Un nouveau cycle d’études : chapitre 8
LE CYCLE
DE L’ADIEU
CHAPITRE
VIII
« DEUXIEME
EXIL ALLEGUÉ
Qui se
situe réellement à l’origine de l’intervention française
sur le territoire
de la Régence turque d’Alger en 1830 ?
Il est évident
qu’intentionnellement je refuse de faire usage de la terminologie employée par notre
accusateur. Ou plutôt par l’accusateur de la France, coupable d’après lui, des bouleversements
subis par la collectivité juive d’Algérie. Bouleversements directement consécutifs
à la présence française sur ce territoire.
« A l’invasion française » précise-t-il.
Lorsque, plus raisonnablement l’on veut évoquer l’intervention
française en Algérie en 1830, on a l’impression de s’incorporer à un roman.
Un roman bâti autour d’une créance céréalière au débit
de la France.
J’ai déjà publié une étude sur ce sujet, dans l’un de
mes livres. Etude reprise il y a quelques années par le biais d’internet, sur cet
évènement que je me permets de rappeler ici.
«On a prétendu utiliser une créance céréalière au débit
de la France et au bénéfice du dey d’Alger au XVIIIème siècle, pour créer un mythe.
Le mythe d’une formidable richesse agricole de la terre algérienne avant 1830.
On croit rêver ! Surtout si l’on songe aux difficultés
techniques que rencontrèrent nos agriculteurs, travailleurs forcenés, pour espérer
un rendement agricole générateur de bien-être à partir de la dure terre d’Algérie.
Grâce, en particulier, à leurs équipements d’avant-garde,
puisqu’en Algérie, au XXème siècle durant les années 30, fonctionnaient quatre fois
plus de moissonneuses-batteuses qu’en France métropolitaine.
La volonté de « réussir » les orientait par nécessité
vers le progrès, vers la technologie moderne. L’Algérie française, était en mesure
de devenir, grâce à eux, la Californie du Maghreb et de l’Afrique.
Malgré ces équipements d’avant-garde, les rendements en
céréales n’étaient en 1956 que de 6 à 7 quintaux à l’hectare. Ce n’était qu’une
moyenne, mais nettement inférieure au rendement des exploitations européennes dans
leur ensemble.
Nos moissonneuses-batteuses
ainsi que l’acharnement au travail de nos agriculteurs devaient affronter de redoutables
ennemis : le climat, la sécheresse, les invasions épisodiques de sauterelles. Le
paludisme. Les entérites mortelles, pour nos nourrissons.
Comment imaginer, informés de toutes ces données, qu’à
la fin du XVIIIème siècle, au stade de non-existence technico-agricole que connaissait
la Régence turque d’Alger, ce pays ait pu bénéficier du travail d’agriculteurs disposant
des moyens de semer, moissonner, stocker et livrer des tonnes et des tonnes de blé
dans le but de nourrir les armées du Directoire et des premières campagnes de Bonaparte
!
Mais à propos de cet épisode historique, illustré par
une créance céréalière au débit de la France, certains sont excusables, si l’on
tient compte de l’imprécision volontairement nébuleuse, avec laquelle il a été rapporté.
Car un très lourd contre-sens fut entretenu par nos historiens sur cette ténébreuse
créance céréalière.
Rien n’est clair dans cette affaire. Il faut la situer
très schématiquement dans son contexte historique : la fin du XVIIIème siècle et
le début du XIXème siècle. Période qu’illustrent le déploiement du capitalisme financier
d’une part et un nouvel essor contemporain du monde juif méditerranéen d’autre part.
Tout particulièrement, des israélites vivant au sein de
la Régence turque d’Alger. Parmi ces derniers évoluaient ceux qui étaient étroitement
liés au port toscan de Livourne.
Le pool Alger-Livourne joua un rôle capital dans le destin
de la Régence turque d’Alger.
Très succinctement, les juifs d’Alger se scindaient alors
en deux catégories administratives.
