N°316 Mai-Juin 2008

Pourquoi toujours répéter les mêmes choses

Ces derniers temps, il s'est trouvé des "amis" de nos lecteurs, pour leur faire remarquer que l'Écho de l'Oranie manquait d'imagination, et donc d'originalité, en reprenant sans cesse les mùmes thèmes et les mùmes récriminations et qu'il serait peut-ùtre plus vivifiant et salutaire pour tous de voir notre journal aborder d'autres questions que celles qui prennent le contre-pied des affirmations politiques bien pensantes, si chères aux princes qui nous gouvernent.

Par exemple, parmi ces sujets, vouloir, coûte que coûte, insister de façon récurrente sur le fait eue les écoles, construites par la France jusque dans les douars les plus reculés, n'ont pas joué le rôle éducatif, encore moins le rôle civilisateur que les défenseurs de la colonisation veulent bien souligner, avec une insistance mal venue puisqu'elle n'est pas au goût du jour. Quelques fois, le reproche exprimé n'est plus seulement désobligeant. Il devient purement et simplement calomnieux et diffamatoire.

Il y a quelques jours, une radio périphérique de grande audience, donnait la parole à ses auditeurs sur les problèmes de la colonisation. L'un d'entre eux, se présentant sous le nom de Mohamed, déclarait "qu'il en avait assez d'entendre parler d'uvre civilisatrice, qu'à Oran, où il était né, les indigènes musulmans n'avaient pas le droit de fréquenter l'école ; que ses parents, qui étaient forts intelligents, n'avaient jamais pu s'élever dans la société, parce que les Français leur avaient refusé l'accès à l'enseignement... et parodiant sans doute, une formule atroce  utilisée par les nazis, il ajoutait : "Il y avait à Oran, des rues interdites aux arabes et aux chiens".
Au lieu de faire remarquer à l'intervenant l'énormité de telles déclarations, de lui signifier qu'il prenait certainement les auditeurs pour des canards sauvages, l'animateur de l'émission se bornait à remercier l'individu pour "avoir bien voulu apporter son témoignage".

Et les "amis" de nos lecteurs voudraient que notre journal ne s'impose pas, comme une mission sacrée, le devoir de redresser à chaque fois, la vérité ? ...
Et les "amis" de nos lecteurs souhaiteraient que nous abandonnions nos sempiternelles réfutations, d'affirmations plus médisantes les unes que les autres ?
Après tout, peut-être pourrait-on reprocher à l'Écho de l'Oranie d'opposer sa propre version des faits, avec le même aplomb que nos détracteurs avancent la leur. Ce serait notre parole contre leur parole.
Pour répondre à ce reproche, notre éditorial a fait appel à des témoignages qui -connaissant leurs auteurs - ne souffrent pas la moindre contestation. Ecoutons plutôt:
"S'il est, en Algérie, un domaine où l'effort de la France ne se discute pas, cest bien celui de l'enseignement. On doit dire que l'école a été un succès certain. Les vieux maîtres, les premiers instituteurs, ont apporté toute leur foi pédagogique, sans arrière-pensée, et leur influence a été extrêmement heureuse.
Qui a osé affirmer cela ? Abderrhamane Farès...

Et avec la mùme conviction que celle de celui qui "témoignait" que l'enseignement français n'aurait rien apporté aux algériens, Belkacem Ibazizen ose proclamer devant nos intellectuels bien pensants :
"La scolarisation française en Algérie a fait faire aux Arabes un bond de mille ans".

Et d'autres témoins, aussi dignes de foi, peuvent ùtre convoqués à la barre du tribunal de l'Histoire, par exemple, sur le rôle des colons qu'on a tant décriés et qu'on a tant calomniés.
"En un siècle à force de bras, les colons ont, d un marécage infemal mitonné un paradis lumineux. Seul l'amour pouvait oser pareil défi... -Quarante ans est un temps honnête, ce nous semble, pour reconnaître que ces foutus colons ont plus chéri cette terre que nous, qui sommes ses enfants." ... et c'est signé Boualem Sansal.

A ceux qui nient les efforts considérables des Français pour faire de l'Algérie un pays moderne, bien au-dessus des pays "frères" du Moyen-Orient, Bachir Ben Yamed, directeur du journal "Jeune Afrique" a le courage d'écrire
A son indépendance, nul pays extérieur au monde occidental, Japon et Afrique du Sud exceptés, ne disposait d'une infrastructure aussi développée que celle de l'Algérie."
Et Fherat Abbas d'insister en rapportant les propos d'un homme d'État syrien : "L'œuvre de la France est admirable ! si la France était restée vingt ans de plus, elle aurait fait de l'Algérie l'équivalent d'un pays européen".

A ceux qui s'expriment avec autant de mauvaise foi sur le rôle "néfaste" des Français d'Algérie ; à ceux qui veulent faire du Pied-Noir un suppôt du colonialisme, "ce pelé, ce galeux d'où venait tout le mal" Malika Boussouf, journaliste rétorque :
"Si les Pieds-Noirs n'étaient pas partis en masse, l'Algérie ne serait peut-être pas dans l'état désastreux dans lequel elle se trouve".

Enfin, au dernier carré de ceux qui affirment que la colonisation a eu des effets désastreux sur l'Algérie et les Algériens, Boualem Sansal, avec une affectivité qui l'honore, répond : "Trente ans après l'indépendance, nous voilà ruinés, avec plus de nostalgiques que le pays comptait d'habitants et plus de rapetoux qu'il n'y avait de colons ; beaucoup d'Agériens regrettent le départ des Pieds-Noirs, s'ils étaient restés, nous aurions, peut-être, évité cette tragédie".

Mais s'il faut à tout prix condamner la France; s'il faut à tout prix faire le bouc émissaire d'un colonialisme éhonté; s'il faut à tout prix que la France confesse sa faute et s'agenouille devant ceux qui aboient, dans un geste de repentance à la place du monde, alors, laissons l'acte d'accusation et en même temps le mot de la fin, à Fherat Abbas, ancien leader du F.L.N :
"La France a commis un crime ; elle a livré le peuple algérien aux tueurs et aux assassins"

L'Echo de l'Oranie