Le docteur Jean-Claude PEREZ
Adhérent du Cercle Algérianiste de Nice et des Alpes Maritimes
Auteur des livres : « Le sang d'Algérie »
« Debout dans ma Mémoire »
« Vérités tentaculaires sur l'OAS et la guerre d'Algérie »
« L'Islamisme dans la guerre d'Algérie »
« Attaques et contre-attaques »
aux Editions Dualpha - BP 58, 77522 COULOMMIERS CEDEX

NOUS COMMUNIQUE SOUS LE N° 30 L'ETUDE SUIVANTE 

                                                                                                                               

Etude n° 30

LE SUD ET LE NORD...
&
LE NORD ET LE SUD ....

Trois chapitres seront successivement étudiés :

-Premier chapitre : « ... j'avais un camarade... »

-Deuxième chapitre : ...Comment se sont installés les Oulémas à la tête de la révolution algérienne...

-Troisième chapitre : ... Le miracle économique français est en train d'être réduit à néant, à cause des « crispations confessionnelles » générées par le gaullisme assassin de la France sud-méditerranéenne

CHAPITRE I : « ... j'avais un camarade... »

Jean-Marc est un de mes frères d'armes... un vrai... parmi d'autres, très nombreux, que j'ai côtoyés pour le meilleur et pour le pire, depuis octobre 1955.
Depuis mon retour à la vie normale, en janvier 1969, nos contacts furent néanmoins épisodiques pour de multiples raisons : impératifs professionnels, familiaux etc...
Mais je ne l'ai jamais trahi... et il ne m'a jamais trahi.

Ne soyez pas étonnés de cette terminologie. Au sein de l'effectif d'un combat clandestin, lorsque le dénouement se révèle défavorable, il est fréquent de voir apparaître et se développer ce que j'appelle le « cancer des réprouvés » : la trahison.
La trahison des faibles qui se vendent pour retrouver, soutiennent-ils, une nouvelle liberté de manœuvre.... mais le plus souvent, pour accéder, sinon au lucre du moins à la sécurité matérielle.
J'évoque donc une camaraderie sans nuage, avec Jean-Marc et beaucoup d'autres. Une camaraderie qui a tenu bon pendant plus de cinquante ans.
C'est cette fraternité d'arme qui nous réunit encore, chaque fois que possible. Pour ne pas laisser passer une occasion. Laquelle ? Celle de défendre à outrance aujourd'hui, ce que nous avons défendu hier.
Pourquoi ai-je évoqué Jean-Marc, plutôt que Serge, Jean-Paul, Marcel, Christian, Fred, Gilbert, Martial et beaucoup d'autres.... ?
Serait-ce pour exhiber une richesse en camarades sérieux mais surtout fidèles ?
Fidèles, oui, mais à qui ? A quoi ?

Fidèles aux enthousiasmes qui ont enrichi notre combat. Des enthousiasmes passés qui génèrent de la joie, oui de la joie aujourd'hui encore, lorsque nous nous revoyons et lorsque les uns comme les autres, nous exprimons, avant toute chose, notre absence de regrets.
Oui, pas de regrets, car tout démontre, de nos jours encore plus qu'hier, que nous avions raison.
Nous sommes restés, par dessus tout, des hommes libres. Des hommes solidaires les uns des autres, pour lutter en toute priorité contre l'oubli, contre les injures. Pour lutter contre la désinformation fournie, parfois, par certains anciens d'Algérie et d'ailleurs, qui, dépourvus de passé, s'en inventent un. Dans lequel, très souvent, nous n'existons pas... ou plutôt nous n'existons plus. Au point qu'il m'arrive, ainsi qu'à Serge, Christian, Norbert, Jean-Marc, Pierre, Georges, Claude et d'autres... de nous interroger... sur la réalité, sur le vécu, des responsabilités parfois terribles, que nous avons assumées.
Lorsqu'il nous arrive d'évoquer ce combat passé, qui fut plein d 'embûches, qui fut la plupart du temps tragique, le combat d'une minorité de Français d'Algérie, de Pieds-Noirs et de camarades métropolitains, animés tous d'une lucidité dont la réalité historique actuelle confirme à chaque instant le bien-fondé, nous nous interrogeons une fois de plus.
Avons-nous accompli tout cela hier, pour jouir aujourd'hui, du droit de satisfaire à un appétit de couscous, de merguez, de danses orientales ?
Avons-nous joué nos vies et nos âmes pour un style de vie, que nous sommes en mesure de retrouver, voire de créer aujourd'hui, n'importe où, en France ?
Avons-nous tué et fait tuer des hommes pour quelques avantages en hectares de blé ou de vigne ? Pour une orangeraie ? Pour un immeuble ? Pour une villa ?
Evidemment non.
Notre combat en Algérie s'inscrivait dans une grande dialectique de l'histoire. Nous voulons dire dans la confrontation perpétuelle qui oppose l'Occident à l'anti-Occident.