La première regroupait ceux qui étaient soumis, au sein
d’une dhimma, à l’autorité politique et religieuse du
territoire. Une dhimma, c’est-à-dire une collectivité
qui, tous les jours, achète son droit à la vie et à la liberté. Au sein de cette dhimma la liberté religieuse existait dans un cadre très
restreint d’expression. Vous avez payé pour cela et vous continuez de payer. Ce
qui était interdit de façon rigoureuse, c’était de se livrer au prosélytisme, à
l’apostolat. Il ne fallait pas se risquer à convertir un musulman au judaïsme ainsi
d’ailleurs qu’au christianisme. C’est la condamnation à mort qui menaçait dans cette
éventualité.
Rappelons qu’avant
la christianisation, et avant l’islamisation ultérieure du territoire algérien,
une fraction réduite, mais non négligeable loin de là, de la population berbère
s’était convertie au judaïsme. Ils alimentaient la collectivité des fils d’Israël depuis des siècles et des siècles. Fils d’Israël, c’est-à-dire l’une des deux
collectivités qui peuplent la diaspora juive, la première étant constituée des fils
d’Abraham, d’origine hébraïque... théoriquement.
La deuxième catégorie administrative était représentée
par des juifs autochtones d’Algérie qui jouissaient d’un statut consulaire.
Elle se composait d’hommes d’affaires et de commerçants dont un secteur important
d’activités, parmi d’autres négoces, consistait à vendre sur les places commerciales
européennes les produits de la « course ». Ils disposaient, pour ce faire, de disponibilités
financières en espèces fournies par des banques livournaises et autres, qui
ne laissèrent pas passer l’occasion de transactions rentables.
Il s’agissait en effet de transformer « en monnaie
» interchangeable, les marchandises de toutes sortes, récupérées au cours des
pillages effectués par des pirates barbaresques. Ce négoce était enrichi du produit
des rançons payées parfois en marchandises de luxe, pour la libération des esclaves
chrétiens.
C’était la seule industrie florissante développée sur
le territoire de la Régence.
L’unique source de revenus à partir de laquelle s’élaboraient des profits.
Le marché intérieur de la Régence était en effet rudimentaire
donc insuffisant. Il fallait vendre des marchandises à l’extérieur, exporter quelque
chose pour élaborer une monnaie ou tout au moins une trésorerie nécessaire au paiement
des janissaires et des féodaux de la Régence turque d’Alger.
Une trésorerie indispensable pour satisfaire chaque année
au tribut qu’exigeait le sultan de Constantinople, suzerain de la Régence.
Comment fabriquer cet argent ? De la façon suivante…. parmi d’autres.
Lorsque des chrétiens étaient capturés au cours d’actions
de piraterie ou de rezzous qui s’effectuaient en France méridionale, en Méditerranée
orientale et ailleurs, une rançon était exigée pour leur libération éventuelle.
Les transactions, la plupart du temps, s’effectuaient par l’intermédiaire de certains
ordres religieux.
Les négociations
étaient officielles. Chaque cas particulier constituait le centre d’intérêt d’une
opération comptable. La libération de l’esclave chrétien, lorsqu’elle était obtenue,
se déroulait après un accord financier.
Les esclaves s’identifiaient à un produit d’exportation
puisqu’on les vendait à l’extérieur après les avoir capturés.
Les rançons n’étaient pas toujours versées en espèces
sonnantes et trébuchantes, rappelons-le. Elles consistaient souvent en marchandises
de luxe, draperies, faïences, oeuvres d’art, porcelaines,
joaillerie, que l’on s’employait à revendre secondairement sur les marchés européens
pour les convertir en espèces échangeables.
Les juifs d’Algérie ou plutôt de la Régence turque, réunissaient
les compétences techniques pour mener ce genre de négoce à bonne fin. Mais il leur
fallait des relais bancaires sur les principales places commerciales européennes.
Plus particulièrement méditerranéennes.
C’est ainsi que ces capitalistes locaux obtinrent le soutien
intéressé du duc de Toscane. A partir de la splendide synagogue de Livourne, foyer
de rayonnement particulièrement vigoureux du culte juif en Méditerranée, s’appuyant
aussi sur les ports de Gênes et de Marseille, ces négociants juifs devinrent les
protégés ou plutôt les sujets du monarque toscan. Pour toutes ces raisons
ils bénéficiaient à Alger d’un statut consulaire.
