CERCLE ALGÉRIANISTE
DE NICE ET DES ALPES MARITIMES
Association
de Défense de la Culture et de la Mémoire
des Français d'Afrique du Nord
Le 28 août 2005
Monsieur le Président,
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Nous
avons l'honneur de vous faire part avec la courtoisie que requiert
votre haute fonction, des sentiments que nous et nos compatriotes,
réfugiés d'Algérie, avons éprouvés
en lisant dans la presse les dernières
déclarations de Monsieur Bouteflika, actuel Président
de la République populaire et démocratique d'Algérie
dans un discours qu'il a prononcé à Sétif le
25 août.
Ainsi
nous découvrons que la France doit reconnaître ses fautes
commises, depuis 1830, à l'encontre du peuple algérien,
que " nos amis en France n'ont
pas d'autres choix que de reconnaître qu'ils ont torturé,
tué, exterminé de 1830 à 1962 ".
La France aurait voulu, selon ses dires, "anéantir
l'identité algérienne".
Rien
n'est plus facile que de récuser une telle affirmation. Nous
nous bornerons à rappeler que, lors de notre occupation des
états Barbaresques en 1830, une population de moins de deux
millions de personnes vivait dans un pays sans institutions politiques,
et soumise à l'anarchie de la Sublime Porte Turque. A notre
repli en 1962, cette même population comptait plus de dix millions
d'arabo-musulmans vivant dans un grand pays moderne. Ce pays que nous
avions, avec le concours de la France, créé de toutes
pièces au prix d'un dur labeur (assèchement des marécages,
constructions de ports, d'aéroports, de routes, de voies ferrées,
d'hôpitaux, d'écoles, découverte du pétrole,
population saine, vaccinée, etc ...) et que nous avons dû,
sous la contrainte, céder, clé en mains, à un
pouvoir rebelle et vaincu qui sollicitait la paix.
Qu'en est-il
donc du fallacieux génocide évoqué par Bouteflika
?
Cette
assertion mensongère qui s'ajoute à d'autres propos
insupportables ne peut rester sans qu'interviennent, enfin, les ripostes
qu'impose une Vérité que la France a négligée
de proclamer à ce jour.
Nous
ressentons ce mutisme des autorités officielles comme le pire
et le plus insupportable des abandons, qui procède de déloyauté
à notre égard.
Par
ailleurs, cet individu, chef d'état, qui jouit dans notre pays
d'une étrange impunité, s'est autorisé, au mois
de juin 2000, à la tribune de l'Assemblée Nationale
où il avait été invité à prendre
la parole, à traiter les courageux Harkis, soldats français,
de collaborateurs, sans qu'à aucun moment les députés
de la Nation, atteints d'une affligeante surdité, n'aient cru
devoir rappeler à ce rustaud personnage les règles élémentaires
du langage diplomatique, tel qu'il est pratiqué dans les pays
civilisés.
De
plus, faut-il également rappeler que durant, ce que l'on appelle,
les évènements du 8 mai 1945, la répression engagée
par la France n'était que la conséquence d'un soulèvement
CONCERTE de rebelles qui, sur ordre, ont assassiné, pratiquement
au même moment, plusieurs dizaines d'européens innocents,
sans défense (hommes, femmes, enfants... prêtre) habitant
des lieux très éloignés les uns des autres dans
les régions de Sétif et de Guelma.
A
l'occasion de l'anniversaire de cette "révolte",
qu'elles n'ont pas été notre stupeur et notre consternation
d'entendre l'Ambassadeur de France en Algérie (de sa propre
initiative ?) s'excuser de la rigueur d'une répression motivée
par une sauvage rébellion dont les initiateurs avaient pris
la sanglante responsabilité !
Dans
ce contexte, vous comprendrez que nous ne pouvons accepter
la perspective d'un traité d'amitié entre la France
et l'Algérie; nous nous y opposerons avec toutes les forces
qu'une démocratie défaillante met à notre disposition.
Et nous y veillerons.
Monsieur
le Président, nous tenons, ainsi que nos compatriotes d'Outre
Méditerranée, à vous faire part de notre impérieuse
soif d'exactitude afin que soit proclamée une Vérité
historique trop longtemps bafouée.
Et,
nous vous prions de croire à l'expression de notre considération
à l'égard de la haute fonction que vous occupez.
La Présidente
Mme Michèle Soler
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Le Secrétaire Général
M. Pierre Fabiani
Ancien avocat à la Cour d'appel d'Alger
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