Un instant s'il-vous-plaît ! C'est quoi, ça, l'Occident ?
L'Occident, c'est une réalité géopolitique, à l'intérieur de laquelle la pensée chrétienne peut s'exprimer en toute liberté. Sans risque de lynchage, de torture, d'oppression, de génocide... et de toutes autres incertitudes et drames. C'est ça l'Occident ! La terre où les chrétiens peuvent vivre libres.
Nos camarades et moi revendiquons, justement, la prétention constante de rester avant tout des hommes libres. Solidaires pour lutter, aujourd'hui encore, contre le mensonge ou plus banalement, le refus de la vérité. De Gaulle a déclaré, en substance, selon Peyrefitte, que nous, les hommes de l'OAS, « étions aveuglés par notre amour de la France ». De Gaulle s'est « planté » une fois de plus. Cet amour de la France ne nous aveuglait pas.
C'est lui, cet amour de la France, qui nous a conduits sur le chemin d'un combat... qui est loin, très loin d'être terminé aujourd'hui.

Car en Algérie ce n'est pas le dernier combat que nous avons livré. Le combat de la fin. Ce que nous avons livré, là-bas, c'est le combat de la fin du commencement. Le commencement du combat qui, depuis 2000 ans oppose l'Occident à l'anti-Occident.

Lorsque nous nous retrouvons, c'est une camaraderie sans tromperie qui nous soude encore les uns aux autres. Sans ambition malsaine. Sans coup fourré. Sans souci de préséance ou de prédominance. Sans esprit de « vedettariat ».

Nous étions nourris, là-bas, d'une ambition : conserver toute sa vie à la France sud-méditerranéenne. Parce que la France du Nord-Méditerranée en avait une grande nécessité pour rayonner dans le monde et enrichir l'Europe d'une large fenêtre ouverte sur l'Afrique... grâce à l'Algérie française. L'Algérie française, une thèse de vie pour la patrie française, pour l'Europe... pour l'Occident. C'était aussi une thèse de vie pour l'Afrique. Mais ils ne le savaient pas... au sud de la Méditerranée. Le temps n'est pas loin où ils s'en rendront compte dans leur vie de tous les jours. Lorsque nous évoquons, sans complexe, l'Algérie française, ce n'est pas un regard narcissique que nous jetons sur notre passé. Nous savions très bien, avant 1962, Serge, Fred, Pierre, Gabriel, Claude, Marcel et d'autres encore et moi avec eux, que séparée de la France, l'Algérie allait perdre définitivement droit de cité dans notre Occident, qu'elle était cependant en possibilité de rejoindre grâce à la France. Séparée de la France, bien qu'elle ait été historiquement accouchée par notre patrie, l'Algérie exhibe aujourd'hui une agressivité pugnace contre l'ancienne métropole.

Elle illustre aujourd'hui le symbole historique et géopolitique d'une victoire de l'arabo-islamisme international sur une grande nation d'Occident : La France.

Même si le fondamentalisme islamiste, quintessence actuelle de l'anti-France, et ses exécuteurs d'Al-Qaïda, sont officiellement combattus par le gouvernement algérien actuel, il reste établi pour la nuit des temps à venir, que le 19 mars 1962 illustre la date d'une grande défaite de la France et de l'Occident, devant un agresseur moderne : l'arabo-islamisme fondamentaliste, envahisseur et dictatorial. Une défaite dans sa signification la plus traditionnelle et classique qui soit. Qu'on ne s'effarouche pas !

Nous sommes en droit d'utiliser ce terme de défaite. Puisque les évènements d'Algérie ont été officiellement identifiés à une guerre par une loi de la Vème République française. La loi du 18 octobre 1999.

Cette guerre fut ainsi officiellement conclue par une défaite de la France. Une défaite imputable au général De Gaulle et à tous ses valets passés et actuels, atteints à l'évidence, d'une encéphalopathie gaulliste chronique qui les rend inaptes à la pratique de la politique. Cette encéphalopathie gaulliste chronique a fait de la France un territoire sur lequel, aujourd'hui, s'exerce une force au sens physique, ou plutôt au sens mécanique du terme. Une force dont le point d'application se situe en Algérie et dont le sens est rigoureusement et préférentiellement orienté vers la France. Une force dont l'intensité est variable, mais qui en toutes circonstances confère toute sa vérité ou plutôt toute son actualité, à la prédiction de Ben Mhidi, formulée par lui-même, avant qu'il ne fût pendu en 1957 :

« Vous aurez l'Algérie de Tamanrasset à Dunkerque ».

Une force colonisatrice certes, mais qui prétend induire, avant tout, une mutation identitaire, progressive, des peuples de la rive-nord de la Méditerranée. Cette mutation des esprits, comme cet asservissement intellectuel est, de nos jours, enrichie par la mise en œuvre répétitive, périodique et surtout prioritaire, d'attaques sordides contre le christianisme. Des attaques efficaces, ne nous y trompons pas, relayées avec générosité par tous les médias, à l'échelon du monde occidental dans toute son étendue. Des attaques qui jouissent de la qualité d'être, opérationnellement et stratégiquement, parfaitement logiques.

Pourquoi logiques ?

