Hommage extrait de l'article rédigé par Yves Henry

Claude Micheletti fut responsable de l'ORO
(Organisation et Renseignements Opérationnels) de la Zone III
de l'OAS. Il nous a quittés le 22 Février dernier, à
l'age de 68 ans. Ses obsèques émouvantes, solennelles
et patriotiques ont été célébrées,
le 25 Février 2004, devant une foule pieusement recueillie
et douloureusement meurtrie par la brutalité de ce trépas
inattendu et venue manifester son soutien à sa mère
Mme E Micheletti, sa soeur Geneviève, son frère Charles
et leur grande affection à son épouse Marie-Jeanne qui
fut toujours, fidèlement et héroïquement présente
àses côtés, lors des combats de l'ombre et durant
les années d'exil, ainsi qu'à ses trois filles et ses
sept petits enfants
Il est difficile de dissocier les noms de Claude Micheletti et de
son père Charles dans les combats de la guérilla urbaine
de l'OAS à Oran en 1961-1962, tellement, père et fils
furent proches l'un de l'autre, dès les premières actions
politiques de 1954 et les activités anti-terroristes contre
le FLN de l'année 1955, avant de jouer un rôle prépondérant
au sein de la Zône III de l'OAS.
L'OAS en Oranie, davantage d'essence et d'organisation civiles
que celle, militaire, d'Alger, avait pris forme dès les barricades
de 1960 et avant le putsch des généraux d'avril 1962.
Aux cotés de Charles, Claude Micheletti, leurs protagonistes
Daniel Brun, Georges Gonzalès, Athanase Georgopoulos et Robert
Tabarot, édifièrent un état major et des structures
de commandos d'action, bien avant l'arrivée du Gl Edmond Jouhaud
et de ses adjoints militaires, le Chef de Bataillon Julien Camelin,
du 5ème REI, et le Lieutenant de Vaisseau Pierre Guillaume.
Claude Micheletti porta, dès son plus jeune age, une admiration
affectueuse à son père, qui ira grandissante, tout au
long de leur vie commune. Il marchera donc aussitôt dans ses
traces: études secondaires au Lycée Lamoricière
et l'escrime, dans la salle de l'Oranaise. Plusieurs fois titré
il accèdera au niveau international (présélectionné
olympique). Par ailleurs, Claude, à l'image des garçons
de bonnes familles oranaises, prit le chemin des Beaux Arts.
Dans les années 50, deux autres passions verront le jour pour
Claude Micheletti:
- la première sera sa rencontre avec Marie-Jeanne Salleles
qu'il épousera. Elle est la fille cadette d'Edmée et
Constant Salleles, qui fut maire de Bou Tlélis duirant de nombreuses
années.
- la deuxième fut l'attachement aux racines de sa terre natale,
française, dont il épousa la cause dès l'age
des Facultés.
En mai 1956, membre de l'AG des Etudiants d'Alger, qui avait déclenché
une grève, il avait tout simplement bloqué le portail
d'entrée du LycÈe LamoriciËre à l'aide chaînes
cadenassées. Arrété par le commissaire Edef il
devait ainsi découvrir sa première geôle et les
difficultés de l'activisme!
Claude Micheletti poursuivit ses études à Toulouse ,
au collège Caousou et enfin à la Faculté de Droit
de Paris.En Décembre 1958, mariage à la Mairie de Bou-Tlélis;
mais au printemps de cette même année Claude n'avait
pas été étranger au mouvement du 13 Mai à
Alger ni à son évolution le jour suivant à Oran.
Sous ses yeux, son père fut élu membre du Comité
de Salut Public de l'Algérie et du Sahara, présidé
par le Dr Sid Cara.
En 1959, Claude Micheletti reçoit l'ordre d'effectuer son service
militaire dans un commando de chasse de l'infanterie de marine en
Grande Kabylie. Un an plus tard, il participe aux Barricades d'Alger
et écope de plusieurs jours d'arret de rigueur.
Dès le 24 Avril, il déserte et retrouve son père
Charles dans la clandestinité, en Oranie. Ils s'attachèrent,
aussitôt, à la mise en place des structures d'un état-major
de l'OAS où Charles Micheletti (Léonard) prit en charge
l'Action Politique et Psychologique et Claude (Baba), la responsabilité
générale de l'ORO en compagnie de Georges Gonzalès.
Ils s'employèrent à mettre en place un service de surveillance
téléphonique des personnalités civiles et militaires
engagées contre l'organisation secrète oranaise. Sa
jeune épouse Marie-jeanne, malgré ses préoccupations
maternelles, entra dans la résistance jusqu'à la fin
du mois de mai 1962. En marge de ces mission, Claude montera des opérations
"avec beaucoup de hardiesse et obtenant d'efficaces résultats"
selon les propres termes du Gl Jouhaud.
Juillet 1962, ce ne sera pas l'exode mais l'exil, en Espagne puis
en Italie, jusqu'à l'amnistie de 1968 et le retour à
Nice.
Ces derniËres années Claude Micheletti voulut rendre hommage
à son père et à tous ses compagnons oraniens
de la Zône III. Il s'attela ainsi à un long travail d'archiviste
et entrepris de sélectionner les nombreux documents, fichiers
et rapports qui se trouvaient en sa possession. C'est ainsi qu'est
né, en l'an 2002, sous le titre "Fors l'Honneur", son livre
écrit avec beaucoup de tact et de discrétion. Cet ouvrage
vient de recevoir le Prix Spécial 2004 du jury du Salon des
écrivains et artistes rapatriés d'Afrique du Nord, le
6 mai 2004, à Antibes. Son président, Jean Cépi,
a voulu ainsi honorer la mémoire de Claude Micheletti qui nous
a quittés si brutalement.