Un nouveau cycle d’études : chapitre 18

LE CYCLE DE L’ADIEU
CHAPITRE XVIII

L'AML
L'Association des Amis du Manifeste de la Liberté
installée par De Gaulle à Alger en 1943...
...phase historique majeure dans la génèse du djihad islamique contemporain

De nos jours, on évoque un arabo-islamisme moderne agresseur et conquérant, en se gardant toutefois de préciser une notion fondamentale.

Une des notions parmi les plus adultérées qui soient dans le cadre des péripéties historiques, qui méritent d’être analysées et retenues avec …. « sérieux ».

Une notion qui finit par s’imposer comme « une pseudo bondieuserie », pourrait-on écrire car elle consiste, avant tout, à ne jamais porter atteinte à l’image résiduelle d’un homme politique, responsable majeur de l’agression qui se déploie, par épisodes, contre l’Occident.

Une agression qui se confirme chaque jour.

Aujourd’hui en effet, on croit nécessaire de nous éblouir du souvenir de De Gaulle, que l’on s’entête à parer de toutes les vertus. Vertus imaginaires, inventées. Si ce n’est celle d’avoir pris le risque de livrer l’Algérie, un immense territoire africain, au potentiel, alors inconnu, de l’envahisseur arabo-islamiste moderne.

Envahisseur dont le processus de guerre anti-occidentale s’exerce avec un éclat riche de cruauté parfois. Depuis le massacre newyorkais de 2001, relayé par celui du Bataclan de Paris, en se gardant d’oublier la Promenade des Anglais de Nice, le 14 juillet 2016.

 Refusant, quant à moi, de me satisfaire des effets pervers, mais surtout sclérosants et infantilisants d’un gaullisme-maladie, je reste convaincu que la liquidation de l’Algérie française illustre stratégiquement et avant tout, la perte d’une guerre par la Vème République française.

D’une guerre au contenu spirituel et religieux majeur, dont la gravité historique n’avait pas été comptabilisée à sa réelle valeur par les gestionnaires du capitalisme financier.

C’est-à-dire aussi bien par les promoteurs que par les déclencheurs exclusifs du délestage économique de cet immense territoire, qu’était l’Algérie française.

Une solution finale fut imprudemment envisagée pour le devenir de cet immense territoire géopolitique. Dont la création historique fut exclusivement française.

Solution imprudente parce qu’elle était et parce qu’elle reste riche avant tout d’une interrogation historique majeure. Silencieuse aujourd’hui encore.

Celle-ci concerne le rôle futur de l’Algérie dans la stabilité ou l’instabilité, c’est-à-dire dans l’avenir hypothétique d’un « Occident nouveau ».

Nous constatons chaque jour un peu plus que l’Occident n’existe en réalité et ne peut être conçu que pour et par un homme libre.

C’est-à-dire pour et par un homme moderne.

Comment définir un homme moderne ?

Il se définit par une adhésion sans marchandage de celui-ci à une laïcité saine, intelligente, et universelle.

Une laïcité qui saura adapter la foi en Dieu de cet homme moderne, s’il en éprouve une, aux exigences nécessaires à la santé du monde ….

Une laïcité qui prend ainsi, dès cet instant, une nouvelle place au sein, sinon à la tête, des constantes socio-biologiques majeures qui régissent la normalité de la vie humaine.

Normalité nécessaire pour protéger ce monde contre une subversion pour le … néant.

 A l’analyse, tout banalement sérieuse, la subversion dans laquelle on prétend nous intégrer depuis la liquidation de la France en Algérie, n’est rien d’autre en effet que l’expression révolutionnaire d’une dialectique ultime.

Une dialectique ultime, c’est-à-dire une confrontation ultime qui ne peut aboutir qu’à un néant.

Un néant, ou une absence de vie confirmée en maintes occasions par nos téléviseurs. Ceux-ci nous transmettent, en effet, des images recueillies par les merveilleuses mécaniques d’observation, construites par le génie humain. Des images révélatrices de richesses géologiques, physiques et chimiques insoupçonnées certes. Pourvoyeuses d’un enseignement constant et précieux pour nos astrophysiciens.

