Obsèques de

Joseph HATTAB-PACHA

 

Les obsèques de Joseph HATTAB-PACHA ont eu lieu en l'église de l'abbaye St-Victor à Marseille, le samedi 24 octobre 2009 à 14h30.

Une foule nombreuse et particulièrement émue a tenu à rendre un dernier hommage à un homme qui, jusqu'au dernier moment, avec vigueur, a défendu ses convictions et combattu pour faire reconnaitre la "Vérité" et, montré son amour pour tous les siens et ses compatriotes Français d'Algérie.

Anne Cazal, fidèle à ses côtés dans son combat de vérité, par des paroles remplies d'émotion évoqua la mémoire du disparu.
Hommage de Denis Fadda, président du Clan, et message de Sixte de Bourbon Parme ont complété l'image du défunt.

 

Lettre à Jo

Jo, mon ami, mon frère de combat, tu as réuni autour de toi, pour ton dernier voyage terrestre, tous ceux que ta personnalité exceptionnelle avait conquis.

Représentants de l'Etat, présidents d'associations exprimaient par leur présence l'hommage officiel qui t'était dû. Mais, pleine, la nef immense de Saint Victor vibrait surtout de la peine de ce peuple d'Algérie venu de loin pour te témoigner son affection et son estime. Les voix étaient nouées, les yeux étaient humides, les prières montaient vers les voûtes vénérables, tout disait mieux que des discours la tendresse et le respect.

Les degrés du chœur disparaissaient sous les fleurs afin que leur beauté t'accompagne, toi qui aimait les choses belles, l'harmonie dans la nature et dans l'art.

Et ce n'est pas un hasard si l'ultime cérémonie s'est déroulée dans cette abbaye chrétienne et guerrière, à l'image de ton existence et sous le regard de Notre Dame de la Confession, qui signifie, Notre Dame de la Crypte, Reine des martyrs, car tu plaçais ta vie sous la protection de La Vierge Marie, Notre Dame d'Afrique et Notre Dame de La Garde, Douce mère qui console, souri et pardonne.

Ton amie de Toujours, Anne Cazal, brisée de chagrin, a pourtant réuni toutes ses forces pour parler d'une voix claire, pour dire ton courage et tes épreuves physiques et morales que tu cachais non par orgueil mais par pudeur, ces plaies jamais cicatrisées que seuls tes proches connaissaient.

Denis Fadda trouva les mots fraternels qui exprimaient les sentiments de tous ceux, connus ou anonymes, qui suivaient ton long combat depuis tant de saisons et que tu continueras à guider, de là où tu te trouves maintenant, pour que les courtes années qui nous seront encore accordées poursuivent ton œuvre de vérité.

La surprise vint du message apporté du Prince de Bourbon-Parme, comme un lien renoué par l'Histoire venu d'un descendant des Rois très chrétiens qui ont fait la France vers le dernier descendant, grand chrétien et grand Français du Dey Turc, musulman, d'Alger.

Et, au dessus du cercueil drapé des trois couleurs, je voyais ton sourire attendri et complice.

A Dieu, Frère, repose enfin en paix.

                                                                  Geneviève de Ternant

                                                                Nice, Lundi 26 octobre 2009

 

Haie d'honneur avant l'entrée du corps

La foule en l'abbaye

 

Le texte qui suit avait été lu la veille lors de l'assemblée générale du cercle algérianiste à Aix en Provence

Joseph Lounès Hattab-Pacha, descendant par son père du dernier Dey turc d'Alger, Hussein, et sa famille, étaient vénérés dans la Casbah d'Alger où ils demeuraient.

Dès le début des événements qu'on nomme, aujourd'hui, guerre d'Algérie, il fut sollicité par les Renseignements Généraux afin de lutter contre la rébellion. En 1956, en service commandé pour la France, il fut victime d'un attentat perpétré par le F.L.N. et reçut, dans la nuque, une balle tirée à bout touchant, qui devait léser la 4ème et la 5ème vertèbres cervicales avant de ressortir par le maxillaire droit.

Joseph Hattab-Pacha fut laissé pour mort et transporté à la morgue où, grâce à un clignement des paupières, on s'aperçut qu'il était encore en vie. En vie, mais invalide à 100% puisque atteint d'une incurable paralysie du côté droit. Il fut reconnu invalide par le Ministère de l'Intérieur et la Commission des Anciens Combattants.

Mais ce philanthrope et ardent patriote continua son action en faveur de la France en créant, dans la Casbah, un Comité pour venir en aide aux mal logés et sans logis, et cette oeuvre de bienfaisance lui valut une reconnaissance sans faille du petit peuple. De ce quartier d'Alger.

