Un nouveau cycle d’études : chapitre 18
LE CYCLE
DE L’ADIEU
CHAPITRE
XVIII
L'AML
De nos
jours, on évoque un arabo-islamisme moderne agresseur et conquérant, en se
gardant toutefois de préciser une notion fondamentale.
Une des notions parmi les plus
adultérées qui soient dans le cadre des péripéties historiques, qui méritent
d’être analysées et retenues avec …. « sérieux ».
Une notion qui finit par
s’imposer comme « une pseudo bondieuserie », pourrait-on écrire car elle
consiste, avant tout, à ne jamais porter atteinte à l’image résiduelle d’un
homme politique, responsable majeur de l’agression qui se déploie, par
épisodes, contre l’Occident.
Une agression qui se confirme
chaque jour.
Aujourd’hui en effet, on croit
nécessaire de nous éblouir du souvenir de De Gaulle,
que l’on s’entête à parer de toutes les vertus. Vertus imaginaires, inventées.
Si ce n’est celle d’avoir pris le risque de livrer l’Algérie, un immense territoire
africain, au potentiel, alors inconnu, de l’envahisseur arabo-islamiste
moderne.
Envahisseur dont le processus de
guerre anti-occidentale s’exerce avec un éclat riche de cruauté parfois. Depuis
le massacre newyorkais de 2001, relayé par celui du Bataclan de Paris, en se
gardant d’oublier la Promenade des Anglais de Nice, le 14 juillet 2016.
Refusant, quant à moi, de me satisfaire
des effets pervers, mais surtout sclérosants et infantilisants d’un gaullisme-maladie,
je reste convaincu que la liquidation de l’Algérie française illustre
stratégiquement et avant tout, la perte d’une guerre par la Vème République française.
D’une guerre au contenu spirituel
et religieux majeur, dont la gravité historique n’avait pas été
comptabilisée à sa réelle valeur par les gestionnaires du capitalisme
financier.
C’est-à-dire aussi bien par les
promoteurs que par les déclencheurs exclusifs du délestage économique de
cet immense territoire, qu’était l’Algérie française.
Une solution finale fut
imprudemment envisagée pour le devenir de cet immense territoire géopolitique. Dont la création historique fut exclusivement française.
Solution imprudente parce
qu’elle était et parce qu’elle reste riche avant tout d’une interrogation
historique majeure. Silencieuse aujourd’hui encore.
Celle-ci concerne le rôle futur
de l’Algérie dans la stabilité ou l’instabilité, c’est-à-dire dans l’avenir hypothétique
d’un « Occident nouveau ».
Nous constatons chaque jour un
peu plus que l’Occident n’existe en réalité et ne peut être conçu que pour et par un homme libre.
C’est-à-dire pour et par un
homme moderne.
Comment définir un homme moderne
?
Il se définit par une adhésion
sans marchandage de celui-ci à une laïcité saine, intelligente, et universelle.
Une laïcité qui saura adapter la
foi en Dieu de cet homme moderne, s’il en éprouve une, aux exigences
nécessaires à la santé du monde ….
Une laïcité qui prend ainsi, dès
cet instant, une nouvelle place au sein, sinon à la tête, des constantes socio-biologiques majeures qui régissent la normalité de la
vie humaine.
Normalité nécessaire pour
protéger ce monde contre une subversion pour le … néant.
A l’analyse, tout banalement sérieuse, la
subversion dans laquelle on prétend nous intégrer depuis la liquidation de la
France en Algérie, n’est rien d’autre en effet que l’expression révolutionnaire
d’une dialectique ultime.
Une dialectique ultime, c’est-à-dire
une confrontation ultime qui ne peut aboutir qu’à un néant.
Un néant, ou une absence de vie
confirmée en maintes occasions par nos téléviseurs. Ceux-ci nous transmettent,
en effet, des images recueillies par les merveilleuses mécaniques d’observation,
construites par le génie humain. Des images révélatrices de richesses
géologiques, physiques et chimiques insoupçonnées certes. Pourvoyeuses d’un
enseignement constant et précieux pour nos astrophysiciens.