Mais ces espaces gigantesques interstellaires que nos scientifiques explorent avec compétence, n’offrent encore pour le moment aucun espace de vie capable d’accueillir les éventuels rescapés «élus » du monde terrestre actuel.

D’un monde terrestre condamné à disparaître dans des délais encore lointains…. certes. Délais sur lesquels nos astrophysiciens et mathématiciens modernes semblent avoir, cependant, des notions précises.

A quelle date fut prise par De Gaulle, en tant que subordonné majeur des instances universelles du capitalisme financier, une décision dont on refuse d’évaluer la responsabilité décisive qu’elle illustre, dans le déclenchement de l’actuelle révolution mondiale ?

De cette révolution pour un néant ?

Un néant riche avant tout de données mathématiques et cosmogoniques qui se mettent en place chaque jour un peu plus ?

Sous nos yeux, grand-ouverts, s’il-vous-plaît !

Car ce déclenchement ne s’’exprime pour le moment qu’à travers une révolution arabo-islamiste fondamentaliste qui claironne une volonté constante de conquérir le monde.

Un arabo islamisme fondamentaliste que nous ne confondons pas avec la religion musulmane.

Cette décision fut prise en 1943.

En tant que Président du Comité Français de Libération Nationale, siégeant à Alger, De Gaulle imposa à la France d’accepter les statuts d’un nouveau parti politique.

Il le fit sous la pression de Roosevelt.

Pression exercée sur le terrain algérien par le relais du diplomate Murphy, représentant personnel de Roosevelt auprès du Maréchal Pétain en juin 1940 tout d’abord, expédié secondairement à Alger en décembre 1940.

Murphy officialisa donc au niveau international la décision prise par De Gaulle d’accepter, au nom de la France, les statuts d’un nouveau parti créé par Ferhat Abbas.

Il s’agit de l’AML, en 1943, permettez-moi de le préciser encore.

L’AML, c’est-à-dire : l’association des Amis du Manifeste de la Liberté.

Cette association regroupait différentes structures politiques, toutes animées d’une volonté première et exclusive : combattre la France. Rejeter notre patrie de cette terre algérienne située à 800 kilomètres seulement du port de Marseille.

Rappelons, avec vigueur, car il importe de l’enseigner, que l’officialisation de l’AML à Alger avait été nettement refusée par le général Giraud, quelques semaines auparavant. Car celui-ci avait enregistré et avait pris soin de faire connaître l’identité exclusivement anti-française de cette association des Amis du Manifeste de la Liberté (AML).

Identité qui ne gêna pas De Gaulle en 1943, dans son rôle subalterne de déclencheur historique d’une révolution mondiale qui s’apprêtait déjà, en 1943, à soumettre progressivement ce qui survivait encore de l’Occident chrétien.

En raison des fonctions gravissimes qui furent les miennes sous le commandement du général Salan, lors de la dernière bataille que nous avons livrée pour la sauvegarde de l’Algérie française, c’est-à-dire pour la sauvegarde d’un Occident au sein duquel la laïcité serait parvenue à garantir une convivialité inter-religieuse indispensable à la liberté du monde moderne, je me propose de revenir sur l’identité de l’AML, dans une perspective rigoureusement pragmatique.

Je rappelle que l’AML était, théoriquement, constituée en 1943 de quatre partis politiques.

Le PCA, Parti Communiste Algérien d’Amar Ouezzeguéne,

Le PPA, Parti du Peuple Algérien de Messali Hadj

Le Manifeste Algérien de la Liberté de Ferhat Abbas (le MAL)

L’Association des oulémacréée en 1931.

 

Le PCA, Parti Communiste Algérien d’Amar Ouezzeguéne.

Ce parti joua son rôle dans ce combat en tant qu’ennemi de la France et de l’Occident.

