A PROPOS DE LA MORT
DE LA FRANCE SUD-MEDITERRANEENNE...
... les 3 « R » : Repentance....
Reconnaissance .....Réhabilitation ...
....sans oublier le 4ème « R » :
celui de notre Résilience
Par le Docteur Jean-Claude PEREZ,
auteur du livre « ATTAQUES ET CONTRE-ATTAQUES » aux
éditions Dualpha, BP 58, 77522 COULOMMIERS CEDEX
I
A propos de l'Algérie française, du
combat de l'OAS, de la colonisation en général, nous avons noté
qu'il est fait un usage immodéré du terme de « repentance ». Ce substantif prétend évoquer un sentiment, qu'il est
obligatoire d'éprouver
lorsque l'on évoque la page coloniale de l'histoire de France,
l'Algérie française, la guerre d'Algérie et le combat ultime de
l'OAS. A la seconde même où ses usagers prononcent le mot de « repentance »,
ils doivent obligatoirement faire référence à un
sentiment de regret douloureux de leurs erreurs et de leurs péchés. Sentiments obligatoires dont le vécu est exigé, aujourd'hui,
par un code moral imposé par la pression médiatique. Code moral
qui dans peu de temps jouira de la force d'une loi.
Cette loi exigera peut-être, sous
peine de sanction pénale, que l'on souffre
lors d'un rappel du passé colonial de la France. Et que l'on soit
éventuellement condamné lorsque, tout au contraire, l'on est animé
de la volonté et du courage d'évoquer les « effets
bénéfiques de la colonisation ».
Pour le pouvoir, l'opinion, la mode
morale actuelle, cette dernière thèse des bienfaits de la colonisation est indéfendable. Elle est sacrilège. Elle sera susceptible,
peut-être, d'entraîner un jour des sanctions pénales en vertu
de la loi « Gayssot ».
II
Néanmoins, ce sentiment de repentance
pour être éprouvé avec une sincérité historique absolue doit être nécessairement précédé d'un effort de recherche.
Une recherche qui doit aboutir à une
Reconnaissance des faits
historiques.
Celle-ci doit être conduite de la
même manière que l'on dresse un acte d'accusation. Cet effort
exige donc une identification, c'est-à-dire, répétons le, une
reconnaissance des évènements liés à la colonisation en général, et
tout particulièrement à cette grande page historique « Algérie
Française ». C'est donc un diagnostic qu'il faut poser avant
de proposer une sanction. C'est-à-dire en l'occurrence, une attitude
contrite de repentance. Mais ce diagnostic doit s'établir en deux
temps.
Premier temps de la reconnaissance
Il s'appuie sur des faits, sur des
évènements qui se sont déroulés tout particulièrement durant la
période « Algérie Française » puisque c'est ce chapitre
qui nous intéresse aujourd'hui au tout premier chef.
Donc c'est bien établi : reconnaissance
= connaissance des faits.
Deuxième temps de la reconnaissance
Il consiste à formuler des hypothèses
sur ce qu'il serait advenu de l'Algérie française, si l'on était
allé jusqu'au bout de son accomplissement. C'est-à-dire jusqu'à
l'ABOUTISSEMENT de la colonisation. C'est-à-dire jusqu'à l'INTEGRATION
qui, pour s'accomplir, exigeait une victoire militaire totale
sur le FLN d'abord, une adhésion du peuple algérien de confession
musulmane aux exigences de la laïcité ensuite. Laïcité qui, seule,
dans le respect de la foi et du culte des uns et des autres, aurait
enfin ouvert la voie de l'Egalité. Car celle-ci, en l'absence
d'une laïcité vécue dans tous les actes quotidiens de la vie,
était impossible à instaurer en Algérie.
Mais il existe aussi un 3ème
temps dans cet effort de reconnaissance, que l'hypocrisie de l'information
officielle prétend nous interdire de connaître et d'approfondir.
