66 / France…                                                                                  Tes girouettes politicardes

Ainsi, à l’occasion d’une conférence marquant les dix ans de la Chaire Algérianiste de Nice, si bien évoquée par Monsieur Emile Serna, voilà t-il pas que tout à coup, le Maire de Nice, Monsieur Christian Estrosi se souvient que nous existons, que nous formons un groupe, une population d’administrés importante, dans cette grande ville du bord de la Méditerranée qui nous rappelle une autre vie et qu’il faudra compter, aux élections, avec notre bulletin de vote. Pour cela, tout à coup, il se veut « copain comme cochon » avec des concitoyens exilés ? Eh bien, non ! Nous ne mangeons pas de ce pain là et nous ne pouvons accepter cette offre qui sent la girouette politicarde, le miroir aux alouettes et l’appeau siffleur auquel nous ne donnerons pas notre voix aux prochaines présidentielles et législatives. Nous nous sommes fait avoir en 2007, par les discours de Nicolas Sarkozy et ses ambassadeurs en Algérie, lors de propos honteux et indignes de l’honneur de la France. La rupture attendue est restée lettre morte, après les douze ans d’attentisme de Jacques Chirac, et rien n’a été fourni comme preuve du respect de notre passé et de notre mémoire. Cette fois-ci, nous ne nous laisserons pas – je l’espère – berner pas des paroles en l’air ou sirupeuses qui n’ont de valeur que le besoin de voix, pour les élections… Nous ne nous laisserons pas « faire marron ! »

Un jour, ce monument nous le construirons, un grand ! Mais pas à Nice sous la tutelle de son Maire actuel qui n’a pas entendu nos paroles, n’a pas pris conscience de nos écrits, en prétextant une attitude gaulliste dépassée, avec sa statue. Nous, c’est le mensonge du général que nous retenons. C’est l’exode imposé qui nous a fait nous élever contre cette statue ! Nous ne sommes pas rentrés en France par plaisir ! J’accuse, et nombreux sont ceux qui accusent avec moi les politiciens du Parlement et du Sénat, pantouflant depuis un demi-siècle dans nos institutions et qui se complaisent dans une politique ancienne et gaulliste sans en dénoncer les travers, les mensonges sur les événements tragiques que nous avons vécus et le « copinage » entre le FLN et certains ministres de l’exécutif français et parisien, avec l’appui de traitres obscurs et de chapelles, liés au vieux RPF moribond. Chapelles ou obédiences qui se rappellent à nous dans les articles de journaux… « Toto la salade » dans les instances maçonniques niçoises, avec un véritable triolisme police, justice et politique ! Lille, avec un « Dodo la saumure » où se jouent d’hypocrites parties fines ! La saumure d’ailleurs, n’est-elle pas utilisée pour conserver les morues ? De toutes ces frasques et guignolades, de ces tribulations tragicomiques, nous n’en voulons plus ! Je me souviens d’un ami qui me disait récemment : « Mais l’Algérie française, cela a cinquante ans, c’est le passé… Ta vie, ta famille est là en France, à Nice, alors pourquoi tant de nostalgie dans tes propos ? ». Ce qu’il ne pouvait comprendre, cet ami, c’est que je suis parfaitement conscient que ma vie d’homme, d’époux, de père et grand père est ici, mais que justement pour tous ceux des miens nés en France, il faut qu’ils sachent exactement pour quelle raison je me trouve là ! De quelle manière nous avons été en 1962, à cause des mensonges d’Etat de De Gaulle et de ses pairs, mis à la porte d’une terre mille fois européenne par le labeur de nos anciens, par notre travail ! Que jamais nous n’avons été des colons … ils étaient vingt mille familles au plus, et nous étions pour la plupart du million de Pieds-Noirs des enfants des villes, de ces familles venues d’Espagne ou d’Italie, d’Europe pour créer un monde neuf.

Nous avons été vaincus par la terrible malversation du pouvoir gaulliste qui fit de nous des outlaws… Alger honteusement fusillée ; Oran atrocement martyrisée ! Puis le bled, les campagnes laissées aux mains des terroristes, aux meurtres, aux disparitions, sans que le gouvernement français n’intervienne. Quelle honte que tout cela !

Devons nous continuer à nous taire ? Laisser des esprits hostiles et des associations sans fierté, sans honneur, nous insulter, nous présenter comme des esclavagistes ou des colons racistes ? Non ! Voilà où est ma nostalgie, mon combat ! Pour la Vérité sur notre passé. Pour combattre la fausse histoire que l’éducation nationale présente aux jeunes écoliers, en espérant effacer cent trente deux ans d’Algérie française. Cela je ne peux pas le permettre et c’est pourquoi, parfois j’écris, je crie ! Pour cette raison, j’espère qu’un jour proche, ce monument existera à l’identique de celui que nous avons laissé à Alger. Ce monument aux Morts de toutes nos batailles, que le pouvoir algérien a rendu immonde en le dénaturant, en sabotant le symbole de ce qu’il représentait : l’hommage aux morts pour la France !

Mais, cette initiative d’un monument ne peut être envisagée par ceux qui nous ont mis au banc de la République depuis des années, qui ont falsifié l’Histoire et qui veulent récupérer nos cendres pour continuer à mentir au peuple de France, au nom d’un gaullisme menteur.