Pour la raison suivante : à l'arabo-islamisme fondamentaliste, le nouvel envahisseur, on refuse d'opposer, pour le moment, la seule arme qui soit efficace. L'islamisme fondamentaliste prétend imposer la charria dans le cadre de la vie des Français et ne connaît, dans le cadre de cette perspective opérationnelle, qu'une seule expression : une expression religieuse. Dont il fait un usage exclusif. Or, on s'obstine à lui opposer cependant des attitudes de défense très mal adaptées. Des attitudes dépourvues d'efficacité, totalement dépourvues d'impact opérationnel. On pleurniche, on exhibe sa peur, on prévoit de légiférer en évoquant les burkas des femmes musulmanes. On exprime sa colère, en réalité sa peur et son angoisse, devant des minarets qui surgissent un peu partout.

Mais, au nom de la laïcité, qui en aucun cas ne doit être restrictive de liberté religieuse tout au contraire, on refuse de faire référence au rayonnement historique de nos cathédrales. De nos cathédrales qui ont symbolisé pendant longtemps, une volonté laborieuse de mener un combat pendant des siècles. Un combat au moyen-âge, pour la sauvegarde du christianisme contre les hérésies invasives, tout particulièrement les hérésies de provenance ibérique.

Aujourd'hui, nous exprimons notre détermination perpétuelle à vivre libres ou vainqueurs si nécessaire, en nous appuyant sur une certitude. Une certitude que je formule de la manière suivante : nous n'avons rien à redouter de la religion musulmane, dans la mesure où nous sommes capables de faire comprendre à nos enfants que rien ne les obligera à se soumettre, dans les décennies à venir, à la mutation idéologique et identitaire que veut induire, et finalement nous imposer, le fondamentalisme islamiste. Ce n'est pas une fatalité. Car, le christianisme tire sa vitalité et son rayonnement, pour longtemps encore, d'une élite universelle certes. Mais aussi et surtout, il tire sa puissance, sa vigueur révolutionnaire éventuellement, de gigantesques prolétariats chrétiens, répartis dans le monde entier. Des peuples, des masses populaires en Europe, en Afrique, en Amérique du Nord et surtout en Amérique latine. Des collectivités asiatiques, des peuples blancs et des peuples « de couleur » comme on le disait naguère, ainsi que leurs élites n'accepteront jamais la mort de la Croix. Que ce soit par la force, que ce soit par la trahison et par le reniement, comme ce fut le cas en Algérie, en 1962.

Nous sommes suffisamment forts, nous qui avons combattu pour l'Algérie française, pour nous entendre avec les musulmans. Avec les musulmans qui ont choisi de vivre en France. Plus encore avec les musulmans qui ont choisi la citoyenneté française.

Nous entendre avec nos concitoyens musulmans dans la mesure où ils acceptent une nécessité : celle d'intégrer la pratique quotidienne de leur culte aux exigences de la citoyenneté.

Nous sommes chrétiens, et avec ceux d'entre nous qui sont juifs, nous devons rester chrétiens et juifs. Mais, tous, avec les musulmans, nous devons être en mesure de brandir chaque fois que nécessaire, sans état d'âme particulier et sans répugnance, l'étendard commun de la laïcité. Une laïcité qui aujourd'hui n'est plus prohibitive. Une laïcité qui permet aux différentes religions de s'exprimer en France, dans le respect perpétuel, en n'importe quelle circonstance, de liberté, de fraternité et d'égalité.

Nous refusons de vivre dans une ambiance, dans un « éthos » a écrit Peyrefitte, de crispation confessionnelle. Car, la crispation confessionnelle se révèle être un facteur très sérieux, de stagnation économique d'une part, et du ralentissement de l'essor d'une nation, d'autre part. La crispation confessionnelle c'est un cancer moderne au sein d'une nation. Elle détient le potentiel d'altérer profondément tout ce qui contribue à maintenir une nation dans le cadre de la modernité. Cette crispation confessionnelle moderne, que nous vivons en France, se révèle inhibitrice, logiquement et progressivement, de tout essor économique nouveau. Elle apparaît comme une conséquence impitoyable du sacrifice volontaire et conscient du christianisme en Algérie. C'est le gaullisme qui l'a instaurée à l'intérieur des limites de la France métropolitaine, comme nous le constatons, aujourd'hui, à chaque instant.

La Méditerranée nous offre deux rives. Le Sud et le Nord. C'est vrai.

L'une est atone, pour le moment. C'est la rive-nord, c'est la nôtre. Elle est atone parce que la crispation confessionnelle s'y est installée comme une maladie chronique.

L'autre est ambitieuse, agressive, avide de conquêtes : c'est la rive-sud. La rive des envahisseurs de style nouveau.

Cette mutation idéologique induite par l'atonie des peuples de la rive-nord, est la conséquence d'une rupture de contact avec Dieu, qui s'inscrit à l'évidence, dans la normalité, dans la banalité du comportement des hommes de la rive-nord.

