Un nouveau cycle d’études : chapitre 19
LE CYCLE DE L’ADIEU
CHAPITRE XIX
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hier
…la décadence des wisigoths espagnols
généra l’islamisation endogène de l’Espagne…
demain
…la décadence occidentale…
est-elle sur le point de générer une soumission
de l’Europe au djihad islamiste ? |
Au cours de l’étude précédente, l’étude XVIII du « Cycle de l’Adieu », j’ai proposé une synthèse. Celle-ci prétendait rappeler l’agression qui fut planifiée contre la France. A partir de 1943.
Une agression mise en route à l’initiative du général De Gaulle. Celui-ci ne fit que se soumettre, en cette circonstance, aux exigences de Franklin Roosevelt quand il conféra à l’association des
« Amis du Manifeste de la Liberté »
un caractère officiel qui permit à cette AML de jouer un rôle majeur dans l’exclusion de la France du continent africain.
Il n’est pas inutile de rappeler qu’en 1930, les cérémonies commémorant le centenaire du débarquement de Sidi-Ferruch avaient provoqué un « enthousiasme totalement français » du peuple multiconfessionnel d’Algérie. Sous la forme d’un élan patriotique qui aurait pu garantir la pérennité de l’implantation française en Afrique, dans un premier temps. Suivie d’une implantation occidentale en Afrique, dans un deuxième temps. A partir de cette immense contrée. L’Algérie.
L’Algérie, dont le rôle géopolitique s’annonçait, déjà en 1930, comme majeur sinon primordial, dans le devenir historique du monde méditerranéen et africain.
Nos gouvernants français ne furent pas perméables à cette conviction, qui exigeait, pour être éprouvée, une étude approfondie, sincère et convaincue, du problème unique qui dominait l’histoire de l’Algérie française. Problème qui ne fut jamais résolu.
Nous évoquons le problème religieux.
C’est-à-dire le problème d’une symbiose nécessaire, à constater d’abord et à conforter ensuite entre :
d’une part la terre et les hommes qui y vivaient,
et d’autre part, les trois convictions religieuses qui s’y exprimaient,
La juive, la chrétienne et la musulmane, par ordre d’ancienneté historique.
Il serait d’une imprudence dangereuse de se persuader que ce problème religieux ne se pose pas… ou ne se pose plus… de nos jours en France, en Europe, au niveau universel.
D’une manière que l’on peut qualifier de systématique en Algérie, on a refusé de conférer tout son potentiel générateur d’intégration à une notion.
Une notion, ou plutôt un concept qui ne fut jamais étudié avec sérieux et compétence en Algérie.
Le concept de laïcité.
La laïcité, fondement théorique et philosophique de l’esprit moderne, fut victime en Algérie, d’une méconnaissance dans un premier temps, accompagnée d’une atrophie volontaire et constante de son sens fondamental, dans un second temps.
Car on a expérimenté dans les faits et pendant des dizaines d’années en Algérie, une « laïcité sélective ».
Laïcité sélective, car elle octroyait aux musulmans le droit d’affirmer, d’exhiber même dans tous les actes de la vie quotidienne et à toute heure, leur identité de musulmans.
Pendant le même temps, à partir de la IIIème République surtout, on a marchandé ou plutôt limité l’expression quotidienne du culte chrétien. Celui-ci fut astreint à des exigences restrictives de ses manifestations publiques quotidiennes.
Ce fut une laïcité sélective certes, mais une laïcité servilement tolérante pour les pratiquants du culte musulman et nettement restrictive, répétons-le, pour les fidèles des cultes chrétien et juif.
On s’entête encore, de nos jours, dans le refus d’une affirmation qui est celle-ci : la laïcité a fini par accéder, tout naturellement, à l’identité d’une constante biologique prioritaire.
Nous l’avons fortement formulé en maintes occasions.
C’est à partir de cette constante biologique, la laïcité, qu’auraient dû être définies, en Algérie, les conditions d’un vécu, intelligemment harmonisé, des différentes convictions religieuses.
Dans la mesure où ces convictions se révélaient conformes aux exigences scientifiques, techniques, éducatives et sanitaires c’est-à-dire aux exigences fondamentales et non religieuses de la vie.
La laïcité, oui, c’est une constante biologique.
Elle doit être reconnue comme telle et défendue comme telle, parce que c’est à partir d’elle seulement que peut se concevoir une expression, viable pour tous, de l’incontournable composante religieuse de la vie moderne.