C’était les Livournais.
Il est important de souligner que leurs activités économiques
s’inscrivaient dans le cadre de la normalité la plus totale. Elles trouvaient leur
place dans cette phase de mutation capitaliste de la fin du XVIIIème siècle et du
début du XIX.
C’est au sein de cette nouvelle situation économique européenne,
avec la complicité active de l’administration toscane, qui n’oubliait pas d’encaisser
ses dividendes, protégés universellement et spirituellement par la haute autorité
religieuse du consistoire de Livourne, que les juifs livournais d’Alger développèrent
des marchés de toute nature avec l’ensemble des potentats financiers européens.
Dans l’exploitation de ces marchés, ils ont bénéficié
des services techniques de certains armateurs italiens, installés dans la Régence
depuis des dizaines d’années.
Parmi ceux-ci, il convient de citer le nom de Schiaffino.
Ces armateurs assumaient
les liaisons commerciales entre Alger, Marseille, Gênes, Livourne et Naples. Ils
se sont chargés en particulier du transport de marchandises pour le compte des potentats
financiers de la Régence de confession israélite. Marchandises accumulées grâce
à la piraterie d’une part et à l’encaissement des rançons d’autres part, quand celles-ci
étaient payées en objets et marchandises de valeur. Les ports d’attache de ces flottes
commerciales étaient multiples : Alger, Bône, Naples, Livourne, Gênes et Marseille.
L’un de ces potentats, Jacob Bacry,
achetait et vendait tout ce qui était négociable, c’est-à-dire susceptible d’être
à l’origine d’une bonne spéculation dans les normes économiques les plus totales.
Ce terme de potentat doit s’entendre dans le sens que l’on utilise aujourd’hui pour
désigner un président qui se trouve à la tête d’une société multinationale. En l’occurrence
d’une société d’import-export.
Bacry s’est trouvé, à la suite de ces transactions lucratives, propriétaire
d’un stock de blé dont il avait fait l’acquisition on ne sait où mais certainement
pas en Algérie.
Il a vendu ce blé au gouvernement français qui en avait
grand besoin pour le pain quotidien des soldats de la Révolution. Pour des raisons
mal élucidées, ou plutôt des raisons sur lesquelles, aujourd’hui encore personne
ne veut s’attarder, Bacry au nom du groupe financier
qu’il représentait a jugé opportun d’intéresser le Dey d’Alger à cette transaction
céréalière. Il l’a incorporé au trust qu’il avait organisé.
Il a fait du dey d’Alger, un actionnaire
d’une société montée dans le but de générer une situation conflictuelle entre la
France et la Régence turque d’Alger.
Ainsi le dey d’Alger détient à un moment donné une part
de capital au sein de cette multinationale qui négocie la vente de céréales.
Sans bourse déliée.
Comme ça ! Pour ses beaux yeux ?
Voire…
Car, à partir de cette créance au débit de la France,
dont les intérêts vont grimper à toute allure, jusqu’à tripler le montant de la
dette, voilà qu’une réaction inattendue se manifeste du côté français.
On ne veut pas payer.
Comme si une influence
occulte voulait s’emparer de l’occasion de ce refus de paiement, en tout cas de
ce report perpétuel d’échéance, pour faire naître une situation conflictuelle entre
le roi de France, Louis XVIII et le dey d’Alger puisque celui-ci s’inscrivait parmi
nos créanciers du premier rang.
Imaginons un dialogue :
« Alors Bacry, et mon argent
? » demande le dey d’Alger à cet homme d’affaires. En effet, c’est bien de son argent
qu’il s’agit. Il veut récupérer sa part de capital augmentée des bénéfices réalisés
au cours des différentes transactions :
« Les Français ne veulent pas payer » lui répond Bacry.
« Eh bien va chercher l’argent à Paris ! »
Bacry se rend en France, théoriquement pour réclamer le paiement d’une
créance. Pour exiger le remboursement d’une dette. Celle-ci atteint la somme de
18 millions de francs-or car les intérêts s’étaient accumulés.