Mais ces espaces gigantesques interstellaires que nos scientifiques explorent avec compétence,
n’offrent encore pour le moment aucun espace de vie capable d’accueillir
les éventuels rescapés «élus » du monde terrestre actuel.
D’un monde terrestre condamné à
disparaître dans des délais encore lointains…. certes.
Délais sur lesquels nos astrophysiciens et mathématiciens modernes semblent
avoir, cependant, des notions précises.
A quelle date fut prise par De
Gaulle, en tant que subordonné majeur des instances universelles du capitalisme
financier, une décision dont on refuse d’évaluer la responsabilité décisive
qu’elle illustre, dans le déclenchement de l’actuelle révolution mondiale ?
De cette révolution pour un néant
?
Un néant riche avant tout de
données mathématiques et cosmogoniques qui se mettent en place chaque jour un
peu plus ?
Sous nos yeux, grand-ouverts,
s’il-vous-plaît !
Car ce déclenchement ne
s’’exprime pour le moment qu’à travers une révolution arabo-islamiste
fondamentaliste qui claironne une volonté constante de conquérir le monde.
Un arabo islamisme
fondamentaliste que nous ne confondons pas avec la religion musulmane.
Cette décision fut prise en
1943.
En tant que Président du Comité
Français de Libération Nationale, siégeant à Alger, De Gaulle imposa à la
France d’accepter les statuts d’un nouveau parti politique.
Il le fit sous la pression de
Roosevelt.
Pression exercée sur le terrain
algérien par le relais du diplomate Murphy, représentant personnel de Roosevelt
auprès du Maréchal Pétain en juin 1940 tout d’abord, expédié secondairement à
Alger en décembre 1940.
Murphy officialisa donc au
niveau international la décision prise par De Gaulle d’accepter, au nom de la
France, les statuts d’un nouveau parti créé par Ferhat Abbas.
Il s’agit de l’AML, en 1943,
permettez-moi de le préciser encore.
L’AML, c’est-à-dire :
l’association des Amis du Manifeste de la Liberté.
Cette association regroupait
différentes structures politiques, toutes animées d’une volonté première
et exclusive : combattre la France. Rejeter notre patrie de cette terre
algérienne située à 800 kilomètres seulement du port de Marseille.
Rappelons, avec vigueur, car il
importe de l’enseigner, que l’officialisation de l’AML à Alger avait été
nettement refusée par le général Giraud, quelques semaines auparavant. Car
celui-ci avait enregistré et avait pris soin de faire connaître l’identité exclusivement
anti-française de cette association des Amis du Manifeste de la Liberté (AML).
Identité qui ne gêna pas De
Gaulle en 1943, dans son rôle subalterne de déclencheur historique d’une
révolution mondiale qui s’apprêtait déjà, en 1943, à soumettre progressivement
ce qui survivait encore de l’Occident chrétien.
En raison des fonctions
gravissimes qui furent les miennes sous le commandement du général Salan, lors
de la dernière bataille que nous avons livrée pour la sauvegarde de l’Algérie
française, c’est-à-dire pour la sauvegarde d’un Occident au sein duquel la
laïcité serait parvenue à garantir une convivialité inter-religieuse
indispensable à la liberté du monde moderne, je me propose de revenir sur
l’identité de l’AML, dans une perspective rigoureusement pragmatique.
Je rappelle que l’AML était,
théoriquement, constituée en 1943 de quatre partis politiques.
Le PCA, Parti Communiste Algérien d’Amar Ouezzeguéne,
Le PPA, Parti du Peuple Algérien de Messali Hadj
Le Manifeste Algérien de la Liberté de Ferhat Abbas (le MAL)
L’Association des oulémacréée en 1931.
Le PCA, Parti Communiste
Algérien d’Amar Ouezzeguéne.
Ce parti joua son rôle dans ce
combat en tant qu’ennemi de la France et de l’Occident.
Rappelons qu’il ne participa en
rien dans le déclenchement des évènements dramatiques du 8 mai 1945, plus
connus sous le nom des « évènements de Sétif ».
