Objet :
Proposition d’officialisation du 19 mars 1962 comme date de la fin de la guerre
d’Algérie
Monsieur le
Sénateur, Madame la Sénatrice,
Le gouvernement
a décidé de programmer à la sauvette, le 8 novembre prochain, à l’ordre du jour
du Sénat, sans aucune concertation avec les associations d’Anciens Combattants
et de Français d’Algérie, le débat sur la proposition de loi officialisant le
19 mars 1962 comme date de commémoration de la fin de la guerre d’Algérie.
En décidant de
passer en force et d’imposer une date rejetée par la grande majorité des
Anciens Combattants et par l’ensemble de la communauté Pied-Noir et Harkie, le gouvernement a pris le risque d’aviver les
fractures de la nation et les blessures de milliers de familles de victimes,
assassinées par le FLN après le 19 mars 1962.
Plutôt que de
choisir la concertation et l’apaisement, c’est bien le choix d’une provocation
à l’égard de tous ceux pour lesquels, 50 ans après le drame de l’exode, les
blessures restent intactes.
Cette proposition
ne peut contribuer à rassembler la nation dans la dignité et le recueillement
qu’exige la mémoire de tous nos compatriotes qui ont perdu leur vie en Algérie,
dont plus de 80 % après le 19 mars 1962.
C’est la raison
pour laquelle, nous sommes convaincus que vos aurez à cœur de vous opposer à
l’officialisation d’une date aussi inacceptable qu’insultante pour des
centaines de milliers de nos compatriotes.
Nous vous prions, Monsieur le Sénateur,
Madame la Sénatrice, de bien vouloir agréer l’assurance de nos sentiments les
meilleurs.