LE TERREAU DES TERROS
Pourtant, quand il est mort, une grande partie des media s’est efforcée de gommer les motivations exprimées de son acte pour y substituer une pure causalité sociale. L’accent fut mis sur le sort tragique des jeunes issus de l’immigration, sur leur aliénation, sur leur manque de perspectives dans une société barrée par l’horizon grisâtre du chômage. Bref, nous fûmes plongés dans ce qui s’appelle la culture de l’excuse. Elle se double de la politique de la culpabilité en direction des citoyens français. La palme pourrait revenir au New York Herald Tribune qui écrivit le 30 mars : « Ce n’est pas Al Qaïda qui a créé Mohammed Merah, c’est la France. » Manière de dire : la responsable c’est la société française et ses injustices. Le journal américain reprenait d’ailleurs la phrase d’un des camarades de classe du terroriste. Certes, il n’est pas prouvé que Merah fût un agent d’Al Qaïda. Il est cependant impossible de passer sous silence les influences islamistes qui ses sont exercées sur lui, bien que les media les aient édulcorées et atténuées au maximum. On sait néanmoins qu’il s’est radicalisé en prison en lisant la Coran ; qu’il avait, nous dit-on ,un frère salafiste qu’il a rencontré en Egypte, dans une école coranique où il séjournait. Ajoutons qu’il a voyagé en Syrie, en Turquie, en Afghanistan, au Liban, tous pays où la mouvance islamiste est bien représentée. Malgré cela cet aspect de la personnalité du tueur fut minimisé. Nombre de journalistes ont préféré souligner son côté loup solitaire. En somme, tout s’est passé comme si les media ne voulaient pas trop inquiéter le français moyen. Rares finalement furent les commentateurs comme Ivan Rioufol qui mirent les pieds dans le plat, par exemple dans sa tribune du 30 mars au Figaro : « La majorité des Français musulmans ne peut que se sentir horrifiée et déshonorée par cette barbarie commise au nom d’Allah. Pour autant, le feu de l’islamisme couve dans les cités. Pour certains, Merah est devenu un héros. Des pages Facebook dédiées à sa mémoire ont dû être fermées. Des professeurs n’ont pu faire respecter à leurs élèves la minute de silence en mémoire des victimes. Des enseignants reconnaissent dans leur classe l’ancrage des sentiments anti-juifs. » Peut-on dès lors avancer qu’il y a deux analyses du cas Merah ? Selon l’une, il serait un produit de ces cités sensibles où le manque de perspectives jette les jeunes dans la désespérance. Selon l’autre, il serait le produit de la vague islamiste venue du le Proche-Orient jusqu’à nos rivages européens. En fait, chacun comprendra qu’opposer ces deux types de causalité est artificiel. Les 2 analyses que nous venons d’évoquer n’ont rien de contradictoire. Comme l’a dit également Rioufol, le 28 mars : « Une société qui produit un tel monstre est malade mais une religion qui enfante un tel culte de la mort est aussi une religion malade. » Tout est dit.
Chômage plus islamisme, voilà en effet une combinaison détonante. Reste à éviter qu’elle n’explose. Pour cela, rien n’est plus important que d’empêcher les média audiovisuels de provoquer la mise à feu. J’ignore à quelle stratégie répond le
déversement sur les ondes françaises, depuis 20 ans, d’une propagande calquée
sur celle du FLN algérien, mais c’est un fait, nous y avons droit et
massivement. Depuis deux décennies, et avec une intensité redoublée par le
cinquantenaire de l’Indépendance, les grands média nous servent à propos de
l’Algérie et de la Guerre d’Algérie, une rhétorique systématiquement
anticoloniale. Au point qu’elle pourrait passer telle qu’elle à
Radio-Alger : dénigrement inlassable de la colonisation, dénigrement de
l’Armée française durant le conflit, édulcoration des crimes de la rébellion et
« oubli » des souffrances
de diverses catégories de populations algériennes de l’époque. C’est là une
pure folie.
A l’occasion du cinquantenaire, c’est un déferlement de productions biaisées, de débats truqués et de propagande anti-française. Certains journalistes et « historiens » nous servent cette soupe « agrémentée » de quelques ingrédients plus ou moins subtils, mais c’est bien de la soupe FLN qu’il s’agit : éloge déguisé du terrorisme, éloge de certains terroristes, accusations démesurées contre la colonisation et l’œuvre françaises en Algérie, accusations démesurées contre notre Armée. Ceci ne peut se faire qu’avec la connivence de hautes autorités engagées dans un sombre rapprochement avec Bouteflika et consorts. Ceux qui agissent ainsi prennent une
lourde responsabilité.
Une fois de
plus : Caveant Consules !
Chômage+islamisme+propagande FLN, que voilà une formule explosive au sens propre du terme ! En inondant les banlieues d’une propagande anti-française, on prend le risque d’y créer des terroristes par centaines. A continuer de la sorte, les loups solitaires à la Merah ne tarderont pas à chasser en meute.
Jean Monneret
Dessin de Jean Brua
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