Jour
de haine ou jour de peine ; jour de collusion socialiste avec le FLN
algérien ou jour d’humiliation pour les Pieds-noirs et les Harkis, pour une
mémoire bafouée, insultée comme celle des assassinés, des disparus. Instant ce
19 mars où les Harkis se retrouvent une fois de plus mis à l’épreuve d’une
quasi repentance du chef de l’Etat
se prêtant à une cérémonie qui est un déni de l’Histoire de la Nation.
Mensonges !
Vous accompagnez notre route depuis si longtemps ! A quand la fin de
l’indignité qui nous poursuit depuis 1962 ? A quand enfin la vérité ?
Depuis
les accords « déviants » qui ont plongé la population algérienne,
française et arabe dans l’horreur, c’est Charles De Gaulle qui fera tout pour
éliminer ce peuple cosmopolite mais français d’Algérie, considérant cette terre
française aussi depuis 132 ans comme un « préjudice » moral pour la
France sur le plan international.
Le
30/08/1961, il dira : « Nous voulons nous dégager. » Pour cette
raison égoïste et personnelle, il fera à la rébellion cette concession de
taille en 1962 : brader à tout prix l’Algérie et offrir en prime le Sahara.
En
fait à Evian, le FLN a obtenu une victoire totale, et les objectifs définis
dans sa proclamation du 1 er novembre 1954 et lors du Congrès de la Soummam et
1956 sont atteints au détriment de la France et surtout de sa population
algérienne. Nous savons ce qui en a suivi : aucun des accords ne sera
respecté par le FLN. La signature des laquais gaullistes se fera sur un
parchemin qui sentira le souffre et l’immolation de l’Algérie française à la
merci des terroristes, et c’est De gaulle qui est l’instigateur de cette fin
dramatique des départements français d’Algérie.
Après
les entrevues de Lugrin en 1961 restées sans résultat, c’est à Evian que le
sort de l’Algérie sera liquidé.
A
l’initiative du général, et parce qu’il faut aller vite pour soutenir sa
campagne politique internationale, il exigera des résultats à tout prix de ses
valets d’Evian : Louis Joxe, Bruno de Leusse, Roland Billecard, Jean de
Broglie, Robert Buron, Chaillet et le général Camas.
Aux
ordres et sans courage, ils respecteront les décisions de l’Elysée sans remord
et s’abaisseront devant les représentants du GPRA algérien qui n’en demandaient
pas tant. Leurs noms ? Krim Belkacem, Sahlab, Beb Yayia, Malek, Beb Tobbal,
Yazid, Bouhlarouf.
De
Gaulle va plus loin dans son obsession de se « débarrasser » de
l’Algérie. Il ira jusqu’à offrir le Sahara alors qu’à une certaine époque il
avait dit, convenant que c’était un territoire à part, comme le soulignaient
les livres de géographie des
Aujourd’hui,
nous sommes en 2016. Une cérémonie du 19 mars a été honorée de la présence,
pour la première fois, d’un président de la République obnubilé par son sens du
relativisme. Il cautionne ainsi une défaite française en 1962, en Algérie et
sans doute demain, adepte des cérémonies et des commémorations depuis 2015,
acceptera-t-il une commémoration de la défaite de l’armée française en
Indochine ! Pourtant, ce que ne veulent pas comprendre ou accepter les
gaullistes comme la gauche que représente François Hollande, c’est le cauchemar
qui suivit en Algérie cette date infâme pour le peuple civil de ce territoire.
Les
accords, comme une signature sans valeur de l ’Etat français sonnèrent le glas
de la province française d’Outre-mer. L’irréversible accord ouvrit à la rébellion
algérienne le droit de tuer. Ce fut une autorisation unilatérale donnée par
Paris au FLN de torturer, d’assassiner, de kidnapper ! Alors il y eut encore
des morts en Algérie et le pouvoir s’en lava les mains. Il admit que l’eau de
son bain soit du sang innocent, en interdisant aux troupes françaises encore
sur ce sol de s’opposer aux exactions du FLN.
Bien
entendu le peuple Pied-noir ne resta pas sans réagir à ce drame imposé. Les
barricades en janvier 1960 ; le putsch des généraux en avril 1961 ;
la réaction du peuple d’Alger face au « blocus » de Bab-el-Oued en
mars 1962, seront ses actes de bravoures et de désespérances devant le refus du
pouvoir de l’entendre. Alors il y eut la grande honte gaulliste jamais
reconnue, ni par la droite gaulliste, ni par les gauches : le 26 mars à
Alger et le 5 juillet à Oran. Des bains de sang de civils européens et
musulmans signeront à nouveau un autre paragraphe abominable des accords
« déviants ». Le gouvernement parisien autorisera les assassinats
d’Alger puis laissera faire à Oran un FLN assoiffé de vengeance contre une
partie du peuple pied-noir. Des actes odieux, inimaginables, qu’aujourd’hui
encore les hommes politiques étouffent sans vergogne, pour éviter de désigner
les coupables que tout le monde connait.
