Chaire Algérianiste

Le Carrefour Universitaire Méditerranéen de Nice est en France l'endroit privilégié où débattre du passé et de l'avenir. Le C.U.M a en effet été fondé en 1933 par Paul Valéry qui avait exprimé son admiration profonde dans son cours au Collège de France, en ces termes " Milieu qui attire, fixe et modifie l'homme..., action qui s'exerce à une profondeur inconnue".

Les Algérianistes ont été les témoins du rôle éminent joué par l'instruction, la coopération, la recherche du progrès durant plus d'un siècle de cohabitation Franco-Africaine. La mémoire de ce passé est une réalité. Cette foi Algérianiste est autre chose qu'un comportement matérialiste, elle est fondée sur des motivations ("Valoriser une population, c'est développer son Histoire avec raison et passion") pour exprimer l'oeuvre civilisatrice de la France.

 

 

 

  Mercredi 17 mars 2003, au C.U.M.


Bab-el-Oued dans la guerre d'Algérie

Bab-el-Oued est une rivière et une carrière.
La carrière avait servi à bâtir tout Alger, mais après la Conquête pour construire et reconstruire, il fallut faire appel à des immigrants espagnols. Ceux-ci firent souche et leurs enfants payèrent l'impôt du sang au cours des deux guerres mondiales. Leur patrie était là où ces jeunes plantes vivaces s'étaient profondément enracinées. Jamais l'idée ne les avait effleurés qu'ils dussent un jour l'abandonner.
Bab-el-Oued, c'est une ville dans la ville. Bab-el-oued, vivante, bruyante, chaleureuse, celle du Paradis Perdu. C'est ce qui explique l'attachement viscèral des ses habitants et leur détermination farouche à défendre leur quartier, et avec leur quartier, Alger et l'Algérie française.
C'est de Bab-el-Oued, qui a toujours voté à gauche, que les mouvements de réaction à la politique d'abandon programmée par De Gaulle furent les plus virulents. En réponse à leur désir farouche de vouloir rester français, dans une ville Française, dans un pays Français, les Bab-el-ouédiens ont vu le Gouvernement Parisien boucler leur quartier dès le 23 Mars 1962, le quadriller, leur imposer un couvre-feu toute la journée (une heure de libre pour faire ses courses), les pilonner avec des T6 de lĠArmée Française, (théoriquement venue en Algérie pour nous défendre), et enfin voir les autos mitrailleuses tirer sur les fenêtres et les balcons. Le 26 Mars, rue d'Isly, en fut la terrible conclusion.

JP Ferrer pour le Cercle Algérianiste

 



   Le conférencier

Gabriel CONESA

 

Né à Alger en 1921

Etudes au Lycée Bugeaud d'Alger

Mobilisé en 1942 dans les campagnes de Corse, d'Italie et de France.

Journaliste au Journal d'Alger de 1951 à 1960 et à L'Echo d'Alger ensuite.

Correspondant de Paris-Match

Grand reporter à Paris-Match

Auteur de divers ouvrages: Bab-el-Oued, notre paradis perdu; pièces de théâtre; poésies : L'Ile du couchant, Alger natale, Méditerranée