AUX FEMMES ET AUX HOMMES DE BONNE VOLONTÉ
Études de synthèse n° 14, 15 et 16

 

DE LA DEFAITE FRANCO-OCCIDENTALE D’ALGERIE (1962)

A UNE VOLONTE CONTRE-STRATEGIQUE UNIVERSELLE

 

 

« Je me rappelle alors tout ce que les autres ont dit, tout ce que j’ai lu, et j’y ajoute tout ce qui sort de mon fonds qui est en ce genre d’une fécondité surprenante ». (Diderot : « Le Neveu de Rameau »)

 

 

I – INTRODUCTION

 

Passé le cinquantenaire ! Clos le chapitre des regrets, de l’amertume, des condamnations ! Atténué, dominé ou plutôt contrôlé, le temps du mépris !

Les jugements de valeur, en effet, n’ont pas de place en histoire. Pour affronter le passé, il faut en toute priorité avoir le cran de s’affranchir de l’autorité des « autres ». « Les autres », je veux dire les ennemis passés et perpétuels de l’Algérie française. Il faut affirmer son indépendance par une formulation audacieuse et révolutionnaire pourquoi pas, de la vérité. Il faut éviter de se complaire ou plutôt de se vautrer dans un refuge de servilité, je veux dire de commodité servile, qui « invite » à cautionner, à promouvoir même, des interprétations encore officielles d’un passé trop proche. Ces vérités conventionnelles, « routinières », prennent très rapidement l’identité de vérités légales contre lesquelles, en vertu de la loi Gayssot, il est risqué de prendre position. Cette loi illustre l’occasion ou jamais, de souligner ce que François Mitterrand prétendait évoquer lorsqu’il s’exprimait à propos de la « force injuste de la loi ».

Ces vérités officielles exercent leurs effets, aujourd’hui plus qu’hier, grâce à l’exercice permanent du « faustrecht », le droit du poing. Ou plutôt aujourd’hui, le droit de ruse. De ruse perverse qui s’attribue le pouvoir de faire croire ce qu’il est nécessaire de faire croire pour justifier, et se faire pardonner, l’infâme trahison d’hier.

Un demi-siècle est passé. Sonne enfin avec autorité l’heure de l’analyse. L’analyse qui ouvre objectivement la voie du diagnostic d’une maladie. Une maladie aux redoutables conséquences passées et futures.

Elle nous a tués, hier, en Algérie. Elle menace la France aujourd’hui d’un bouleversement de son identité d’abord, de sa réalité ensuite. Elle menacera l’Europe dès 2014, d’une contamination invasive et accélérée depuis l’Ouzbékistan et le Kazakhstan. Jusqu’aux rives de la Mer Noire et de la Méditerranée.

Elle va plonger l’Europe et l’Occident dans un ridicule sans précédent.

Elle altère profondément le psychisme d’une majorité de dirigeants politiques modernes, de droite comme de gauche, qui éprouvent la nécessité de se repaître d’une démolition constante de la France par le biais, déjà archaïque et suranné, d’un avilissement entêté, sénile même, de notre histoire d’outre-mer. De notre passé national « Algérie française » en tout premier lieu.

Une maladie enfin, qui s’exprime par un symptôme dominant : celui de l’oubli, chez tous ceux qui condamnent la France pour son passé « Algérie française » d’une vérité historique, géopolitique et surtout humaine, irréfutable : c’est la France qui a créé l’Algérie. C’est la France qui est la véritable et unique mère accoucheuse de l’Algérie.

Je me remets donc à l’étude. Pour extirper de l’histoire les raisons explicatives de l’immense défaite subie en Algérie par notre patrie, la France. Et par voie de conséquence, par l’Occident. Défaite concrétisée et accomplie en ultime analyse opérationnelle, grâce à l’adhésion de De Gaulle, il y a plus d’un demi-siècle, aux exigences de l’ennemi anti-occidental actuel : l’arabo-islamisme conquérant.

 

            Cette volonté d’analyse, d’enquêtes ou de recherches, voire de simple compilation, m’impose de proposer des réponses, pour la millième fois peut-être à tout un faisceau d’interrogations, auxquelles je ne peux échapper. Des interrogations à finalité inquisitoriale parfois. Et par-dessus le marché, jubilatoire pour ceux qui prétendent me déstabiliser grâce à l’impact d’un questionnaire très orienté.

Des interrogations auxquelles je dois faire face à chaque instant, en raison de mes antécédents, qui m’interdisent toute dérobade. Des antécédents d’avoir été un des premiers ou plutôt l’un parmi les premiers, à rejoindre en Algérie le combat clandestin pour la France. Contre l’ennemi de la France. Puis qui, progressivement, par l’intermédiaire des échelons qu’imposait de franchir le combat quotidien à partir d’octobre 1955, a fini par assumer en dernière étape, le poste dramatique et redoutable de responsable national de l’Organisation du Renseignement et des Opérations de l’OAS (ORO).

Je tiens à rappeler à ceux qui s’entêtent à l’ignorer, que le général Salan m’a désigné, par écrit, comme « pilier du combat pour l’Algérie française ». Il a tenu à préciser, par un écrit de sa main, que j’ai toujours été « très près de lui ».

Une déferlante d’interrogations inquisitoriale donc, formulée par qui ? Par des minorités qui veulent savoir et comprendre. Comprendre aujourd’hui encore la nature de l’agression dont la France fut l’objet en Algérie française. Comprendre surtout ce qui nous menace aujourd’hui et demain.

Ces minorités m’interpellent avec exigence ; elles seules sont volontaires pour se soumettre à un effort qui enrichira peut-être leur information.

Et les autres ? Comment se comporter à leur égard ? Quand on les voit se divertir au cours de cérémonies commémoratives, de congrès au cours desquels on parle beaucoup et au cours desquels, on ne dit pas grand-chose. Au cours desquels manifestement, on refuse d’aller au fond des choses. Des cérémonies au cours desquelles l’évocation de l’OAS et de mon rôle dans ce combat, provoque des replis plus que frileux. Néanmoins, c’est en pensant à eux aussi, mais plus que tout, en pensant à nos morts du combat clandestin d’Algérie et de France métropolitaine, que je dois enrichir à partir du poste qui fut le mien, avant mon prochain rendez-vous avec les chérubins et les séraphins qui, j’ose l’espérer, m’accueilleront parmi eux, que je dois enrichir donc la lumière qui naît de cette merveilleuse bataille pour l’Algérie française.