C’est-à-dire, rappelons-le, un
soulèvement déclenché dans le Constantinois, au sud de Bougie, tout près de la
terre de naissance d’Ibrahim Bachir, Tocqueville, Ras-el-Oued. Il s’agissait du président effectif sinon officiel en 1945, de l’association des oulémas,
depuis la mort du président Ben Baddis en 1940, dans
un camp de concentration français.
Ben Baddis,
en effet, avait été neutralisé par le pouvoir français dès le
début de la guerre 1939-1945, en raison des contacts qu’il avait établis avec les services secrets militaires allemands. Comme nous le savons
d’abondance.
Il décéda d’une mort naturelle
alors qu’il était détenu dans un camp.
En 1945, lors du déclenchement
des évènements de Sétif, le 8 mai de cette année-là, Maurice Thorez du parti
communiste français tenait sa place dans un gouvernement français de l’époque,
dirigé par De Gaulle. Il proclama avec violence dans un discours et des écrits
reproduits dans la presse nationale et internationale, la nécessité de réprimer
sans ménagement cette révolte de l’ouest constantinois. De la réprimer, sans
réserve et surtout sans pitié.
Ce sont des évènements que je
rappelle en les résumant à l’extrême, car ils sont de notoriété publique et
indiscutable. Une notoriété historique soumise néanmoins au silence entêté et
pervers des hommes politiques actuels.
Nous sommes informés du rôle que
jouèrent par la suite le parti communiste français et le parti communiste
algérien dans la rébellion algérienne en n’hésitant pas à s’inscrire, par tous
les moyens, dans le camp anti-français.
On n’oublie pas cependant, qu’à
la fin du mois d’octobre 1954, malgré la requête suppliante du secrétaire
général du PCF, Benoîst Frachon, auprès de Krim Ben Kacem au Champ de Manoeuvres à Alger, l’incorporation du parti communiste dans les opérations de
déclenchement de la guerre d’Algérie, avait été rejetée avec mépris par le FLN.
Le parti communiste participa
néanmoins, nous le savons, au combat contre la France. Mais toujours en
situation d’auxiliaire toléré par la rébellion algérienne. En tant
qu’agent majeur à cette époque du processus de désintégration occidentale, il
ne concevait pas en effet, d’être rejeté de cette guerre d’Algérie déclenchée
contre la nation française.
Avec la bénédiction satanique
des chrétiens félons représentés par Duval, Chaulet,
et Scotto… parmi d’autres.
Il y participa donc par des vols
d’armes et des sabotages.
En particulier ceux d’Yveton qui fut condamné à mort et
exécuté à la prison de Barberousse en 1957.
Je rappelle ce dernier évènement
car lors de l’exécution d’Yveton en 1957, je séjournais
moi-même avec treize autres compagnons dans cette même prison de Barberousse. A
propos de ce séjour, je rappelle que nous étions quatorze combattants
clandestins de l’Algérie française, concentrés dans deux cellules, avec de
vulgaires paillasses pour notre sommeil nocturne.
Nous, les combattants
clandestins de la France et de l’Algérie française, ne bénéficiions pas en 1957
du soutien de notre propre communauté.
Les « paillasses », c’était bien
suffisant pour ces activistes qui perturbaient par leur engagement, la quiétude
majoritaire de ceux qui ne voulaient rien faire !
Le parti communiste algérien
réussit néanmoins à jouer un rôle dans des livraisons d’armes au FLN, et dans
des opérations de renseignements.
Initiatives qui se traduisirent
dans les faits, par une augmentation du chiffre des victimes françaises de
toutes confessions, lors des opérations terroristes déclenchées par le FLN.
Un terrorisme de huit ans, je le
rappelle.
Il me paraît utile de ne pas
négliger le rôle joué par une autre formation politique qui prit part au combat
contre la France à partir de la création de l’AML.
L’AML, installée officiellement
par De Gaulle en Algérie, en 1943, je crois utile de le rappeler.
