ASSOCIATION du MÉMORIAL de NOTRE DAME D'AFRIQUE

Allocution Cérémonie du 1er novembre 2005 - Hommage aux drapeaux

Chers amis

Nous venons de vivre en ce 1er novembre 2005 et pour la 9ème année consécutive une cérémonie pleine de souvenirs et d'émotion ressentie et partagée dans l'atmosphère de recueillement du Mémorial.

Devant la superbe statue de Notre Dame d'Afrique enfin terminée, c'est une grande satisfaction et une grande joie que nous partageons aujourd'hui au pied de Marie, notre mère du ciel. Cependant cette émotion ne doit pas altérer ou influencer nos raisonnements et nos jugements.

Je veux rappeler ici mes propos du ler novembre 2004 concernant les cimetières, un sujet très sensible où chacun a le droit d'avoir son point de vue, en évitant soigneusement d'en faire une règle applicable par tous. Notre libre arbitre nous commande la prudence et le discernement.

C'est pourquoi nous ne devons en aucun cas servir de caution à cette initiative dont nous ne connaissons pas toujours les réelles motivations qui peuvent être d'ordre politiques ou matérielles. Cette retenue nous la devons par respect à celles et ceux qui ont payé de leur vie leur engagement et leur fidélité à la France et qui voulaient précisément faire de tous les enfants d'Algérie des Français à part entière avec les mêmes droits, les mêmes devoirs et surtout les mêmes lois.

N'oublions pas qu'un traité d'amitié entre les présidents français et algérien est en préparation et qu'il est accompagné de conditions débiles, déshonorantes et donc inacceptables.

Notre association, dans sa vocation de "bonne" mémoire, se doit de rappeler en ce 1er novembre que cette date du début officiel de la guerre d'Algérie est étroitement liée à celle du 8 mai 1945 (date de la capitulation de l'année allemande). Ce jour là, se déclenche une horrible et violente insurrection contre les Européens et Musulmans français dans la région de Sétif.

Devant la brutalité, la soif de sang des insurgés, la répression est rapide et ferme, car elle s'inscrit dans un réflexe de légitime défense. Cette date du 8 mai 45 marque le début réel de la guerre d'Algérie.

Elle est en effet très souvent citée et exploitée par les responsables algériens qui nous accusent de crime de génocide, multipliant par 10 le nombre réel des victimes parmi les émeutiers ivres de sang...

En réponse à ces affirmations mensongères, de nombreuses réactions indignées, des mises au point fermes se sont spontanément manifestées ces derniers temps par des personnes jusque là silencieuses.

Nous ne citerons pas les propos méprisants et insultants proférés par le président algérien à l'encontre de la France et de ses réalisations en Algérie. Dans ce contexte malveillant chargé de haine et de rancÏur, il nous enjoint de faire "repentance", le grand mot à la mode est lâché !

Un président d'association d'anciens combattants écrit : "nous avons suffisamment aimé les populations d'Algérie pour ne pas désirer une entente véritable aujourd'hui avec elles... mais pas au prix d'une repentance unilatérale... Si le peuple algérien a sa fierté, la nation française a aussi sa dignité !..." Mais les mots ont-ils la même signification ? Certainement pas. Puisque ce même président propose à la France un traité dit d'amitié ! ...

43 ans après le grand naufrage, le gouvernement français vient de voter la loi du 23 février 2005 qui consacre 5 articles sur 13 au Devoir de Mémoire, vocation première de notre association.

Cette loi confirme la reconnaissance de la nation envers celles et ceux qui ont participé à l'Ïuvre accomplie dans les départements d'Algérie et territoires d'Outre-Mer. Elle reconnaît les souffrances et les sacrifices endurés par les populations civiles des Français d'Algérie dans toutes ses composantes et les Rapatriés.

La nation leur rend solennellement hommage et fait, enfin, référence aux exactions commises, APRES LE 19 MARS 1962 et précise "EN VIOLATION DES ACCORDS D'EVIAN". Elle reconnaît enfin le rôle positif de la présence française en AFN et Outre-Mer et encourage son enseignement dans les programmes scolaires et universitaires qui accordent à l'histoire et aux sacrifices des combattants de l'armée française issus de ces territoires la place éminente à laquelle ils ont droit !

Cette loi contient des éléments qui nous semblent positifs quoi qu'insuffisants et même, si sa promulgation en 2005 est bien tardive. Sachez cependant qu'elle provoque chez nos habituels détracteurs un déchaînement de vociférations imprégnées de haine et de rage ! Ils exigent le retrait immédiat sans condition de cette loi ! Cela nous promet chers amis encore bien du plaisir ! Par cette attitude d'anti France que nous connaissons que trop bien, ils rejoignent leur allié et ami BOUTEFLIKA et sa repentance !

Demander Pardon ?! On croît rêver !... Cette terre a marécages, à moustiques et paludisme transformée en jardin, en vignobles et en plantations d'agrumes, de tabac, de blé et de géranium...

- Demander Pardon pour avoir construit des routes et des ponts, des voies ferrées, des gares, des aéroports, des barrages et des ports !

- Demander Pardon pour avoir instruit et soigné, construit des écoles et des universités, des dispensaires et des hôpitaux !

- Demander Pardon pour avoir respecté tous les cultes, construit des mosquées, des synagogues, des temples et des églises !

- Demander Pardon pour avoir construit, aménagé, urbanisé, viabilisé les villages et les villes, les places, les parcs et les jardins !

- Demander Pardon pour avoir construit des gymnases, des stades, des théâtres et des musées, mis au jour et restauré les ruines romaines !

- Demander Pardon pour avoir enseigné et transmis la langue française, fourni à l'humanité chercheurs, professeurs, Prix Nobel, écrivains, artistes et grands soldats !

- Demander Pardon pour avoir tracé des frontières et donné un nom à cette Algérie qui n'existait pas !

- Demander Pardon d'avoir choisi la valise au cercueil !

- Demander Pardon d'avoir laissé nos morts dans nos cimetières profanés et détruits !

- Pardon aussi pour vous avoir proposé la citoyenneté française et d'avoir espéré que vous pouviez devenir nos frères dans cette Algérie française qui se construisait. Pardon et surtout de n'avoir pas réussi dans notre combat en légitime défense au service de notre terre d'Algérie... Cela aurait évité à son peuple d'espérer aujourd'hui ce visa pour la France comme une clef pour la vie et la liberté.

Claude Rochette Président

 

Mis en page le 13/11/2005 par RP