Insistons encore : ces peuples opposent, par habitude, une désertion spirituelle à l'impact arabo-islamiste. Tout particulièrement une désertion chrétienne. Cette désertion spirituelle donne naissance à un vide dialectique. Un vide où s'engouffre sans effort, comme naturellement, le dynamisme islamiste qui lui, s'exprime dans des conditions idéales. Pourquoi idéales ? Parce que, répétons-le, la seule opposition qui le gênerait, a décidé d'être silencieuse pour le moment. D'être muette. Nous évoquons encore une opposition religieuse dont il est de bon ton, aujourd'hui, de ne plus faire usage. Car ce que l'on nous recommande, c'est ceci :

« Vous, les chrétiens, fermez-la ! »

« Oui, fermez-la, pour ne pas gêner les nouvelles manœuvres des capitalistes financiers modernes qui sont en train d'agir à l'égard de la révolution arabo-islamiste de la même manière qu'ils ont agi en 1917 à l'égard de la révolution bolchevique ».

Trotski a rejoint la révolution russe en 1917, via le Canada, grâce au viatique financier fourni par un potentat américain, Hammer-père. Le fils de celui-ci, Hammer-fils donc, joua un rôle identique à l'égard de la révolution algérienne. Rappelons que le déclenchement de cette révolution fut décidé le 1er dimanche de juillet 1954, au matin, dans une salle de cinéma à Hornu, dans le Brabant, en Belgique. Cette réunion fut organisée par Khidder et Lahouel. Le premier était alors un ancien du MTLD, membre de l'OS (Organisation Secrète). Le second, était conseiller municipal d'Alger, adjoint du maire FLN d'Alger, Jacques Chevallier.

La guerre fut décidée. Le « Jihad fissabil Allah », la guerre sainte pour la cause de Dieu. Mais ce qu'il faut rappeler c'est l'information suivante : cette réunion fut possible grâce à l'initiative et au concours de la CISL [1] qui, non seulement l'organisa, mais assura aussi le financement de la première mission de la guerre d'Algérie. Un viatique de 500.000 dollars

Plus tard, en 1956 à Alger, l'UGTA[2] subit le contrecoup de sa soumission opérationnelle à la CISL, dans les attentats terroristes de la bataille d'Alger. Le poste de commandement de l'UGTA fut plastiqué, place du Cardinal La Vigerie, en 1956. Lors de cet attentat, fut découvert un projet écrit d'assassinat imminent, de plusieurs dizaines de citoyens français algérois qui eurent la vie sauve grâce à cette opération d'un commando de volontaires clandestins.

Le capitalisme financier est aujourd'hui malade de sa croissance. Il éprouve constamment le besoin d'un enrichissement, d'une nouvelle oxygénation de ses moyens opérationnels. Un enrichissement sous la forme d'un apport augmenté en liquidités pour assurer son contrôle de la production, au niveau des grandes banques. Cette sacro-sainte production, génératrice de valeur ajoutée, que le capitalisme financier doit faire progresser en permanence.

Deux recours pour conserver sa pugnacité au capitalisme financier moderne sont mis en œuvre de nos jours :

1. La délocalisation c'est-à-dire l'obligation d'abandonner des sites de production trop coûteux, sacrifier des travailleurs occidentaux au bénéfice d'autres collectivités moins coûteuses. Moins coûteuses en termes de salaires et en termes d'avantages sociaux liés au travail.

2. La recherche d'un accès aux énormes liquidités dont disposent les banques arabes, avec en compensation des concessions évidentes, exprimées en terme de tolérance très large à l'égard de la charria, qu'imposent ces mêmes livraisons d'argent.

Mes chers correspondants, je suis parti d'un passage en revue, un peu sentimental et nostalgique, d'un effectif de mes frères d'arme pour parvenir, sans m'en rendre compte, à la genèse de la guerre d'Algérie. Et pour aboutir à ce que j'appelle en toute humilité :


l'inversion de la hiérarchie subversive anti-occidentale.

Je m'explique ou plutôt, j'essaie de m'expliquer.

Pendant longtemps, le capitalisme financier tel qu'il fut décrit par le défunt Jacques Marseille, illustrait la structure stratégique, la structure décisionnaire dans le déroulement de l'actuelle révolution mondiale.

Mais les nouvelles richesses produites par les hydrocarbures, au bénéfice préférentiel des banques arabes, ont fini par bouleverser radicalement cette identité stratégique.

Il semble que la structure décisionnaire, c'est-à-dire, répétons-le, le potentiel stratégique, soit transférée aujourd'hui au niveau des banques arabes. Celles-ci aspirant à la domination finale du monde, mettent à la disposition du capitalisme financier les gigantesques liquidités dont elles jouissent. A un point tel que le capitalisme financier s'identifie aujourd'hui à un dispositif tactique, soumis à un dispositif stratégique nouveau et sus-jaccent. Nous voulons dire à la vigueur des banques arabes. Donc, implicitement, à l'arabo-islamisme fondamentaliste, le nouveau déterminant stratégique. C'est dans cette nouvelle constatation que se situe, pour nous les anciens combattants d'hier, un site prioritaire de la réflexion que nous devons conduire avec une grande prudence et surtout une grande humilité dans l'expression écrite. Nous n'avons pas hésité à être violents lorsque nous fûmes acculés au combat... lorsque notre « amour fou de la France » a jeté une minorité d'entre nous dans les affres de l'action directe. Mais ce passé n'altère en rien notre clairvoyance dans l'analyse politique que nous vous proposons aujourd'hui.

