Docteur Jean-Claude PEREZ
Auteur du Livre « Attaques et contre-Attaques »
Publié à DUALPHA EDITIONS
BP 58
77522 COLOMMIERS CEDEX
Nous communique le message suivant :
DES HUEES ET DES SIFFLETS DE LA MARSEILLAISE
AU STADE DE FRANCE
AU SACRIFICE DES PORTE-DRAPEAUX DE MOSTAGANEM (DE 1957-1960)
Lors d'un match de football récent
opposant, au Stade de France, l'équipe nationale de Tunisie à
l'équipe nationale de France, nous ne fûmes pas surpris par les
huées et les sifflets qui ont couvert l'hymne national français,
la Marseillaise.
« Marseillaise » remarquablement
et courageusement interprétée par la chanteuse LA'AM, française
d'origine tunisienne.
Nous n'avons pas été surpris, parce
qu'en réalité, tout le monde s'y attendait.
Tout le monde s'y attendait, oui,
y compris les organisateurs de cette rencontre amicale.
Cette prévision fut à l'origine d'une
initiative empreinte d'une pusillanimité évidente.
Une décision prise par ces mêmes organisateurs
lorsqu'ils ont cru « politique » de présenter les effectifs
des deux équipes en les intégrant les uns aux autres. C'est-à-dire
en les faisant défiler et pénétrer sur le terrain, l'un derrière
l'autre, en alternant les nationalités.
Un Français derrière un Tunisien ou
vice et versa, et ainsi de suiteÉ
Cette présentation des équipes nationales
était, certes, louable dans ses intentions.
Elle était louableÉ oui, mais pourquoi ?
Parce qu'elle était nourrie avant
tout d'un souci de prévention. Elle prétendait en effet, tuer
dans l'Ïuf, par un geste qui se prétendait cordial et noble avant
tout, toute manifestation à l'encontre des symboles traditionnels
de la France.
C'était un mauvais calcul. C'était
aussi présomptueux. C'était exhiber un manque de psychologie.
C'était la traduction évidente d'une
peur et surtout, d'une incompréhension totale à l'égard de l'hostilité
qui ne demandait qu'à s'exprimer, au sein d'une foule psychologiquement
« uniformisée », « une foule militante ».
Une foule arborant des drapeaux nationauxÉ en réalité de véritables
emblèmes religieux.
L'initiative des organisateurs de
mélanger les équipiers tunisiens et français, soulignons le une
fois de plus, fut inspirée par la peur et c'est comme telle qu'elle
fût ressentie par les provocateurs.
L'hostilité était latenteÉ momentanément
contenueÉ mais déjà perceptible, presque palpable, au sein de
cette foule qui était présente, avant tout, pour insulter publiquement
la France. Une foule dont on ne doit surtout pas dire qu'elle
était tunisienne.
Elle était multinationale et en même
temps mono-confessionnale. Elle était inspirée et animée dans
son comportement, par des chefs d'orchestre maghrébins, araboislamistes,
promoteurs occultes mais toujours actifs de l'actuelle Révolution
Mondiale.
Une foule qui n'hésita pas à manifester
son « anti-France » avec autorité, avec agressivité,
avec constance et avec une discipline militante, alors que la
Communauté qu'elle représente, est ENCORE très largement minoritaire
en France.
Une foule qui a pris soin de nous
avertir, par son mépris et par ses huées, de ce que serait notre
STATUT si un jour, par le jeu d'une émigration mal contrôlée,
d'une natalité sélectivement intensifiée, par le jeu de conversions
quotidiennes démagogiquement encouragées, cette collectivité devenait
numériquement dominante en France.
Dans cette perspective, dans cette
redoutable évolution de la société française, on enseignerait
dans nos écoles, aux Français du futur, que la France fut militairement
vaincue, conquise et secondairement occupée par la glorieuse Armée
de Libération Nationale Algérienne.
Victoire acquise par celle-ci grâce
à la volonté du Général de Gaulle, le 19 mars 1962 à Evian.
Voilà la leçon qu'il nous faut tirer
de cet événement du Stade de France.
Il n'est pas nécessaire de « mélanger »
des équipes lors d'une confrontation sportive. Les équipes entrent
sur un terrain pour disputer un match de football et non pour
se combattre.
Nous reconnaissons aux footballeurs
tunisiens, leurs qualités sportives ainsi que leur habituelle
correction sur le terrain.
L'estime, l'amitié, la camaraderie
du sport ne doivent pas être altérées et finalement gangrénées
par le comportement d'une foule qui ne laisse pas passer, en ces
circonstances, l'occasion d'insulter la France « urbi et
orbi », en toute impunité.
Cette attaque de nos symboles c'est
à la République Française de la combattre et surtout, de la VAINCRE.
C'est le devoir de notre Gouvernement.