Le combat le plus intelligent que nos compatriotes aient livré, grâce à une minorité, pour la survie de la France sud-méditerranéenne. Le combat pour l’Algérie française, assassinée par l’ignare et capitulard De Gaulle, soumis, par le relais des pompidoliens, aux exigences économiques suicidaires, parce que caduques, du néo-capitalisme financier.

Mais la mort de l’Algérie française ne s’identifie pas à la conclusion d’un combat terminal. D’un combat de la fin. Il faut le souligner pour la millième fois : ce fut la conclusion d’un combat qui s’identifie historiquement au combat de la fin d’un commencement. Du commencement d’une longue confrontation pour la vérité évidemment, mais surtout pour le destin de l’humanité, à travers le triomphe ou plutôt la survie de l’Occident.

            Contre la subversion qui s’est mise en route, subversion anti-occidentale qui tout logiquement a tiré avantage d’une accélération exponentielle grâce à l’assassinat de la France Sud-Méditerranéenne, il importe que se structure et s’organise une volonté de résistance européenne d’abord, puis rapidement occidentale.

Une volonté contre-stratégique.

Pour que l’Occident puisse continuer à vivre.

Il m’arrive fréquemment d’être gênant, parce que je suis iconoclaste. Je le suis effectivement, sans pudeur, sans vergogne. Car, l’identité réelle de la guerre d’Algérie, quand on croit l’avoir bien comprise, ouvre la voie à des interrogations que personnellement j’affronte avec une prétention de clairvoyance.

Quelles sont les conséquences de la mort de l’Algérie française, ou plutôt de la France sud-méditerranéenne, sur l’avenir des trois sites géopolitiques que sont : la France, l’Europe et l’Occident ?

L’Occident… il importe de le définir une fois de plus, à l’heure des printemps arabes. Où l’on voit réapparaître la dynamique de la Nahdah (la renaissance de l’Islam), et celle des Frères Musulmans, associées à d’autres structures révolutionnaires islamistes, massacreuses de Chrétiens. A l’heure de cette explosion, ou plutôt de cette déflagration arabo-islamiste fondamentaliste, entretenue, louée et enrichie même par les propagandes occidentales officielles, comment définir l’Occident ?

Il faut éviter de recourir à une terminologie alambiquée et salonnarde. Il faut affirmer d’une manière simple à laquelle je reste fidèle : l’Occident c’est l’entité géopolitique au sein de laquelle tous les chrétiens du monde peuvent vivre libres. Affranchis des risques d’humiliation, de soumission, d’esclavage, de brutalité et de mort.

Je revendique la prétention d’être intervenu dans la guerre d’Algérie, spontanément, comme un national français d’abord puis rapidement et avant tout comme un croisé européen d’avant-garde.

C’est en tant que tel que je m’exprime aujourd’hui en acceptant de répondre, une fois de plus, à une exigence d’interrogations auxquelles je me trouve exposé, parce que je suis ce que je suis.

 

  1. Tu soutiens que le début réel de la guerre d’Algérie, ne se situe pas au 1er novembre 1954. Pourquoi ?

 

  1. Tu déclares te trouver dans la nécessité de livrer un enseignement. Comment justifies-tu une telle prétention ? Car l’enseignement, ce n’est pas ton métier.

 

  1. Es-tu résigné à t’avouer vaincu ?

 

  1. Le « 8 mai 1945 » représente d’après toi la date du déclenchement militaire de la guerre d’Algérie. Es-tu en mesure d’apporter des éclaircissements définitifs ?

 

  1. Tu affirmes que l’abandon de l’Algérie française illustre historiquement la mise en opération d’une conquête arabo-islamiste à finalité planétaire. Peux-tu enrichir cette affirmation ?

 


 

II – LES INTERROGATIONS

 

A/ Première interrogation

 

« Pourquoi la date officielle de début de la guerre d’Algérie, 1er novembre 1954, te paraît-elle infondée ? »

 

La Toussaint Rouge ne s’identifie certainement pas au début historique de la guerre d’Algérie.

Depuis 1920 la IIIème république ne s’est jamais radicalement opposée, en effet, à la mise en place, par nos ennemis, d’un dispositif opérationnel. Un dispositif majeur. Celui qui sera expérimenté plus tard comme moyen de guerre particulièrement affûté contre la France.

Tout remonte au 4 février 1919. 11 semaines à peine après l’armistice du 11 novembre 1918, sont connus les décrets d’application d’une loi. Celle-ci réactive le sénatus-consulte de Napoléon III promulgué le 14 juillet 1865. Elle le complète, le précise, le vitalise. L’actualise.

Ce sénatus-consulte exprimait la possibilité d’une accession des musulmans et des juifs d’Algérie, à la citoyenneté française, sous la condition de renoncer à leur statut personnel. C’est-à-dire de se soumettre au code Napoléon, comme tous les autres citoyens français. C’était de toute évidence ce qu’il fallait imposer : la citoyenneté par le biais d’une sécularisation des musulmans d’Algérie dans le vécu quotidien de leur foi.

Il n’est pas inutile de préciser, une fois de plus, le sens de trois substantifs.

            Le sécularisme : il reconnaît la nature fondamentale, exclusive des valeurs matérielles de la vie. Le sécularisme absolutise ces mêmes valeurs matérielles de la vie. Mais il refuse de les soumettre à Dieu, dont l’existence est niée.

            La sécularité : elle reconnait la réalité des valeurs matérielles de la vie. Mais elle ne les absolutise pas. Elle les soumet à Dieu.

            La sécularisation : Elle définit l’ensemble des attitudes et des comportements qui permettent de parvenir à la sécularité. C’est-à-dire, en dernière analyse, à un concordat qui permet aux musulmans de vivre librement leur foi, dans le cadre de nos institutions qui elles-mêmes, expriment la volonté du peuple souverain.

On a choisi, pour l’entrée en vigueur de cette loi du 4 février 1919, un moment particulièrement opportun. Ou plutôt satanique pour ceux qui envisageaient déjà de se débarrasser de l’Algérie.

En effet, 11 semaines à peine après l’armistice, dès la fin de la première grande boucherie européenne mise en œuvre par les Polpots de l’époque, qui était préoccupé en France et en Algérie, du statut des musulmans ? Qui pense au « arabes » d’Algérie, alors que l’on pleure en France 1.500.000 morts !

Tout s’est passé comme si la manœuvre était secrètement motivée par la volonté de provoquer la naissance d’un dispositif de riposte, précisément ou plutôt ponctuellement dirigé contre cette loi de 1919.