Le pouvoir politique actuel versatile et timoré ne construit aucun avenir. A cet effet, permettez-moi une petite parenthèse sur l’événement du jour : le jugement de l’ancien Président Chirac… Autant je n’ai jamais apprécié son long règne et son attentisme laissant la France s’enfoncer dans le marasme économique ; autant je lui reproche d’avoir refusé à cette Europe bancale, parfois menteuse, son rôle de terre chrétienne ; autant je lui en veux de son adoubement catastrophique auprès d’un Bouteflika toujours hargneux et anti-français ; autant cependant, je considère que la justice n’avait plus à le condamner de cette manière. Le rang - encore - de la France dans le monde ne devait pas permettre une telle décision de juges à la solde de cartels gauchisants ou du pouvoir sarkozyste. Personnellement, je suis du côté de ceux qui pardonnent et non du côté de ceux qui enfoncent le dernier clou d’une peine dont notre pays pouvait se dispenser… Que la politique - qui gère malheureusement la justice - se regarde et prenne conscience de cet abus de pouvoir judiciaire, triste et navrant ! Il y a tellement à dire sur nos gouvernants !

Les affaires à droite - la molle - entre Karachi et Bettencourt, entre les déplacements couteux à l’étranger ou l’hexagone et tant d’autres tripatouillages, sont pires que les abus de pouvoir de Chirac, comme Maire de Paris.

Quant à la gauche - si multiple, si diverse, si lamentablement sectaire et empruntée dans son approche obsolète de la France - que penser de ses magouilles politicardes sans plonger dans un passé lointain ? Mitterrand et ses domiciles « doubles » ;  les affaires de Lille et de Marseille qui durent depuis belle lurette ! Le rôle que le PS voulait offrir à un DSK, triomphant sans combat, « glorifié » par « Banal + » et d’autres chaînes de télévision ou les journaux « papier-cul », alors que ses frasques étaient connues du quatrième pouvoir aux ordres des partis ! Cet étrange pouvoir des médias qui nous refuse un droit de paroles, qui nous a si souvent critiqués, en accompagnant des hommes politiques, imbibés de la philosophie gaullienne de la combine et de la machination !

Un socialiste Président ? François Hollande creuse sa défaite à travers les guerres de clans qui l’entourent… Il semble que les bâtons dans ses jambes viennent plus de son camp que de ses adversaires politiques, et c’est une bonne chose ! Faut-il au pouvoir, un personnage de si peu d’envergure, prisonnier les diverses vagues idéologiques qui sèment le désordre dans son camp ? Partisan de la repentance la plus absurde, du vote des étrangers, tiraillé entre un programme démagogique et dépassé, une crise qu’il ne pourra résoudre sans des mesures drastiques et draconiennes, est-il capable de nous sortir de l’ornière financière et économique ? Pour quelle France ? L’euro se dégrade, notre triple « A » ne sera plus qu’un souvenir digne des trente glorieuses que Mitterrand, le premier, par sa politique intérieure et les trente cinq heures a affaibli ! Quelle confiance peut-on avoir dans un programme socialo-vert et communiste ? Aucune ! Hollande est l’otage des fractions différentes de son parti et si par malheur il était aux commandes du pays, que deviendra la France ? Elle sera bradée, comme l’Algérie l’a été au FLN, au communautarisme le plus farouchement anti-français, comme le démontre un Delanoë, qui laissera de son passage à la Mairie de Paris une image dont on perçoit peu à peu les aspects flous, méandreux et grotesques, avec sa propension à satisfaire les extrémistes de tous bords qui pullulent dans sa ville, la capitale, Paris !

Droite molle et dépassée par la crise, gauche paralysée par ces propres sujets et les prétentions extrêmes de ses différents courants, rien ne nous sera épargné par des élus de ces deux partis, en 2012. Il nous faut « autre chose ». Une autre vision de la France et de l’Europe. Une autre manière de redonner au pays son honneur et sa puissance. Nous ne devons pas nous laisser faire. Notre rôle est de réveiller les esprits, de persévérer dans nos actions pour que notre passé, en Algérie, soit reconnu et honoré ! C’est la base d’un renouveau espéré, car en nous humiliant depuis des décennies, c’est le pays qui est humilié !

J’ai, nous avons je crois, une idée de la France différente de ces vieux partis démagogiques et impuissants à rendre à la Métropole sa vraie place de Nation européenne. Ni cette droite ni cette gauche, ne sont à la hauteur du défi qui se présente. Les deux mentent ! Ils mentent avec la crise qu’ils nous présentent comme on dresse un épouvantail dans un champ, pour faire peur aux Français, parce qu’ils n’ont qu’une obsession : garder ou prendre le pouvoir ! Les solutions envisagées sont dépassées avant d’être mise en place. On nous ment sur l’euro et sur cette Europe qui a ouvert ses frontières à la misère du monde, mais qui n’a jamais su être, ni financière ni économique. Il faut changer tout cela.

Seule une politique nouvelle, sans les mensonges qui accompagnent la crise actuelle, permettra de nous sauver de cette récession que nous présente le pouvoir en place et que la gauche ne résoudra pas. Les objectifs, demain ? Revoir la communauté européenne et la réduire à quelques Etats ; mettre en commun une politique financière et économique enfin fiable et surtout honnête ; prendre en compte la nécessité de transformer l’euro sur de nouvelles bases ; éliminer les pays qui n’ont pas le niveau économique souhaité pour une nouvelle monnaie unitaire ; changer Maëstricht en un traité mieux approprié à sauver la civilisation européenne de l’envahissement de l’étranger. Voilà par quoi, je pense, la France et l’Europe seront sauvées et sortiront de la crise planétaire dont nous souffrons.

                                                                    Robert Charles Puig / décembre 2011

Mis en page le 18/12/2011 par RP