33 / France                                                                                  Le Compas et le Goupillon


Ce titre pourrait être celui d’un conte diabolique parce qu’il renferme tout ce que la France a montré et montre de contradiction dans son œuvre civilisatrice depuis l’avènement de la République et ses atermoiements face aux menaces du terrorisme islamiste. Ainsi, au fil du temps, en minorant l’aspect du christianisme dans ses conquêtes au profit d’une philosophie du doute, du scepticisme ou de l’anticléricalisme, nous fait-elle plonger dans un « inconnu » qui se situe aux prémices du vingtième siècle, lorsque la France se voulait grande mais refusait d’allier l’équerre à la croix, le tablier à la soutane..
C’est pour cette raison que, sans surprise, j’ai lu dans « Valeurs Actuelles » N° 3869, du 20 janvier 2011 cet étonnant et navrant article intitulé : Dérives graves en Afghanistan. Un document présenté par Frédéric Pons, qui nous apprend qu’un prêtre, le « Padre » Jullien de Pommerol, risque d’être renvoyé de ce pays à cause de son témoignage sur les dérives et la complaisance affichées, par ordre supérieur, de l’armée française, face à l’Islam afghan, « parce qu’ils sont chez eux ! » Les événements rapportés sont horribles à lire. Par exemple, lorsque nos soldats croisent une fillette de dix ans mariée à un homme qui a cinq fois son âge… lorsqu’une femme est battue par son mari sans que nos militaires interviennent, par ordre… lorsque l’on exige d’une femme française soldat, de porter le voile pour ne pas « choquer » les Afghans ! Je lis le texte : « Sous prétexte qu’ils sont chez eux, nous assistons à une démission de l’intelligence, une trahison de l’esprit, un bannissement effrayant de la conscience… » Ainsi, pour la hiérarchie militaire française, en dépit de notre présence pour défendre une idée du droit et de la démocratie, en dépit de nos morts pour – à priori – la liberté, nous laissons faire parce que : Ils sont chez eux !
Comme en d’autres temps, notre politique reste celle de la soumission ! J’ai retrouvé dans un écrit ancien d’un correspondant que je remercie encore, cette même raison qui a provoqué la perte de l’Algérie française, dès 1848. La cause ? Un cénacle de politiciens et une hiérarchie militaire libérale, anticléricale, imprégnée d’idéaux contestables de cercles secrets nous poussant à la mer et à l’abandon de cette province d’Algérie en 1962.
De ce fait, il semble réaliste d’estimer qu’hier comme aujourd’hui, il y a un abandon de nos convictions religieuses ou simplement humanistes, au profit d’un mercantilisme d’élites. Ce n’était pas de cette manière que les populations européennes d’Algérie envisageaient leur présence sur ce territoire. Elles croyaient au bon droit d’une propagande qui leur faisait miroiter une vie nouvelle… pour l’éternité ! A tord. L’esprit jacobin entre 1930 et 1962 a imprégné la vie publique algérienne, en servant de tremplin aux idées franc-maçonnes et… nous a fait quitter dans la douleur et le drame notre terre natale.
En effet, la pensée profane de l’Etat entraina l’abandon de toute christianisation du pays en affichant un agnosticisme qui étonnera les Arabes et les confortera dans le maintien de leur propre religion. « L’athéisme quasi général de l’armée française choquera les musulmans, enlevant tout crédit moral à la civilisation latine » (Paul Rembault, Les grandes figures du centenaire -1929) De ce fait, les populations chrétiennes venues d’Italie, d’Espagne ou de France, ont des lieux de culte – souvent financés par des fonds privés comme Notre Dame d’Afrique – mais elles ne se rendaient pas compte que l’Etat, laïc, se refusait à l'évangélisation des autochtones : l’œuvre de Saint Augustin ne renaitra pas dans ce pays soumis au glaive maure. Une erreur de la France qui aboutira aux drames des années 1954 / 62. Durant ces événements, la part de responsabilité des francs-maçons fut-elle importante ? Sans hésitation il est facile d’affirmer que, sans la croix, la partie était perdue d’avance, face à la démographie galopante des Arabes, pris en mains par les religieux musulmans, sur un terrain interdit au christianisme. Rappelons pour information, qu’au grand Convent de 1905, le délégué de la FM algérienne a dit : « Toutes les loges algériennes demandent que la loi sur la séparation des Eglises et de l’Etat soit appliquée en Algérie, sauf en ce qui concerne le culte musulman »
Ainsi, des parents immigrés d’Italie et d’Espagne, entre 1840 et 1895, puis devenus Français, ont défendu la Patrie sans se rendre compte de l’athéisme des instances dirigeantes.
Un grand-père a fait 14 / 18 dans les Zouaves ; un autre parent est revenu en Algérie avec des séquelles psychologiques graves pour avoir subi des tirs d’obus en restant coincé dans une tranchée ; un parent est mort pour la France en 1940 et enfin, un oncle fut assassiné le 26 mars 1962. Des balles tirées en dessous de la ceinture par l’armée française, celle de De Gaulle. Nous sommes nombreux à avoir fait notre service militaire entre 1954 et 62. Pour quoi ? Pour qui ? Pour défendre quelle cause ? Chaque Pied-Noir a accompli son devoir sans se rendre compte qu’un pouvoir plus fort, plus puissant, plus insidieux que la République manipulait le peuple. Une pieuvre géante, mondiale qui n’a rien à faire d’un Etat, d’une religion ou de l’Occident, dans le jeu machiavélique de l’argent, de l’économie ou de la finance.
L’article de Valeurs Actuelles souligne l’impuissance d’un vrai code de l’honneur. Nos soldats envoyés en Afghanistan pour défendre l’idée d’une société démocratique, meurent en ignorant la cause obscure qu’ils servent, comme nous en Algérie, parce qu’elle s’accommode, au nom d’une philosophie permissive, du tribalisme importé en France par un communautarisme arrogant et impuni.
Pour preuve ? Que penser de la déclaration de Brice Hortefeux proclamant à la face des Français la diminution des exactions criminelles sur le territoire. Pour présenter cette information, il était parrainé par Alain Bauer, l’homme « sécurité » adoubé par le Président de la République. Alain Bauer est un grand stratège, rusé et intelligent. Son défaut ? D’avoir appartenu ou d’appartenir toujours à la franc-maçonnerie, donc de cultiver un jardin secret identique à ces réseaux qui cachent le nom de leurs « initiés ». Il sert pour le moment les intérêts de Nicolas Sarkozy et prépare son combat pour 2012. Sachons-le et ne retenons de ces étonnantes statistiques qu’un effet de propagande. La réalité ? Oussama Ben Laden qui ne nous fait pas de quartier. Il menace la Nation et joue avec la vie des otages français. Il connait nos faiblesses et nos hésitations à mener un combat gagnant contre les forces du mal qui nous entourent. Il sait que dans le secret des « cénacles  », l’iconoclasme français est un atout dans son jeu : Nous n’avons pas su nous imposer en Algérie et nos forces en Afghanistan ne jouent pas la démocratie en acceptant l’obscurantisme du peuple.


   Robert Charles Puig  / Janvier 2011 

Mis en page le 24/01/2011 par RP