Il s’agit du PPA de Messali Hadj, le Parti du Peuple Algérien.
Messali … fut tout le temps « l’homme des autres ».
Il ne dirigea jamais rien.
Mais il fut et reste encore une
figure historique de la rébellion algérienne… dont nos ennemis avaient grand
besoin et dont ces mêmes ennemis semblent encore avoir
besoin de nos jours.
Et dans ce besoin éprouvé par
nos ennemis, on oublie évidemment la collaboration opérationnelle des maquis
messalistes au combat anti FLN à partir de 1956.
Une
organisation communiste avait été créée près de Paris, à Saint-Ouen, avant la
guerre de 1939-1945. En réalité, il s’agissait d’une structure stalinienne.
Staline, sur son immense
territoire, éprouvait quelques difficultés pour intégrer les musulmans
caucasiens dans la dynamique révolutionnaire du soviétisme. Il fit créer à
Paris, très discrètement, par le parti communiste français, une organisation :
l’ENA.
L’ENA ou l’Etoile Nord Africaine.
L’ENA ne fut rien d’autre qu’une
organisation soviétique créée opportunément dans le but d’y intégrer Messali, déjà connu à Moscou pour son sentiment
fondamentalement anti-français. Pour cette raison, il fut intégré à l’ENA, dont
il illustra une identité historique qu’elle ne méritait pas avant qu’il y fût
lui-même incorporé.
Il bénéficia tout logiquement
d’un appui soviétique immédiat.
On lui promit, en échange de ce
que l’on attendait de lui, un secours soviétique ultérieur dans le cadre de
sa lutte pour l’indépendance algérienne.
En réalité, ce notable musulman
convaincu et pratiquant qu’était Messali, n’avait
rien de communiste. Il fut déguisé néanmoins en un redoutable communiste
clandestin, dans le but d’être utilisé par Staline avec une efficacité
opérationnelle renforcée qu’espérait le « Petit Père des Peuples ».
Celui-ci sollicitait le concours
de Messali pour le faire intervenir, en tant que «
notable musulman algérien indépendantiste anti-français » auprès des
peuples musulmans caucasiens, qui osaient exprimer leur hostilité aux réformes
staliniennes, pour des motifs religieux.
Confirmons donc : on déguisa Messali en communiste qu’il n’était pas, pour obtenir son
intervention auprès des peuples musulmans soviétiques qui étaient encore
opposés aux exigences politico-économiques du soviétisme stalinien.
On lui demanda tout banalement de
se servir de Dieu pour engager les musulmans russo-caucasiens
dans la révolution bolchevique.
Son action fut temporaire car, à
l’évidence, il ne donna pas satisfaction au pouvoir soviétique qui prit soin de
l’évacuer, en silence, vers l’extérieur des frontières de l’URSS.
Vers la Suisse.
Il fut récupéré, en tant que
fondateur et président du PPA, tout naturellement et tout logiquement à Genève
par l’émir Chekib Arslan que l’on ne peut se permettre d’évoquer sans de sévères précautions.
Rappelons, en résumant à
l’extrême, que Chekib Arslan était un Druze libanais, un notable religieux de Beyrouth, qui n’accepta pas le
mandat qui fut octroyé par la SDN[11 à la France, d’administrer la Syrie et le
Liban en vertu du traité de San Remo de 1920.
Il déclencha une guerre syrienne
et libanaise contre la France. Il fut condamné à mort par contumace, après
jugement d’un tribunal militaire français.
Il avait trouvé asile entre
temps à Genève. Il y fonda très rapidement une association : « Association pour
la Libération de l’Afrique du Nord ».
Chekib Arslan bénéficia d’énormes appuis
financiers internationaux qui lui permirent de récupérer Messali en 1936 et de l’introniser en quelque sorte, dans une conjuration
anti-française. En particulier au cours d’un congrès fastueux qu’il organisa,
un an plus tard, à Genève en 1937.
Messali connut ainsi un renouveau révolutionnaire. Car son
rayonnement révolutionnaire justement, fut officialisé et valorisé sur un plan
international à partir de ce congrès.