Nous voulons souligner que cette conception biologique de la laïcité est seule capable de garantir une convivialité interconfessionnelle durable et nécessaire à la paix d’un peuple : le peuple français en l’occurrence.
Elle doit se situer en conséquence, au sommet des exigences légales auxquelles doivent se conformer les expressions confessionnelles de la vie.
Car elle seule, la laïcité, jouit d’un pouvoir à la fois conservateur et protecteur de la liberté.
Cette détermination que j’exprime, de reconnaître à la laïcité la valeur d’une constante biologique, m’invite à une initiative audacieuse et néanmoins nécessaire dans le contexte de « djihad islamiste » que nous connaissons :
résumer en quelques pages, comment l’Espagne est devenue volontairement musulmane, en quasi-totalité, vers la fin du VIIè siècle.
Une première précision :
écrire, enseigner, affirmer, et soutenir qu’au début du VIIIè siècle l’Espagne fut occupée par un envahisseur musulman et arabe, illustre une contre-vérité majeure.
Il n’est pas inutile de rappeler qu’au VIè siècle, le royaume visigoth ibérique vécut le drame du prince héritier Herménégild. Celui-ci fut tué sur ordre de son père, le roi Léovigild, parce qu’il avait renié la foi de l’arianisme.
Ce prince Herménégild avait épousé une princesse franque, Ingonthe, fille de Sigebert, roi d’Austrasie. Cette princesse était une chrétienne convaincue. Elle réussit à convertir son époux au catholicisme romain. Ce qui exacerba l’appétit de pouvoir du fils cadet de Léovigild, Récarède.
Celui-ci convainquît le roi de faire exécuter son fils aîné Herménégild, pour le motif majeur que celui-ci s’affirmait comme un renégat de l’arianisme.
Ce que fit le roi Léovigild.
Vers cette époque, au VIè siècle donc, la foi arienne telle qu’elle s’exprimait en Espagne visigothe, était devenue conquérante.
Après la mort du roi Léovigild, qui décéda du chagrin provoqué par l’exécution de son propre fils aîné, son cadet Récarède prit légitimement le pouvoir.
Il tomba à son tour sous l’influence spirituelle de sa belle-soeur, la veuve Ingonthe, animée d’une ardente foi chrétienne. Elle réussit l’exploit de convertir son royal beau-frère Récarède, au catholicisme.
L’Espagne vécut ainsi une abjuration solennelle de l’arianisme, à l’initiative du nouveau souverain Récarède, lors du concile de Tolède, en 589.
La religion catholique devint dès lors, la religion officielle du royaume ibérique. Le baptême chrétien « de tous » fut proclamé obligatoire sous peine de mort, lors de ce célèbre concile de Tolède.
L’arianisme survécut néanmoins au sein d’une fraction très importante sinon majoritaire, des forces armées visigothes. Tout particulièrement au sein de la cavalerie gothe qui, à la fin du VIIè siècle était commandée par Tarik.
Tarik était le duc de Tanger. Son territoire se situait de part et d’autre du détroit de la Méditerranée qui sépare la péninsule ibérique de la côte africaine. Il était de souche gothe et n’avait rien d’arabe.
Insistons donc : l’homme du « Djebel At Tarik », qui donna son nom au détroit de Gibraltar, était un visigoth arien adhérant tout naturellement à l’islam, dans un but opérationnel précis : vaincre et soumettre le christianisme romain.
Coïncidaient ainsi deux pouvoirs en Ibérie :
- d’une part un pouvoir officiel chrétien, qui s’affirma très rapidement instable,
- d’autre part, une élite militaire arienne, ennemie du christianisme, qui restait menaçante.
Les Goths ariens pratiquaient couramment la polygamie, ne croyaient pas en « Jésus Fils de Dieu ». Ils ne croyaient pas dans le culte chrétien tel que celui-ci avait été précisé au IVè siècle, lors du concile de Nicée, (325-326) et confirmé plus tard par le concile de Chalcédoine en 451.
L’ennemi fondamental et unique de la religion catholique romaine, était donc illustré par l’arianisme.
Ces deux courants religieux se disputaient une clientèle de païens, à l’échelon européen. Ceux-ci cherchaient, dans leur immense majorité, à s’intégrer dans ce courant moderne qu’était devenu le monothéisme.