C'est la raison pour laquelle je vous suggère de prendre connaissance du deuxième chapitre de cette étude n° 30, qui prétend passer en revue, encore une fois, la genèse de la guerre d'Algérie, telle que celle-ci fut mise en œuvre à partir de 1919. Car c'est cette genèse qu'il ne faut jamais perdre de vue. Elle est nécessaire pour exprimer l'identité réelle de la guerre d'Algérie... officialisée comme telle en 1999. Cette guerre que le gaullisme a décidé de perdre devant l'histoire, le 19 mars 1962.

CHAPITRE II ...Comment se sont implantés les Oulémas à la tête de la révolution algérienne....

En 1919, une loi française entre en vigueur en Algérie de la manière la plus officielle.

Certains sujets français de confession musulmane peuvent accéder, en toute facilité, à la citoyenneté française pleine et entière. Au moment de leur choix. A la condition qu'ils acceptent de se soumettre, comme la totalité des citoyens français, à la seule et unique juridiction civile française. Ce qui implique le renoncement à leur statut personnel codifié par le droit coranique.

Deux conséquences.

-La première conséquence est française : silence de mort autour de cette loi. On n'en parle pas, on ne la défend pas. On n'essaie pas, en particulier, d'engager un dialogue interconfessionnel sincère, loyal et surtout productif, pour espérer une large application de cette loi. La IIIe République l'a votée, mais en sous-main elle ne veut pas en entendre parler.

-La deuxième conséquence est musulmane : avec l'accord silencieux mais surtout réel sinon officiel des gouvernants de la IIIe République, un riche leader berbère, fondamentaliste connu, Omar Smaïl, décide dès 1920, de combattre cette loi. De la rendre inapplicable. Dans ce but, il fonde et met en place des cénacles d'étude dont l'organisation et le fonctionnement sont confiés à de grands religieux majoritairement berbères. Ceux-ci sont destinataires d'une mission : lutter, par tous les moyens, contre l'assimilation, la francisation et si nécessaire, contre l'évangélisation.


Retenons trois noms parmi ces religieux profonds : le cheikh Abdelhamid Ben Baddis de Constantine, le cheikh El Bachir el Ibrahimi né à Tocqueville (Ras-el-oued) très près de Sétif, et Tewfik el Madani, un Kabyle né à Tunis. Ces Berbères vont structurer le fondamentalisme musulman sur la terre algérienne. Mais, par-dessus tout, ils vont imposer à outrance l'utilisation exclusive de la langue arabe littérale. Ben Baddis et Ibrahim Bachir ont effectué de longs séjours au Proche-Orient au contact, en particulier, du grand émir libanais Chekhib Arslan, animateur principal de la Nahdah, la renaissance de l'islam, et véritable déclencheur de cette guerre, une guerre franco-arabe, à partir du 8 mai 1945.

En 1925, Omar Smaïl et ses lieutenants, avec l'accord du pouvoir français, fondent le Nadi at Taraqqi, le Cercle du Progrès, toujours dans la perspective de rendre inapplicable la loi de 1919. Ils exaltent et glorifient la langue arabe. Ils ne s'expriment que dans cette langue et fondent ainsi la nouvelle arabité de l'Algérie. En 1930, se déroulent, dans un indiscutable enthousiasme francophile, les cérémonies commémoratives du centenaire du débarquement français à Sidi Ferruch le 14 juin 1830. Toutes les conditions semblent réunies, sous la pression des anciens combattants musulmans de 1914-1918, pour que la loi de 1919 soit enfin plus largement appliquée.
Mais certains responsables de la IIIe République veillent au grain. Ils ne l'entendent pas ainsi. En vertu de la loi de 1901 sur les associations, dans le but de donner un coup d'arrêt définitif à cet élan vers la France, ils donnent l'autorisation officielle à Omar Smaïl de fonder l'Association des Oulémas, le 5 mai 1931. Le 7 mai, le premier président désigné par Omar Smaïl en personne sera Ben Baddis. Le vice-président sera El Bachir el Ibrahimi. Tewfik el Madani remplira les fonctions officielles de secrétaire général adjoint. Mais en réalité, il en sera l'animateur le plus virulent.

La devise de cette nouvelle association ne tardera pas à se définir comme suit : ma religion c'est l'Islam ma langue c'est l'arabe ma patrie c'est l'Algérie

Il ne s'agit, ni plus, ni moins, que de la mise en place d'un dispositif de guerre qui sera soutenu en permanence par l'émir libanais, ennemi de la France, Chekib Arslan. Mais aussi soutenu en permanence par Hadj Asmine el Husseïni, le mufti de Jérusalem. Celui-ci, en effet, organise durant cette même année 1931, le Congrès mondial de l'Islam à Jérusalem.

