A Nice, Nicolas Sarkozy reconnaît "l'abandon" des harkis
vendredi 09 mars 2012 à 15h30
Au cours d'un déplacement rapide et sous contrôle ce vendredi à Nice, le candidat-Président Nicolas Sarkozy a concédé que la France avait "une dette" envers les harkis.
"Les autorités françaises ne se sont pas bien comportées à l'endroit de ceux qu'elles auraient dû protéger (...) La République doit reconnaître qu'il y a eu une forme d'injustice, d'abandon. C'est fait.", a déclaré Nicolas Sarkozy, sans préciser s'il s'exprimait en tant que candidat ou comme Président.
" De chaque côté il y a eu des crimes"
S'il a longuement évoqué "la souffrance" des rapatriés et convenu de "l'injustice du système colonial", Nicolas Sarkozy a, en revanche, - et comme il l'avait annoncé dans une interview à Nice-Matin - refusé toute repentance de la France.
"La
guerre d'Algérie a été une guerre fratricide (...) une guerre civile
(...) De chaque côté, il y a eu des crimes. De chaque côté, il y a eu
des vices", a développé Nicolas Sarkozy, à quelques jours du cinquantenaire des accords d'Evian, marquant la fin de la guerre d'Algérie.
Public acquis
Le
candidat s'est exprimé dans l'enceinte du Centre universitaire
méditerranéen (CUM), devant quelque 450 pieds-noirs et harkis, "choisis avec les associations de rapatriés de la ville", expliquait un officiel.
Ce public tout acquis avait accueilli son candidat sur la Promenade des Anglais, aux cris de "Nicolas, Président".
Loin
du chahut de Bayonne, face à la mer, Nicolas Sarkozy
s'est même offert
un bain de foule. Guidé par le maire UMP de Nice
Christian Estrosi, il a
aussi découvert la maquette d'une future stèle aux
rapatriés, monument qui divise aujourd'hui la communauté pied-noir locale.
Des
élus du Front de gauche qui avaient tenté d'entrer dans le périmètre
établi autour du CUM ont été repoussés sans ménagement par la
police, .
Seul
le résultat du scrutin le dira. On retiendra aussi, peut-être, que
c'est à Nice que cette opération de (re)séduction de l'électorat
frontiste a été menée. Le candidat s'en est défendu vendredi,
jurant ne pas être venu "parler à des électeurs mais à des Niçois, et à des Français."
Ce
déplacement en Baie des anges a pourtant aussi donné lieu à quelques
piques très politiques. Nicolas Sarkozy a ainsi dénoncé devant des
journalistes "la pratique de l'esquive permanente du candidat socialiste" François Hollande, et "son petit statuttranquille d'homme politique."
Les points clés du discours
14h39. Nicolas Sarkozy demande "pardon" aux harkis au nom de la République, sans préciser s'il parle en tant que candidat ou Président. "Pour que vous puissiez pardonner, la République doit reconnaître qu'il y a eu une forme d'injustice, d'abandon. C'est fait."
14h36. "Les autorités françaises ne se sont pas bien comportées à l'endroit de ceux qu'elles auraient dû protéger."
14h35. "Insulter
un harki, c'est insulter un soldat français. Insulter la mémoire d'un
harki, c'est insulter la mémoire de l'armée toute entière."
14h32. "La
France à une lourde dette envers les harkis." "40.000 d'entre eux se
sont réfugiés en France. Ils ne furent pas accueillis avec la générosité
avec laquelle ils auraient pu s'attendre. Ils furent parqués dans des
campements (...) dans des conditions indignes"
14h32. Le candidat évoque à présent les harkis. "Ces hommes", insiste-t-il, "ces harkis, sont toujours restés fidèles à la France."
14h29. Nicolas Sarkozy désigne des "forces extrémistes" qui n'ont pas respecté les accords d'Evian, contraignant les pieds-noirs au retour. "La valise ou le cercueil", rappelle le candidat.
14h27. "La guerre d'Algérie a été menée par une démocratie, la France. Le contigent a été envoyé par une République.", insiste le candidat, suggérant la responsabilité assumée de 'Etat.
14h23. Nicolas Sarkozy parle d'une "guerre civile", d'une "guerre fratricide". "En tant que chef d'Etat, je veux le dire. De chaque côté, il y a eu des crimes. De chaque côté, il y a eu des vices."
14h21. "Si ce rêve s'est brisé", poursuit Nicolas Sarkozy, "c'est parce qu'il n'était plus partagé"."Les Français voyaient l'Algérie comme une province, les Algériens avaient la volonté de construire un pays."
14h20. Lyrique, le candidat évoque "un rêve au parfum de fleurs d'oranger, au goût de mouna (...)". Mais un rêve "brisé"..
14h15.
Nicolas Sarkozy prend la parole au Centre universitaire méditerranéen,
devant un public choisi de 450 rapatriés et harkis.