Si Arslan détenait le pouvoir de relancer Messali et de
l’intégrer dans son combat « Pour la Libération de l’Afrique du Nord occupée
par la France » disait-il, c’était pour une raison majeure : il était
l’homme nouveau de la « nahda ».
La nahda dont il est question de nos jours sous le terme corrigé et imposé « d’enahda ». C’était alors, en 1936 et 1937, « la
renaissance de l’islam ».
Un mouvement pour renforcer
l’idéal islamiste international. Mouvement qui avait été créé antérieurement,
après la victoire des Pyramides, remportée par Bonaparte.
Un mouvement religieux et conquérant
qui voulait, dans un premier temps, assurer la survie de la religion musulmane
et, dans un temps ultérieur, amplifier son rayonnement spirituel et universel.
Et dans un temps devenu actuel,
accéder par la terreur et par la guerre révolutionnaire universelle, à la
domination finale du monde.
Tel est le but opérationnel de l’Enahda actuelle.
La nahda,
fut relancée par le congrès de Genève de 1937.
Ce congrès était financé par une
structure capitaliste qui, par ce procédé, créa une place de notable
révolutionnaire international et islamiste pour Messali Hadj.
Il fit de ce dernier un
personnage dont personne ne pouvait se passer en Algérie, pour combattre la
France.
Messali était évidemment sous le coup d’un mandat d’arrêt français
depuis quelques années. Nous avons vu comment, grâce à l’Etoile Nord Africaine
de Saint-Ouen, il avait pu sortir de France.
Son « emploi par Staline »,
nous l’avons souligné, ne fut pas un succès, loin de là. Mais Chekib Arslan trouva en lui un
agent devenu prestigieux, qu’il fallait incorporer dans la révolution islamiste
internationale qu’il prétendait organiser à partir de Genève. Alors que
lui-même, l’émir, était condamné à mort par contumace, pour avoir pris les
armes contre la France lors de son rejet du mandat qui avait été octroyé à
notre pays, par la SDN, d’administrer le Liban et la Syrie.
Révolution islamiste
revitalisée, surtout, depuis la naissance du nouvel état d’Israël. Celui-ci fut
à l’origine d’une coalition qui se structura entre l’Irak, la Transjordanie et
l’Egypte. C’était dans le but de combattre Israël justement, avec l’appui
militaire de l’Angleterre qui avait besoin d’un oléoduc pour exploiter le
pétrole irakien. Un oléoduc qui, pour être rentable, devait relier, à travers
la Palestine, les puits de pétrole irakiens au port d’Haïfa sur la
Méditerranée.
Asmine El Husseïni, muphti de Jérusalem
et l’émir Cheikib Arslan,
unirent leurs efforts pour combattre Israël, dès la naissance de cet état. Plus
tard, ils n’hésitèrent pas pour combattre à la fois Israël et la France à
s’intégrer à Berlin, dans le camp d’Adolphe Hitler en 1939-1945.
Mais, entre temps, au début de
l’été 1936, le mandat d’arrêt contre Messali Hadj
avait été annulé par le gouvernement français de Léon Blum, nouveau président
du conseil socialiste de la IIIème République française.
Messali avait pu rentrer libre en Algérie.
Commencèrent alors les activités
du PPA, le Parti du Peuple Algérien, un composant historiquement majeur
de l’AML.
L’AML, rappelons-le, qui fut
installée par De Gaulle en Algérie sept ans plus tard, en 1943, sur prière
poliment et impérativement exprimée par le président Roosevelt.
Il est une intervention qu’il ne
faut pas négliger : il s’agit en réalité d’un leurre. Le leurre de Ferhat Abbas
qui, jusqu’alors, s’était manifesté par des velléités indépendantistes…. maintes fois formulées.
Il avait accédé à une renommée
nationale, franco-algérienne, qui fit de lui un interlocuteur constant des
agresseurs de la France. Interlocuteur renforcé, un peu plus tard par Farès dont nous connaissons le rôle divers et
contradictoire qu’il joua dans l’avenir de l’Algérie.