Troisième temps de la reconnaissance
Il concerne une étude des conséquences
identifiées, acceptées ou subies, des bouleversements identitaires,
socio-culturels ou plus exactement ethnico-culturels qui affectent
aujourd'hui la France dans sa réalité historique. Un temps de
la reconnaissance qui va
jauger, qui va quantifier, l'effet colonisateur secondaire
que la France est en train de subir. Parce qu'elle a
négligé, parce qu'elle a dédaigné
l'Algérie française. Dédain exprimé au nom de quoi ? au nom
d'impératifs économiques. Au nom de la valeur ajoutée
des investissements. La valeur ajoutée,
voilà l'étendard perpétuel du capitalisme financier, inspirateur,
décideur, organisateur et exécuteur de la mort de l'Algérie française,
par le relais du Général De Gaulle et du gaullisme fossoyeurs
de la France Sud-Méditerranéenne.
Ce troisième temps de la reconnaissance,
doit s'étendre aussi à une étude de ce qu'il est advenu des peuples
abandonnés. Des peuples décolonisés. Par pudeur respectueuse nous
n'évoquerons pas la misère, la dénutrition, la détresse existentielle
dans lesquelles sont plongés les peuples africains dans leur ensemble.
Nous voulons tout particulièrement
insister sur le sort qui, dans l'esprit des gaullistes, aurait
dû être celui des Français d'Algérie, du peuple Pied-noir dont
aujourd'hui encore, on ne veut pas dire, parce
que je suis le seul à l'avoir écrit mille fois, qu'il était et
qu'il est toujours une fraction vivante de la Nation
française. Un peuple qui, pour éviter le génocide auquel on acceptait
de le soumettre, s'est réfugié derrière le combat ultime de l'OAS. Un peuple qui, dans la meilleure
des hypothèses, aurait été obligé de vivre courbé en Algérie, s'il avait été obligé, pour son malheur,
de rester là-bas.
Ce troisième et dernier temps de la
reconnaissance doit être, évidemment, complété par une évaluation
des drames subis par notre peuple. Les assassinats, les enlèvements,
les disparus, les Harkis massacrés, les soldats prisonniers, mutilés
avant d'être rituellement immolés. Nos commandos OAS tués à l'ALAT
de SIDI BEL ABBES, dans l'OUARSENIS, au chemin des Crêtes, au
chemin Laperlier, Boulevard Thiers, à Belcourt et ailleurs, parce
que leur courage et leur clairvoyance les avaient engagés dans
l'ultime combat.
Voilà schématisée la totalité de la
Reconnaissance, le premier « R » que l'on doit en quelque sorte bien capitaliser,
avant de s'attarder sur le
contenu des 2 autres « R ».
-
celui de la repentance que nous avons évoqué dès le début
de cette étude.
-
celui de la réhabilitation que nous étudierons à la fin
de cette même étude.
III
Mais il est difficile de s'extirper
de cet effort de Reconnaissance
sans faire référence à toute une litanie de paroles
du Général De Gaulle. Paroles
fort instructives qui permettent de comprendre la signification
historique du gaullisme cinquantehuitard. Paroles
qui illustrent à la fois l'insubstance gaulliste et qui illustrent néanmoins aussi le reniement
et la trahison dont furent victimes les Pieds-Noirs, les musulmans
partisans de l'Algérie française, l'Algérie elle-même, la France,
l'Europe et l'Occident chrétien.
La vérité est parfois difficile à
détecter au milieu des déclarations apparemment solennelles émanant
du grand chef d'Etat que prétend avoir été le général De Gaulle,
« Le prince de l'équivoque » comme le rappelle l'auteur
britannique, socialiste, Alistair Horne dans son livre « L'histoire
de la guerre d'Algérie ».
L'équivoque est constamment entretenue,
en effet, dans l'échelonnement des citations que je soumets à
votre appréciation.
1957
« Bien sûr l'indépendance viendra,
mais ils sont trop bêtes là-bas pour le savoir ».
Le mépris est toujours latent dans
le propos du Général De Gaulle. « Ils sont trop bêtes là-bas »,
il pense certainement au peuple pied-noir et aux français musulmans
partisans de l'Algérie française. Et à l'armée française.