Ce dispositif de riposte allait effectivement s’identifier à une manœuvre chronique, insidieuse, visant à monter un appareil de guerre capable d’exercer sa pugnacité contre la France en Algérie, le moment venu.

Dans cette perspective, dès 1920, en vertu de la loi de 1901, loi de Waldeck-Rousseau, une association légale est autorisée à s’installer en Algérie : les Cénacles d’Etudes dont le but est manifestement de rendre la communauté musulmane d’Algérie réfractaire aux effets de cette loi de 1919. Effets théoriquement et publiquement redoutés. J’insiste sur l’adverbe théoriquement.

Dans ces Cénacles, il est prescrit aux musulmans de se préparer à la lutte contre les effets officiellement redoutés donc de cette loi : l’évangélisation, l’assimilation, la francisation. Comme si la IIIème république était préoccupée à cette époque de la christianisation des musulmans d’Algérie ! Le président fondateur de cette association est un négociant berbère, Omar Smaïl. Il va réunir une élite parmi les oulémas berbères d’Algérie. C’est-à-dire des docteurs de la foi coranique (imams, muftis, cadis). Ceux-ci vont se soumettre à une première injonction d’Omar Smaïl : s’exprimer désormais, exclusivement,en langue arabe littérale. Il va mettre en pratique opérationnelle, « l’outil conceptuel » que constitue la langue arabe. Il va renforcer d’une manière très offensive, « le lien liturgique représenté par la langue arabe et les vocalises sans cesse renouvelées ». Il va conférer une valeur opérationnelle majeure à « l’exercice de la différence ». De grands auteurs, spécialistes de la langue arabe et de l’islam, exposent que « certains partages » sont constamment refusés par les musulmans. « C’est la psalmodie qui cautionne que l’on reste soi ». Et qui « symbolise l’universel ». Ils insistent sur la « réciprocité opérationnelle qui existe entre le texte et les récitants ». Ils prétendent démontrer que les progrès de l’islam s’expliquent avant tout « non point dans ses références métaphysiques mais dans ses mises en œuvre temporelles ».

C’est « la psalmodie qui cautionne que l’on reste soi ». Nous estimons nécessaire de le rappeler. Ils ajoutent : « elle symbolise l’universel ».

Ils veulent démontrer, permettez-moi d’insister encore, l’importance de « la réciprocité opérationnelle entre le texte et les récitants ». C’est leur idiome « qui les situe en permanence en site de véracité ». Les vocalises perpétuellement renouvelées, permettent de comprendre combien l’orthodoxie touche de près à sa « substance phonique ».

Le berbère Omar Smaïl soutient que c’est la langue arabe littérale qui s’illustre comme un moyen de guerre nécessaire et suffisant pour lutter contre les trois conséquences, officiellement et théoriquement redoutées, de la loi du 4 février 1919. A savoir, répétons-le, l’évangélisation, l’assimilation, la francisation.

C’est au nom de Dieu et pour le respect de la parole du Prophète que l’on va combattre la France à partir des Cénacles d’Omar Smaïl, dès 1920.

En 1925, Omar Smaïl franchit un pas en fondant le Cercle du Progrès, Nadi at Taraqqi. Il prend soin de conférer au statut personnel, c’est-à-dire au statut coranique des musulmans d’Algérie, la vigueur d’une place forte idéologique.

En 1930, Omar Smaïl et les oulémas d’Algérie, subissent les effets ô combien négatifs pour eux, des manifestations musulmanes francophiles, célébrant avec ferveur et en masse, le centenaire du débarquement français à Sidi Ferruch, le 14 juin 1830. Smaïl réagit en profondeur, en prenant son temps, contre l’enthousiasme français des musulmans d’Algérie. Enthousiasme, répétons-le, massivement exprimé en juin 1930.

Le 5 mai 1931, un an plus tard donc, il fonde l’Association des Oulémas.

Le 7 mai 1931, Abdelhamid ben Baddis, de Constantine, est élu président de cette association.

El Bachir el Ibrahimi, des Hauts-Plateaux-Sétifiens (il est né à Tocqueville, Ras-el-Oued aujourd’hui) est nommé vice-président. Rien ne pourra se faire désormais pour le combat contre la France sans le blanc-seing, sans l’aval, sans l’imprimatur verbal de cette association des oulémas. Pardon pour ce barbarisme car nous savons qu’un imprimatur ne peut être qu’imprimé par définition.

 

Mais cette association n’est pas encore techniquement située à l’intérieur du dispositif révolutionnaire qui se met en place pour combattre la France. C’est au général De Gaulle que doit être attribué le mérite exclusif et décisif de cette mise en place qui fut mortelle pour l’Algérie française. Qui, secondairement et surtout actuellement, s’illustre comme un danger de mort spirituelle pour la France, l’Europe et l’Occident.

Au mois d’août 1943, en effet, en tant que président du Comité Français de Libération Nationale, siégeant à Alger, il donne son agrément à l’acceptation des statuts du nouveau parti de Ferhat Abbas. Le général Giraud les avait rejetés quelques semaines plus tôt. Il s’agit de l’AML : l’association des Amis du Manifeste de la Liberté qui fédère opérationnellement quatre formations politiques et religieuses décidées à combattre la France :

-       le Parti Communiste Algérien (PCA) d’Amar Ouezeguène.

-       Le Parti du Peuple Algérien (PPA) de Messali Hadj, interdit en 1939 dès le début de la guerre pour complicité avec l’Allemagne, autorisé à réapparaître en 1943 pour combattre la France.

 

-       Le premier parti de Ferhat Abbas, le Manifeste Algérien de la Liberté.

 

-       L’association des Oulémas enfin : tête pensante islamiste fondamentaliste, moteur spirituel de la révolution algérienne, dirigé depuis la mort de Ben Baddis en avril 1940, par l’homme des Hauts-Plateaux-Sétifiens, El Bachir el Ibrahimi ou Ibrahim Bachir. Cette association est ainsi opérationnellement intégrée, par la volonté de De Gaulle, au dispositif révolutionnaire et guerrier qui décide de faire la guerre à la France au nom de la umma.

 

En 1945, le 8 mai, se déclenchent les émeutes de Sétif, des Hauts-Plateaux-Sétifiens et de Guelma. C’est-à-dire dans la zone d’influence maximale du président en fonction de l’Association des Oulémas à cette date, Ibrahim Bachir de Tocqueville, nous l’avons vu. La première victime de ces tueries est une petite fille française de Sétif, de confession juive, elle s’appelait Nakache.

