Chaire Algérianiste

Le Carrefour Universitaire Méditerranéen de Nice est en France l'endroit privilégié où débattre du passé et de l'avenir. Le C.U.M a en effet été fondé en 1933 par Paul Valéry qui avait exprimé son admiration profonde dans son cours au Collège de France, en ces termes " Milieu qui attire, fixe et modifie l'homme..., action qui s'exerce à une profondeur inconnue".

Les Algérianistes ont été les témoins du rôle éminent joué par l'instruction, la coopération, la recherche du progrès durant plus d'un siècle de cohabitation Franco-Africaine. La mémoire de ce passé est une réalité. Cette foi Algérianiste est autre chose qu'un comportement matérialiste, elle est fondée sur des motivations ("Valoriser une population, c'est développer son Histoire avec raison et passion") pour exprimer l'oeuvre civilisatrice de la France.

 

 

   Mercredi 29 septembre 2010, au C.U.M.

L'Algérie de 1954 à 1968

Jeune officier ayant servi dans des unités de quadrillage et de harkis comportant de nombreux rebelles ralliés, l'auteur a vécu la guerre et l'après-indépendance au sein d'une population autochtone qu'il a bien connue et à laquelle il s'est profondément attaché. Gardant en lui une blessure jamais refermée à ce jour au souvenir de ses frères d'armes de toutes origines tombés au combat ou exterminés, il témoigne de cette guerre gagnée sur le terrain et dans la conquête des âmes, mais perdue politiquement. Il atteste, vérité mal connue, que la France aurait pu quitter l'Algérie la tête haute, en léguant un pays prospère et ami à ses habitants.

 

France... Satisfaction et coup de gueule

Présentée par le Cercle Algérianiste de Nice, ce 29 septembre, j'ai assisté au CUM à la conférence du Lt. Colonel Bénésis de Rotrou sur le fameux et magnifique Commando Georges. J'en ai ressenti de la fierté au rôle des hommes qui le composé, jusqu'au dernier jour de leur combat et une confirmation -est-elle nécessaire ?- sur la qualité de ces militaires musulmans qui croyaient à une autre solution que le terrorisme. Ils étaient nombreux dans les harkas, bien plus nombreux que les terroristes dans le bled. J'ai aussi ressenti de la colère en écoutant - ce que je savais déjà - le rôle trouble de De Gaulle, ses retournements de veste avec l'Exécutif parisien AUX ORDRES. Il a refusé tout compromis avec les willayas de l'intérieur du pays - ne l'oublions pas pratiquement décimées -  pour faire alliance avec un Ben Bella et les troupes de Boumediene cantonnées aux frontières de notre province depuis des mois.

Ce fut une conférence avec des chiffres qui font mal, car nous le savons tous, la manipulation gaulliste, socialo-communiste et certains cercles privés ont réussi ce tour de force en moins de deux ans : nous pousser à la porte de notre terre, nous pousser à fuir lorsqu'il y a eu collusion entre les terroristes et le pouvoir gaulliste ou ses hommes de pailles : SAC et gendarmerie qui ont torturé et assassiné des Héros de l'Algérie française. Je conseille à ceux qui reçoivent la revue l'Algérianiste n°131, de lire la chronique des chercheurs (réponse à RCP) C'est édifiant. Le pouvoir gaulliste nous a ă liquidé ╚ parce que la France n'a jamais été intéressée par cette terre et aujourd'hui, nous sommes toujours les pestiférés, la part de nation française à bannir, parce que nous gênons de plus en plus ! D'abord en exigeant de retrouver notre honneur toujours bafoué, puis par nos remarques, nos mises en garde à un pouvoir qui se vend au communautarisme, à l'Orient.

Merci au Lt. Colonel Bénésis de Rotrou qui nous a rappelé combien notre chemin est encore long jusqu'à la reconnaissance de l'¤uvre de nos ancêtres sur cette terre turque et de ce que nous avons laissé là-bas, au fil de cent trente deux ans de labeur et d'amour de ce sol Bien entendu le rôle des nations étrangères à influencé l'Exécutif français, le poussant à accélérer l'abandon de cette province. Qui trouve-t-on à côté des pays de l'Est ? L'Amérique ! Elle profite actuellement des infrastructures militaires au Sahara laissées par la France après avoir TOUT FAIT pour nous en éliminer. Ne comprenant rien, cinq décennies plus tard elle a eu le 11 septembre 2001. Cela ne m'empêche pas de persévérer dans ses erreurs avec la Somalie, le Kosovo  et de vouloir absolument fraterniser avec un monde de la terreur, et de l'obscurantisme religieux.

Lors de cette conférence, un ancien officier je crois, s'est permis de dire, au jeu des questions, que l'Algérie était coupée en deux : la bordure maritime, européenne et le pays de l'intérieur autochtone. A-t-il véritablement connu ce pays ? Il a oublié tous ces villages du bled construits par les Pieds-Noirs tout au long de la présence française. Il a oublié le lourd tribut des Fellahs et des Européens morts, assassinés, dans leur ferme avec leur famille pour avoir eu le courage de s'opposer aux terroristes, au FLN. Pauvre officier ! C'est hélas une part de la France d'aujourd'hui, aveugle, ignorante et bornée.

                                                                                                                       Robert Charles Puig / 09/2010

 



   Le conférencier

Lt Colonel Armand BENESIS de ROTROU

 

 

Né en 1932 au sein d'une famille de militaires, le lieutenant-colonel Armand Bénésis de Rotrou arrive en Algérie au début de 1956 comme jeune officier et participe aux opérations à la tête d'une section de combat, puis d'une unité de harkis. En 1959, il devient officier adjoint au célèbre commando «Georges ». Après 1962, il se fait affecter à la Légion étrangère dans les rangs de laquelle il sert en Algérie et au Sahara désormais indépendants, et participe à la campagne du Tchad en 1969. En 1983, il quitte l'armée sur sa demande et poursuit une deuxième carrière civile à l'étranger. Deux fois blessé, titulaire de six citations, Armand Bénésis de Rotrou est commandeur de la Légion d'honneur