Rappelons qu’il ne participa en rien dans le déclenchement des évènements dramatiques du 8 mai 1945, plus connus sous le nom des « évènements de Sétif ».

C’est-à-dire, rappelons-le, un soulèvement déclenché dans le Constantinois, au sud de Bougie, tout près de la terre de naissance d’Ibrahim Bachir, Tocqueville, Ras-el-Oued. Il s’agissait du président effectif sinon officiel en 1945, de l’association des oulémas, depuis la mort du président Ben Baddis en 1940, dans un camp de concentration français.

Ben Baddis, en effet, avait été neutralisé par le pouvoir français dès le début de la guerre 1939-1945, en raison des contacts qu’il avait établis avec les services secrets militaires allemands. Comme nous le savons d’abondance.

Il décéda d’une mort naturelle alors qu’il était détenu dans un camp.

En 1945, lors du déclenchement des évènements de Sétif, le 8 mai de cette année-là, Maurice Thorez du parti communiste français tenait sa place dans un gouvernement français de l’époque, dirigé par De Gaulle. Il proclama avec violence dans un discours et des écrits reproduits dans la presse nationale et internationale, la nécessité de réprimer sans ménagement cette révolte de l’ouest constantinois. De la réprimer, sans réserve et surtout sans pitié.

Ce sont des évènements que je rappelle en les résumant à l’extrême, car ils sont de notoriété publique et indiscutable. Une notoriété historique soumise néanmoins au silence entêté et pervers des hommes politiques actuels.

Nous sommes informés du rôle que jouèrent par la suite le parti communiste français et le parti communiste algérien dans la rébellion algérienne en n’hésitant pas à s’inscrire, par tous les moyens, dans le camp anti-français.

On n’oublie pas cependant, qu’à la fin du mois d’octobre 1954, malgré la requête suppliante du secrétaire général du PCF, Benoîst Frachon, auprès de Krim Ben Kacem au Champ de Manoeuvres à Alger, l’incorporation du parti communiste dans les opérations de déclenchement de la guerre d’Algérie, avait été rejetée avec mépris par le FLN.

Le parti communiste participa néanmoins, nous le savons, au combat contre la France. Mais toujours en situation d’auxiliaire toléré par la rébellion algérienne. En tant qu’agent majeur à cette époque du processus de désintégration occidentale, il ne concevait pas en effet, d’être rejeté de cette guerre d’Algérie déclenchée contre la nation française.

Avec la bénédiction satanique des chrétiens félons représentés par Duval, Chaulet, et Scotto… parmi d’autres.

Il y participa donc par des vols d’armes et des sabotages.

En particulier ceux d’Yveton qui fut condamné à mort et exécuté à la prison de Barberousse en 1957.

Je rappelle ce dernier évènement car lors de l’exécution d’Yveton en 1957, je séjournais moi-même avec treize autres compagnons dans cette même prison de Barberousse. A propos de ce séjour, je rappelle que nous étions quatorze combattants clandestins de l’Algérie française, concentrés dans deux cellules, avec de vulgaires paillasses pour notre sommeil nocturne.

Nous, les combattants clandestins de la France et de l’Algérie française, ne bénéficiions pas en 1957 du soutien de notre propre communauté.

Les « paillasses », c’était bien suffisant pour ces activistes qui perturbaient par leur engagement, la quiétude majoritaire de ceux qui ne voulaient rien faire !

Le parti communiste algérien réussit néanmoins à jouer un rôle dans des livraisons d’armes au FLN, et dans des opérations de renseignements.

Initiatives qui se traduisirent dans les faits, par une augmentation du chiffre des victimes françaises de toutes confessions, lors des opérations terroristes déclenchées par le FLN.

Un terrorisme de huit ans, je le rappelle.

Il me paraît utile de ne pas négliger le rôle joué par une autre formation politique qui prit part au combat contre la France à partir de la création de l’AML.