A propos de cette citation, il convient
de rappeler, en substance, des propos échangés entre De Gaulle
et un interlocuteur dont j'ignore l'identité :
« Mon général, les hommes
c'est comme des mouches, ce n'est pas avec du vinaigre qu'il faut
les prendre mais avec du miel ».
« et bien moi, voyez-vous,
je les prends avec de la m... »
Ce propos m'ayant été rapporté verbalement,
au mois de décembre 1968, par le Général Salan alors qu'il vivait
encore rue Théodore de Banville à Paris, il ne m'est pas possible
de donner une référence plus précise.
Juin 1958
« Je vous ai compris ! »
Juin 1958
«Vive l'Algérie française ! »
Une précision : certains hagiographes
du Général De Gaulle, comme Robert Philippe, ont tenu à préciser
la signification de ces termes. Nous prenant pour des arriérés
mentaux, ils prétendent que, lorsqu'il évoquait l'Algérie française,
le Général entendait une Algérie, qui, comme la Gaulle était restée
romaine, serait restée sous une influence historique française.
Juin 1958
« L'Afrique est foutue, et l'Algérie avec ! »
Ce n'est pas du regret qui est manifesté
dans ce propos mais de l'agacement qui évoque plutôt un sentiment
de rejet, de dégoût.
Octobre 1958
« L'ind épendance algérienne ?
Dans 25 ans Delouvrier ..... »
Un propos qui permet de supposer
que l'indépendance de l'Algérie était mal vécue par tous ceux
qui se dévouèrent corps et âme, cependant, à la volonté du Général
De Gaulle.
Janvier 1959
« L'Algérie a choisi la paix ».
Mars 1959
« L'armée française ne quittera jamais
ce pays et moi, le Général De Gaulle, je ne traiterai
jamais avec ces gens du Caire ou de Tunis ».
Voilà une affirmation bien imprudente. Car c'est effectivement
avec les gens du Caire et de Tunis que De Gaulle a traité tout
le temps, depuis 1956, par l'intermédiaire de BOUMENDJEL.
Mai 1959
« Une nouvelle Algérie liée pour toujours
à la France... »
Août 1959
« La paix est une nécessité. Cette
guerre absurde... »
Cette guerre était effectivement absurde. C'est la raison
pour laquelle il fallait la gagner dans les plus rapides délais,
sans lésiner sur les moyens, sans se laisser influencer par l'opinion
internationale. Il aurait fallu que notre armée se comportât en
armée véritablement révolutionnaire.
Septembre 1959
« Je considère qu'il est nécessaire
que le recours à l'auto-détermination soit ici et
maintenant proclamé ».
C'est la synthèse du reniement. C'est la synthèse de la contradiction.
C'est le summum de la trahison.
Janvier 1960
« Une solution qui soit française ».
De Gaulle vient de subir le choc du 24 janvier 1960, le peuple
d'Alger gronde. C'est le début de la semaine des Barricades d'Alger.
Il est inquiet quant au comportement de l'armée. Il ménage donc
l'opinion.
Janvier 1960
« Comment pouvez-vous écouter les menteurs
et les conspirateurs qui vous disent qu'en accordant le libre
choix aux Algériens, la France et De Gaulle veulent vous
abandonner, se retirer de l'Algérie française et
la livrer à la rébellion ? »
Par rapport aux propos de septembre 1959, cette question posée
par le Général De Gaulle illustre une véritable
synthèse de l'escroquerie intellectuelle la plus totale.
Il laisse supposer que lui, De Gaulle, reste partisan d'une solution
française, alors que depuis 1956, il complote avec BOUMENDJEL
et par l'intermédiaire de celui-ci, avec FEHRAT ABBAS, pour l'indépendance
de l'Algérie.
Mars 1960
« L'indépendance, une folie, une monstruosité
... la France ne doit pas partir. Elle a le droit d'être
en Algérie. Elle y restera.... ».
Je me souviens d'avoir, personnellement, écouté cette
phrase alors que j'étais dans ma cellule à la prison de la santé
avec mes autres camarades accusés du procès des Barricades d'Alger.