Après la répression des émeutes, répression nécessaire et urgente pour éviter le massacre de milliers de Français de toutes confessions, ces mouvements sont dissous par l’autorité française.

En 1946, survient l’amnistie lors de la naissance de la IVe république.

Ces mêmes mouvements réapparaissent alors, sauf le parti communiste qui s’était manifesté contre le soulèvement du 8 mai 1945, qui avait appelé à une répression sévère et qui n’avait pas été interdit en Algérie. Ils réapparaissent sous d’autres sigles, dès le mois de janvier 1947 :

 

-       L’UDMA de Ferhat Abbas (l’Union démocratique du Manifeste algérien) prend la suite de l’AML.

 

-       Le MTLD (Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques) de Messali, prend la suite du PPA. Soulignons immédiatement que c’est à partir du MTLD, dont le siège se situe place de Chartres à Alger, que va naître l’OS (Organisation Secrète) qui va donner l’effectif du CRUA au mois de mars 1954, puis du FLN le 23 octobre 1954.

 

L’appareil de guerre ennemi s’est développé, structuré et finalement implanté en Algérie avec le consentement passif des IIIème et IVème républiques. La Vème république s’attribuera le rôle historique de lui livrer sur un plateau les moyens de sa victoire. Car la Vème république sera intégrée opérationnellement, à la révolution arabo-islamiste, l’actuelle révolution mondiale, dès 1959. De Gaulle, en 1943, dans cet esprit nous l’avons vu, avait déjà donné naissance à l’organisation officielle de l’anti-France, l’AML : c’était sur injonction de Murphy représentant de Roosevelt en AFN.

A partir des Oulémas, du MTLD et surtout de l’OS, va naître le FLN le 23 octobre 1954.

Plus tard, dès l’avènement de De Gaulle, avec le concours de Ferhat Abbas et de Farès, va naître le GPRA, (Gouvernement Provisoire de la République Algérienne), le 18 septembre 1958. 10 jours avant le référendum maudit du 28 septembre 1958.

On oublie de préciser que le destin de l’Algérie française était déjà scellé, en réalité, dans un écrit auquel personne, aujourd’hui, ne veut faire référence : il s’agit d’un document Pompidou, qui, dès le printemps 1958, avant que De Gaulle prît possession du pouvoir, précisait les manœuvres à entreprendre pour obtenir du FLN une cessation des hostilités, en lui abandonnant l’Algérie. Ce plan Pompidou-Brouillet émanait du cabinet privé de De Gaulle. Il avait tout prévu pour que la guerre fût perdue. Et cela, dès le printemps 1958.

Il faudra à De Gaulle quatre ans de pouvoir pour perdre cette guerre contre le FLN. Quatre ans d’opposition des Français d’Algérie qui, refusant la défaite mendiée par De Gaulle par l’intermédiaire de Pompidou, ont opposé une résistance illustrée et symbolisée en dernier recours, par le combat de l’OAS d’Algérie et de Métropole, en 1961 et 1962.

 

Cette réponse que j’apporte à la première interrogation, permet de comprendre que situer le début de la guerre d’Algérie au 1er novembre 1954 est un leurre ou plutôt une escroquerie historique. L’Algérie française était l’objet, depuis 1920 au plus tard, d’une conjuration permanente. Celle-ci a pris son identité définitive aujourd’hui de temps opérationnel majeur dans la conjuration permanente contre l’Occident.

 

 

B/ Deuxième interrogation

 

« As-tu la prétention de livrer un enseignement ? »

 

Mon vécu, mes études et recherches sur le déroulement et sur les origines de la guerre d’Algérie, les responsabilités que j’ai assumées, les sources de connaissances particulièrement précieuses auxquelles j’ai accédé durant mon combat et mes pérégrinations d’exil, me font une obligation de livrer un enseignement. A qui s’adresse-t-il ? A ceux qui veulent comprendre et qui ne se satisfont pas d’un comportement de taxidermistes à l’égard de l’Algérie française. Il faut, aujourd’hui, être en mesure de bien « capter » le rôle fondamental qu’aurait tenu l’Algérie Française dans l’équilibre eurafricain et la richesse de perspectives qui aurait été investie dans le destin du monde occidental, si l’intégration de la victoire s’était accomplie en Algérie. L’intégration Nord-Sud, qui ne doit, en aucun cas, être comparée à l’intégration Sud-Nord qui nous est imposée aujourd’hui, parce que De Gaulle a voulu qu’il en soit ainsi.

La guerre déclenchée en Algérie est terminée. Elle est terminée en Algérie. Mais elle se poursuit aujourd’hui au niveau d’autres sites géopolitiques.

Un homme de droite, très fin lettré, a cru devoir affirmer que la mort de l’Algérie française n’avait pas provoqué la déferlante marxiste-léniniste que l’on redoutait. Cet auteur, à l’évidence, est très mal informé sur l’identité des protagonistes véritables de la guerre d’Algérie, déclenchée contre la France et l’Occident chrétien. Le marxisme-léninisme n’a jamais compté en Algérie. Ben Khedda, un chef FLN très connu, avait accepté que les membres du PCA participent à la lutte sous la condition de taire leurs convictions et de ne jamais faire état de leurs projets politiques. Devant cette exigence, le docteur Hadjeres, secrétaire général du PCA lui déclara : mais c’est notre mort que tu exiges ! ». C’est un évènement que nous avons mille fois rapporté mais il faut insister sur cette vérité que le parti communiste ainsi que les progressistes et les partis dits de gauche, français, n’ont joué qu’un rôle de « roue de secours » très accessoire pour le FLN. Des communistes s’engageront, Yveton, Laban, Maillot. Ces trois-là mourront. Maillot et Laban ayant été vendus par le FLN aux forces de l’ordre françaises.

Ce qu’il faut souligner, c’est que ces forces de gauche se sont essentiellement exprimées en Algérie par le jeu pervers et satanique des catholiques progressistes algériens : Scotto, Bérenguer, Duval pseudo-archevêque d’Alger, madame Chaulet, son mari le docteur Chaulet et d’autres encore. Comme Jacques Chevallier et ses complicités protéiformes dans le monde de la trahison de la IVème république, de la Vème et plus tard, d’un membre de l’OAS. Avec mise à la disposition des renégats de l’Algérie française, d’un lieu maudit, la villa Pouillon du Clos Salembier.

Le marxisme-léninisme ne fut qu’un leurre en Algérie. De même que la dictature des communistes telle qu’elle fut évoquée par le Général De Gaulle lui-même dans son pauvre discours du 16 septembre 1959. Discours frappé d’une nullité telle, qu’il est facile de comprendre son classement parmi les stupidités gaullistes dont il est préférable de ne plus faire état.

