Nous avons tant marché...

    Une grande marche de protestation contre l’intolérance est organisée dimanche 11 janvier 2015 pour dénoncer les crimes commis les 7,8,9 janvier. C’est bien, c’est nécessaire. Mais de quelle utilité sont les marcheurs de paix ?
Nous avons tant marché lorsque la barbarie, la même barbarie, tuait chez nous. Marché contre les poseuses de bombes qui à Alger tuèrent dans les cafétérias, les bars, les bals, aux arrêts d’autobus, dans les tramways. Maintenant ces femmes sont honorées à Paris comme des héroïnes...
   Alors, moi, je pense à ceux qui ne peuvent plus marcher, à cause d’elles, à cause des donneurs d’ordre criminels, les tueurs par procuration de la Radio, autrefois, d’Internet maintenant. Je pense à ceux qui ne peuvent pas marcher parce qu’ils sont morts, ou qu’ils ont eu la jambe arrachée, à ceux qui n’ont plus qu’une main pour écrire leur calvaire. Ceux qui n’ont jamais fait le deuil de leurs proches assassinés, disparus...
    C’est la même barbarie, c’est la même idéologie. Pas d’amalgame ?
    Ceux qui dans les banlieux françaises acclament les tueurs obligent à cet amalgame terrifiant.
    Ceux qui dans les pays arabes en font des héros, obligent à l’amalgame. Ceux qui ne sont sensibles ni à la raison ni à la pitié obligent à l’amalgame.
    Aujourd’hui, en Arabie Saoudite, un journaliste est fouetté et emprisonné pour délit de liberté d’expression, et en même temps ce pays dit qu’il soutient cette marche ? Cela n’oblige-t-il pas à l’amalgame ?
   Je l’ai écrit cent fois, publié cent fois, seul les musulmans peuvent anéantir la barbarie, eux qui sont les premières victimes de cet amalgame auquel ils obligent.
   On a marché lors de l’assassinat d’Amédée Froger et dans le cortège il y avait nombre de musulmans fidèles à la France. Elle les a laissé assassiner.
   On a marché lors des bombes meurtrières à Alger, à Oran et il y avait nombre de musulmans dans les cortèges (et certains l’ont payé de leur vie par la colère insensée) La France les a laissé assassiner.
   On a marché lors de l’horrible tuerie de la gardienne du stade de Mers-el-Kébir et de ses deux petits enfants. Et il y avait tous les musulmans de la petite cité et beaucoup des douars environnants. Combien en a-t-on laissé assassiner ?
   Marchez, Français aveugles depuis plus de cinquante ans, chefs d’Etat peureux, bobos endormis aux anxiolytiques compassionnels. Marchez... Et souhaitons que cette fois ce ne soit pas pour rien !
                                                 Geneviève de Ternant
                                                 Samedi 9 janvier 2015

Mis en page le 10/01/2015 par RP