Ils avaient le choix, depuis le IVè siècle, entre l’arianisme et le christianisme romain.
Un christianisme qui avait vu son potentiel de rayonnement spirituel s’atténuer considérablement. S’atténuer parce qu’il avait été poignardé dans le dos par son propre installateur dans l’empire romain, Constantin lui-même.
Cet empereur, à la fin de sa vie, se convertit à l’arianisme, nous le savons. Il condamna le concile de Nicée qu’il avait lui-même convoqué, en 325-326 rappelons-le. Constantin fut baptisé « arien » sur son lit de mort, par l’évêque Eusèbe de Nicomédie, le successeur d’Arius au IVè siècle.
Il est important de le souligner encore.
Car, par ce baptême arien, un énorme potentiel humain déserta la collectivité catholique romaine, à l’est de l’Europe, et dans les premiers contreforts asiatiques du Proche et du Moyen-Orient.
Un marché était constamment ouvert pour une récupération religieuse des païens balkaniques et orientaux.
Récupération,
soit pour le compte du christianisme romain qui prêchait la foi en Jésus, fils de Dieu et en la Sainte Trinité,
soit pour le compte des ariens ou arianistes qui niaient la filiation de Dieu en Jésus Christ.
Cette compétition pour l’acquisition d’une clientèle religieuse, eut pour conséquence :
d’une part, la naissance d’un arianisme balkanique oriental et vigoureux,
d’autre part, le choix des Khazars, un peuple de païens regroupés dans une monarchie populaire, très structurée, à l’ouest de la Volga et plus particulièrement dans la plaine du Don.
Ces païens khazars connurent plusieurs décennies de doute. Un doute partagé entre l’arianisme et le christianisme romain. En dernier ressort, ils décidèrent et formulèrent avec conviction que ces deux expressions de la foi en Dieu étaient trop riches en incertitudes.
Ils optèrent, en conséquence de cette conviction, pour le judaïsme, la religion mère.
Avec la complicité souterraine des ariens qui craignaient de voir le christianisme hautement renforcé par l’adhésion éventuelle des Khazars.
C’est ainsi que naquit la collectivité religieuse et moderne des Juifs Askhénazes qui se rallièrent à l’Ancien Testament et à la loi de Moïse.
C’était vers la fin du IXè siècle donc. Naissance et rayonnement des juifs askhénazes qui, ethniquement, n’étaient pas des sémites.
Cette collectivité nouvelle, intégrée au judaïsme, fut confortée dans son choix ainsi que dans le vécu de sa nouvelle spiritualité, par le soutien d’Hasdaï ibn Shaprunt.
Celui-ci, Hasdaï ibn Shaprunt, juif séfarade né à Jaen en Andalousie, exerçait la fonction de vizir du calife de Cordoue, Abderrahmane III. C’est-à-dire qu’il jouait le rôle d’un premier ministre juif auprès d’un chef d’état espagnol de confession musulmane.
L’intelligence, l’immense savoir de ce médecin juif séfarade, Ibn Shaprunt, lui permirent d’intervenir par ses conseils, auprès de la nouvelle collectivité juive askhénaze, dès le début du XIè siècle, et d’enrichir cette nouvelle collectivité de ses richesses bibliques et intellectuelles personnelles.
Ce fut une opération majeure, hostile au christianisme, mise en oeuvre d’une part par les juifs séfarades espagnols à l’initiative d’Hasdaï ibn Shaprunt, et d’autre part, à l’initiative aussi de ceux qui venaient de rallier la foi juive à partir de leur refus simultané du christianisme et de l’arianisme : les juifs askhénazes.
Entre temps, vers 580, un conducteur de caravanes animé d’un profond mysticisme, Mohamed, avait rencontré des moines ariens ou arianistes, en Arabie, où il était né.
Ceux-ci, à partir de cette rencontre, entreprirent d’enrichir le mysticisme réel et vécu de Mohamed, en lui communiquant leurs propres convictions. Ils apportèrent, sans aucun doute, au prophète, les précisions dont celui-ci avait une grande nécessité pour formuler son enseignement.
Mohamed apprit à connaître la bible que lui enseignèrent les ariens. Comme eux, il rejeta le dogme de la Sainte Trinité.