Ces deux hommes, parmi d’autres,
dès l’amnistie de 1946 (celle de la quatrième République) eurent à prendre la
précaution d’un contact inévitable avec le nouveau président de l’association des ouléma. Il s’agit d’El Bachir El Ibrahimi de Tocqueville, Ras-El-Oued, au sud de de Bougie, au
nord de Setif.
A cette époque, en 1946, Messali était assigné à résidence à Reibell,
à l’ouest d’Alger.
Ferhat Abbas intervint comme un
relais historique et indispensable et finalement majeur, qui permit d’illustrer
l’apparente continuité offerte par les différentes phases de la mise en route
de la révolution algérienne.
En exigeant de la part de Ferhat
Abbas et de Farès, une adhésion proclamée aux
exigences dogmatiques de l’association des ouléma.
Une adhésion malgré une évidente
modération de ces deux hommes dans l’observance quotidienne des impératifs du
culte musulman.
L’association des
ouléma devint la tête pensante islamiste, le moteur spirituel de la
révolution algérienne. Elle était dirigée depuis la mort de Ben Baddis en avril 1940, par l’homme des Hauts Plateaux sétifiens, Ibrahim Bachir.
Cette association fut renforcée
par la volonté de De Gaulle de l’intégrer en 1943, au
dispositif révolutionnaire et guerrier, l’AML, qui avait décidé de faire la
guerre contre la France, au nom de la « umma, la
nation arabe universelle », pourrait-on traduire.
En 1945, le 8 mai, s’étaient
déclenchées les émeutes de Sétif, des Hauts Plateaux sétifiens et de Guelma. C’est-à-dire dans une zone d’influence maximale, celle de Sétif,
du président de l’association des ouléma, Ibrahim Bachir.
La première victime de ces
tueries fut une petite fille française de Sétif, de confession juive. Elle
s’appelait Nackache.
Après la répression des émeutes,
répression nécessaire et urgente pour éviter le massacre de milliers de
français de toutes confessions, ces mouvements furent dissouts par les
autorités françaises.
En 1946, survint une amnistie,
lors de la naissance de la IVème République.
Ces mêmes mouvements
réapparurent alors, sauf le parti communiste qui s’était manifesté contre le
soulèvement du 8 mai 1945. Qui avait même appelé à une répression sévère et
qui, grâce à cette prise de position, n’avait pas été interdit en Algérie en
1945.
Tous ces mouvements entrèrent en
action sous d’autres sigles, dès le mois de janvier 1947 sous l’autorité
spirituelle du nouveau président officiel de l’association des
ouléma, El Bachir El Ibrahimi.
L’UDMA de Ferhat Abbas.
C’est l’Union Démocratique du
Manifeste Algérien qui prit la suite du Manifeste Algérien de la Liberté,
(le MAL) du même Ferhat Abbas.
Le MTLD.
C’est le Mouvement pour le
Triomphe des Libertés Démocratiques de Messali Hadj
qui prit la suite du PPA.
Soulignons que c’est à partir du
MTLD, dont le siège se situe Place de Chartres à Alger, que naquit en 1947 une
organisation fondamentale de la révolution algérienne : l’Organisation Secrète.
Celle-ci donna plus tard
l’essentiel de l’effectif du CRUA[2, au mois de mars 1954 puis du FLN[3, le 23
octobre 1954.
A l’évocation volontairement
très schématique, que je vous propose, de la mise en route de la révolution
algérienne, on se rend compte que l’appareil de guerre, ennemi de la France,
n’a pas pu se développer ou se structurer et finalement s’implanter en Algérie,
si ce n’est avec le consentement passif et lucide, sinon complice, des IIIème
et IVème Républiques.
La Vème République s’attribua,
sans camouflage, le rôle historique de livrer sur un plateau, les moyens de la
victoire à ce nouvel appareil de guerre anti-français, organisé à partir de
l’OS du MTLD.
Historiquement la Vème
République fut intégrée à la naissance et au développement de la révolution
algérienne. Donc à la phase majeure du déclenchement de l’actuelle révolution
mondiale, dès 1959.