Il soutient officiellement l'action de Ben Baddis. Le combat enclenché contre la future République d'Israël va se confondre ainsi avec le combat qui est désormais engagé contre la France. Cette association des oulémas va constamment alimenter la nature religieuse fondamentaliste de la guerre faite contre la France. Tous les leaders indépendantistes anti-français ne pourront pas se passer d'un « imprimatur verbal », émanant de cette association, pour jouer un rôle dans la révolution algérienne. Farès lui-même, dès 1946, se mettra volontairement sous l'autorité spirituelle du Cheik El Bachir el Ibrahimi, président de l'association des oulémas, rendu à la liberté par l'amnistie de 1946. Ibrahim Bachir, c'est une autre formulation de son identité, président de l'Association des oulémas depuis la mort de Ben Baddis en 1940, était assigné à résidence à Aflou, près de Tiaret en 1945. Il déclencha néanmoins les émeutes de Sétif du 8 mai 1945, dès réception de l'appel de Chekib Arslan transmis depuis Genève, le 7 mai 1945.

Une guerre de 17 ans, une guerre franco-arabe répétons-le, va être conduite à partir de cette date, d'une façon ouverte, en 1945, le 8 mai dans les Hauts Plateaux sétifiens et à Guelma. Puis larvée. Puis de nouveau ouverte contre la France dès la Toussaint Rouge 1954, jusqu'au 5 juillet 1962, date du massacre d'Oran.

« El Jihad fissabil Allah », « la guerre sainte pour la cause de Dieu ».

Guerre qui fut conclue par la défaite historique de la Vème république française le 19 mars 1962.


CHAPITRE III ... Le miracle économique français est en train d'être réduit à néant, à cause des « crispations confessionnelles » générées par le gaullisme, assassin de la France sud-méditerranéenne

L'Algérie française est morte. Définitivement morte. L'Algérie actuelle connaît une réalité tout à fait différente. C'est un autre pays. Une nation. Il va sans dire que ce qualificatif de « morte » ne la concerne pas.

Surgit toutefois la question suivante : la mort des départements français d'Algérie a-t-elle réduit l'espace planétaire du non-développement ? La réponse est nette : l'espace planétaire de non-développement reste aussi vaste, depuis la décolonisation générale, voire même beaucoup plus vaste encore.

Aujourd'hui, il est d'une évidence incontournable que la décolonisation de l'Algérie fut conduite d'une manière catastrophique, puisqu'elle aboutit à la naissance d'une nation à l'intérieur de laquelle la haine de la France s'inscrit parmi les éléments fondamentaux de la plus élémentaire culture. De la culture basique. Sans bouleverser le panorama de cette étude, on peut affirmer ceci : malgré la sécession des départements français d'Algérie et du Sahara, les trois-quarts de l'humanité au moins appartiennent au monde non encore développé. Celui que, récemment, on appelait « sous-développé ».

Des auteurs compétents nous ont enseigné que le sous-développement ne constitue pas un phénomène anormal en lui-même. Plus encore, ils l'inscrivent sans aucun état d'âme dans la normalité des choses de la vie. Alain Peyrefitte fait étalage dans ce domaine, d'un laconisme très enrichissant : « Ce n'est pas le sous-développement qui est un scandale, c'est le développement qui est un miracle ».

Le développement apparaît, encore aujourd'hui, comme une prouesse. Une prouesse à porter au crédit exclusif d'un peuple. Sous la condition que celui-ci soit capable de l'accomplir.

C'est-à-dire lorsque ce peuple réunit des compétences technico-culturelles nécessaires à cet accomplissement. Une prouesse qui n'est pas forcément à la portée de n'importe quel peuple. L'ancien ministre du général De Gaulle ne manque pas de précision lorsqu'il prend soin d'écrire :

« Un peuple se développe, il ne développe pas d'autre peuple ».

Pour qu'un peuple puisse contribuer au développement d'un autre peuple, il faut que ce dernier nourrisse l'ambition préalable d'accéder au niveau technico-culturel adéquat qui, seul, peut lui donner les moyens d'engendrer à son tour un « miracle économique ». Selon Alain Peyrefitte, les nations développées se caractérisent avant toute chose, comme celles qui sont capables de garantir la progression auto-entretenue des paramètres économiques qui servent de références permanentes. Citons : le produit national brut, le revenu par habitant, la qualité et le volume des exportations, le tonus de l'investissement, la qualification permanente de la main-d'œuvre, les innovations technologiques en chaîne, les nouvelles habitudes de consommation. Mais à ces paramètres, il faut en ajouter un autre qui nous paraît fondamental : ces nations doivent être libérées de toute crispation confessionnelle.

Les nations qui, encore sous l'emprise de crispation confessionnelle n'accèdent pas au niveau des nations développées, s'identifient aujourd'hui aux nouveaux « prolétariats extérieurs de l'Occident ». La crispation confessionnelle y engendre parfois une expression revendicative obligatoirement violente, qui ne se prive pas d'être sanguinaire en maintes occasions. Ce qui contribue à aggraver l'interdiction d'accès au développement.

Nous apprenons ainsi qu'il existe une dimension culturelle, philosophique et surtout religieuse du développement. Celui-ci en réalité, se définit comme une denrée rare.

L'Algérie avait toutes les chances de trouver sa place dans le cadre d'un miracle économique français d'abord. Ensuite, dans le cadre du miracle économique espéré, à l'échelon européen. Non seulement elle aurait pu en bénéficier mais elle aurait aussi contribué à l'enrichir, si la France s'y était maintenue en tant que nation souveraine. Mais on s'est refusé avec obstination, et de toutes parts, à prendre l'orientation préalable nécessaire et indispensable pour atteindre ce but. Cette orientation préalable c'était l'éradication d'Algérie des crispations confessionnelles. Or, tout au contraire on les a volontairement installées, ou plutôt consolidées en Algérie, à partir de 1920. Ces crispations confessionnelles se sont révélées mortelles pour les départements français d'Algérie, en tant que départements français évidemment.