L’AML, installée officiellement par De Gaulle en Algérie, en 1943, je crois utile de le rappeler.

Il s’agit du PPA de Messali Hadj, le Parti du Peuple Algérien.

Messali … fut tout le temps « l’homme des autres ».

Il ne dirigea jamais rien.

Mais il fut et reste encore une figure historique de la rébellion algérienne… dont nos ennemis avaient grand besoin et dont ces mêmes ennemis semblent encore avoir besoin de nos jours.

Et dans ce besoin éprouvé par nos ennemis, on oublie évidemment la collaboration opérationnelle des maquis messalistes au combat anti FLN à partir de 1956.

 

Une organisation communiste avait été créée près de Paris, à Saint-Ouen, avant la guerre de 1939-1945. En réalité, il s’agissait d’une structure stalinienne.

Staline, sur son immense territoire, éprouvait quelques difficultés pour intégrer les musulmans caucasiens dans la dynamique révolutionnaire du soviétisme. Il fit créer à Paris, très discrètement, par le parti communiste français, une organisation : l’ENA.

L’ENA ou l’Etoile Nord Africaine.

L’ENA ne fut rien d’autre qu’une organisation soviétique créée opportunément dans le but d’y intégrer Messali, déjà connu à Moscou pour son sentiment fondamentalement anti-français. Pour cette raison, il fut intégré à l’ENA, dont il illustra une identité historique qu’elle ne méritait pas avant qu’il y fût lui-même incorporé.

Il bénéficia tout logiquement d’un appui soviétique immédiat.

On lui promit, en échange de ce que l’on attendait de lui, un secours soviétique ultérieur dans le cadre de sa lutte pour l’indépendance algérienne.

En réalité, ce notable musulman convaincu et pratiquant qu’était Messali, n’avait rien de communiste. Il fut déguisé néanmoins en un redoutable communiste clandestin, dans le but d’être utilisé par Staline avec une efficacité opérationnelle renforcée qu’espérait le « Petit Père des Peuples ».

Celui-ci sollicitait le concours de Messali pour le faire intervenir, en tant que « notable musulman algérien indépendantiste anti-français » auprès des peuples musulmans caucasiens, qui osaient exprimer leur hostilité aux réformes staliniennes, pour des motifs religieux.

Confirmons donc : on déguisa Messali en communiste qu’il n’était pas, pour obtenir son intervention auprès des peuples musulmans soviétiques qui étaient encore opposés aux exigences politico-économiques du soviétisme stalinien.

On lui demanda tout banalement de se servir de Dieu pour engager les musulmans russo-caucasiens dans la révolution bolchevique.

Son action fut temporaire car, à l’évidence, il ne donna pas satisfaction au pouvoir soviétique qui prit soin de l’évacuer, en silence, vers l’extérieur des frontières de l’URSS.

Vers la Suisse.

 

Il fut récupéré, en tant que fondateur et président du PPA, tout naturellement et tout logiquement à Genève par l’émir Chekib Arslan que l’on ne peut se permettre d’évoquer sans de sévères précautions.

Rappelons, en résumant à l’extrême, que Chekib Arslan était un Druze libanais, un notable religieux de Beyrouth, qui n’accepta pas le mandat qui fut octroyé par la SDN[11 à la France, d’administrer la Syrie et le Liban en vertu du traité de San Remo de 1920.

Il déclencha une guerre syrienne et libanaise contre la France. Il fut condamné à mort par contumace, après jugement d’un tribunal militaire français.

Il avait trouvé asile entre temps à Genève. Il y fonda très rapidement une association : « Association pour la Libération de l’Afrique du Nord ».

Chekib Arslan bénéficia d’énormes appuis financiers internationaux qui lui permirent de récupérer Messali en 1936 et de l’introniser en quelque sorte, dans une conjuration anti-française. En particulier au cours d’un congrès fastueux qu’il organisa, un an plus tard, à Genève en 1937.