Il se déclara dès lors, le porte-parole unique de la foi en Dieu tel qu’il l’éprouvait lui-même. A Médine, en particulier, Mohamed jouit du concours, en 610, d’un intermédiaire de Dieu, Jibril, l’archange Gabriel, dont le Prophète affirma qu’il s’agissait de celui qui lui transmettait la parole de Dieu à titre personnel.
Selon les enseignements du coran.
Très rapidement, les ariens devinrent les principaux relais humains, « la masse », du nouveau culte dont Mohamed était devenu l’annonceur et le prophète.
Culte transmis, universellement, à partir du IIIème calife Uthman, en langue arabe littérale que le Prophète ne parlait pas.
Il est important de préciser, une fois de plus, que Mohamed ne s’exprimait pas en langue arabe littérale pour la raison toute simple qu’il ne la connaissait pas. Il s’exprimait en khoraïchite ou en araméen, vraisemblablement.
La langue arabe littérale devint ainsi, après la mort du Prophète, un moyen d’universalisation majeure du nouveau culte musulman, à partir de la décision du IIIème calife.
Elle contribua à conférer à l’islam une expression universelle qui enrichit son enseignement, bien au-delà de l’Arabie.
On pourrait presque dire que l’Espagne arabe n’a jamais existé.
Puisque l’Espagne n’a jamais connu d’invasion ou d’occupation arabe.
Tout s’est passé comme si le drame vécu par le roi Léovigild au VIè siècle et la félonie de son cadet Récarède, avaient suffi à favoriser une islamisation culturelle, linguale, philosophique et élitiste des Ibériques ariens ou arianistes, à partir de 622, date de l’Hégire.
L’Espagne, cette Ibérie mystérieuse, fut décrite par un historien français, Legendre, auteur d’une « Histoire de l’Espagne » que j’ai lue il y a 60 ans environ.
Cet auteur avait soutenu une thèse à la fois originale et vigoureuse :
« l’Espagne, ce n’est pas une presqu’île, c’est une plusqu’île ».
Il insistait sur le sens qu’il fallait attribuer, parce que c’était le vrai, aux deux termes celtibères « Ibérie » et « Hispanie ».
D’après lui, l’un de ces deux termes, j’ignore lequel évidemment, évoquait l’idée d’un « défilé étroit » permettant un accès certes, mais un accès très difficile vers un territoire donné.
L’autre terme évoquait la notion d’une « île cachée ». Une île difficile à repérer et à aborder.
Il insistait par cette description, sur une notion d’isolement géographique de la péninsule ibérique, qui fut à l’origine d’une particularité historique qui fit que « ce qui s’y passait fut très souvent différent de ce qui se passait chez les autres ».
Il est difficile de soutenir que les Visigoths, « los godos » aient tenu un rôle majeur pendant leur souveraineté, dans l’élaboration du phénomène historique exceptionnel qui définit l’Espagne du Moyen Age.
Au VIè siècle survint, il est nécessaire de le rappeler, ce drame que nous connaissons.
Le roi Léovigild avait deux fils. Tous les membres de sa familles étaient ariens ou arianistes : le roi Léovigild, la reine Goswinthe, Herménégild l’aîné, Récarède le cadet. C’est-à-dire qu’ils ne croyaient pas en Jésus-Christ fils de Dieu. Ils rejetaient le concept de la Sainte Trinité.
Ils n’acceptaient donc pas le catholicisme apostolique et romain et n’adhérèrent jamais aux enseignements du concile de Nicée (325–326) convoqué et organisé par Constantin, l’Empereur.
Concile renié par l’empereur Constantin lui-même, un an plus tard, sur son lit de mort, quand il reçut le baptême arien, de la main du successeur d’Arius, l’évêque arien, Eusèbe de Nicomédie.
Il est nécessaire d’insister dans le rappel de cet évènement négligé par une majorité d’historiens, car il permet d’évoquer les conséquences imprévisibles que peut générer une trahison, quand elle est accomplie par un chef d’état paré par le « qu’en-dira-t-on » obséquieux des soumis, de toutes les vertus malgré sa trahison majeure.
Les souverains goths étaient donc ariens. Ils pratiquaient la polygamie, mais ne persécutaient pas pour autant les souverains voisins qui étaient chrétiens. De manière à ne pas altérer des relations nécessaires avec ces mêmes souverains.
Ces monarques ibériques avaient en effet des filles et des fils à marier et les exigences de voisinage avec la Gaule en particulier, rendait des unions possibles voire inévitables entre des héritiers et des héritières de souverains voisins, qu’ils fussent chrétiens ou ariens.
