Être ou ne pas être Jupiter ! C’est fou comme le monde d’aujourd’hui se penche sur les dieux romains ou grecs, comme pour nous sensibiliser à leurs exploits mythologiques.... Nous nous perdons d’ailleurs entre le Zeus grec et le Jupiter romain... Le second n’est-il pas la copie conforme du premier, le crime en moins. Ah ! Quel plaisir d’être à la fois « Dieu » et parfois en imitateur sans conviction une représentation d’un De Gaulle altier, pugnace et menteur, surtout menteur. En fait, pourquoi choisir Jupiter ? Est-ce de la prudence à ne pas être Zeus, le fils de Gaïa et de Cronos qui a tué son père pour prendre le pouvoir ? Jupiter devient de ce fait plus présentable en fils de Rhéa et de Saturne mais demeure, c’est l’impression de mes souvenirs de lycée, fourbe, vaniteux, ambitieux, même s’il est contre vents et marées le Dieu des Dieux ! Finalement, dans la mythologie et les contes fantastiques de Sophocle, Euripide ou Eschyle, les univers se croisent, les dieux et les hommes se mélangent. Faut-il croire que l’un des nôtres, simple mortel, soit apte à incarner le pouvoir d’un Dieu en imitant Jupiter ? Quel conte moderne ou quelle farce d’une divine comédie me permettra de le représenter dans sa métamorphose ? J’imagine ! Par-dessus les éclairs, en maître des éléments, son regard est impressionnant, presque hypnotique et pareil à celui d’un médecin légiste qui ouvrirait le ventre du cadavre « France ». Il n’y a dans les yeux fixes d’un bleu métallique aucune autre étincelle que celle du spécialiste qui agit avec la précision du chirurgien et de son scalpel sans rien à faire ou entendre des critiques, du blâme ou de la résipiscence. Il est Jupiter, le Dieu qui coupe, tranche dans la chair du peuple, récompense ou condamne. Le regard froid, dénudé de sensiblerie ou d’émotivité, il peut être aigle, taureau ou serpent fixant sa proie avant de l’avaler et de s’en repaître... C’était l’impression que j’ai eu lors du combat sans gloire du final de mai 2017 où celle qui voulait prendre l’Olympe fut vaincue au pied du mont par Jupiter, gagnant sans panache Silencieux un temps, ce Dieu-là a revu sa communication devinant son peuple loin en dessous de l’Olympe perdre la foi en lui. Alors ses propos, ses mots résonnèrent comme une arme plus défensive qu’offensive contre son seul adversaire : la France profonde, celle qui ne voulait pas de lui mais que le sort et les astres ont mis en position d’être Dieu à la place des petits djinns de la politique PS ou LR ! Ses discours sont empreints de notations, de citations et de philosophie et des idolâtres badent d’admiration au pied de sa stèle même si parfois sa voix s’éraille, mais si on l’écoute bien chaque mot a une forme qui ressemble à de l’agressivité, une menace, une arme, suivant les sujets abordés. D’ailleurs, quelque chose me déconcerte, m’étonne et je m’interroge mais n’étant qu’un simple mortel sous sa loi dite divine, je n’ai pas encore la réponse à ce sujet qui me fâche... Pourquoi en effet ne parler de zizanie et de ce qui trouble la « Maison Elyséenne » que lorsque Jupiter est à l’étranger ? Algérie et la « barbarie » ; la Roumanie et « les français allergiques au changement » ; la Grèce et les « français... fainéants ? ». Dans ses discours qui fulminent ou vitupèrent, ses mots donnent l’impression d’une prestance qui ne fait effet qu’en dehors de l’Hexagone métropolitain, loin de son Capitole parisien. Toujours ailleurs il brandit la foudre, puis devant les grognements populaires enregistrant les échos de ses propos, il faut que ses sbires, ses mortels serviteurs, une fois le retour à l’Olympe, trouvent le moyen de mettre de l’eau dans l’hydromel en donnant un sens différent à ce qu’il a énoncé. C’est pourtant répétitif cette façon de s’exprimer à l’étranger, mais que cache-t-elle ? Une attitude d’enfant gâté qui devient agressive par excès de vanité lorsque le vent lui est contraire et que le peuple s’élève contre des lois incertaines ? Jupiter est-il Dieu ou seulement orgueilleux et exigeant en ne souhaitant qu’obéissance où servilité ? Je ne veux pas faire de comparaison ni de parallèle avec d’autres personnalités du monde des mortels au style oral et aux reflex identiques, mais le décès de Pierre Bergé et les élogieux reportages dont nous gratifient différents médias, ont attiré mon attention sur la manière dont l’ami d’Yves Saint Laurent s’exprimait lorsqu’il se sentait attaqué sur ses sujets favoris comme le parti socialiste et Mitterrand ou le sida. Il savait être mordant, hargneux, maniant le verbe comme une arme pour balayer toute opposition. Il avait un point de vue et sortait ses griffes pour le défendre, fonçant sans garde-fou, fort de son droit, de son orgueil et de l’oreille favorable de la presse, comme ces prêtres du temps antique bénéficiant des aumônes terrestres pour aduler, honorer l’œuvre et les paroles du Dieu Jupiter et forcer les populations à croire en une propagande répétitive proclamant l’ordre avec lui et le désordre sans lui. « R.I.P. », comme diraient les américains à Pierre Bergé, mais le fait est là, un débatteur intransigeant que saluent mille reportages louant le personnage disparu. C’est ainsi qu’à l’écoute des différents portraits de Pierre Bergé que nous offrent les médias, dans cette litanie de mots ou de phrases qu’il savait prononcer ou distiller, à la fois agressifs ou blessants et jetés à la face du peuple comme on jette un gant à la tête d’un ennemi pour le provoquer en duel, j’ai un début de réponse à ma question : Qui est Jupiter ? En fait, il me semble en ce début de XXIe siècle et d’un nouveau quinquennat, que celui qui se veut Jupiter à la place de Jupiter se sert de ce langage abrupt, revêche – comme un enfant exempté des guerres anciennes, des combats pour la liberté et de l’apport que fut la colonisation aujourd’hui abhorrée dans la grandeur de la Nation, – pour s’imposer après un tournoi qu’il a gagné par hasard, en se doutant qu’il demeure comme un funambule sur un fil tout en se sachant particulièrement protégé dans le Capitole élyséen, cette demeure terrestre offerte par des humains inconscients. Trop orgueilleux, trop vaniteux ou arrogant, comme le dieu de l’Olympe dans un mauvais jour, deviendra-t-il l’aveugle conduisant le paralytique « France » – Oh Jean de La Fontaine, toi qui as su si bien copier les fables d’Eschyle, nous as-tu laissé en héritage un nouveau pasticheur ? – vers l’Olympe ou sur un chemin périlleux, en dictant ses lois par-dessus les manifestations et les barricades populaires, pour plaire à une Europe allemande dont il rêve de prendre les rênes ? Robert Charles PUIG / 10 septembre 2017 Mis en page
le 12/09/2017 par RP
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