Messali connut ainsi un renouveau révolutionnaire. Car son rayonnement révolutionnaire justement, fut officialisé et valorisé sur un plan international à partir de ce congrès.

Si Arslan détenait le pouvoir de relancer Messali et de l’intégrer dans son combat « Pour la Libération de l’Afrique du Nord occupée par la France » disait-il, c’était pour une raison majeure : il était l’homme nouveau de la « nahda ».

La nahda dont il est question de nos jours sous le terme corrigé et imposé « d’enahda ». C’était alors, en 1936 et 1937, « la renaissance de l’islam ».

Un mouvement pour renforcer l’idéal islamiste international. Mouvement qui avait été créé antérieurement, après la victoire des Pyramides, remportée par Bonaparte.

Un mouvement religieux et conquérant qui voulait, dans un premier temps, assurer la survie de la religion musulmane et, dans un temps ultérieur, amplifier son rayonnement spirituel et universel.

Et dans un temps devenu actuel, accéder par la terreur et par la guerre révolutionnaire universelle, à la domination finale du monde.

Tel est le but opérationnel de l’Enahda actuelle.

La nahda, fut relancée par le congrès de Genève de 1937.

Ce congrès était financé par une structure capitaliste qui, par ce procédé, créa une place de notable révolutionnaire international et islamiste pour Messali Hadj.

Il fit de ce dernier un personnage dont personne ne pouvait se passer en Algérie, pour combattre la France.

Messali était évidemment sous le coup d’un mandat d’arrêt français depuis quelques années. Nous avons vu comment, grâce à l’Etoile Nord Africaine de Saint-Ouen, il avait pu sortir de France.

Son « emploi par Staline », nous l’avons souligné, ne fut pas un succès, loin de là. Mais Chekib Arslan trouva en lui un agent devenu prestigieux, qu’il fallait incorporer dans la révolution islamiste internationale qu’il prétendait organiser à partir de Genève. Alors que lui-même, l’émir, était condamné à mort par contumace, pour avoir pris les armes contre la France lors de son rejet du mandat qui avait été octroyé à notre pays, par la SDN, d’administrer le Liban et la Syrie.

Révolution islamiste revitalisée, surtout, depuis la naissance du nouvel état d’Israël. Celui-ci fut à l’origine d’une coalition qui se structura entre l’Irak, la Transjordanie et l’Egypte. C’était dans le but de combattre Israël justement, avec l’appui militaire de l’Angleterre qui avait besoin d’un oléoduc pour exploiter le pétrole irakien. Un oléoduc qui, pour être rentable, devait relier, à travers la Palestine, les puits de pétrole irakiens au port d’Haïfa sur la Méditerranée.

Asmine El Husseïni, muphti de Jérusalem et l’émir Cheikib Arslan, unirent leurs efforts pour combattre Israël, dès la naissance de cet état. Plus tard, ils n’hésitèrent pas pour combattre à la fois Israël et la France à s’intégrer à Berlin, dans le camp d’Adolphe Hitler en 1939-1945.

Mais, entre temps, au début de l’été 1936, le mandat d’arrêt contre Messali Hadj avait été annulé par le gouvernement français de Léon Blum, nouveau président du conseil socialiste de la IIIème République française.

Messali avait pu rentrer libre en Algérie.

Commencèrent alors les activités du PPA, le Parti du Peuple Algérien, un composant historiquement majeur de l’AML.

L’AML, rappelons-le, qui fut installée par De Gaulle en Algérie sept ans plus tard, en 1943, sur prière poliment et impérativement exprimée par le président Roosevelt.

 

Il est une intervention qu’il ne faut pas négliger : il s’agit en réalité d’un leurre. Le leurre de Ferhat Abbas qui, jusqu’alors, s’était manifesté par des velléités indépendantistes…. maintes fois formulées.

Il avait accédé à une renommée nationale, franco-algérienne, qui fit de lui un interlocuteur constant des agresseurs de la France. Interlocuteur renforcé, un peu plus tard par Farès dont nous connaissons le rôle divers et contradictoire qu’il joua dans l’avenir de l’Algérie.

