El
Watan du 21 mars 2004
France / "Place
du 19 Mars 1962" à Paris
Non loin de la
Gare de Lyon, la Place du 19 Mars 1962 a été inaugurée
hier matin par le maire de Paris, Bertrand Delanoë, en réponse
à l'engagement qu'il avait pris auprès de la Fédération
nationale des anciens combattants d'Algérie (FNACA)
de rappeler cette date anniversaire de la fin de la Guerre d'Algérie
en dénommant un lieu de Paris.
De la Gare de
Lyon, des milliers de jeunes Français partirent pour rejoindre
Marseille, lieu d'embarquement pour l'Algérie.
"Un lieu
de fraternité"
Si Michèle
Blumenthal, maire du 12e arrondissement a rappelé que "La
Guerre d'Algérie fait partie de notre histoire", que "l'histoire
a besoin de dates repères" et qu'"au-delà des
anciens combattants, le 19 Mars 1962 appartient à notre histoire",
Bertrand Delanoë a fait valoir que cette place est aussi "un
lieu de fraternité, un lieu d'où je veux formuler mes
voeux au peuple algérien pour son épanouissement et son
développement. L'histoire a décidé que l'Algérie
serait indépendante." Faisant allusion à la vive
polémique suscitée par le choix du 19 Mars comme "Journée
nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire
des victimes civiles et militaires de la Guerre d'Algérie et
des combats en Tunisie et au Maroc" un projet de loi en
ce sens avait été discuté à l'Assemblée
nationale en 2002 , alimentée notamment par des associations
de rapatriés et de harkis, Bertrand Delanoë a souligné
que "rien ne peut se construire de fraternel
et de fidèle si nous ne sommes pas dans la vérité
historique. Le 19 mars 1962, la France a mis fin, non pas à des
opérations de maintien de l'ordre, mais à une guerre.
C'était une guerre coloniale. A ceux qui débattent de
la date de bonne foi, je dis que je n'ignore pas les victimes survenues
après, je n'ignore pas les souffrances des harkis auxquels la
France n'a pas suffisamment rendu hommage, je n'ignore pas les Français
d'Algérie, les victimes de l'histoire sont dans tous les camps,
mais la souffrance des individus ne peut conduire au mensonge historique.
Le mensonge n'apaise pas les souffrances." Et d'affirmer qu'"il
y a ceux qui croient à la fraternité, à l'égalité,
à la liberté des peuples de disposer d'eux-mêmes".
Par Nadjia Bouzeghrane
<http://www.elwatan.com/journal/html/2004/04/21/sup_html.htm>http://www.elwatan.com/journal/html/2004/04/21/sup_html.htm