Elle fut prononcée à l'occasion de la seconde « tournée des
popotes » effectuée par le Général De Gaulle. Quelques semaines
après l'épisode des Barricades d'Alger.
Pour l'opinion publique française et algérienne, elle semblait
exprimer une volonté affirmée du Général De Gaulle de remporter
la victoire. Ce propos fut confirmé d'ailleurs, dans ce même discours,
par l'ordre que De Gaulle donnait aux soldats français d'aller
chercher les armes des rebelles « là où elles se trouvaient ».
Il faut lever une équivoque à propos de ces
paroles. La voici : lorsque
cette phrase fut prononcée, elle illustrait au plus haut point
la complicité opérationnelle qui liait De Gaulle à FEHRAT ABBAS.
Car, en cas de cessez le feu, FEHRAT ABBAS et les membres du GPRA
qui siégeaient au Caire et à Tunis, savaient très bien qu'ils
n'avaient aucune pitié à attendre de la part des maquisards de
FLN de l'intérieur. Ces derniers s'étaient engagés à trancher
la gorge de ces révolutionnaires de palace dès qu'ils remettraient les pieds en Algérie.
Donc, pour FEHRAT ABBAS, il était d'une importance vitale, au
sens propre du terme, que le cessez le feu en Algérie fût précédé
d'un anéantissement des maquis FLN de l'intérieur. De Gaulle et
FEHRAT ABBAS étaient d'accord pour massacrer du combattant FLN,
pour permettre au GPRA de l'extérieur de prendre livraison de
l'Algérie que De Gaulle était prêt à offrir en holocauste à la
rébellion algérienne. A la suite de cette certitude on comprend
la genèse et la signification de l'affaire SI SALAH. Avec la signification
du massacre d'Oran du 5 juillet 1962 comme ultime conséquence
de cette sordide manÏuvre que constitue l'affaire SI SALAH
10 mars 1960
« L'indépendance, c'est la clochardisation ».
Si cette dernière phrase du Général De Gaulle illustre
sa véritable pensée, cela signifie qu'il ne se préoccupait pas
de l'état dans lequel il abandonnerait l'Algérie après la mise
en application de sa décision d'abandon, qu'il avait toujours
essayé d'occulter par le moyen de l'incohérence de ses propos.
Ou plutôt grâce à elle.
Ces quelques citations constituent
le matériau fondamental de la Reconnaissance
-
du crime contre l'intelligence,
-
du crime contre l'honneur,
-
du crime contre l'humanité
-
commis par les fossoyeurs de l'Algérie
française.
IV
Nous avons esquissé précédemment une
schématisation de la repentance. Nous
avons insisté, d'une façon un peu plus nourrie, sur le chapitre
de la reconnaissance.
Il nous faut maintenant réfléchir
sur le 3ème « R », celui de la Réhabilitation
et en même temps, sur le 4ème « R »
dont il n'est jamais question : il s'agit du « R »
de notre Résilience.
La Réhabilitation c'est l'ensemble des attitudes
et des décisions qui feront recouvrer l'estime et la
considération aux combattants de l'OAS de Métropole
et d'Algérie, aux Harkis, et à l'ensemble des combattants
volontaires de confession musulmane. A ceux qui ont tout engagé
pour éviter deux drames.
Premier drame : une amputation
de la France Sud-Méditerranéenne avec toutes les conséquences
que cette amputation allait entraîner sur le destin et l'identité
ethnico-culturelle de la mère patrie, de l'Europe et de l'Occident
tout entier.
Deuxième drame : il s'agit
de celui que voulaient éviter, dans l'urgence, les combattants
de l'OAS. C'était le génocide de notre peuple Pied-noir, le génocide
des Harkis, et éventuellement une dhimmitude de
notre peuple français d'Algérie.
Nous avons échoué en ce qui concerne
les Harkis, puisque plusieurs dizaines de milliers d'entre eux
furent massacrés. Les massacres plus récents du Burundi, du Ruanda,
du Congo et d'ailleurs, illustrent tout logiquement les acquis
les plus appréciables de la décolonisation.
Nous avons réussi, néanmoins, en ce
qui concerne le sauvetage de la vie et de la liberté des Français
d'Algérie dans leur immense majorité.