C’est en 589, à partir du concile de Tolède, convoqué par Récarède appuyé par l’évêque catholique Saint-Isidore, que s’organisa, en riposte armée à ce concile, une véritable opposition arienne ibérique. Une opposition militaire, Soulignons-le encore. Contre le pouvoir officiellement chrétien.
Une opposition dans le but de régler son compte, dès que possible, au catholicisme romain ibérique.
D’autant plus que les Goths ariens tenus en éveil par leur hostilité au christianisme à l’image des populations côtières en particulier, devenaient de plus en plus réceptifs aux messages transmis par des voyageurs commerciaux ou de simples migrants en provenance du Proche Orient. Ceux-ci rapportaient que là-bas, chez eux, en Arabie, un prophète arabe, conseillé et instruit par l’archange Gabriel, Jibril, enseignait ou plutôt propageait une religion superposable à celle que professaient en Ibérie les ariens espagnols.
Tout naturellement se développèrent des adhésions enthousiastes au message du Prophète de Médine dans lequel tous reconnurent un messager de Dieu.
Naquit ainsi à partir de la masse des ariens ibériques, une masse musulmane espagnole adhérente à l’enseignement du prophète lointain d’Arabie.
Se déploya de cette manière un islam ibérique qui ne fut jamais implanté dans la péninsule espagnole par une invasion ou par une conquête arabe.
Les ariens ibériques devinrent tout naturellement musulmans. Comme le prophète était arabe, que son enseignement était transmis en langue arabe littérale, ils se déclarèrent « arabes ».
L’islam leur offrait la possibilité d’exprimer leur foi et surtout de la renforcer en même temps, par la cavalerie gothe de Tarik, duc de Tanger, rallié précocement au message du prophète de la Mecque et de Médine, en raison de la proximité des terres de son duché avec la Berbérie nord-africaine.
Une guerre civile larvée se déclencha et se termina par un dernier combat entre le roi goth Rodrigue, et les féodaux goths ariens qui, entre temps, avaient adhéré à l’islam. Et se déclaraient « arabes ».
L’Espagne anti-catholique, l’Espagne musulmane, après sa victoire sur le roi Rodrigue à Guadalète en 711, confirma, dans sa presque totalité, sa conformité aux lois de l’islam.
Dans cet esprit, s’était déjà constitué le califat de Cordoue en 711.
Un Califat qui exerça le pouvoir musulman en Espagne. Un pouvoir d’origine rigoureusement endogène, pendant plus de trois siècles.
Prétendre évoquer le glorieux combat de Covadonga (722), correspond en réalité, à la volonté d’étudier une opération de guerre civile espagnole.
Depuis 711, en effet, l’Espagne n’était plus un royaume goth. Le territoire était devenu « en douceur », pourrait-on dire, un califat musulman.
Le Califat de Cordoue, qui vécut jusqu’en 1036.
Insistons sur une précision : il survécut en tant que « califat » pendant plus de trois siècles.
Par la suite intervinrent des migrants musulmans nord-africains, des Berbères, motivés par des impératifs religieux, ou plutôt par des motivations intégristes islamistes.
Les Almoravides tout d’abord.
Il s’agissait d’une population nord-africaine occidentale qui émigrait de Mauritanie vers le Maghreb et l’Espagne. En quête de territoires plus accueillants pour survivre. Une population qui, évidemment, n’avait rien d’arabe. Mais qui était conduite par des talebs, c’est-à-dire des experts religieux, enseignants de l’islam qui, au cours de leur migration, exaltaient au milieu des populations ouest-africaines et ibériques, leur foi dans les commandements du Prophète d’Arabie, Mohamed.
Ces talebs s’exprimaient en langue arabe littérale et enrichissaient l’expression orale et écrite des musulmans maghrébins et ibériques, dans leur adhésion aux enseignements du guerrier de Yatrib.
Plus tard, à partir de 1147, intervinrent les Almohades, Berbères eux-aussi.
Ils exigèrent un absolutisme absolu dans le vécu de leur foi. Ils ne toléraient aucune compromission. Ils organisèrent aussi bien en Berbérie qu’en Espagne, des autodafés, avec destruction massive d’ouvrages littéraires, scientifiques, philosophiques et religieux, jugés non conformes à leurs exigences dogmatiques.
