis, qui est un Berbère, d'arabiser à outrance le combat contre la France, pour l'universaliser et surtout le pérenniser. Par là même il suggère un faux historique. Exprimant d'une part que le qoran est écrit en langue arabe et sachant d'autre part, que le qoran c'est la parole de Dieu, il veut persuader les musulmans d'Algérie, très majoritairement berbères que l'arabe c'est la langue de Dieu, la langue qui devient ainsi, par sa décision, celle des révolutionnaires algériens. Il prétend convaincre les musulmans d'Algérie que leur combat s'inscrit dans l'obligation religieuse du djihad universel.

2.      Quand il proclame ma patrie c'est l'Algérie, il invente une patrie qui n'existe pas. En 1830, l'Algérie ne connaissait aucune réalité historique et politique. La régence d'Alger était un territoire vassal de la Sublime Porte. Et les multiples beylicats qui y étaient implantés, passaient leur temps à se faire la guerre. Les peuples indigènes musulmans ou juifs d'Algérie, ne jouissaient d'aucune nationalité. Ils étaient apatrides sur la terre de leur naissance, pour 95 % d'entre eux au moins. Le 16 avril 1940, Ben Baddis meurt en détention administrative. Lui succède alors l'autre Berbère des Hauts Plateaux Sétifiens, El Bachir el Ibrahimi ou Ibrahim Bachir qui ira plus loin que Ben Baddis dans la définition de la Révolution algérienne.

Le 1er novembre 1954, lors de la Toussaint Rouge, il proclame à la face du monde, à partir du Caire, comme s'il voulait transmettre un message de portée universelle, que le combat était engagé contre la France pour le triomphe de l'arabisme et de l'islam. Il confirmait ainsi d'une manière définitive la dimension réelle de cette phase nouvelle de la guerre d'Algérie. C'était une guerre planétaire qui commençait.

La guerre d'Algérie se définit comme une guerre anti-occidentale et c'est en ce sens qu'elle n'est pas terminée.

La France, l'Europe et l'Occident sont loin d'être encore islamisés. Mais l'arabo-islamisme fondamentaliste et conquérant trouve aujourd'hui dans la défaite du Gouvernement français du 18 et 19 mars 1962, le nutriment indispensable pour tonifier l'agressivité nécessaire au combat qu'il a déclenché contre la France, l'Europe et l'Occident.

Le gouvernement gaulliste de 1962 a mis bas les armes devant l'un des pires ennemis qui ait jamais attaqué la France depuis le début de son histoire.

Ce qui s'est mis en place à Evian les 18 et 19 mars 1962, c'est avant toute chose, une base promotionnelle de grande valeur pour le bénéfice de l'actuel jihad universel.

Fin de cette déferlante d'interrogations auxquelles j'ai répondu du mieux possible.

Jean-Claude PEREZ
Nice, septembre 2009



[1] Pardon pour ce barbarisme, puisque qu'un imprimatur ne peut être « qu'imprimé » par définition.

Mis en page le 21/07/2009 par RP