73 / Lettre ouverte à qui veut bien la lire....
et la faire circuler.
1962 / 2012. Le temps du souvenir et de l’exode :
cinquante ans après le drame du départ d’Algérie !
Bien entendu je pense en priorité aux élus,
ceux de tous bords qui depuis cinq décennies se montrent ou indifférents, ou
d’une compassion douteuse ou parfaitement contre notre mémoire Pied-noir. Ils
sont nombreux, très nombreux et depuis le début de l’année2012, ils jouissent
du pouvoir d’ajouter au mal et à l’ignominie dont ils nous abreuvent et
mentent, celui d’ouvrir les vannes de la méchanceté, de la médiocrité et de la
haine qui restent leurs armes favorites pour nous montrer d’un doigt
accusateur. Ainsi, nous voyons fleurir dans de nombreuses villes des réunions,
des colloques, des conférences qui présentent l’indépendance de l’Algérie comme
une victoire du « bien » contre le « mal », nous !
Le FLN
terroriste nous provoque par des réunions d’autosatisfaction sur leur victoire
en 1962, et avec la bénédiction de certains Maires de villes, se lance dans la
propagande anti-française et anti Français d’Algérie. Il y a de tout dans ces
réunions, ces assemblées de traitres à la Patrie qui vont vomir leurs anathèmes
sur notre passé. Des écrits, des films, à la gloire des indépendantistes
terroristes ; des articles de journalistes gauchisants et encore
staliniens qui font tourner les rotatives des journaux pour nous caricaturer,
nous désigner comme des bourreaux ... Des émissions vont nous présenter comme
des fascistes, des esclavagistes et cela va durer jusqu’à la fin des temps, si
nous n’y mettons pas bon ordre en contre attaquant ces ignominies. Je l’écris,
cela ne s’arrêtera pas à fin de juin 2012, mais continuera comme depuis
l’indépendance donnée, offerte, par De Gaulle à un peuple qui n’en demandait
pas tant. Un peuple devenu l’esclave d’une dictature obsolète et qui se
retrouvera, dans les mois à venir, dans les serres d’une autre tyrannie :
islamiste !
Mais je
reviens à cette France oublieuse du passé... Se souvient-elle que les
« Africains » l’ont sauvée deux fois, de
l’asservissement et du joug étranger ? 1914/18 et 1939/45 ! Ils
sont venus depuis l’autre côté de la Méditerranée, ils ont eu des blessés, des
morts dans ces batailles pour la liberté, mais De Gaulle les a exclus de la
mémoire du peuple, dans ses écrits. Et, que l’on ne nous raconte pas que les
autochtones de l’Algérie, les Arabes, étaient les seuls à mourir pour la
France. Il y a eu chaque fois, autant d’Européens que d’Africains, qui se sont
battus et sont morts, pour la démocratie et la Nation !
Que
reste-t-il de cette gloire passée ? Rien, sinon le communautarisme de religions
du Sud qui veulent faire les lois en France ; sinon le pacifisme obtus et
le relativisme de partis politiques qui nous bradent, comme ils ont bradé
l’Algérie, il y a cinquante ans... Que reste-t-il de ce temps de l’honneur ?
Des mots que l’on efface, des souvenirs qui n’ont pas le droit d’être évoqués
et surtout, cent trente deux ans du sol d’une terre extraite de la barbarie
pour la hisser aux temps modernes et que des ignorants, des falsificateurs
d’histoire veulent totalement enterrer.
Nous
voici donc à quelques mois, si peu, de la commémoration de notre exode... notre fin d’un monde. Que
voit-on dans nos villes : Nice, Nîmes, Paris et bien d’autres ? Des
colloques venimeux animés par des associations gauchisantes qui nous
invectivent. Des conférences sans objectivité qui veulent encore nous
assassiner de leurs mots mensongers. Des historiens et des philosophes qui se
veulent les héritiers du « manifeste des 121 » souhaitant notre
mort...
Des
hommes politiques qui adoubent le 19 mars, chantent la
gloire du gaullisme, sans se rendre compte qu’ils font le jeu des destructeurs
de la République.