Faut-il nous « réhabiliter »
pour avoir « OSE » conduire ce combat ? pour avoir
OSE contester la décision
du Général De Gaulle ? Oui.
Il faut non seulement nous réhabiliter mais il faut nous rendre
les honneurs.
Cette fois, c'est au Général De Gaulle
que nous faisons appel. D'après Alain PEYREFITTE, l'homme de Colombey
a déclaré :
Les gens de l'OAS me haïssent parce qu'ils sont aveuglés par
leur amour de la France, quant aux complices du FLN, ils me haïssent
tout autant parce qu'ils sont aveuglés par leur haine de la France.
V
Cette réhabilitation nous avait été
déjà consentie cependant, par de nombreux hommes politiques.
Et c'est en pensant à eux que je soumets
à votre attention quelques extraits de déclarations faites au
Sénat, lors de la séance du 21 mars 1962. Ils furent publiés dans
le Journal Officiel du 22 mars 1962.
Le cessez le feu avait provoqué un
séisme émotionnel chez beaucoup d'hommes politiques français.
La défaite passait mal !
Page 88
« ... l'Algérie indépendante que l'on
nous prépare, sera ce que veulent qu'elle soit, à
l'intérieur comme à l'extérieur, les révolutionnaires
que nous constituons aujourd'hui de nos propres mains, en Gouvernement
de quinze départements français arrachés
à la République.
Quinze départements français et
ses millions d'hommes et de femmes qui croyaient à nos promesses...,
des millions d'Algériens parmi les plus humbles que notre armée
s'était engagée, d'honneur, à ne jamais abandonner.... » Bernard Lafay Sénateur de Paris.
« C'est le règne de la peur autant que du mensonge ».
« Forcera-t'on l'armée de
la République à inscrire sur ses étendards d'atroces victoires,
celles d'Alger, d'Oran, de Bône, remportées demain sur des patriotes
désespérés ! ».
C'était tout cela la perfidie gaulliste :
transformer la défaite honteuse que De Gaulle a fait subir à la
France, en victoire sur les « patriotes désespérés de
l'OAS ».
Merci
à Bernard Lafay d'avoir tenu publiquement ces propos au Sénat
en 1962
Page 91
« La seconde blessure de la décolonisation,
pour nous peut-être la plus grave, c'est le sentiment de
l'injustice. Nous avons l'impression que nous sommes trahis et
reniés, que nous sommes victimes d'une ingratitude parce
que nous avons apporté beaucoup de bien ».
« ... , ces Français d'Algérie, nous en connaissons beaucoup.
Nous pensons à eux.... Ceux qui rentreront, ils doivent être accueillis
avec tous les moyens nécessaires, peuvent amener à notre économie,
leur expérience, leur savoir, leur labeur, leur dureté. Ils peuvent
être un ferment pour l'économie française comme cela s'est toujours
produit à l'occasion d'une émigration.
Merci
à l'ancien président du Conseil Edgard Faure, d'avoir rappelé
ces évidences.
Page 92
« ... nous devons leur parler ici, au nom de la
France qui est la leur, au nom de nos bourgades, de nos cantons,
de nos villages,... ».
« Quand la décolonisation sera terminée, l'histoire rendra
justice à la colonisation ».
Ce jour là, Edgard Faure était frappé par la grâce.
Que n'eût-il exprimé de telles convictions lorsqu'il était homme
de pouvoir !
Page 93
...« Et, si je voulais aller plus loin dans cette
analyse, j'ajouterais, prenant un ton plus grave, que cette besogne
a quelque chose de choquant qui consiste à se servir successivement
de la guerre pour prendre le pouvoir et de la paix pour le garder ».
Cette phrase de François Mitterrand, sénateur de la
Vème République, est fondamentale.
Elle exprime, sans équivoque, que De Gaulle a pris le pouvoir
grâce à la guerre d'Algérie, mais qu'il veut le conserver grâce
à la « paix », c'est-à-dire grâce à la DEFAITE.