On va marchander et arriver, croit-on, à un compromis.
Puis, sous des influences occultes, la dette se met soudain
à fondre pour atteindre officiellement le montant de départ, 7 millions de francs-or. Comme par miracle !
Louis XVIII, excédé, ne comprenant rien à ces comptes
en relation avec une transaction ancienne qui ne le concernait pas, finit par ordonner
le paiement des 7 millions de francs-or, « et qu’on
me débarrasse de Bacry et du dey d’Alger » aurait-il
affirmé en substance.
En toute logique, si l’on avait obtempéré à la décision
royale, il n’aurait existé par la suite aucune raison, aucun prétexte d’organiser
le débarquement de Sidi-Ferruch quelques années plus tard.
Mais, « certains comptables » particulièrement bien avisés,
ou plutôt bien manipulés, des comptables sous influence, des comptables payés pour
leur intervention, estimèrent judicieux de bloquer ces 7 millions de francs-or, effectivement dégagés par le trésor royal, à la Caisse
des Dépôts et Consignations. Rappelons que cet organisme d’inspiration napoléonienne
avait vu le jour en 1816.
Et le dey d’Alger ne voit toujours pas arriver son argent
! On ne veut pas payer. On fait la sourde oreille à ses véhémentes réclamations.
Comme si on recherchait l’incident. Comme si on voulait le pousser à bout.
Qui, à cette époque,
détient le pouvoir de bloquer cet argent à la Caisse des Dépôts ? Qui ?
La réponse à cette interrogation livrerait une précieuse
information : elle ferait connaître, d’une façon certaine, l’identité des véritables
déclencheurs de l’expédition d’Alger. En 1818, il faut en effet disposer d’un pouvoir
immense, même s’il est occulte, pour différer l’exécution d’une décision royale.
Et cela …. pendant 12 ans au moins
!
En 1827, la créance n’ayant toujours pas été honorée,
une discussion orageuse s’engage à Alger, publiquement entre le Dey Hussein et Monsieur Deval, le consul de France. Un petit coup de chasse-mouche
sur le bras gauche de l’honorable consul….
L’horreur ! L’insulte ! L’honneur
de la France est outragé !
Il est très important de souligner, même à voix basse,
que c’est une balancelle de Jacques Schiaffino, l’armateur
italien que nous avons déjà rencontré, qui fut chargée de véhiculer à Gênes, via
Naples et Livourne puis à Marseille, la dépêche consulaire informant le gouvernement
de Charles X de cette insulte, de « cette intolérable agression ». Dépêche à partir
de laquelle se décida officiellement l’opération d’Alger.
Cela signifie que Schiaffino est intervenu en tant qu’officier de liaison dans ce complot dont le but n’était
rien d’autre que de provoquer une intervention française.
C’est trois ans plus tard seulement, que seront réunis
les moyens de réagir à l’insulte ! Comme si cette dépêche avait exigé une étude
approfondie en cours d’escales, et tout particulièrement au cours de l’escale livournaise,
pour faire apprécier soigneusement et par qui de droit, le potentiel de riposte
dont elle était porteuse. D’une riposte « légitime ».
Un corps expéditionnaire français est envoyé à Alger.
Malgré l’opposition du contre-amiral Duperré qui assume le commandement naval de
l’opération.
Malgré le scepticisme parfois hostile de quelques gouvernements
étrangers. Malgré le désaveu narquois de l’Angleterre. Le général, duc de Wellington,
a déclaré en substance :
« Les Français seront rejetés à la mer dans les 15 jours
».
Wellington s’est trompé.
Il faudra 132 ans
pour rejeter la France à la mer. Grâce à De Gaulle qui imposa à notre pays la plus
infamante défaite qu’il ait jamais subie.
Le débarquement français à Sidi-Ferruch du 14 juin 1830 semble s’identifier à la conclusion d’un très compliqué mais ingénieux
montage.
