Chaire Algérianiste

Le Carrefour Universitaire Méditerranéen de Nice est en France l'endroit privilégié où débattre du passé et de l'avenir. Le C.U.M a en effet été fondé en 1933 par Paul Valéry qui avait exprimé son admiration profonde dans son cours au Collège de France, en ces termes " Milieu qui attire, fixe et modifie l'homme..., action qui s'exerce à une profondeur inconnue".

Les Algérianistes ont été les témoins du rôle éminent joué par l'instruction, la coopération, la recherche du progrès durant plus d'un siècle de cohabitation Franco-Africaine. La mémoire de ce passé est une réalité. Cette foi Algérianiste est autre chose qu'un comportement matérialiste, elle est fondée sur des motivations ("Valoriser une population, c'est développer son Histoire avec raison et passion") pour exprimer l'oeuvre civilisatrice de la France.

 

 

 

   Samedi 10 janvier 2004, au Séminaire.


Les Espagnols à Oran de 1505 à 1792

Le 1° janvier 1492, les Rois Catholiques entrent à Grenade et mettent fin à plus de 700 ans d’occupation des Maures en Espagne.

La même année, le 10 octobre 1492, Christophe Colomb découvre l’Amérique.

Dilemme pour la cour d’Espagne

-Faire payer aux Maures leurs 7 siècles en Espagne en prenant Oran.

ou.

-N’avoir d’yeux que pour la nouvelle Chimène, l’Amérique et son or facile.

Cette question va longtemps se poser à Madrid. Il faudra attendre la décision du Cardinal Ximenez de Cisneros en 1509 et les expéditions du comte d’Alcaudete (1534-1588) pour que les Espagnols investissent Oran. La croix de Saint-Jacques contre le croissant d’Allah.

C’est avec l’installation en 1734 de Don Jose Vallejo que Oran devient véritablement espagnole.

Malheureusement pour les Espagnols le tremblement de terre qui détruit tout Oran en 1790, va mettre fin à la domination Européenne sur cette partie stratégique de l’Afrique du Nord. En 1792, les derniers Espagnols quittent la Région d’Oran

C’est avec verve, engouement, adresse, vivacité que Monsieur Serna nous a fait vivre cette longue période, trois siècles, sans que le rythme du récit ne tombe. Ses historiettes, ces dictons, ses références historiques ou littéraires en Castillan ou en Espagnol d’Oran " contemporain " nous ont tenus en haleine pendant plus de deux heures, aussi bien pour l’Histoire militaire et politique que celle la vie quotidienne des habitants de la "Corte Chica". Et ce, même pendant la véritable Peste qui s’est abattue sur Oran en 1542.

JP Ferrer



   Le conférencier

Emile SERNA

 

" En devenant instituteur à Aïn-Temouchent, ville de l’Oranie, j’ai réalisé le rêve de mon père.
Pour ce contre-maître employé sur le port d’Oran, il n’y avait pas de plus belle réussite sociale "
La guerre d’Algérie, le retour en Métropole allait bouleverser les plans de carrière d’Emile Serna.
" Pour libérer ma pensée de ma peine, je me suis jeté dans les études "
Licencié en 1965, il décroche un an plus tard le CAPES d’espagnol, devient agrégé le jour de ses 40 ans, pour être nommé dans la foulée Inspecteur d’académie de la Corrèze
.
Inspecteur d’académie des Alpes Maritimes, de Lille, puis recteur adjoint de Paris, pour terminer inspecteur général de l’Education Nationale, ce père de trois enfants, marié et grand-père de sept petits-enfants, s’est consacré à son travail et à sa famille.

Président des Pupilles de l’enseignement public, militant de la cause des Harkis, Emile Serna a accepté de donner, en janvier 2002, une conférence sur sa ville natale. Sa " grande et petite histoires du Viel Oran " a fait le tour de la communauté Pieds-Noirs.

Un succès qui la poussé à écrire encore, " pour témoigner "

Article paru dans Nice-Matin du 14 mai 2002