Lorsque j'ai écouté, avec un profond
respect, la Marseillaise chantée par Mademoiselle LA'AM, qui ne
s'est pas laissée décontenancer par les sifflets de haine d'une
foule hostile, j'ai admiré avant tout le courage de cette interprète.
Par la suite j'ai été flatté, pour
mon pays, par ses commentaires évoquant le passé d'ancien combattant
français de son grand-père.
A mon niveau, et en toute humilité,
je lui dis : « Merci pour la France ».
Mais ma mémoire est toujours à rebonds.
Cette vilénie du Stade de France a réveillé chez moi un autre
souvenirÉ, déjà lointain.
C'est celui du drame, du sacrifice,
des Porte-drapeaux de Mostaganem, que je tiens à vous rappeler
comme je l'avais fait en 1993 dans mon premier livre « LE
SANG D'ALGERIE » .
Je m'appuyais sur un document signé
du Général VANUXEM, et je demandai alors, à mes lecteurs, qu'il
ne tombât jamais dans l'oubli.
Voici ce texte.
AUX CHAMPS POUR UN
DRAPEAU
Voici la mirifique et incroyable
histoire du drapeau des Anciens Combattants de MOSTAGANEM.
C'était un nommé TCHAM KOUIDER
qui, à MOSTAGANEM, portait le drapeau aux cérémonies patriotiques,
aux obsèques des camarades et à l'enterrement des soldats qui
tombaient dans cette guerre qui n'avait pas de nom ni de loi.
TCHAM KOUIDER ressentait bien tout
l'honneur qui lui en revenait et n'aurait pour rien au monde consenti
à se dessaisir de sa charge glorieuse.
Lorsque le FML le menaça de mort,
il en rendit compte à son Président, tout simplement en bon soldat
qu'il était, mais se regimba comme sous une offense, lorsqu'on
lui proposa de le remplacer dans son honorifique emploi.
Cela se passait vers la fin de
l'année 1956.
TCHAM KOUIDER fut abattu le 14
février 1957. Sa dépouille fut portée par ses camarades. On fit
un discours.
CAID METCHA qui le remplaça fut,
à son tour, l'objet de menaces de mort.
Il en rendit compte à son Président,
et tout comme TCHAM KOUIDER, il refusa énergiquement de renoncer
à ce qu'il considérait comme un honneur, si périlleux qu'il fûtÉ.
Il fut abattu le 21 juin 1957.
BENSEKRANE YAHIA conduisit le cortège
jusqu'au cimetière aux stèles blanchies et, à son tour, il inclina
le drapeau devant la tombe de son prédécesseur.
Quelques jours plus tard, il fut
lui-même menacé et lui non plus ne put accepter de se renier.
Il porta le drapeau au cours des
cérémonies du 14 juilletÉ il fut abattu le 8 août 1957.
HENNOUNI BESSEGHIR devint le quatrième
porte-drapeau de cette année. Il fut abattu le 5 octobre 1957.
Les évènements prenaient alors
une meilleure tournure et HADJGACHE, tout raide de l'honneur qui
lui était fait, ne fut abattu que le 27 août 1958. C'était pourtant
au temps où il semblait qu'on apercevait le sourire de la Paix
et où soufflait un vent vivifiant d'espérance.
BEY BAGDAD lui succéda. Il fut
abattu le 14 juillet 1959.
ADDAD fit comme ceux qui l'avaient
précédé et, avec son humeur tranquille quant il fut menacé, il
refusa calmement de céder le poste de confiance dont il était
investi. Il fut abattu le 11 septembre 1959.
Son camarade, RHAMOUNI LAKDAR releva
la charge et, après tant d'autres, il fut abattu le 7 novembre
1960.
Il se trouva des volontaires dans
la section de MOSTAGANEN pour briguer encore l'emploi de porte-drapeau
qui revint à BELARBI LARBI.
Il advint que BELARBI LARBI n'en
mourût pas.
Il fut, suivant le mot administratif
et blasphématoire, rapatrié. Il prit le bateau pour la France
puisque la terre où il était né avait cessé d'être la FranceÉ
Il emporta son drapeauÉ
Il est le dixième porte-drapeau
de sa section à avoir risqué sa vie pour l'honneur de porter le
Drapeau.
Je salue son drapeau, enroulé aujourd'hui
dans sa gaine et si lourd du poids de tant d'âmes, de tant de
foi et de tant d'amour de la France.
Général VANUXEM +
Ce texte mérite la plus large diffusion.
Qu'on le fasse connaître aujourd'hui encore. Qu'il ne tombe jamais
dans l'oubli et ne soit jamais occulté par les sifflets et les
huées qui ont tenté, en vain, de couvrir notre Marseillaise, lors
de cette rencontre de football du Stade de France.
Jean-Claude PEREZ