Le but recherché par une fraction du monde capitaliste
européen de confession juive était d’aboutir à la libération ou plutôt à l’affranchissement
de la dhimma juive d’Alger, dans le but d’incorporer
les israélites de la Régence turque d’abord, et ceux du Maghreb ensuite, dans une
nation européenne au sein de laquelle ils allaient vivre en toute liberté.
La France, à cette époque, était la seule nation,
parmi les nations riveraines de la Méditerranée, qui offrait des garanties suffisantes
pour devenir la patrie de tous les juifs de la Régence et du Maghreb.
Rappelons que depuis la Convention nationale républicaine,
depuis 1792, les juifs autochtones de France avaient acquis officiellement la citoyenneté
française.
Dans la perspective où la Régence devenait à son tour
un territoire français, les juifs algériens pouvaient prétendre accéder eux aussi,
inéluctablement, à la nationalité française.
Et pourquoi pas, à la citoyenneté française !
Il n’est pas déraisonnable d’affirmer ceci : l’opération
de Sidi Ferruch de juin 1830 fut, en première intention, une opération de délivrance pour la totalité de la communauté juive d’Algérie.
Une délivrance spirituelle avant tout. Ils purent
exprimer leur foi, la vivre sans s’exposer aux sanctions prévues antérieurement
contre les croyants non musulmans, qui refusaient de taire leur foi.
Une délivrance économique car ils furent mis à l’abri
du pillage.
Les indigènes musulmans d’Algérie, au moment de la prise
d’Alger, avisés de la protection dont les juifs allaient jouir de la part des Français,
ont souvent confié leurs disponibilités en monnaies, en bijoux et en or, à leurs
voisins juifs.
Un de mes vieux
camarades algérois, Lascar, mon confrère et mon ancien dans la pratique de la médecine
générale, m’avait exprimé, lors d’une rencontre à l’hôpital Boucicaut, tout son
intérêt pour mon premier livre, « Le Sang d’Algérie ». Il tint à me faire
connaître une confirmation personnelle de ce que j’y soutenais :
« mon grand-père
m’a raconté qu’au moment où les troupes françaises sont entrées dans Alger, ses
voisins musulmans lui ont confié la totalité de leurs bijoux et de leurs monnaies
d’or ».
Lascar ajouta :
« Ils ont précisé leur motif : les
Français ne vous pilleront pas, vous les Juifs ».
Voilà ce que me déclara mon vieux confrère à propos du
comportement des voisins musulmans de sa famille en 1830.
Lascar précisa :
« les Français
n’ont pillé personne à Alger et tout fut récupéré un peu plus tard par les musulmans
inquiets pour le trésor qu’ils avaient confié préalablement à mon grand-père parce
qu’il était juif. Donc protégé des Français ».
Il est d’une évidence majeure et incontestable que les
juifs d’Algérie ont été rendus à une liberté totale, qu’ils ne connaissaient pas
encore, grâce à l’arrivée des Français.
Une question mérite néanmoins qu’on s’y attarde.
Quelle était la nationalité des juifs d’Algérie avant
l’arrivée des Français ?
Elargissons cette interrogation : de quelle nationalité
étaient officiellement les musulmans d’Algérie ?
La réponse est nette : l’immense majorité des indigènes
algériens de confession juive non livournais et les indigènes de confession musulmane
étaient, les uns comme les autres, apatrides sur la terre de leur naissance.
Ils n’étaient pas « Turcs » pour leur immense majorité,
car la « Porte » ne les a jamais considérés comme des sujets du sultan.
Les musulmans comme les juifs non livournais à
partir du moment où la France exerça la responsabilité d’administrer le territoire
avec l’accord de la communauté internationale, à l’exception de l’Angleterre et
de la « Porte », accédèrent automatiquement à la nationalité française.
Précisons : la « nationalité » et non pas la « citoyenneté ».
On peut donc affirmer
que la première nationalité qu’ont connue les indigènes algériens de confession
juive et de confession musulmane, fut la nationalité française.
Avant d’être des nationaux français, ils étaient avant 1830, les uns comme les autres, apatrides
sur leur terre natale.
C’est une vérité que je me permets de dire et de redire
parce qu’il est nécessaire de ne jamais l’oublier.
