Renaissance Catholique du 8 septembre 2016 |
On est puni par où l’on a péché.Sagesse XI, 16 Par un été aussi caniculaire que le nôtre il y a tout juste cinquante-quatre ans c’est déjà l’Islam, indirectement, qui faisait la une de l’actualité estivale avec l’indépendance de l’Algérie le 3 juillet 1962. Épilogue sanglant d’une guerre qui fit en quelques mois plus de victimes que n’en avaient causées les huit années précédentes.
L’exode de l’été 1962
L’Église et l’AlgérieLa prédiction de 1917 du père de Foucauld à René Bazin se réalisait : Ma pensée est que si, petit à petit, doucement, les musulmans de notre empire colonial du nord de l’Afrique ne se convertissent pas, il se produira un mouvement nationaliste analogue à celui de la Turquie (…) Si nous n’avons pas su faire des Français de ces peuples, ils nous chasseront. Le seul moyen qu’ils deviennent Français est qu’ils deviennent chrétiens. Dès la conquête de 1830 l’Église catholique avait été en butte à l’hostilité des pouvoirs publics qui craignaient que toute forme de prosélytisme en Algérie ne déclenche de nouvelles révoltes. Il n’y eut donc pas, pendant cent cinquante ans, d’action organisée d’apostolat des musulmans et, en conséquence, très peu de conversions. En 1962 l’Église de France ne mit aucun empressement à accueillir les pieds-noirs, à l’exception notable de Mgr Rodhain, fondateur du Secours Catholique. Elle se refusa, ensuite, à toute action organisée d’évangélisation des harkis. Mgr Duval, archevêque d’Alger, resté en Algérie après l’indépendance et devenu citoyen algérien en 1965 reçut la même année, du pape Paul VI, le chapeau de cardinal. « Le lâche soulagement » du peuple françaisQuant au peuple français par le vote massif (91% de oui, 9% de non), réservé aux métropolitains, du 1 juillet il avait donné quitus au gouvernement pour mettre en œuvre les accords d’Évian et procéder à l’abandon de l’Algérie. L’aura du général De Gaulle avait, seule, permis cette issue tragique, après une victoire militaire française sur le terrain aujourd’hui largement reconnue. Déchargée du poids financier (plan de Constantine) et militaire (service militaire de dix-huit voire vingt-huit mois) de l’Algérie la France allait pouvoir, enfin, s’adonner aux délices de la société de consommation ...
Sans doute ce jour est-il venu ! De curieuses déclarations ecclésialesLe père Barrielle, des Coopérateurs Paroissiaux du Christ-Roi, et prédicateur émérite des Exercices Spirituels de saint Ignace rappelait régulièrement à ses retraitants : Il n’y a pas de saint ballot. Quand on apprend que le terrain sur lequel a été bâtie la mosquée jouxtant l’église dans laquelle a été égorgé le père Hamel avait été offert gracieusement à la communauté musulmane par la paroisse, l’incrédulité le dispute à l’abattement.
Que le pape François n’ait ramené de son séjour à Lesbos en avril 2016 que des familles de réfugiés musulmans alimente une incontestable confusion. ÉpilogueSans doute allons-nous vers des jours bien difficiles par refus de regarder la réalité en face. Transposer nos valeurs à un système qui lui est, par nature, étranger est à la fois une forme subtile et perverse de néocolonialisme et une erreur criminelle. Si l’Église a cessé depuis cinquante ans de proclamer qu’elle est la seule arche du salut on ne sache pas que l’Islam se soit livré à un tel aggiornamento. Il reste nostalgique d’Al Andalus et de la conquête de Byzance en 1453. Il n’y a que Manuel Valls et Florian Philippot à croire que la France est attaquée parce qu’elle serait la Patrie des droits de l’Homme et de la laïcité. Dans tous leurs communiqués les islamistes désignent la France comme le pays des croisés. Ils nous interrogent ainsi sur ce que nous sommes. De la qualité de notre réponse dépend notre capacité à résister à une offensive démographique, militaire, religieuse et culturelle dont la guerre d’Algérie n’était qu’une étape. Jean-Pierre Maugendre. |
Mis en page le 10/09/2016 par RP. |