Ce qu’il faut souligner pour cet interlocuteur de droite c’est, en tout premier lieu, l’importance fondamentale de la signification dont est revêtue la mort de l’Algérie française. Elle constitue un symbole historique, plus encore le symbole ésotérique d’une victoire : celle des Oulémas berbères intégristes d’Algérie, sur une grande puissance européenne. C’est en cela que s’illustre la dimension réelle de la défaite gaulliste en Algérie les 18 et 19 mars 1962. C’est en cela que cette défaite doit être disséquée par ceux qui l’ont subie et surtout par ceux qui s’y sont opposés. Par ceux qui ont sacrifié leur confort, leur situation, leurs équilibres familiaux, qui ont joué leur liberté, leur vie et leur âme dans ce combat.

 

 

C/ Troisième interrogation

 

« Te ranges-tu parmi les vaincus ? »

 

Non. Je ne suis pas vaincu car la guerre déclenchée en Algérie française par l’anti-Occident est encore actuelle. Oui, je le confirme, cette guerre n’est pas terminée.

Les vaincus s’identifient à ceux qui refusent de voir que nous, occidentaux, sommes devenus progressivement l’objet d’une véritable conquête territoriale.

Non pas sous la forme d’une invasion illustrée, hier encore, dans l’agitation du peuple des banlieues de Paris et d’ailleurs. Agitation qui prend la signification d’une guéguerre conduite dans le but de faire peur aux bourgeois, qui nous incarcère dans une névrose d’occupés.

Non pas sous la forme d’une invasion consistant en un flux d’immigrants qui bouleverseront l’identité globale du peuple français à plus ou moins longue échéance.

Mais à une invasion idéologique et religieuse s’identifiant comme une conséquence, imprévue peut-être, de la nouvelle stratégie capitaliste. En quoi celle-ci est-elle nouvelle ?

Elle est nouvelle car on imagine sans difficulté l’évolution curieuse des grandes banques. En reprenant la définition du défunt professeur Jacques Marseille, nous retenons que le capitalisme financier se définit, pour le moment encore, comme une concentration opérationnelle au niveau des grandes banques de tous les moyens qui permettent le contrôle de la production. Nous nous permettons d’élargir cette définition. Après tout, pourquoi pas ?

Car le contrôle des moyens de production s’est obligatoirement complété du contrôle, dans la mesure du possible, des sites et des circuits de consommation. Cette ampliation des sites opérationnels nécessaire pour la survie et le pouvoir du capitalisme financier, conduisit ce dernier à rendre exécutoire le délestage économique du débouché algérien. Cette opération de délestage a trouvé en De Gaulle, en tant qu’exécuteur pompidolien, son instrument historique majeur. Son agent d’exécution. Tout cela nous le savons d’abondance.

Mais aujourd’hui, le capitalisme financier évolue de toute évidence sous la pression, je n’ose pas dire sous la dépendance, d’une force tactique qui est en train de bouleverser sa première définition. Cette force tactique acquiert, tout naturellement, l’identité d’un nouveau déterminant stratégique à l’intérieur même du capitalisme financier. Essayons de nous expliquer.

 

      Dans le processus d’abandon qui fut expérimenté en Algérie française, est intervenu un déterminant stratégique dominant. Mais surtout unique. Celui-ci s’identifie donc, nous venons de l’exprimer, au capitalisme financier qui, sans aucun doute possible, exigea de la France, dans un premier temps, le délestage économique de son empire Puis dans un temps ultérieur, le délestage du débouché algérien. Cette finalité stratégique, constante et réelle, devait être impérativement passée sous silence. Devait être camouflée. Car elle est alimentée avant tout d’un rejet raciste, occulté mais évident, des anciens peuples coloniaux de la part des décolonisateurs. L’avenir des peuples, le progrès social, la liberté de ces mêmes peuples à disposer d’eux-mêmes, constituent un vocabulaire qui ne trouve pas sa place dans la terminologie opérationnelle du capitalisme financier.

Pour celui-ci, la rentabilité des investissements exigeait à un moment donné, que l’on se débarrassât de la charge de ces peuples. Quitte à les abandonner à de nouveaux pouvoirs dont prétendre, aujourd’hui, qu’ils se comportent en pouvoirs démocrates, illustrerait une attitude pleine de ridicule et de grotesque.

Comment exprimer l’espérance illusoire et cependant formulée du capitalisme financier ? Schématiquement de la façon suivante : il eut été d’un intérêt primordial de faire évoluer ces peuples vers l’identité de sites exclusifs de consommation et d’escamoter l’obligation d’assurer la survie économique et sanitaire de ces mêmes peuples, par le biais d’une couverture sociale, entendue dans le sens le plus moderne possible. Couverture sociale qui, de nos jours encore, ne peut être assumée par les nouvelles nations nées du délestage économique du débouché colonial.

Les peuples décolonisés, pour une très forte majorité d’entre eux, sont devenus des sites de consommation plus que médiocres. Mais surtout leur couverture sociale et sanitaire est non seulement très mal assurée mais elle reste souvent encore à la charge, pour une grande part, des anciennes métropoles ou des nations occidentales dans leur ensemble. Par le biais louable, mais insuffisant, des associations humanitaires qui restent limitées quant à leurs moyens d’action.

La stratégie capitaliste du délestage économique de ces territoires, en réalité du délestage de ces populations, a échoué parce qu’elle n’a pas provoqué un enrichissement de ses propres disponibilités financières.

 

Dans la mise en œuvre des opérations ayant abouti à la mort de l’Algérie française, en tant que déterminant stratégique exclusif du délestage économique du débouché algérien, le capitalisme financier avait fait donner trois intervenants tactiques que nous connaissons de longue date. Dont il ne faut pas oublier l’identité dans le cadre de cette troisième interrogation concernant la notion de vaincu de la guerre d’Algérie.

 

1.     Premier intervenant : c’est le leurre communiste ou marxiste-léniniste qui va s’exprimer à travers le jeu des catholiques progressistes français d’Algérie et d’ailleurs. Ils vont y participer eux, à la guerre, en faisant couler le sang français, parce qu’il était français.

Madame Chaulet transporta elle-même dans deux voitures américaines, depuis la villa Pouillon du Clos-Salembier à Alger, une partie des armes volées par Maillot, dont avait besoin Khodja en Grande Kabylie. 18 soldats français du contingent furent massacrés grâce à Madame Chaulet. Jacques Chevallier, le maire FLN d’Alger, usa de la villa Pouillon comme d’un site investi de malédiction pour la France et l’Algérie française de 1954 à 1961 inclus. Il ne faut pas l’oublier.