Ces deux hommes, parmi d’autres, dès l’amnistie de 1946 (celle de la quatrième République) eurent à prendre la précaution d’un contact inévitable avec le nouveau président de l’association des ouléma. Il s’agit d’El Bachir El Ibrahimi de Tocqueville, Ras-El-Oued, au sud de de Bougie, au nord de Setif.

A cette époque, en 1946, Messali était assigné à résidence à Reibell, à l’ouest d’Alger.

Ferhat Abbas intervint comme un relais historique et indispensable et finalement majeur, qui permit d’illustrer l’apparente continuité offerte par les différentes phases de la mise en route de la révolution algérienne.

En exigeant de la part de Ferhat Abbas et de Farès, une adhésion proclamée aux exigences dogmatiques de l’association des ouléma.

Une adhésion malgré une évidente modération de ces deux hommes dans l’observance quotidienne des impératifs du culte musulman.

L’association des ouléma devint la tête pensante islamiste, le moteur spirituel de la révolution algérienne. Elle était dirigée depuis la mort de Ben Baddis en avril 1940, par l’homme des Hauts Plateaux sétifiens, Ibrahim Bachir.

Cette association fut renforcée par la volonté de De Gaulle de l’intégrer en 1943, au dispositif révolutionnaire et guerrier, l’AML, qui avait décidé de faire la guerre contre la France, au nom de la « umma, la nation arabe universelle », pourrait-on traduire.

En 1945, le 8 mai, s’étaient déclenchées les émeutes de Sétif, des Hauts Plateaux sétifiens et de Guelma. C’est-à-dire dans une zone d’influence maximale, celle de Sétif, du président de l’association des ouléma, Ibrahim Bachir.

La première victime de ces tueries fut une petite fille française de Sétif, de confession juive. Elle s’appelait Nackache.

Après la répression des émeutes, répression nécessaire et urgente pour éviter le massacre de milliers de français de toutes confessions, ces mouvements furent dissouts par les autorités françaises.

En 1946, survint une amnistie, lors de la naissance de la IVème République.

Ces mêmes mouvements réapparurent alors, sauf le parti communiste qui s’était manifesté contre le soulèvement du 8 mai 1945. Qui avait même appelé à une répression sévère et qui, grâce à cette prise de position, n’avait pas été interdit en Algérie en 1945.

Tous ces mouvements entrèrent en action sous d’autres sigles, dès le mois de janvier 1947 sous l’autorité spirituelle du nouveau président officiel de l’association des ouléma, El Bachir El Ibrahimi.

L’UDMA de Ferhat Abbas.

C’est l’Union Démocratique du Manifeste Algérien qui prit la suite du Manifeste Algérien de la Liberté, (le MAL) du même Ferhat Abbas.

Le MTLD.

C’est le Mouvement pour le Triomphe des Libertés Démocratiques de Messali Hadj qui prit la suite du PPA.

Soulignons que c’est à partir du MTLD, dont le siège se situe Place de Chartres à Alger, que naquit en 1947 une organisation fondamentale de la révolution algérienne : l’Organisation Secrète.

Celle-ci donna plus tard l’essentiel de l’effectif du CRUA[2, au mois de mars 1954 puis du FLN[3, le 23 octobre 1954.

A l’évocation volontairement très schématique, que je vous propose, de la mise en route de la révolution algérienne, on se rend compte que l’appareil de guerre, ennemi de la France, n’a pas pu se développer ou se structurer et finalement s’implanter en Algérie, si ce n’est avec le consentement passif et lucide, sinon complice, des IIIème et IVème Républiques.

La Vème République s’attribua, sans camouflage, le rôle historique de livrer sur un plateau, les moyens de la victoire à ce nouvel appareil de guerre anti-français, organisé à partir de l’OS du MTLD.

Historiquement la Vème République fut intégrée à la naissance et au développement de la révolution algérienne. Donc à la phase majeure du déclenchement de l’actuelle révolution mondiale, dès 1959.