Il fallait avoir le courage, l'audace, la lucidité, mais surtout la volonté d'acquérir la formation nécessaire, pour contrer avec conviction les attitudes irresponsables et criminelles qui affirmaient là-bas, que : « demander aux musulmans d'accéder à la citoyenneté française en renonçant à leur statut civil personnel, qui les rendait dépendants à l'égard du seul droit coranique, c'était les inviter à l'apostasie, au reniement de leur foi ».

Cet argument est utilisé sans arrêt, de nos jours plus qu'hier, par des accusateurs affectés d'un histrionisme chronique, sans cesse et abondamment suractivé. Néanmoins, c'est cet argument qui confirme bien que le miracle économique possible dans les départements français d'Algérie a été sacrifié au bénéfice du statut personnel des musulmans. Le bouclier anti-français par excellence. A été sacrifié à une attitude génératrice, au plus haut point, d'une crispation confessionnelle. C'était un crime contre l'intelligence... pour le moment.

Dans nos sociétés modernes, la décrispation confessionnelle illustre le cheminement indispensable pour accéder au développement et au progrès.

Nous n'oublions pas, cependant, que par nature, par essence, la décrispation confessionnelle impose avant tout, le respect des convictions de chacun. C'est en ce sens qu'elle mérite de s'appeler « décrispation ».

L'abandon du statut personnel définissait le tout premier palier auquel il fallait parvenir si l'on voulait inclure l'Algérie française dans un ensemble territorial susceptible d'être bénéficiaire des avantages de la modernité sous l'égide de la France, dans un premier temps, puis de l'Europe dans un second temps. Mais il aurait fallu que la France fût gouvernée par des hommes d'Etat qui fussent visionnaires, et non pas animés par une ambition de « lombards » de «  prêteurs sur gage ». Des hommes qui se seraient attachés à conférer toute sa vitalité, de Dunkerque à Tamanrasset, à cette loi que nous avons évoquée à maintes reprises, la loi de Moïse Mendelssohn, qui au XVIIIème siècle recommandait à tous les pratiquants d'une religion, d'être « religieux à la maison, citoyens dans la nation ».

La sécularisation de l'islam était une des fondations à creuser pour que pût enfin se développer sur cette terre algérienne, un « miracle économique ».
Et à partir de celui-ci... un possible miracle africain... « in secula seculorum »[3]

Mais les indépendantistes anti-français, ceux d'Algérie, renforcés, animés, dynamisés, pris en main par leurs complices de métropole, dont le gaullisme représente la quintessence, étaient animés de la volonté d'exclure l'Algérie de l'hypothétique « miracle économique français ».

Notre pays n'a pas fini de payer la note de ce forfait contre l'intelligence, de ce crime contre l'humanité. Un crime qui consiste à avoir créé toutes les conditions d'un essor imprévu et sans cesse croissant, à l'intérieur de nos frontières : l'essor d'une crispation confessionnelle, involutive, paralysante, atrophiante. Appauvrissante. Une crispation confessionnelle d'expression quotidienne.

Nous avons d'abord protesté en Algérie. Nous avons hurlé contre la trahison. Nous avons manifesté notre colère. Pour une minorité d'entre nous, nous avons pris les armes, guidés que nous étions par un amour fou de la France. De Gaulle, le plus prestigieux des Français, qu'a-t'il déclaré devant notre attitude ? Ceci « les chiens aboient et la caravane passe ».

Effectivement... la caravane est passée. Les chiens n'aboient plus. Mais ils grondent en observant à quel point la caravane se trouve coincée dans un sombre cul-de-sac, exposée aux intempéries aujourd'hui, aux tempêtes demain.

Les chiens « contemplent » le comportement de tous ces misérables champions du délestage économique de l'Algérie. Ils peuvent faire l'inventaire de leurs nouveaux acquis : parmi ceux-ci, avant tout, la médiocrité qui menace de s'installer dans notre pays à l'état chronique.


CONCLUSION

Aujourd'hui, la notion « d'Algérie française » se révèle sous sa véritable identité.

« Algérie française » ce n'est plus une notion uniquement nourrie de souvenirs nostalgiques. Ce n'est pas une évocation pleurnicharde d'une espérance trahie. Ce n'est pas le support d'une amertume résiduelle.
« Algérie française » n'illustre pas uniquement un capital culturel dont l'immense richesse est encore très mal évaluée.
« Algérie française » s'identifie aujourd'hui à ce qu'elle était hier. Une thèse historique pour une construction du monde intelligente. Un projet de sauvegarde de l'équilibre euro-nord-africain, une mission géopolitique. C'était une mission que nous n'avons pas pu ou su conduire à bonne fin. Ce non-accomplissement nous stimule aujourd'hui. Pourquoi ? Pour comprendre. Pour expliquer.
Cette volonté d'expliquer entraîne une conséquence : elle nous conduit à prendre des « airs d'historien ». Dans cette attitude, un écueil est à éviter : celui de se complaire dans une attitude de pionnerie désespérante.