Ainsi, au nom du Sacré-Cœur de Jésus, ces progressistes catholiques n’ont pas hésité à participer, en toute conscience, à des tueries de compatriotes, chrétiens pour 99 % d’entre eux.

Jacques Chevallier, entre autres forfaitures, avait organisé une cellule opérationnelle FLN à l’intérieur de la mairie d’Alger. Grâce à Rabah Adjaoui, un appariteur de la mairie, il fit livrer dans la casbah de fausses cartes d’identité préparées dans les bureaux de la mairie d’Alger, pour le profit des tueurs de la zone algéroise du FLN. Les religieuses de Rivet soignaient, cachaient et nourrissaient des tueurs du FLN qui ont assassiné plusieurs habitants de cette petite ville du sud d’Alger. Des gens de Rivet qu’elles connaissaient depuis des dizaines d’années.

Cet intervenant tactique globalement étiqueté marxiste-léniniste ou socialo-progressiste, était constitué majoritairement d’une fraction catholique satanique incorporée militairement au FLN.

 

2.     Le deuxième intervenant tactique c’est le général De Gaulle en personne. En 1943, nous l’avons vu, il avait accordé avec empressement l’autorisation de naître à l’AML. L’AML, la cellule-mère de la révolution algérienne.

Il alla jusqu’au bout dans sa volonté de liquidation de l’Algérie française. Dès 1956, il s’était préparé à prendre le pouvoir, conditionné, orienté et instruit, par la fraction pompidolienne c’est-à-dire rothschildienne, tout particulièrement active au sein de l’effectif opérationnel du capitalisme financier de l’époque. Maître Boumendjel dès cette année-là, servit d’officier de liaison entre De Gaulle et l’Organisation Extérieure de la rébellion algérienne.

 

3.     Le troisième intervenant tactique, c’est l’arabo-islamisme fondamentaliste ou plutôt l’islamisme-arabo-berbère mis en place par le Berbère Omar Smaïl, dynamisé en 1931 par Ben Baddis, puis par son successeur Ibrahim Bachir à la tête de l’association des Oulémas. Ce dernier participa à la constitution du CRUA puis du FLN. Il exprima le pourquoi réel de la guerre d’Algérie. En proclamant que le combat était engagé pour le triomphe de l’arabisme et de l’Islam. C’était le 1er novembre 1954 lors de la Toussaint Rouge.

 

Mais aujourd’hui, il se passe quelque chose. Le capitalisme financier pour accéder au pouvoir total, doit disposer en permanence d’énormes liquidités. Or, il a vu s’atténuer, selon toute apparence, les moyens d’assumer seul la permanence de ces moyens. Il éprouve en conséquence, la nécessité de recourir à de nouveaux Lombards. En l’occurrence les banques arabes qui disposent de quantités de numéraires évalués en milliers de milliards d’euros. Disponibilités qui leur offrent la possibilité d’acheter ce qu’elles veulent, partout dans le monde. De s’approprier tout ce qu’il y a de beau, de riche et de brillant dans nos pays.

Peut-on prétendre que ces banques arabes ambitionnent de devenir aujourd’hui les organismes créditeurs majeurs du capitalisme financier occidental ? On m’oppose de pauvres réponses. Comme celle-ci :

« Et pourquoi pas ? Les banques arabes ne fonctionnent pas comme si elles étaient à la botte des commandos d’Al-Qaïda. Elles n’obéissent pas au nouveau Mein Kampf arabo-islamiste fondamentaliste exprimé dans les Epîtres Djihadiens. »

Il s’agit là d’une attitude officielle. Car ces banques attendent, comme avantage de leur crédit, comme intérêts acceptables en vertu de la loi coranique, un assouplissement des pouvoirs occidentaux à l’égard de la charia, à l’intérieur même des nations d’occident.

L’arabo-islamisme était hier, en Algérie, un intervenant tactique, agissant en complicité avec De Gaulle et l’église progressiste, pour le bénéfice du capitalisme financier qui voulait conduire à bonne fin le délestage économique du débouché algérien. « Débarrassez-nous de ces peuples ! » « De ces populations » a déclaré De Gaulle le 16 septembre 1959.

L’arabo-islamisme, aujourd’hui, par le moyen de sa puissance financière et de la vigueur opérationnelle des banques arabes, accède ainsi, tout naturellement, au rang d’un force stratégique intercontinentale.

 

            Je ne suis pas vaincu, parce que, comme des centaines et des centaines de millions d’êtres humains, je refuse de me soumettre à une dictature spirituelle.

 

C/ Quatrième interrogation

 

« Tu insistes avec vigueur sur la date du 8 mai 1945 comme date de début militaire de la guerre d’Algérie. Eprouves-tu la même conviction aujourd’hui ? »

 

Le 8 mai 1945 s’illustre effectivement comme la première grande opération de guerre déclenchée au XXème siècle par l’arabo-islamisme fondamentaliste contre la France. Pourquoi le 8 mai 1945 ?

Parce que le dispositif opérationnel mis en place par nos ennemis n’avait de chance de réussir que dans la mesure où l’armée française était encore absente du territoire algérien. Ce jour-là, nos régiments étaient opérationnels en dehors de l’Algérie. Les hommes français valides d’Algérie, n’étaient pas là.

Dans la perspective d’une agression contre la France, nos alliés avaient favorisé l’évasion, en 1945, d’un grand leader islamiste libanais, Chekib Arslan, condamné à mort en 1926 par la France parce qu’il avait déclenché en 1925 la révolte des Druzes syriens. A partir de cette date en effet, il s’identifie au symbole historique du combat livré à outrance contre la France au nom de l’Islam. Au nom de la Nadah c’est-à-dire la renaissance de l’Islam dont il est le principal animateur. Rappelons qu’il avait participé au vote déclencheur du génocide arménien, lorsqu’il était député à la Chambre Ottomane en 1915. Prisonnier des Français en Allemagne où il s’était mis au service d’Hitler pendant la guerre, à l’instar de son allié dans la lutte anti-juive Asmine el Husseini le grand mufti de Jérusalem, il fut opportunément libéré par le moyen d’une fausse évasion à la fin de la guerre. Officiellement évadé d’un centre de détention français.