Heureusement, des associations de Français
d’Algérie s’élèvent contre cette mascarade qui se veut « festive » en
cette année 2012. Ils s’opposent avec leurs faibles moyens, à cette histoire de
France haïe, sabotée, déformée par une fraction de personnages nuisibles, aux
mots aux allures de gonorrhée. Réussiront-elles, toutes ces associations dépositaires
de l’honneur d’un passé et des aspects positifs qui nous avons laissé
« là-bas », réussiront-elles un jour à faire admettre que la terre
d’Algérie était autant la nôtre que celle des quelques sept cents mille
autochtones trouvés sur place et devenus musulmans par la force du glaive arabe ?
Ces
associations réussiront-elles à faire admettre la vérité de ce temps là ?
Je veux maintenant vous parler de ma ville,
celle qui m’a adoptée : Nice !
Il y a dans cette ville magnifique, un
double jeu d’élus, étonnants d’impudeur et de machiavélisme. Ils se disent gaullistes,
le prouvent par une statue non désirée d’un général qui nous a menti et
abandonné. Il nous a poussés à un exode tragique, en laissant - par les morts du 26 mars 1962 à Alger, ceux
d’Oran le 5 juillet et tous les torturés, les assassinés, les disparus, du bled
- comme du sang sur ses mains, mais voilà que tout à coup, cinquante ans plus
tard, ceux qui ont toujours fait référence à ses décisions tellement barbares
et désastreuses, se sentent... proches de nous. Le mot n’est pas trop fort...
comme Nicolas Sarkozy à Marseille dit aimer la France, eux aussi à Nice, ils
nous aiment ! A ce point qu’ils nous promettent un monument marquant notre
fin tragique du pays qui nous a vus naître : L’Algérie.
Ils ont l’audace des trépanés qui ne se
souviennent plus nous avoir méprisés. Le pire, hélas, c’est que quelques
associations, quelques Pieds-Noirs inconscients du mal qu’ils nous font, pactisent
à cette machination du monument. Ils se réunissent : élus de la ville et
personnes que je nomme de « mauvaise intention », et préparent, comme
si de rien n’était, non seulement un monument que je refuse, que nous devons
refuser, car il en existe déjà un au jardin Alsace-Lorraine, mais ils préparent
aussi... des « festivités » comme l’annonce Nice-Matin... pour la fin
juin... 2012 !
Ces
mots horribles ! « Festivités » ... fêtes, alors que nous ne
devons en cette date d’abandon de notre terre, en ce cinquantenaire de la honte,
que pleurer et prier ! C’est véritablement l’affront le plus énorme que
nous ne devons ni admettre ni subir, surtout à Nice, cette ville s’est ouverte
à un nombre important d’entre-nous.
Que conclure de ce temps des
mensonges ? Que nous sommes toujours « l’ethnie » à abattre. Nous
sommes ceux qui gênons le pouvoir en place comme l’opposition prompte à enterrer
notre passé, nos souvenirs.
Ils ne veulent pas se rappeler que de
nombreux Pieds-Noirs sont arrivés en France totalement démunis de leurs biens.
Ils attendaient sur les quais des ports, après avoir payé de leur argent le
titre de transport, que la France vienne les chercher et la France ne l’a pas
fait : la Marine française manœuvrait en Méditerranée et n’a pas porté secours
à son peuple que la barbarie assassinait... Puis les dockers des ports refusèrent
de laisser débarquer ces Français d’Algérie ; forcèrent les navires à
rester hors des ports, avec leurs charges d’âmes en perdition, en
désespérance... Puis les Harkis ! Mal récompensés de leur fidélité à la
France, ceux qui réussirent à rester sur le sol national furent parqués et
oubliés...
Voila ce que des élus gaullistes ou
d’autres bords, oublient... Beaucoup sont des zélateurs du 19 mars, ces accords
honteux d’une France déshabillée de sa province et qui s’est pliée, sans
contrepartie, aux exigences FLN. La suite nous la connaissons tous...
Nous avons été mal reçus, nous avons dû
nous battre, nous débattre et parfois taire d’où nous venions pour ne pas être
jugé, condamné et rejeté par la « vox populi » que les médias
excitaient, en attisant les feux d’une haine inadmissible, contre nous !
Alors, Nice
en juin 2012 ? Je veux bien d’une messe, parce qu’elle sera servie par des
prêtres de « chez nous » mais je ne souhaite ni festivités ni
monument. S’il doit en exister un, un jour, il sera à l’image de celui que nous
avons laissé à Alger, au plateau des Glières, ce lieu de mémoire qui a connu
nos, joies, nos batailles, nos peines et nos assassinés.
Robert
Charles Puig / février 2012