Cette phrase que j'ai volontairement tronquée, exprime
l'utilisation sadique qui fut faite de la souffrance des peuples
français d'Algérie, de toutes confessions, par le Général De Gaulle.
François Mitterrand va d'ailleurs plus loin :
« Ceux qui à Oran et à Alger, souffrent et peinent et
pour lesquels, quelles que soient leurs erreurs de jugement, nous
éprouvons en cette heure, inquiétude, douleur, angoisse »....
C'était toujours ça. Merci Monsieur le Sénateur Mitterrand.
Retenons aussi la citation extraite du propos de M. BARRACHIN,
sénateur de la Vème République « Le peuple pied-noir a
vainement cherché dans les harangues du Président de la République,
des paroles humaines ».
Cette séance du Sénat, le 21 mars
1962, est riche de propos tenus publiquement qui illustrent le
drame que nous avons vécu en Algérie française.
Je ne peux les rapporter dans leur
totalité, mais je vous offre en conclusion de ce paragraphe sur
la réhabilitation, ce qu'a déclaré, ce même jour, en plein palais
du Luxembourg, Monsieur le Sénateur Jacques de MAUPEOU. En parlant
des combattants de l'Algérie française, il affirme :
« LEUR COMBAT EST LE COMBAT
DE LA RESISTANCE FRANCAISE. COMBAT SACRE QUI N'A D'AUTRE BUT QUE
DE REDONNER A LA FRANCE SON VRAI VISAGE ET SON INTEGRITE ».
Il n'est pas inutile de connaître
ces propos. Des hommes politiques français, des
hommes publics ont approuvé notre combat, dont nous voulons enseigner
aujourd'hui, envers et contre tout, qu'il fut le combat de l'intelligence,
de la sincérité, et en même temps du courage.
Cette réhabilitation se
définit comme une mission constante et sacrée pour
nous et nos successeurs.
IV
Mais il reste notre 4ème
« R ». Celui de notre Résilience.
C'est un terme que j'ai vu souvent
employé dans des sens apparemment discordants. Personnellement,
je fais rarement usage de ce terme. Je trouve qu'il identifie,
au mieux possible, ce que doit être le soubassement de notre volonté
de défendre le combat passé et révolu pour l'Algérie française.
De même, que la résilience d'un matériau
définit un nombre qui caractérise la résistance aux chocs d'un
matériau ou d'un métal, ce terme doit être retenu comme significatif
d'une mémoire de la matière qui refuse la rupture. La destruction.
Une protestation intime de la matière contre son propre anéantissement.
Cette résistance à la rupture, c'est un travail,
au sens que l'on donne à ce terme en physique.
A partir de ces considérations pseudo-scientifiques,
nous définissons la résilience comme l'expression de notre collectivité
à ne pas être détruite dans sa vitalité, sa détermination, et
sa compétence à faire savoir ce que fut véritablement la thèse
historique « ALGERIE FRANCAISE ».
Pour le moment notre résilience est
toujours active. Elle s'exprime
à travers nos réflexions, nos rapports, nos livres.
VII
CONCLUSION :
LA RECONNAISSANCE, elle est illustrée avant tout
par l'infamie qui est intimement liée aux opérations
et décisions qui ont abouti à l'abandon de l'Algérie
française.
LA REPENTANCE, c'est le sentiment que doivent éprouver
les responsables de la mort de l'Algérie française.
LA REHABILITATION, c'est l'honneur qu'il faut rendre
officiellement aux combattants clandestins et aux combattants
officiels de l'Algérie française. Aux combattants
de l'OAS, de Métropole et d'Algérie, ainsi qu'aux
Harkis.
LA RESILIENCE c'est l'aptitude de notre peuple à
ne pas oublier son histoire et à conserver dans les replis
de son âme, cette force qui nourrira un jour, peut-être,
la naissance d'un 5ème « R ».
LA RENAISSANCE d'un enthousiasme national français
et européen. Une renaissance enfin clairvoyante qui permettra
de faire face à l'avenir incertain qu'ont bâti les
fossoyeurs de l'Algérie française c'est-à-dire
de la France Sud-Méditerranéenne.