Comité Révolutionnaire d’Union et d’Action.

 De Gaulle, en 1943, dans cet esprit nous l’avons vu, n’avait pas hésité à donner naissance à l’organisation officielle de l’anti-France, l’AML, sous la pression du président américain, Roosevelt.

Tout logiquement, à partir des ouléma et surtout de l’OS, naquit le FLN, le 23 octobre 1954.

Plus tard, dès l’avènement de De Gaulle, avec le concours de Ferhat Abbas et de Farès, va naître le GPRA : Gouvernement Provisoire de la République Algérienne.

C’était le 18 septembre 1958. Au Caire.

10 jours avant le référendum maudit du 28 septembre 1958.

On oublie, avec une ténacité très instructive, de préciser que le destin de l’Algérie française était déjà scellé dans un écrit que personne ne veut évoquer : il s’agit du document Pompidou, qui, dès le printemps 1958, avant la prise du pouvoir par De Gaulle, précisait les manœuvres à déclencher pour obtenir du FLN une cessation des hostilités, en lui abandonnant l’Algérie évidemment.

Ce plan Pompidou-Brouillet émanait du cabinet privé de De Gaulle. Tout y avait été prévu pour que la guerre fût perdue, et cela dès le printemps 1958.

Il fallut néanmoins quatre ans de pouvoir gaulliste pour perdre officiellement et historiquement cette guerre contre le FLN.

Quatre ans d’opposition d’une élite minoritaire de Français d’Algérie de toutes confessions et de Métropole qui, refusant la défaite mendiée par De Gaulle par l’intermédiaire de Pompidou et des « pompidoliens », opposèrent une résistance illustrée et symbolisée, en dernier recours, par le combat de l’OAS d’Algérie et de Métropole en 1961 et 1962.

Jean-Claude PEREZ

Nice le 12 octobre 2016

 

[i] SDN : Société Des Nations

[2]CRUA : Comité Révolutionnaire d’Union et d’Action

[3]FLN : Front de Libération Nationale


 

N’hésitez-pas à consulter le site du Cercle Algérianiste de Nice et des Alpes Maritimes et tout particulièrement, la classification et études de Raphaël PASTOR et Hervé CUESTA.

 

N’hésitez-pas à consulter le site du Cercle Algérianiste de Nice et des Alpes Maritimes et tout particulièrement, la classification et études de Raphaël PASTOR et Hervé CUESTA.


BIBLIOGRAPHIE

L’assassinat de l’Algérie française, terreau de la conquête islamiste actuelle. 2012

Un des livres du cinquantenaire, à lire et à faire lire.

Vérités tentaculaires sur l’OAS et la guerre d’Algérie

Stratégies et tactiques, 2006 ; 2e Edition

Cet ouvrage a été d’un grand recours dans la rédaction de cette étude

L’islamisme dans la guerre d’Algérie

Logique de la Nouvelle Révolution Mondiale, 2004

Le sang d’Algérie

Histoire d’une trahison permanente, 2006 ; 2e édition

Debout dans ma mémoire

Tourments et tribulations d’un réprouvé de l’Algérie française, 2006 ; 2e édition

Attaques et Contre-attaques

Vérités tentaculaires sur l’OAS et la guerre d’Algérie II, 2008

Editions Dualpha

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Tel. : 09 52 95 13 34 - Fax : 09 57 95 13 34

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Vous pouvez prendre connaissance des deux interview accordées par Jean-Claude PEREZ :

- la première à Monsieur Olivier CAZEAUX : sur Internet tapez « OAS, le docteur PEREZ parle » ;

- la seconde, à Monsieur BESSOU dans le cadre de la préparation d’un film. Monsieur BESSOU a livré à Jean-Claude PEREZ tout le matériau de son exposé visible sur le site www.jean-claude-argenti-sauvain.com.

Mis en page le 12/10/2016 par RP.