Cette
date du 19 mars a aussi un aspect encore plus dramatique dont la mémoire
française et socialiste s’occulte. Sans doute par honte, sans doute par manque
de courage.
Cet
aspect étouffé, cet autre acte criminel, c’est celui du sort des Harkis et des
supplétifs musulmans abandonnés en Algérie dans les serres de leur bourreau :
le FLN.
C’est
sur ce point, ce drame, que les mensonges gaulliste et socialiste se rejoignent.
Un voile de fausse pudeur fut jeté par les gouvernements successifs de la
France avec l’aide de médias aux ordres sur la répression dont furent victimes
les Harkis, Moghaznis et civils musulmans fidèles à la Nation.
Ils
furent lâchement oubliés ou abandonnés. Longtemps les pouvoirs gouvernementaux
n’ont pas voulu « savoir » le massacre de ces héros. Au service de la
Métropole, ils furent laissés sur place en grand nombre et furent assassinés
par le nouveau pouvoir mis en place par De Gaulle, et Ben Bella, premier
président de ce nouveau pays, doit certainement rendre des comptes à
Allah !
Ces
hommes et ces familles abandonnés au douk-douk du FLN subirent une épuration
digne de l’inquisition d’un Torquemada du Moyen-âge, dont ni les gaullistes ni
les socialistes ne veulent se souvenir, exigeant que les troupes françaises encore
sur le territoire demeurent dans leurs casernes.
Il
reste cependant pour ceux qui connaissent l’histoire de ce temps, une vision
insurmontable des mutilations de ces musulmans qui croyaient en la France.
Elles
furent nombreuses les tortures mais cette abjection et cette indignité ne
semblent pas embarrasser ceux qui en ce 19 mars 2016, se plient à une cérémonie
outrancière et insolite.
Socialistes
et anciens combattants gauchisants veulent ignorer ceux qui sont morts, torturés,
massacrés ou ont disparu au nom d’un Coran et d’une indépendance volée à l’armée
française Ils se complaisent dans ce que la droite gaulliste et surtout la
gauche ont toujours admis face à l’Algérie algérienne : une sorte de
repentance qui accuse l’armée française. Ils sont dans le déni et ne veulent
pas que l’Histoire, la vraie, mette sous leurs nez les images atroces des
meurtres en séries des Harkis émasculés, empalés, enterrés sous des sacs de
ciment et arrosés d’eau ou ébouillantés comme le fait Dae’ch au Moyen orient,
en parfait copieur à plus d’un demi siècle de distance, du FLN.
Ces
manifestants du 19 mars, ne veulent pas que nous évoquions le rôle des
Ministres qui en 1962 interdirent de rapatrier ces soldats fidèles à la France...
Je
reprends là quelques lignes écrites par Léo Palacio dans l’Historia n° 424 bis.
- Télégramme du Ministère de la guerre à
l’amiral commandant la base de Mers-el-Kebir : « Il convient d’éviter
que le GPRA ne prenne « ombrage » - dit le message - des centres
ouverts à ses opposants ... »
- A Christian Fouchet, autre triste
personnage « Maître » du Rocher noir à quarante kms d’Alger :
« Je n’ignore pas que ce renvoi (des supplétifs en Algérie) peut être
considéré comme un refus d’assurer l’avenir de ceux qui nous sont demeurés
fidèles. Il conviendra donc d’éviter de donner la « moindre publicité »
– en gras dans le texte – à cette mesure ».
Il
est évident que plus faux-jeton que ces lignes de Ministre gaullistes, il n’y a
qu’un diable pour les écrire. Et c’est ainsi qu’à Nemours, par exemple, se
déroulèrent des scènes atroces sur les quais du port, lorsqu’une partie des
Harkis furent abandonnés... Faut-il encore des détails ? Décrire une
vision de cauchemar ? Encore une ? Des hommes, des femmes, des enfants
condamnés par le Mal, et que seul un Jérôme Bosch, à travers son symbolisme
étrange, effroyable, satanique de la représentation d’un peuple en folie aurait
pu imaginer et peindre !
19
mars 2016 ? L’Histoire de l’Algérie française est toujours étouffée,
interdite de mémoire et de Vérité. Alors, ne nous étonnons pas si François
Hollande, président de la République, avec l’aide des médias aux ordres du pire,
commémore ce 19 mars dans la repentance, l’oublie des drames vécus « là-bas »
et se complait dans un complexe des colonies qui saborde notre futur, en
donnant quitus au gouvernement algérien de notre subordination aux exigences
toujours imprévisibles d’un Etat en défaut de démocratie.
Le
gouvernement français ne semble pas se rendre compte de l’état de l’Algérie, de
l’état de moribond de son chef et des conséquences qui en résulteront : un
Al Qaïda aux portes d’Alger qui ne rêve que de reprendre ce que le FIS
envisageait en 1990 : la prise du pouvoir ; la transformation du pays
en un califat islamiste et un danger jihadiste de plus aux portes de notre
territoire, à cause de l’innocence humaniste et clientéliste des socialistes, en
vue des prochaines élections présidentielles de 2017.
Robert Charles PUIG / mars 2016
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