Le 16 mai 1958, il entraîna une grande partie de la population de la Casbah à venir sur le Forum manifester ses sentiments pro-français. Il devint Président du Comité de Salut Public de la Casbah, mais fut, ensuite, remercié par ceux dont le but inavoué était l'abandon de l'Algérie.

En 1959, Joseph Hattab-Pacha se présenta aux élections municipales sur une liste apolitique «pour Algérie Française ». C'est avec une écrasante majorité qu'il fut élu Conseiller Municipal d'Alger, puis Maire du 2ème arrondissement qui comprenait la Casbah. Depuis ce jour, il ne fut plus connu que sous le nom de « Maire de la Casbah ». Un maire qui fut toujours élu par les musulmans de la Casbah d'Alger à une majorité impressionnante et toujours sur un programme exclusivement « Algérie Française ».

Lors des Barricades d'Alger, en janvier 1960, Joseph Hattab-Pacha se trouvait en France. Il rentra immédiatement en Algérie où on lui demanda de faire descendre la Casbah sur le Forum, ce qu'il refusa, pressentant le piège et les provocations organisées qui se sont produites par la suite (tirs dans le dos des gendarmes qui ripostèrent en direction des insurgés).

Joseph Hattab-Pacha prononça alors un discours sur les sentiments pro-français des habitants de la Casbah. Cela lui attira les foudres du Gouvernement français et il fut suspendu de ses fonctions de Maire, Ayant saisi le Tribunal Administratif, ce dernier reconnut que le Maire de la Casbah n'avait commis aucune faute au regard de son mandat, mais il se déclara incompétent en vertu du fameux article 16 !

Trois mois plus tard, Joseph Hattab-Pacha se présentait aux élections du Conseil Général d'Alger, sous la profession de foi suivante : « Liste pour l'Algérie Française, tout pour l'Algérie Française, rien sans l'Algérie Française ». Malgré un découpage scandaleux, il arriva en tête dans la Casbah, battant même, et de loin, les maires d'arrondissements et leurs colistiers dont Ali Khodja, Président du Conseil Général et promoteur de l'Algérie algérienne.

A la démission de M. Corbin, Joseph Hattab-Pacha fut élu Président du Conseil Municipal d'Alger par 56 voix sur 71.

La Constitution Française violée, les métropolitains abusés, les Français d'Algérie, de toutes ethnies, abandonnés, le territoire national désintégré, ceci n'était-ce pas suffisant pour dénoncer la forfaiture de Charles De Gaulle ? Joseph Hattab-Pacha s'engagea, à fond, dans cette Résistance française qui voulait garder à la France son patrimoine.

Mais il n'a jamais pu oublier ces hommes, ces femmes, qui aimaient la France, qui attendaient tout d'elle, au point d'avoir fait de la Casbah d'Alger, à l'époque du 13 mai 1958, un éclatant fleuron tricolore, ces hommes, ces femmes que la France gaulliste avait trahi en les abandonnant aux mains de leurs bourreaux.

C'est pour cela qu'il a pris, en 1993, la tête du Comité VERITAS auquel il s'est dévoué, corps et âme, afin de défendre et de rétablir la vérité historique sur l'Algérie Française occultée, bafouée, falsifiée, décomposée en France.

Il n'a pas craint de défier les fausses idoles, les menteurs et les prévaricateurs sur leur terrain, il a attaqué, sans ménagement, au plus haut niveau de l'Etat, en termes, foudroyants... Qui l'a contredit ? Personne ! Les personnalités mises en cause et leurs thuriféraires ont gardé le silence... Un grand silence de la part de ceux qui, à tous les niveaux, se prétendent responsables...

N'est-ce pas là la meilleure preuve que cette grande voix, qui vient de se taire, proclamait la vérité... Elle a démontré, à elle seule, l'imposture, ou la lâcheté, de ceux qui nous gouvernent...

L'altruisme spontané, le patriotisme irréductible, le respect de la parole donnée, la rigueur dont Joseph Hattab-Pacha a toujours fait preuve dans l'engagement, toutes ces qualités exceptionnelles font que cet homme d'honneur demeurera, à jamais, irremplaçable et irremplacé. Mais son esprit ne nous quittera jamais !

Anne Cazal rendant hommage à son ami de toujours

Denis Fadda pendant son hommage au défunt

Le prêtre en son homélie

L'assistance

Départ des drapeaux

Sortie du cercueil

Mis en page le 25-26 octobre 2009 par RP. Photos Hervé Cuesta