Il put se rendre à Genève où il s’était établi en 1926 pour y organiser le combat contre la France. C’est de lui, maître à penser d’Ibrahim Bachir de l’association des oulémas d’Algérie, qu’est venu l’ordre opérationnel pour le déclenchement des émeutes simultanées et synchronesde Sétif et de Damas le 8 mai 1945, avec l’espoir affirmé qu’elles se généraliseraient à tout le Maghreb, au Liban et à la Syrie. Mais l’énergie de la répression anéantit cette opération. Ce fut une victoire refusée par les vainqueurs. On laissa en effet, l’ennemi reconstituer ses forces et adopter une technique de combat plus adaptée. Un ennemi qui sut exploiter, pour le profit exclusif de l’anti-France, la sévérité nécessaire qui fut mise en œuvre pour contrer cette rébellion sanguinaire dans les plus rapides délais. Ils vont se comporter, en effet, en accusateurs de la répression consécutive à une tuerie, qu’eux-mêmes avaient déclenchée.

En réalité, rien ne va s’arrêter. A partir de 1945, l’appareil de guerre va se structurer pour réapparaître en 1946, nous l’avons vu, à partir du MTLD et de l’UDMA lors de l’amnistie octroyée par la IVème république naissante. Ces deux partis ne se priveront pas d’exploiter psychologiquement la répression française du 8 mai 1945. Une répression qui fut nécessaire, soulignons-le encore, pour interrompre le massacre déclenché ce jour-là contre nos concitoyens, femmes et enfants compris, ainsi que contre les Kabyles, fidèles de la France, dont plusieurs centaines furent lynchés. Ils sauront exploiter cette répression pour la préparation de la phase ultime de leur combat en Algérie française. Ils n’hésiteront pas à multiplier par 20 le chiffre des victimes imputables à cette répression.

 

En réponse à cette quatrième interrogation, il faut bien se convaincre qu’entre le 8 mai 1945 et le 1er novembre 1954, il existe une relation de continuité opérationnelle permanente qu’il faut cesser d’ignorer. Cet état de guerre, latente et réelle, nous ne l’avons pas perçu en Algérie. Nous avons vécu, à partir de 1945, comme si l’Algérie était en paix, ce qui était faux. Et c’est cette méconnaissance, naïve et inconsciente, qui nous a tués en Algérie Française, avant tout.

 

E/ Cinquième interrogation

 

« L’abandon de l’Algérie est-il à l’origine de la dynamique actuelle de la Nouvelle Révolution Mondiale ? »

 

La dynamique révolutionnaire islamiste, universelle et actuelle, s’est effectivement générée en Algérie française. Car la défaite française, officialisée le 19 mars 1962, prend la signification d’une base historique et symbolique de l’actuelle révolution mondiale. Plus encore d’une base ésotérique de cette même révolution mondiale.

Ben Baddis, dès 1931, avait synthétisé le trépied de la révolution algérienne :

ma religion c’est l’islam,

ma langue c’est l’arabe

ma patrie c’est l’Algérie.

 

Dans cette affirmation il faut relever deux contre-vérités.

 

Les deux premières affirmations, ma religion c’est l’islam, ma langue c’est l’arabe illustrent la volonté de Ben Baddis qui est un Berbère, d’arabiser à outrance le combat contre la France pour l’universaliser et surtout le pérenniser. Par là même, il exprime un faux historique. S’appuyant d’une part, sur le fait que le coran est écrit en langue arabe, depuis « l’édition » du 3ème calife Otman au VIIème siècle, et sachant d’autre part, que le coran c’est la parole de Dieu il veut persuader les musulmans d’Algérie, très majoritairement Berbères, que l’arabe c’est la langue de Dieu. Langue qui devient ainsi par sa décision celle des révolutionnaires algériens. Il prétend convaincre les musulmans d’Algérie, que leur combat s’inscrit dans l’obligation religieuse du Djihad universel.

 

Quand il proclame ma patrie c’est l’Algérie, il importe de rappeler avec conviction et sérénité qu’il invente une patrie qui n’existe pas. En 1830, avant l’arrivée de la France, l’Algérie ne connaissait aucune réalité historique et politique. La Régence était un territoire vassal de la Sublime Porte. Les multiples beylicats qui se succédèrent passaient leur temps à se faire la guerre. Les peuples indigènes musulmans ou juifs d’Algérie, ne jouissaient d’aucune nationalité avant 1830. Ils étaient apatrides sur la terre de leur naissance pour 95 % d’entre eux au moins.

Le 16 avril 1940, Ben Baddis meurt en détention administrative. Il y avait été interné parce qu’il complotait avec les Allemands dès le début de la guerre en 1939. Lui succède l’autre Berbère des Hauts-Plateaux Sétifiens Ibrahim Bachir qui ira plus loin que Ben Baddis, dans la définition historique de la révolution algérienne.

Le 1er novembre 1954 lors de la Toussaint Rouge, nous l’avons souligné, il proclame afin que nul n’en ignore, que le combat est engagé contre la France pour le triomphe de l’arabisme et de l’islam. Il confirme ainsi d’une manière définitive la dimension réelle de cette phase nouvelle de la guerre d’Algérie. C’était en réalité, une guerre planétaire qui était déclenchée.

 

                       La guerre d’Algérie se définit comme une guerre anti-occidentale et c’est dans ce sens qu’elle n’est pas terminée. C’est une conviction qu’il faut avoir à  l’esprit et enrichir à chaque instant. La France, l’Europe et l’Occident sont encore loin d’être islamisés. Mais l’arabo-islamisme fondamentaliste conquérant trouve aujourd’hui dans la défaite du gouvernement gaulliste du 18-19 mars 1962, le nutriment idéal pour tonifier l’agressivité nécessaire au combat qu’il a déclenché contre la France, l’Europe et l’Occident.

Nous retenons une vérité qui s’illustre comme le fondement d’une conviction frappée d’évidence : le gouvernement gaulliste de 1962 a mis bas les armes devant l’un des pires ennemis qui ait jamais attaqué la France depuis le début de son histoire. Ce qui s’est mis en place à Evian les 18 et 19 mars 1962 par la volonté de De Gaulle, c’est avant toute chose une base historique promotionnelle et symbolique, ésotérique même, de grande valeur pour la vigueur de l’actuel Djihad universel.

