Le Midi-Libre - L'Indépendant-Perpignan
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Pieds
Noirs: "Nous ne sommes pas des marchands de haine"
Le Cercle Algérianiste
a voulu s'exprimer. Pour répondre aux accusations de certaines
associations de gauche, à propos du Centre de documentation
de la présence française en Algérie.
Le bureau du Cercle Algérianiste est au complet: la présidente,
Suzy Simon-Nicaise, et MM. Yves Sarthe, Jean Scotto, Jean-Pierre
Darmani, Laurent Marchioni. Ils ont provoqué une conférence
de presse afin de répondre aux accusations portées
par un certain nombre d'associations de gauche et d'extrême-gauche
, à propos du Centre de documentation de la présence
française en Algérie, que la ville projette d'installer
dans les murs de l'ancien couvent de Sainte-Claire, rue Derroja
.
Il s'agira d'un mémorial aux disparus, une stèle
dressée dans le jardin Anna-Maria Antigo, et qui portera
le nom de Mur des disparus; le monument sera inauguré le
20octobre 2007. Ensuite, dans l'aile et la galerie sud de l'ancien
couvent-ancienne prison civile, prendront place les quantités
de documents, livres, tableaux, objets, recueillis patiemment,
et pieusement conservés par le Cercle Algérianiste
dans ses locaux actuels, trop exigus, de la Maison des associations.
Il n'y aura aucune hostilité, mais le ton sera ferme, voire
grave: "Nous avons voulu dire qui nous étions, car de toute
évidence il y a une forte ignorance et une véritable
méconnaissance de notre cercle, de la part de ceux qui
veulent faire croire que nous voulons créer un musée
de l'Algérie Française. Ils ont aussi une volonté
affichée de nous nuire. C'est intolérable, inacceptable,
nous ne sommes pas des marchands de haine", commence MmeSimon-Nicaise.
Tandis que MM.Sarthe et Scotto raconteront la création
du cercle Algérianiste, en 1973, entre Jean Pomier, intellectuel
algérianiste, et un groupe d'étudiants. Ils liront
aussi l'article2.7 de leurs statuts, qui interdit toute appartenance
à "un mouvement politique, syndical, confessionnel" aux
membres du bureau du Cercle Algérianiste, et concède
aux adhérents un poste de conseiller municipal, et encore
sous certainesconditions.
Suzy Simon-Nicaise va pourtant durcir un peu le ton: "Ce sont
des groupes hétéroclites, négationnistes
de nos massacres, menés par la LCR et le PC, qui veulent
nous faire appeler musée ce que nous, nous considérons
comme un centre de documentation, un conservatoire de nos mémoires,
ouvert à tous, ouvert aux chercheurs". Et d'insister: "Nous
disons non à un musée, nous disons non à
un musée qui dirait une histoire déjà écrite
par certains, nous disons non à un musée de la dénonciation
du colonialisme et de l'éloge de la colonisation, nous
disons oui à un espace qui accueille les mémoires
des Français d'Algérie".
Le Cercle Algérianiste a créé son propre
comité scientifique, comité auquel se sont joints
trois élus municipaux, Jean-Marc Pujol, Maurice Halimi
et Raymond Sala (l'historien de l'équipe). Et le projet
de centre a déjà été voté en
conseil municipal, le 23octobre 2006, à la majorité
des voix, sauf celles de la gauche. La ville fournira les locaux
du futur centre et leur restauration, le Cercle s'occupera du
fonctionnement. Et à l'objection que le Centre de la mémoire
française en Algérie sera donc réalisé
avec des deniers publics, MmeSimon-Nicaise rétorque que
les Pieds-Noirs sont aussi des contribuables, et renvoie au mémorial
de Rivesaltes, également construit avec des fonds publics.
Josianne Cabanas
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