Comité Révolutionnaire d’Union et d’Action.
De Gaulle, en 1943, dans cet esprit nous
l’avons vu, n’avait pas hésité à donner naissance à l’organisation officielle
de l’anti-France, l’AML, sous la pression du
président américain, Roosevelt.
Tout logiquement, à partir des ouléma et surtout de l’OS, naquit le FLN, le 23 octobre
1954.
Plus
tard, dès l’avènement de De Gaulle, avec le concours
de Ferhat Abbas et de Farès, va naître le GPRA : Gouvernement
Provisoire de la République Algérienne.
C’était le 18 septembre 1958. Au
Caire.
10 jours avant le référendum
maudit du 28 septembre 1958.
On oublie, avec une ténacité
très instructive, de préciser que le destin de l’Algérie française était déjà
scellé dans un écrit que personne ne veut évoquer : il s’agit du document Pompidou, qui, dès le printemps 1958, avant la prise du pouvoir par De Gaulle,
précisait les manœuvres à déclencher pour obtenir du FLN une cessation des
hostilités, en lui abandonnant l’Algérie évidemment.
Ce plan Pompidou-Brouillet
émanait du cabinet privé de De Gaulle. Tout y avait
été prévu pour que la guerre fût perdue, et cela dès le printemps 1958.
Il fallut néanmoins quatre ans
de pouvoir gaulliste pour perdre officiellement et historiquement cette guerre
contre le FLN.
Quatre ans d’opposition d’une
élite minoritaire de Français d’Algérie de toutes confessions et de Métropole
qui, refusant la défaite mendiée par De Gaulle par l’intermédiaire de Pompidou
et des « pompidoliens », opposèrent une résistance illustrée et
symbolisée, en dernier recours, par le combat de l’OAS d’Algérie et de
Métropole en 1961 et 1962.
Jean-Claude PEREZ
Nice le 12 octobre 2016
[2]CRUA
: Comité Révolutionnaire d’Union et d’Action
[3]FLN : Front de Libération Nationale
N’hésitez-pas à consulter le site du Cercle
Algérianiste de Nice et des Alpes Maritimes et tout particulièrement, la
classification et études de Raphaël PASTOR et Hervé CUESTA.
N’hésitez-pas à
consulter le site du Cercle Algérianiste de Nice et des Alpes Maritimes et tout
particulièrement, la classification et études de Raphaël PASTOR et Hervé CUESTA.
L’assassinat de l’Algérie française, terreau de la conquête
islamiste actuelle. 2012
Un des livres du cinquantenaire, à lire et à faire lire.
Vérités tentaculaires sur l’OAS et la guerre d’Algérie
Stratégies et tactiques, 2006 ; 2e Edition
Cet ouvrage a été d’un grand recours dans la rédaction de cette
étude
L’islamisme dans la guerre d’Algérie
Logique de la Nouvelle Révolution Mondiale, 2004
Le sang d’Algérie
Histoire d’une trahison permanente, 2006 ; 2e édition
Debout dans ma mémoire
Tourments et tribulations d’un réprouvé de l’Algérie française, 2006 ; 2e édition
Attaques et Contre-attaques
Vérités tentaculaires sur l’OAS et la guerre d’Algérie II, 2008
Editions
Dualpha
Boite
37
16
bis rue d’Odessa
75014
PARIS
Tel.
: 09 52 95 13 34 - Fax : 09 57 95 13 34
Mail
: infos@dualpha.com
Site internet : www.dualpha.com
Vous
pouvez prendre connaissance des deux interview accordées par Jean-Claude PEREZ :
-
la première à Monsieur Olivier CAZEAUX : sur Internet tapez « OAS, le docteur
PEREZ parle » ;
- la seconde, à Monsieur BESSOU dans le cadre de la préparation d’un film. Monsieur BESSOU a livré à Jean-Claude PEREZ tout le matériau de son exposé visible sur le site www.jean-claude-argenti-sauvain.com.
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