Ils structurèrent des tribunaux de « contrôle de sincérité ». Ils condamnèrent à l’exil le scolastique musulman Averroès, et le scolastique juif Maïmonide, deux victimes, célèbres et chanceuses, de l’épuration almohade. Chanceuses, parce que chacune de ces deux célèbres victimes échappèrent au bûcher expiatoire qui était un traitement courant de ceux qui ne se soumettaient pas aux exigences dogmatiques almohades.
Ces tribunaux de contrôle de sincérité servirent de modèle, plus tard, aux Tribunaux du Saint-Office de l’Inquisition espagnole.
Il est important de souligner que les Almohades refusèrent de s’exprimer en langue arabe. Ils s’exprimèrent en langue berbère, leur langue.
Les Berbères almohades, berbérophones exclusifs et arabophobes fanatiques, fondèrent un empire de 1147 à 1268. Un empire étendu des Pyrénées à la Tripolitaine.
Vitiza, avant-dernier souverain d’un reliquat du royaume goth, du nord de l’Espagne, avait des comptes personnels à régler avec Favila, le duc de Cantabrie.
Celui-ci prétendait s’approcher de très près de la reine, l’épouse de Vitiza. On rapporte que Favila aurait subi une raclée de la part du royal-mari, indisposé par la fidélité défaillante de son épouse.
Cet évènement aurait provoqué le départ vers Cordoue du fils de Favila, Pelayo ou Pelage. Comme il était de coutume chez les Goths, le successeur immédiat ne portait pas le nom du père. Le patronyme familial réapparaissait dans la génération suivante. C’est ainsi que le fils de Pelayo s’appela Favila, comme son grand-père, le rival de Vitiza.
Pelayo ou Pelage… nous évoquons là le vainqueur historique de Covadonga !
Il fut à la tête de cette bataille du 28 mai 722, qui est évoquée aujourd’hui, à juste titre, comme le départ historique de la « reconquista », c’est-à-dire de la reconquête chrétienne de l’Espagne… qui nécessita huit siècles de conflits entre, «Arabes et Chrétiens », entre « Moros y Cristianos ».(en français « les Maures et les Chrétiens » )
Sans nous égarer dans la relation d’une foule de sous-évènements, il est utile de connaître certaines « particularités » historiques de ces personnages Vitiza et Pelayo.
Vitiza, souverain goth d’une enclave gallo-asturienne résiduelle, régnait en réalité sur un territoire mis en situation de protectorat sous l’autorité du calife de Cordoue.
Son frère, Oppas, était un évêque arien de grande influence. Un notable religieux dont l’autorité majeure consistait à faire accepter par les chrétiens espagnols, le pouvoir exercé par les potentats musulmans sur la majorité du territoire espagnol.
Il illustrait une personnalité très influente de l’hérésie arienne.
Hérésie arienne qui accentua son essor universel à partir de la conversion de Constantin 1er, empereur romain, dès 326.
Il s’agit d’un évènement historique qu’il ne faut pas oublier.
Constantin fut le plus grand félon du christianisme romain. Christianisme auquel il avait donné un élan enthousiaste par l’intermédiaire du concile de Nicée, en 325. Concile qu’il renia un an plus tard, par le baptême arien que lui donna, sur son lit de mort, le successeur d’Arius, Eusèbe de Nicomédie.
Par cette décision, il provoqua un rayonnement inespéré de l’arianisme qui permit à des évêques ariens, comme Oppas, quatre siècles plus tard, de favoriser l’implantation de l’islam aux dépens du christianisme, sur toute l’étendue du royaume ibérique.
Oppas, frère du roi Vitiza, était « l’homme des musulmans » c’est-à-dire qu’il était l’homme de propagande des tenants réels du pouvoir ibérique depuis 711, date de naissance théorique du Califat de Cordoue.
Avant la bataille de Covadonga, Pelayo, duc de Cantabrie, dut se soumettre aux exigences du califat, qui exerçait un pouvoir péninsulaire par l’intermédiaire de gouverneurs provinciaux.
Pelayo devint très rapidement hostile aux exigences du califat. Cette hostilité s’aggrava quand il apprit que Munuza, un gouverneur castillan musulman, voulait incorporer sa soeur dans son harem.