Un témoin ou plutôt un acteur, qui a mis la main à la pâte de l'histoire, à la genèse et au déroulement d'évènements très graves, peut apparaître parfois comme un chroniqueur insuffisant... faiblard.

Mais lorsqu'il jouit de la faculté et surtout de la chance d'être un conteur, on dit le plus souvent de lui qu'il est « intéressant ».

« Intéressant », c'est l'horrible qualificatif dont on vous gratifie avec une générosité condescendante lorsque vous mettez le vécu de votre expérience, le vécu de vos drames, au service d'une collectivité avide de savoir ... avide de comprendre.

Comme l'a écrit Nietzsche, je ne sais plus où, ni quand :

« La parole du passé est toujours d'oracle. Vous ne l'entendez que si vous êtes les constructeurs de l'avenir et les interprètes du présent ».

J'essaie de m'inscrire parmi ces hommes, qui sont mordus par l'audacieuse envie de ne plus être des fourmis.

C'est une fatalité historique qui m'a plongé, à partir de 1955, en plein cœur du drame qu'a vécu l'Algérie française, du drame qu'a vécu la France en Algérie.
Aujourd'hui, l'abandon de l'Algérie par le gaullisme cinquante-huitard, je le vis comme un déluge. Un nouveau déluge.
Le déferlement, non pas d'une vague, mais d'une houle recouvrante. Une houle rythmée, contrôlée, arabo-islamiste, qui prétend submerger progressivement l'Occident tout entier.
Un Occident qui, aujourd'hui plus qu'hier, s'illustre à la fois comme «l'île et le cœur du monde ».
Quelques doctes politiciens ont exprimé parfois l'intention de nous rassurer :
« Tout cela n'a aucune importance » ont-ils soutenu.
Pourquoi ?
« Mais ouvrez-donc les yeux ! » rétorquent-ils.
« De Gaulle a tout prévu. Il a organisé une nouvelle arche de Noé. C'est la France avec sa force de frappe nucléaire. C'est la France enrichie par son passage glorieux à la modernité. Grâce au miracle du grand renouvellement qu'il a lui-même accompli. Grâce à une décision gravissisme qu'il n'hésita pas à assumer lui-même devant l'histoire.

La décision de sacrifier la Croix en Algérie française ».

Oui. Effectivement. Souvenons-nous. De Gaulle s'est adressé au peuple français, il y a 50 ans, pendant la Semaine des Barricades d'Alger, de janvier 1960:
« Et toi, mon vieux pays ! » a-t-il déclaré.

« Toi, mon vieux pays, usé, vieilli, qui a tant souffert ! Que veut-on te faire accomplir encore ! Gérer des populations indigènes d'Algérie, dont la nature est d'être miséreuse ? Recueillir chez nous des Pieds-Noirs qui au sein de notre famille française, oublient qu'ils sont des enfants adoptés ! Qu'arrive le déluge libérateur ! Car comme l'a déclaré Monsieur Tricot, un de mes fidèles valets, l'abandon de l'Algérie est nécessaire au passage de la France à la modernité ».

Le grand renouvellement gaulliste s'étale aujourd'hui sous nos yeux. Un épanouissement social éblouissant. Une égalité qui se confirme partout avec éclat. Une liberté dite libéraliste qui nous submerge. Quant à la fraternité, elle est tellement forte, qu'elle nous asphyxie littéralement.

Tout cela pourquoi ? Parce que De Gaulle l'a voulu. Parce que De Gaulle l'a accompli pour le compte des capitalistes financiers qui ont joué le court terme en voulant délester l'univers-de-l'argent-sans-âme du débouché algérien. Débouché algérien jugé insuffisant à cette époque en termes de production de valeur ajoutée.

Le gaullisme... une asphyxie de l'espérance... En France... en Europe... en Occident.

Jean-Claude Pérez
Nice Le 15 avril 2010

(1) CISL : Confédération Internationale des Syndicats Libres, installée en Europe, émanation de la Fédération américaine du travail, Fédération de droite. fut attribué par la CISL à Kidder et Lahouel, dès la fin de la réunion d'Hornu. A Bruxelles. Par Monsieur Irving Brown en personne. La moitié de ces 500.000 dollars, sur aimable pression des services secrets américains, fut livrée par l'ARAMCO dont Hammer-fils était un actionnaire ...privilégié. L'autre moitié fut livrée par la CISL, elle-même.

(2) UGTA : Union Générale des Travailleurs Algériens d'inspiration néo-communiste, mais fut très rapidement annexée par la CISL qui l'utilisa pour les besoins du capitalisme financier américain, qui avait besoin de l'éviction de la France d'Algérie.

(3) « in secula seculorum » : traduisons « pour les siècles à venir ».

D'après « L'Islamisme dans la Guerre d'Algérie »
Et « « Vérités tentaculaires sur l'OAS et la guerre d'Algérie »
Disponibles chez Dualpha Editions

Mis en page le 19/03/2010 par RP