Il est impossible d’accorder le plus petit crédit à la
thèse de notre accusateur.
Le peuple juif tout particulièrement, grâce à l’arrivée
des Français, accéda immédiatement à la liberté religieuse. Ainsi qu’à d’autres
libertés inhérentes à la nationalité française car il s’inscrivait automatiquement
parmi ceux qui désormais faisaient partie d’une nation.
Ce ne fut pas un exil….. tout au contraire.
Ce fut l’occasion pour ce peuple de confession juive,
d’accéder enfin à la liberté, par le biais de la nationalité française. De la patrie
française.
1830 : ce fut l’année où fut enfin abrogée historiquement,
la soumission de la dhimma juive d’Algérie. C’était un
avantage majeur.
Confirmons-le, ce fut en réalité la fin d’un exil auquel
était soumise une communauté religieusement définie. La collectivité juive.
Notre accusateur, j’en suis convaincu, jouit très largement
des facultés intellectuelles nécessaires à la compréhension de cette vérité.
Mais son refus de la France qui exprime en réalité sa
haine de la France, lui interdit de formuler cette vérité que nous synthétisons
de la façon suivante :
« La France en 1830, délivra la communauté
juive d’Algérie de la soumission qu’elle subissait avant Sidi Ferruch ».
Cette délivrance du peuple de la régence, fut, de toute
évidence, mise en oeuvre par les leaders économiques juifs
de ce pays qui organisèrent le complot de leur accession à liberté.
La contrevérité qui se situe à la base de l’argumentaire
de notre détracteur est mise en évidence par de brillants historiens de confession
juive, de nationalité française et fiers de l’être, qui n’ont pas hésité à apporter
un démenti aux accusations de celui qui a décidé de condamner la France, pour avoir
mis les pieds en 1830 sur la terre algérienne.
Il est donc inutile,
malséant et surtout insultant pour la France, que de vouloir évoquer le débarquement
français de Sidi Ferruch en 1830 comme un évènement devant
inspirer une repentance de la part de notre pays.
Jean-Claude PEREZ
Nice,
Le 17 février 2016
En prévision
: le chapitre IX de ce cycle d’études, intitulé «TROISIEME EXIL SUPPOSE DES JUIFS
D’ALGERIE», vous sera proposé dans la première quinzaine de mars.
N’hésitez-pas à consulter le site du Cercle Algérianiste de Nice et des Alpes Maritimes et tout particulièrement,
la classification et études de Raphaël PASTOR et Hervé CUESTA.
BIBLIOGRAPHIE
L’assassinat
de l’Algérie française, terreau de la conquête islamiste actuelle. 2012
Un des livres du cinquantenaire, à lire et à
faire lire.
Vérités
tentaculaires sur l’OAS et la guerre d’Algérie
Stratégies
et tactiques, 2006 ; 2e Edition
Cet
ouvrage a été d’un grand recours dans la rédaction de cette étude
L’islamisme
dans la guerre d’Algérie
Logique de
la Nouvelle Révolution Mondiale, 2004
Le sang
d’Algérie
Histoire
d’une trahison permanente, 2006 ; 2e édition
Debout dans
ma mémoire
Tourments et
tribulations d’un réprouvé de l’Algérie française, 2006 ; 2e édition
Attaques et
Contre-attaques
Vérités
tentaculaires sur l’OAS et la guerre d’Algérie II, 2008
Editions Dualpha
Boite 37
16 bis rue d’Odessa
75014 PARIS
Tel. : 09 52 95 13 34 -
Fax : 09 57 95 13 34
Mail : infos@dualpha.com
Site internet : www.dualpha.com
Vous pouvez prendre connaissance des deux interview accordées par Jean-Claude PEREZ : - la première à Monsieur Olivier CAZEAUX : sur Internet tapez « OAS, le docteur PEREZ parle » ; - la
seconde, à Monsieur BESSOU dans le cadre de la préparation d’un film. Monsieur
BESSOU a livré à Jean-Claude PEREZ tout le matériau de son exposé visible sur
le site www.jean-claude-argenti-sauvain.com.
Mis en
page le 17/02/2016 par RP |