Il eut néanmoins l’obligation de se soumettre à une convocation du calife. Le calife, c’est-à-dire le véritable souverain espagnol. Il se rendit donc à Cordoue. Il fit partie d’un effectif d’otages rassemblés par le pouvoir musulman dans le but de garantir l’obéissance de notables goths chrétiens, encore réticents à l’égard du pouvoir musulman.
Quand il apprit l’incorporation de sa soeur dans le harem de Munuza, Pelayo rejoignit le nord de la Castille et prit la tête d’une révolte chrétienne contre le pouvoir musulman.
Oppas, l’évêque arien, frère du roi Vitiza, vint tenter une médiation à Covadonga en 722. Il fut capturé par les révoltés chrétiens et … je ne suis pas informé du sort qui fut le sien après la victoire de Covadonga.
L’exploit chrétien de Covadonga représente l’évènement fondamental de la naissance de l’Espagne. La première étape d’une reconquête qui se termina en 1492, par la prise de Grenade accomplie sous la reine Isabelle la Catholique.
Pelayo mourut en 737. Lui succéda son fils, Favila. Celui-ci fut grièvement blessé par un ours et mourut des suites de ses blessures.
Entre temps, la fille de Pelayo, Ermenesinda, avait épousé Alfonso, le fils du duc de Cantabrie.
Ce prince, héritier légal de Pelayo, devint le premier roi de Castille, sous le nom de « Alfonso Primero El Catõlico ».
« Alphonse 1er le Catholique »
Les souverains catholiques d’Espagne, « Los Reyes catolicõs » connurent un état de guerre de plus de sept siècles pour le retour du peuple ibérique à la liberté de vivre la foi catholique apostolique et romaine dans l’intégrité péninsulaire de son territoire. Et à partir de là, sur d’immenses territoires extra-européens.
On se rend compte, après ce parcours volontairement schématisé, que toute évolution est envisageable au sein d’une collectivité nationale déstructurée par une désinformation magistralement mise en oeuvre.
Toute évolution est possible, aujourd’hui encore, surtout si l’on s’entête à négliger cette fonction biologique devenue primordiale chez l’homme d’Occident, la laïcité.
Pour un homme d’Occident, la laïcité en tant que valeur de référence, s’inscrit parmi les valeurs fondamentales indispensables à un équilibre collectif, qu’il ne faut pas hésiter à qualifier d’équilibre physiologique.
La laïcité, dans cet esprit, ou plutôt dans sa réalité, offre plus de motifs de liberté que d’interdits.
Ce qui permet de comprendre le danger actuel véhiculé par le propos d’un célèbre socialiste français qui écrivit, en substance, il y a quelques années :
« Le droit coranique pourrait constituer une alternance aux droits de l’homme ».
C’était déjà la formulation d’une soumission au djihad islamiste, que l’on prétend nous faire subir dans un avenir qui se précise, étape par étape, depuis la mort de l’Algérie française.
Jean-Claude PEREZ
Nice le 21
N’hésitez-pas à consulter le site du Cercle Algérianiste de Nice et des Alpes Maritimes et tout particulièrement, la classification et études de Raphaël PASTOR et Hervé CUESTA.
BIBLIOGRAPHIE
L’assassinat de l’Algérie française, terreau de la conquête
islamiste actuelle. 2012
Un des livres du cinquantenaire, à lire et à faire lire.
Vérités tentaculaires sur l’OAS et la guerre d’Algérie
Stratégies et tactiques, 2006 ; 2e Edition
Cet ouvrage a été d’un grand recours dans la rédaction de cette
étude
L’islamisme dans la guerre d’Algérie
Logique de la Nouvelle Révolution Mondiale, 2004
Le sang d’Algérie
Histoire d’une trahison permanente, 2006 ; 2e édition
Debout dans ma mémoire
Tourments et tribulations d’un réprouvé de l’Algérie française, 2006 ; 2e édition
Attaques et Contre-attaques
Vérités tentaculaires sur l’OAS et la guerre d’Algérie II, 2008
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Vous
pouvez prendre connaissance des deux interview accordées par Jean-Claude PEREZ :
-
la première à Monsieur Olivier CAZEAUX : sur Internet tapez « OAS, le docteur
PEREZ parle » ;
- la
seconde, à Monsieur BESSOU dans le cadre de la préparation d’un film. Monsieur
BESSOU a livré à Jean-Claude PEREZ tout le matériau de son exposé visible sur
le site www.jean-claude-argenti-sauvain.com.

Mis en
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