 

 

III – CONCLUSION

 

« L’OAS, PREMIER REMPART

 

La conjuration permanente contre l’Occident chrétien est plus que jamais actuelle. Certes. Mais il ne faut pas oublier qu’elle est ancienne. Elle a débuté, opérationnellement, à la fin du IIIème siècle et au début du IVème siècle. Une conjuration mise en œuvre à l’initiative de l’empereur romain Constantin. Celui-ci en effet mit en jeu l’existence de l’église à partir de 330. A partir du moment où le bras séculier impérial romain ne soutint plus le catholicisme apostolique et romain et se mit au service, officiel et exclusif, des hérétiques de l’arianisme. Hérétiques négateurs forcenés de la Tradition apostolique et romaine.

 

            Plus près de nous, la mort de l’Algérie française s’identifie à la phase moderne la plus intense de cette conjuration. La plus productive aussi en tant que génératrice de conflits ethnico-religieux de l’Afghanistan au Mali.

En Algérie, chez les musulmans, la loi du 4 février 1919 ne provoqua guère d’ébranlement. En tout cas, aucun effet de séduction ne fut recherché à partir de la métropole française. Cette loi ne bénéficia d’aucun soutien officiel de la part du pouvoir de la IIIème République. Aucun effort de persuasion ne fut mis en œuvre pour engager les musulmans sur la voie de la citoyenneté française. De la citoyenneté laïque. Rien ne fut entrepris pour leur démontrer la nécessité et en même temps la possibilité de vivre leur foi dans le cadre de citoyenneté et de laïcité.

Aujourd’hui les sécularisationnistes musulmans qui adhèrent à l’intégration, à la citoyenneté laïque, ne sont soutenus par aucun pouvoir officiel. On les abandonne aux exactions des terroristes d’Al-Qaïda. Ils sont stigmatisés et condamnés à mort par les Epîtres Djihadiens.

L’OAS d’Algérie et de métropole, illustre historiquement, le premier rempart qui fut dressé contre la conquête programmée arabo-islamiste fondamentaliste de la France, de l’Europe et de l’Occident.

Conquête qui pour se développer avec plus de vigueur tire le plus grand profit du manque de clairvoyance et surtout du vide spirituel qui lui sont opposés.

 

Je suis un ancien chef de l’OAS. Ni repenti, ni converti, ni renégat.

Je m’inscris dans l’ambition de voir un jour le peuple pied-noir bénéficier enfin de la reconnaissance qu’on doit lui concéder dans tous les compartiments de son identité historique. Fraction vivante de la nation française avant tout, peuple européen auquel se sont intégrés et s’intègrent encore les harkis, les anciens combattants musulmans et les sécularisationnistes musulmans français qui ne renient pas notre drapeau commun. Ainsi que les sécularisationnistes universels qui aspirent à la laïcité et grâce à elle, à l’égalité et à la fraternité.

Nous avons été contraints de nous soumettre, pour sauver la vie de nos concitoyens, aux exigences d’une guerre terroriste. L’hypermnésie des historiens capitulards s’emploie à ne retenir que cette phase de notre combat : le terrorisme de l’OAS. Phase du combat à laquelle il était impossible de nous dérober si nous voulions survivre. Car refuser d’agir devant les massacres qui assaillaient notre peuple, c’était se comporter en complices de ces massacres.

Nous l’avons fait pendant quatre mois. C’est vrai. J’ai assumé à mille reprises, la responsabilité historique et surtout spirituelle des actions de l’OAS.

Il est banal aujourd’hui de constater l’hypermnésie permanente de nos accusateurs à l’égard des quatre mois du combat terroriste de l’OAS. Cette hypermnésie s’accompagne d’une amnésie totale à l’égard des 92 mois au moins du terrorisme FLN qui s’est exercé aux dépens de notre peuple pied-noir de toutes confessions : juifs, chrétiens et musulmans.

 

En 2012, nous affirmons ceci : le passé c’est le passé, certes. Mais, comme l’écrit Anatole France, « le passé c’est la seule réalité humaine ». Il nous permet d’enregistrer que l’agression dont nous fûmes l’objet en Algérie, continue de s’exercer en France. En Europe et en Occident. Grâce à la défaite gaulliste en Algérie. De Gaulle : déclencheur de l’actuelle révolution mondiale.

Une révolution à volonté stratégique qui prétend éradiquer de l’univers et de la vie, la liberté du choix et des aspirations spirituelles des hommes modernes. On prétend nous soumettre. On ambitionne de faire de nous des renégats. On aspire à faire du monde moderne un univers concentrationnaire.

Contre cette volonté, animés d’un amour fou de la liberté, nous affirmons qu’il est nécessaire que s’élabore et se structure une volonté de résistance.

Une volonté contre-stratégique internationale. Intercontinentale.

C’est le vœu que j’ose formuler parce que je jouis de l’immense chance d’avoir toujours compris le motif profond, réel et constant des actions que j’ai assumées et que je ne renie pas, pour la défense de l’Algérie française en tant que terre française, terre européenne, terre d’occident.

 

Je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée pour ceux, parmi les nôtres, qui s’emploient aujourd’hui à discréditer l’effort des volontaires de France et d’Algérie. Des volontaires qui, je le souligne encore, ont joué leur confort, leur avenir professionnel, leur liberté, leur réputation, leur vie et j’ajoute, en pensant à moi, leur âme pour que vive la France sud-méditerranéenne. Ces histrions soumis aux vérités officielles, se dégradent par un exhibitionnisme de soumis et prétendent se démarquer de notre combat par des critiques publiques, difficiles à digérer parfois.

C’est en pensant à eux, pauvres histrions de l’actualité que j’évoque ces vers de Musset, particulièrement adressés bien évidemment à ceux qui éprouvent le besoin carriériste de nous déconsidérer :

« Que du moins l’histrion, couvert d’un masque infâme,

N’aille pas, dégradant ta pensée avec lui,

Sur d’ignobles tréteaux, la mettre au pilori ».

 

 

 

Jean-Claude PEREZ

Nice,

Août 2012

 

 

Du même auteur  et chez le même éditeur :

L’assassinat de l’Algérie française, terreau de la conquête islamiste actuelle. 2012
Un des livres du cinquantenaire, à lire et à faire relire.
L’islamisme dans la guerre d’Algérie
Logique de la Nouvelle Révolution Mondiale, 2004
Le sang d’Algérie
Histoire d’une trahison permanente, 2006 ; 2e édition
Debout dans ma mémoire
Tourments et tribulations d’un réprouvé de l’Algérie française, 2006 ; 2e édition
Vérités tentaculaires sur l’OAS et la guerre d’Algérie
Stratégies et tactiques, 2006 ; 2e Edition
Attaques et Contre-attaques
Vérités tentaculaires sur l’OAS et la guerre d’Algérie II, 2008

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Mis en page le 20/08/2012 par RP